19 décembre 2018 3 19 /12 /décembre /2018 07:24
Concert de Noël

Hier soir, je suis allée à la cathédrale pour un programme Messe de minuit

de Marc-Antoine Charpentier et chants de Noël traditionnels.

Concert de Noël

J'ai assisté au concert de Noël de Notre-Dame de Paris en 2015 et 2016, il était à l'époque gratuit et

sur invitations, ce qui mettait à égalité les fidèles des dimanches et les amateurs de concerts.

Ce concert est de grande qualité, et il est logique que les frais en soient compensés, mais j'aimais bien

l'accessibilité à tous, un quota de places gratuites au mérite serait-il envisageable?
 

La première partie du concert proposait la Messe de minuit de Marc-Antoine Charpentier,

et la deuxième partie des chants de Noël traditionnels harmonisés. La Messe de Charpentier est

classiquement composée de Kyrie, Gloria, Credo, Offertoire, Sanctus et Benedictus, Agnus Dei.

C'est une oeuvre baroque élégante, où le compositeur a sublimé des chansons populaires

intégrées dans sa musique. Les instruments étaient composés de violons, altos, viole

de gambe, traversos, basse de violon, orgue, théorbe, violone, violoncelle, clavecin.

Concert de Noël

Ci-dessus le choeur d'adultes constitué de choristes du Jeune Ensemble, de la Maîtrise

d'adultes de Notre-Dame, et de l'Ensemble vocal de Notre-Dame, accompagné par l'Ensemble

des élèves musiciens du département de musique ancienne du Conservatoire de Paris, sous

la direction de Christophe Rousset. Voici un extrait vidéo du Kyrie, sur l'air de "Quand Biron

voulut danser" (qui est une parodie de "Joseph est bien marié"). Christophe Rousset dirige

les Talens lyriques (il a dirigé "Armide" de Lully, vu à la Philharmonie en 2015, beaucoup aimé).

 

 

Ci-dessous, le choeur élargi au choeur d'enfants de la Maîtrise de Notre-Dame, sous la direction

de Henri Chalet, pour les chants de Noël de la deuxième partie. Le choeur était soit a capella,

soit accompagné à l'orgue de choeur par Yves Castagnet, et dans les passages où le public

fut invité à chanter, soutenu par le grand orgue joué par Olivier Latry. Les Noëls populaires,

au nombre de neuf, entrecoupés de deux improvisations au grand orgue, étaient Douce nuit,

O Magnum mysterium, Venez Divin Messie, Une vierge féconde, Les anges dans nos

campagnes , I saw three ships, Adeste fideles, A babe is born, Il est né le divin enfant.

Christophe Rousset et Henri Chalet, devant musiciens et choristes

Christophe Rousset et Henri Chalet, devant musiciens et choristes

Ci-après deux extraits vidéos, le premier vient de la Messe de minuit, il s'agit de la reprise

instrumentale du chant "Venez divin Messie", le second est un extrait choral du chant,

par le choeur. (Incroyable, tout est encore là, et je peux à nouveau accéder au texte de l'article...)

 

 

 

 


Les vidéos mises en ligne sont ici pour le choeur, et là pour la Messe de minuit

Ce fut un très beau concert, qui a été très apprécié, et très applaudi.

 

Sylvie, blogmestre

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12 décembre 2018 3 12 /12 /décembre /2018 09:33

Toutes mes pensées vont à Strasbourg ce matin, aux victimes dans ce marché de Noël

pluricentenaire qui entoure la cathédrale, où j’étais il y a deux ans, et alentour, à leurs familles

proches ou distantes, au quartier du Neudorf que j’ai habité pendant 12 ans, habituellement

tranquille et sans danger, aux habitants traumatisés de la ville que l’on a confinés toute la nuit,

aux policiers et soldats qui recherchent l’auteur des tirs meurtriers, aux hôpitaux qui ont

accueilli les blessés, que j’ai aussi beaucoup fréquentés… ma solidarité à tous, et

mes voeux pour un dénouement proche et libératoire de cet attentat.

