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Une année aux Chœurs de Paris XIII,
dans le chœur de Pierre, saison 2010-2011


Le tiers des chœurs ayant fondu tout l’été
Nous trouva fort dépourvus quand septembre fut venu.
Avec la messe en si… si… si dure à monter,
Les basses qui roupillaient, les divas envolées…
Nous nous sentions quand même légèrement mal barrés!

Mais le Chef, dans le sens du poil, sut nous flatter:
« Les basses, vous bossez sinon vous dégagez! »
Ces messieurs à fouetter, ces dames à caresser…
Maniant tour à tour étrillage et flatterie
Il usa de méthodes qui portèrent leurs fruits,
Nous accouchâmes bel et bien de la messe en si.

 

Claudine Jacquemard et Jean-Marie Fonbonne, merci à tous deux !


Elle nous vint à Lisieux, terre de révélations…

Nous y fûmes, vaillants, et bravant les congères,
De la neige en manteau blanchissant les fougères,
Lancer au ciel nos mélodiques invocations.
Certaines ne revinrent pas, ou revinrent fort tard,
Le pays en émoi piétinait dans les gares.
D’autres s’enfuirent avant le pot de la mairie,
Profitant du salage offert par la voirie…

La rentrée fut corsée: place au prophète Elie!
Mais encore persistait une demi-messe en si…
C’est ainsi que l’on vit des choristes harassés
De kilos de partitions ployant sous le faix!
Nous vécûmes alors à un rythme effréné,
Un week-end chassant l’autre, complètement essorés.


Maximilien fit dès lors une entrée remarquée:
« C’est super, comme à fond vous avez travaillé! »
« Mais deux fois plus vite il faudra la chanter… »
« Même la salade de doubles croches? » implorâmes-nous,
Désignant par l’ellipse la fugue du Sanctus,
Mais Maxou voulait de la vitesse en tout!

Vers Rupt-sur-Moselle, nous partîmes, cœur joyeux,
Une bourgade lovée au flanc des Vosges bleues,
Bleu aussi l’œil d’Albert, prosélyte en munster.
Gavés de baeckhoffe, de Gewurztraminer,
Nous étions fin prêts pour chanter en concert.

L’église en grès rose, sa nef ensoleillée,
Furent envahies de nos baroques résonances
Même Vosges-Télévision vint écouter nos stances
Et nous fûmes derechef à revenir conviés.
Las, Pierre se morfondait au loin à Montluçon,
Victime d’intempestives médicales intrusions…

Nous remisâmes Bach pour chanter Mendelssohn,
Bienvenue aux doux anges et à la terre qui gronde,
Place à tous les prophètes, et aux héros bibliques,
Même si Dieu n’était pas… dans les plaques tectoniques.

Grâce à Wolf, nous sûmes dire Israééél et das Mééér,
Mais Dieu… n’était pas plus dans le raz de marée.

Nous groupâmes nos forces et transpirâmes beaucoup,
Fîmes moult répétitions et des week-ends itou,
Invoquâmes l’ogre Baal rôtisseur de bambins,
Avant qu’Elias n’ordonne l’exécution des siens.
Et Dieu… n’était pas non plus dans la fournaise.
Où fallait-il alors que le vent porte braise?


Ce fut une grande ripaille païenne et romantique
Dont nous nous souviendrons comme d’une geste épique,
Lorsque Confutatis, Credos, Confitéors…
Auront repris leurs droits sur notre répertoire.


Texte de Sylvie, soprane 2 du Choeur Deux




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