 

Sylvie, Alsacienne de coeur

 

 

Images de décembre 2016

 

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10 décembre 2018 1 10 /12 /décembre /2018 17:20

Dimanche après-midi, j’ai rejoint la cathédrale américaine pour le traditionnel Sing-along Messiah

  d’avant Noël. Je suis arrivée vers 15h, peu avant le début du concert collectif,

et me suis jointe aux sopranes.
 


Cette année, j’avais retrouvé ma partition originale, et toutes les annotations d’interprétation griffonnées dessus.

Le principe de cette manifestation est de chanter avec des choristes venus de multiples chorales

la première partie du Messie de Haendel et l’Hallelujah. Il n’y a pas de répétition préalable, on

est tenu de connaître l’oeuvre avant : on arrive, on chante. C’est la Paris choral society qui organise,

et encadre musicalement les choristes extérieurs. Nous avons eu l’honneur d’être dirigés par le

maestro Georg-Friedrich en personne, avec sa perruque et sa chemise à jabot volanté, sous

un pourpoint bordeaux. Ci-dessous le chef de choeur et d’orchestre, avec les solistes:

 

 

Les années précédentes, j’étais sur un côté, ce qui facilitait les photos du choeur, mais gênait un peu

les auditeurs voisins. Cette fois-ci, j’étais dans le choeur, ce qui rendait ples prises d’images

plus difficiles, mais pas impossibles. Ci-dessous le pupitre des sopranes:

 

 

Le concert se passa dignement, Zachary Ullery / Georg-Friedrich nous dirigea imperturbablement

malgré la perruque et le pourpoint, alternant les passages instrumentaux, les solis, et les choeurs.

La première partie du Messie est celle de l’attente de l’enfant, de sa naissance, de la joie, et de la

gloire de Dieu, elle est donc la plus appropriée pour le temps de l’Avent. C’est aussi celle qui

comprend les airs les plus connus, Hallelujah mis à part, qui termine la deuxième partie.

Nous avons chanté tous les choeurs de cette première partie, pour les choristes lecteurs de ce blog

(on recherche des ténors pour l’année prochaine…) : And the Glory of the Lord, And He shall purify, O Thou

that tellest, For unto us a child is born, Glory to God, His yoke is easy. Après cette première version,

la soliste soprano Rachel Redmond, à la voix superbe, a chanté le “Rejoice greatly” qui est

dans la version finale de l’oeuvre, après lequel nous avons entonné l’Hallelujah, en compagnie

des solistes. Puis il y eut les saluts, des applaudissements et des fleurs, et nous avons r

epris l’Hallelujah, avec le chef dans la travée centrale, pour nous diriger au plus près.

 


Comme on peut le voir et l’entendre sur la vidéo, à l’intérieur d’un pupitre, on entend… surtout son pupitre.

Quand il se tait, on entend les autres voix, et l’orchestre ou l’orgue. Il vaut mieux bien connaître l’oeuvre, car

une fois debout pour chanter, le chef n’est plus forcément visible. Mais malgré ces embûches, on est porté

par une grande énergie musicale, et c’est vraiment une expérience très sympathique. Les autres

solistes, tous très remarquables, étaient Lucie Louvier, alto, Jeffrey Thompson, ténor, et Nicholas

Merryweather, basse. A l’orgue, comme les années précédentes, Andrew Dewar, et l’orchestre

était composé de membres du Paris Symphonic Orchestra (avec lequel il me semble que les

Choeurs de Paris XIII avaient participé au Requiem de Dvorak en 2012… il me semble).

 

 

Le sing-along s’est terminé vers 16h20, un petit verre d’eau ou de vin nous fut proposé,

bienvenu après l’effort. Je suis repartie par les Champs-Elysées, en constatant l’extraordinaire capacité

de résilience de cette ville, qui avait déjà absorbé les événements de la veille (du moins à cet endroit).

J’ai repris le métro vers 16h45, puis le RER, et suis rentrée chez moi, assez fourbue.

 

 

Sylvie, blogmestre

 

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10 décembre 2018 1 10 /12 /décembre /2018 09:33

Hier matin, je suis allée à la messe grégorienne à Notre-Dame de Paris, partie un peu tard sous des trombes

d’eau soudaines, arrivée vers 10h10* Sur le parvis, le grand sapin avait été rejoint par de moyens sapins.

A mon arrivée, probablement du fait de l’agitation manifestante de la veille, la cathédrale était moins

fréquentée qu’à l’usuel. En revanche, à la sortie, le parvis présentait son fourmillement habituel.

 

 

 

La messe grégorienne était célébrée en présence de la confrérie Saint-Eloi (qui avait au

départ vocation à soigner et enterrer les pestiférés, dont personne ne voulait), et animée par

quatre choristes de l’Ensemble vocal de Notre-Dame, sous la direction de Sylvain Dieudonné.

Nous étions le 2è dimanche de l’Avent, la liturgie musicale avait changé, et le Gloria attendait Noël.

Dans les lectures, Jean le Baptiste et le baptême rédempteur apparaissaient. Suspendue au dessus

du transept, une grande étoile scintillante nous indiquait le chemin vers un Nazareth espéré.

 

 

Nous avons pu admirer les costumes de la confrérie Saint-Eloi qui ressortit en procession après

les célébrants, et j’ai photographié la couronne de l’Avent brillant de ses deux bougies depuis hier.

Je suis ressortie de la cathédrale vers 11h10**, puis suis rentrée chez moi sans détours,
 

 

Sylvie, blogmestre

 

 

 

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5 décembre 2018 3 05 /12 /décembre /2018 09:44

J’ai entendu hier soir un concert de l’Orchestre national d’Ile-de-France, intitulé “Miroirs”, dans

la salle de concerts de la Cité de la Musique de la Philharmonie de Paris. C’est un concert

qui tourne dans les salles de la région, hier soir c'était sa 4è présentation au public.

Il sera le 7 décembre à Saint-Michel-sur-Orge, le 8 décembre à Saint-Cloud,

le 9 décembre à Vitry-sur-Seine, 7 concerts au total en Ile-de-France.

 

 

L’orchestre était dirigé par Michael Hofstetter, et proposait trois oeuvres, dont la première était

une création du pianiste, Baptiste Trotignon. Les deux autres pièces du programme étaient

de Wolfgang Amadeus Mozart et de Joseph Haydn. J’avais réservé une place en galerie.

 

 

C’est dans cette très belle salle de la Philharmonie, de dimensions plus conviviales que la grande

salle, moins impressionnante, que j’avais entendu pour la première fois les ensembles baroques

de Jordi Savall et les Arts florissants de William Christie, d’excellents souvenirs. La galerie

surplombe la salle et offre une vue plongeante sur la scène, au prix d’une position… plongeante

elle aussi. Des tablettes en verre transparent sont heureusement là pour que l’auditeur, tout à

son addiction musicale, ne plonge tout à fait vers la corbeille située en dessous.

 

 

Je ne me souviens pas avoir déjà entendu auparavant Baptiste Trotignon. C’est un pianiste de

culture classique qui aime le jazz au point d’inclure des cadences de piano jazzy dans des oeuvres

classiques. Il scrute le clavier de son instrument de très près, comme si une fourmi s’était égarée sur les touches,

et qu’il fallait lui faire exécuter une danse endiablée. Il joue aussi en chaussettes (la perception des pédales du

piano est plus fine sans l’intermédiaire des semelles et la rigidité des souliers), et se produit accompagné d’une

serviette éponge (qui reste le meilleur absorbeur de la sudation). La première oeuvre présentée, nommée

“L’air de rien”, était un concertino pour piano de Baptiste Trotignon, par lui-même et l’orchestre,

qui l’avait commandée. L’oeuvre était sympathique et éclatante, plus facile d’accès que

d’autres créations contemporaines du fait de sa parenté mixte avec la musique classique

et le jazz, bien adaptée à un concert qui proposait aussi Mozart et Haydn. Elle fut très applaudie,

et le pianiste nous joua un bis… cela commença par une sonate très connue de Bach,

en arpèges, puis évolua insensiblement vers autre chose de plus rythmé.

Baptiste Trotignon fut rappelé et reçut des fleurs.

 

 

Suivit le concerto pour piano n°1 de Mozart, écrit à l’âge de 11 ans. Il y eut dans cette oeuvre

l’incorporation de cadences par le pianiste, c’est-à-dire d’improvisations musicales à partir de la

musique écrite par Mozart, un peu comme un lecteur pourrait ajouter des propositions subordonnées

à l’intérieur d’une phrase, pourvu qu’à la fin il retombe sur le fil de la lecture. Le pianiste était soutenu

par des feuilles que je n’ai vues que de loin, qui je pense servent à guider l’improvisation pour lui éviter

de déraper. J’aurais volontiers vu de près à quoi ces feuilles ressemblaient… Quand je dis qu’il était

soutenu, c’est un peu exagéré, car il était globalement détaché de ses partitions, beaucoup plus

concentré sur le clavier. Il expliquait dans le livret du concert que les improvisations n’ont

d’improvisé que le nom, et demandent une technique et un travail redoutables. Ce fut donc une

version Trotignon du concerto de Mozart, que, je pense, le compositeur viennois aurait appréciée,

avec son sens du jeu, de l’humour, et de la réplique. Le public aima beaucoup.

 

 

Après un entracte, l’orchestre seul attaqua la symphonie n°100 en sol majeur de Haydn, dite

“Militaire”. Quelque soit la symphonie, on retrouve chez Haydn ce mélange de grâce et de

courtoisie, d’optimisme et de brillance, qui rendent sa musique si facile à aimer. La symphonie

n°100 (!) fait partie des symphonies londoniennes, et date du second voyage à Londres de Haydn.

Lors de son premier voyage, il avait 59 ans, et Mozart l’avait pressé de le faire pendant qu’il le

pouvait encore. Hélas, Mozart mourut en 1791, et c’est Haydn qui retourna à Londres à sa place.

Cette deuxième partie du concert fut très applaudie, comme l’avait été la précédente, et le chef

reçut aussi un bouquet, dont il fit présent à la supersoliste violoniste Ann-Estelle Médouze.

 

 

Michael Hofstetter nous fit signe qu’il souhaitait parler, et s’exprima sans micro, en français, disant

qu’il avait été heureux d’être avec nous, et que cette symphonie militaire comportait un espoir de paix.

Et, pour illustrer son propos, l’orchestre nous joua en bis la fin (m’a-t’il semblé) du premier mouvement,

effectivement joyeuse et optimiste. Ce n’est qu’en lisant le livret que j’appris qu’il était allemand,

et déduisis que ses voeux de paix visaient probablement le centenaire de l’armistice de

la Der des ders (et non le saccage récent de l’Arc de triomphe, qui n’en abrite que le symbole).

 

In fine, je me suis interrogée sur le titre du concert, “Miroirs”: la première oeuvre mettait Baptiste

Trotignon face à lui-même, la deuxième Mozart l’enfant prodige face aux adultes, dont il chipait

les mélodies des sonatines pour les orchestrer et en faire des concertos, la troisième Haydn,

père en musique de Mozart adulte, survivant à sa progéniture musicale. J’ajouterais que l’aisance

de Baptiste Trotignon et sa manière de s’affranchir du carcan était de nature à casser l’image

lisse du musicien classique, à fissurer un 4è miroir. Une très jolie soirée, merci à tous.

 

Le concert s’est terminé vers 22h20, je suis rentrée chez moi vers 23h.

 

Sylvie, blogmestre

 

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3 décembre 2018 1 03 /12 /décembre /2018 09:39

Hier matin, je n’avais pas encore récupéré suffisamment de mon expédition de vendredi soir aux Champs-Elysées

pour sortir le matin, et je dois dire que les événements survenus samedi à Paris m’avaient, comme beaucoup d’entre

nous, profondément choquée, au point de ne pas souhaiter constater de visu les bas reliefs de l’insurrection. Casser

l’Arc de triomphe la veille de l’anniversaire de la bataille d’Austerlitz, s’en prendre à l’avenue Kléber et à la place des

Droits de l’Homme, vampiriser des commerces et s’attaquer aux forces de l’ordre, tout cela me plongeait dans un

désarroi et un grand dégoût des casseurs, et aussi de ceux qui regardaient casser… Je suis une accidentée de la vie,

donc une précaire, et cela ne date pas d’hier. Je comprends les personnes en détresse financière, mais utiliser la

violence contre ses concitoyens dans un état de droit, permettre en ne respectant pas les lois que d’autres profitent

de la situation pour mettre le chaos dans le pays, n’est en aucun cas un moyen d’être entendu. Merci pour nous tous.

Hier soir, étant un peu plus en forme, je suis allée à Notre-Dame pour la messe de 18h30.

Nous étions le 1er dimanche de l’Avent, et le grand sapin de Noël trônait sur le parvis.
 


Partie d’Arcueil-gare à 18h*, j’arrivai à 18h21** sur le parvis, il fut assez difficile d’entrer

dans la cathédrale, qui était déjà pleine à mon arrivée, une confirmation était en cours, et

la messe de 18h30 était une messe de rassemblement des jeunes confirmés.
 

Je pus m’asseoir très en arrière de la cathédrale, presque sous la couronne de l’Avent supendue aux voûtes,

dont la première bougie était allumée. Je ne voyais ni l’autel ni les écrans, mais entendais très bien, c’était l’essentiel.

La messe était célébrée par Mgr Aupetit, archevêque de Paris, et animée par le Choeur des Petits

chanteurs, qui chantèrent un bel Ave verum polyphonique pour la communion, et le reste de la

messe, plus simple, avec beaucoup de talent. L’Evangile selon Luc avait des airs de fin du monde,

un peu trop illustrée par les actualités, elle fut suivie d’une homélie de Mgr, puis de la profession

de foi des jeunes confirmés, reprise par la foule. Je suis ressortie de la cathédrale vers 20h45,

avant la procession finale, et me suis mise en quête d’un objet essentiel qui venait de me faire défaut.

La messe des confirmés a été diffusée en direct hier soir sur la chaîne KTO.

 

 

Je suis remontée à pied assez loin sans trouver ce que je cherchais, puis ai repris le métro à 19h51***

à la station Odéon, et le bus plus tard pour rentrer chez moi, environ une heure après.

 

Sylvie, blogmestre

 

PS: je suis désolée pour l'envoi multiple de notifications, Overblog a changé récemment l'administration des blogs,

avec cette particularité nouvelle que chaque mise à jour d'un article publié génère une nouvelle notification,

sauf si on pense à désactiver cette fonction... je n'y pense pas encore assez, excusez-moi!

 

 

 

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1 décembre 2018 6 01 /12 /décembre /2018 09:46

Hier soir, je suis allée entendre le violoniste américain virtuose Nigel Kennedy au Théâtre des

Champs Elysées, dans un concert Bach, Kennedy, Gershwin. J’arrive juste avant le début, il n’y a

plus de programmes, je grimpe au premier balcon, où ma place est occupée par une dame qui a été délogée

de la sienne, mais qu’à cela ne tienne, il reste une place libre au premier rang,

juste en-dessous de la place réservée, je m’y asseois.

Nigel Kennedy

Sur la scène, il y a des sièges pour les musiciens, un piano, une batterie (que je ne vois pas de ma

place mais que j’entendrai), une contrebasse, des guitares, un théorbe, un divan pour les instruments

délicats (j’aime bien que l’on traite délicatement les instruments de musique), il y aura du côté que

je vois quatre violons, un alto, un hautbois ténor et une flûte traversière basse (ce sont

mes déductions à la longueur des tuyaux), et le violon en chef, qui attend son heure.

Nigel Kennedy

Il y a aussi un violon électrique sans coque, très coloré, équipé, m’a-t’il semblé, d’une pédale

wah-wah. C’est sur lui que Nigel Kennedy commence le concert, par une sonate de Bach,

BWV 1001. L’instrument électrique a un écho tout à fait inattendu et intéressant, et sa prestation

est reprise par le violon classique, celui qui se reposait sur le divan. Les violonistes sont habillés

selon les critères des orchestres classiques, ainsi que le hautboïste. Les autres musiciens sont

vêtus plus “casual”, en particulier le chef de la bande, qui est à la fois un violoniste virtuose, et une

personnalité attachante et singulière. Il porte une chemise noire ouverte sur un T-shirt rouge foncé,

les cheveux en crête au gel sur la tête, un pantalon large et court gris, et des sneakers jaune fluo avec

une chaussette bien verte (le trèfle irlandais?) et une bordeaux. Un look qui ne passe pas inaperçu.

Nigel Kennedy

Nigel Kennedy nous explique combien il est content d’être avec nous ce soir, précisément dans

cette salle, il le fait dans un français dont la bonne volonté manifeste supplée éventuellement au

vocabulaire, et glisse ici et là un mot en langue maternelle (il nous dira avec humour qu'il a une voix

de la sonorité de celle de Charles Aznavour en français, mais qu'il parle tout à fait normalement en anglais...)

Il évoque sa filiation musicale, nous dit qu’il a été l’élève de Yehudi Menuhin (que j’avais eu

la chance d’entendre en concert au Palais de la Musique et des Congrès de Strasbourg, il y a longtemps).

Il irradie la gentillesse, et tout le concert s’en trouve illuminé. Son interprétation de Bach,

son compositeur favori (il a énormément de favoris, apprendrons-nous), est très personnelle, et très

virtuose. Il y a ensuite un autre de ses compositeurs favoris au programme: lui (tout le monde rit).

Il s’agit d’une oeuvre intitulée “Le magicien de Lublin”.

Nigel Kennedy

L’oeuvre est en cinq parties, et elle est polymorphe, inspirée par des influences orientales,

celtiques, européennes de l’est. Les autres musiciens sont en solo ici et là, et nous sont

présentés par leur nom. Je découvre Nigel Kennedy compositeur, et j’aime beaucoup, c’est de la

musique à trouver et à réécouter, un disque à s’offrir pour Noël. Je suis parvenue à trouver

la page du programme à l’entracte en chipant celui de mes voisins, que j’ai restitué à leur retour, mais l’impression

sur fond sombre en lumière faible du-dit programme n’est pas très pratique pour la lecture… Pendant

l’entracte, avant Gershwin, où Nigel nous a conseillé d’aller boire une petite bière ou un

petit vin, je constate que le théorbe se repose de ses efforts sur le divan. A little nap.

 

Nigel Kennedy

Nous reprenons le concert après l’entracte, la dame qui occupait ma place est partie, je remonte d’un rang,

on voit un peu mieux les instruments. Les musiciens se lancent dans le jazz, une musique qui peut,

comme chacun sait, donner lieu à d’infinies variations, pendant des dizaines de minutes.

L’enthousiasme était monté progressivement dans la salle du théâtre, et les applaudissements

aussi.J’imagine qu’après les boisons recommandées, le concert a du se terminer dans l’euphorie

générale! J'imagine seulement, car je suis sortie avant la fin, vers 22h30, alors que l’orchestre

attaquait Summertime (le morceau que je connaissais le mieux du programme, quel dommage!) car

j’accusais la fatigue, et souhaitais profiter de la proximité des Champs-Elysées pour faire quelques courses

de première nécessité avant de rentrer chez moi, et avant fermeture. L’avenue Montaigne est remplie de

guirlandes blanches et les Champs Elysées sont parés de guirlandes rouges.

Nigel Kennedy

La circulation est dense, c’est comme si tous les habitués des lieux faisaient leur plein de Champs

avant leur bouclage par la police… Quelques antalgiques achetés à la pharmacie (bien contente

de les avoir ce matin!), et une halte au Monoprix de l’avenue la Boétie plus tard, je reprends le métro,

puis le RER et arrive chez moi à minuit et quarante-et-une minutes. Time for a night snack. Cheers, Nigel!

 

Sylvie, blogmestre

 

Nigel Kennedy

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25 novembre 2018 7 25 /11 /novembre /2018 16:46

Ce matin, je suis partie assez tôt de chez moi dans l’idée de prendre ma voiture pour aller au RER, la-dite voiture

ayant à nouveau été vandaliée (rétroviseur arraché, remis en place, réarraché, recollé, réarraché… rescotché serré de

tous les côtés, solution transitoire évidemment) (c’est quand même le 3è rétroviseur qu’on me vandalise en 3 mois, et

je suis la seule victime de la rue!) Donc, ayant envisagé l’hypothèse de devoir recoller à nouveau le rétroviseur, j’étais

partie en avance. Mais il pleuvait… impossible de fixer le rétroviseur, à nouveau arraché, sous la pluie: ça ne colle pas.

Dimanche 25 novembre 2018

Je suis donc allée, profitant de mon avance, à Notre-Dame en bus*, plus agréable (on voit

le paysage) qu’en RER. Je suis arrivée dans la cathédrale pour le Kyrie de la messe grégorienne.

Dimanche 25 novembre 2018

Nous étions le jour de la Solennité du Christ-Roi. Dans l’Evangile selon Jean, Pilate demandait

à Jésus: “n’es-tu pas le Roi des Juifs?” Pour celles et ceux qui ont chanté des Passions, c’est le

“Bist Du nicht der Juden Koenig?”, toujours chanté d’un air un peu narquois, quelque soit le

compositeur, auquel Jesus répond que sa royauté n’est pas de ce monde, d’où la signification

du petit écriteau qui surmonte la croix, mentionnant “INRI”, c’est à dire “Jésus de Nazareth,

Roi des Juifs”, l’original étant en latin, qui ne distingue pas les lettres I et J.

Dimanche 25 novembre 2018

La messe était célébrée par plusieurs prêtres, et fut dite en latin, français, et une partie du prêche

en anglais. Elle fut chantée (somptueusement) par une douzaine de jeunes filles du Jeune Ensemble

de la Maîtrise de Notre-Dame, sous la direction de Sylvain Dieudonné. Aux annonces, il nous fut

rappelé les conférences des dimanches après-midis sur Paul Claudel, qui s’est converti à Notre-

Dame, ainsi que de deux concerts que j’anticipe superbes proposant la Missa solemnis de Ludwig

van Beethoven, oeuvre difficile à monter pour les choeurs car très tendue pour les voix hautes (mais la

Maîtrise a d’extraordinaires voix de choristes, donc tout ira bien), mardi et mercredi soirs.

Nous sommes ressortis vers 11h15, j’ai pris quelques photos.

 

 

Dimanche 25 novembre 2018

Puis j’ai repris le métro et le bus pour rentrer chez moi**

 

Sylvie, blogmestre

bus aller

bus aller

métro retour

métro retour

bus retour avec impressions superposées

bus retour avec impressions superposées

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19 novembre 2018 1 19 /11 /novembre /2018 17:35
Dimanche 18 novembre 2018

J’entrai dans la cathédrale juste à l’heure et un peu avant la procession. Les drapeaux du

centenaire de l’armistice de 1918 étaient toujours en place en haut de la nef, ils donnaient de

superbes images sur les écrans de télévision, filmés par la chaîne KTO qui retransmettait la

célébration (je vais récupérer une image), et un air de famille avec Saint-Louis des Invalides. Mais

les drapeaux de Notre-Dame sont neufs et signes de paix, ceux de Saint-Louis sont des

étendards anciens gagnés à l’ennemi (très remarquables par la facture pour certains).

Nous étions le 33 è dimanche de l’année ordinaire, la messe était célébrée par Mgr Aupetit,

co-célébrée par plusieurs prêtres, et animée par un quatuor SATB composé d’une jeune

femme et de trois messieurs de l’Ensemble vocal de Notre-Dame, qui chantèrent une messe

opus 66 de O. van Durme (Kyrie et Agnus Dei).

Dimanche 18 novembre 2018

L’Evangile selon Marc, dans une continuité surprenante avec le concert que je venais

d’entendre, évoquait l’Apocalypse, et le prêche traita de la mort, passage obligé et première

menace qui pèse sur tout être vivant, donc sur tout humain. Mgr évoqua la soupe populaire de

Saint-Eustache, oeuvre émouvante dont on pourrait souhaiter la disparition en des temps

meilleurs, mais qui continuait actuellement de justifier son existence. La quête fut faite au bénéfice

du Secours catholique, dont nous fûmes informés qu’il recherchait des bénévoles. Les annonces

nous firent part d’un cycle de conférences en entrée libre, à partir du 2 décembre, à l’occasion

du 150è anniversaire de Paul Claudel, par Mgr Chauvet, recteur de la cathédrale.

Dimanche 18 novembre 2018

La messe s’est terminée vers 18h40, j’avais très froid car manteau trop léger, et me suis engouffrée

dans le métro, plus chaud que le RER… dont il a bien fallu ultimement rejoindre les quais venteux.

 

Sylvie, blogmestre

Dimanche 18 novembre 2018

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19 novembre 2018 1 19 /11 /novembre /2018 17:29

Hier matin, je n’étais pas suffisamment en forme pour sortir, cependant, l’après-midi, étant capable

de fonctionner, je suis allée entendre un concert Brahms-Rossini en l’église Notre-Dame du Travail,

dans le XIVè arrondissement. C’est un édifice avec une armature de fer, et une acoustique particulière.

Brahms et Rossini

Partie d’Arcueil-gare à 15h25*, je suis arrivée sur les lieux un peu avant 16h, ai eu encore le temps de prendre

quelques photos avant de m’installer. Le concert était donné par l’Ensemble “Musique en lumière”:

un choeur, des musiciens, et des solistes, sous la direction de Fabio Perez Munoz.

Brahms et Rossini

Le programme proposait le Schicksalslied (Chant du Destin), de Johannes Brahms, et le Stabat

Mater de Gioachino Rossini. C’était deux oeuvres que je ne connaissais pas, mais qui étaient

rapprochables, la première du Requiem allemand, et la seconde de la Petite Messe solennelle.

Je les écoutai donc avec l’oreille sensible de qui a déjà pratiqué deux oeuvres d’inspiration

proche, des deux compositeurs considérés. Le Chant du Destin est une symphonie chorale en

trois parties (le Requiem en compte sept) avec une violence centrale: sérénité, désespoir,

douceur (le Requiem comporte deux mouvements violents, les 3è et 6è, avec croissance et

décroissance autour). Probablement l’effet Brahms et l’effet smartphone conjugués, l’église s’est

remplie pendant cette première partie, et était bien pleine à la fin du concert, tant mieux, le concert

et les concertistes le méritaient, et le son est toujours meilleur dans une église peuplée.

Brahms et Rossini

Le Stabat Mater est l’autre oeuvre de musique lyrico-sacrée de cet homme d’opéra qu’était Rossini,

avant la Petite Messe, son ultime opus: la dîme versée à la vie éternelle avant son trépas, un pari

de Pascal revisité au XIXè siècle par ce grand festoyeur. On y retrouve parmi la musique orchestrée

des passages a capella, et des chapelets de motifs. Les parties de solistes sont en revanche

beaucoup plus présentes dans le Stabat Mater que celles du choeur, et la soprano solo exécute

deux contre-uts (que le compositeur a aimablement épargné aux choristes, c’est gentil à lui),

le ténor solo était aussi gratifié d’une partie requérant une tessiture considérable. Le soliste basse

et la soliste mezzo-soprane étaient aussi remarquables (solistes: Jenny Navarro, Cécile de

Kervasdoué, Christian Boquillon, Alexandre Belikian). On était dans une composition au sujet

religieux (la douleur de Marie au pied de la croix sur laquelle son fils est cloué), avec des

solistes aux envolées lyriques, loin de la douleur d’un Dvorak sur le même thème. Le dernier

morceau “In sempiterna saecula” interprété par le choeur et l’orchestre était brillant,

très rythmé, fortissimo, plein de timbales... un finale d’opéra religieux.

 

 

Le concert s’est terminé vers 17h20, après beaucoup d’applaudissements, mais sans bis car il

était presque l’heure de la messe du dimanche soir. C’était un concert en entrée libre avec corbeille.

Les auditeurs furent généreux, ce qui est toujours bon signe. J’ai gagné ensuite le plus proche

arrêt d’un bus qui allait vers l’île de la Cité, à 17h39**. Descendue à la station Odéon, croisant une supérette

ouverte le dimanche, j’y ai acheté quelques produits de première nécessité qui me manquaient, puis ai

rejoint, par la rue de la Huchette et Saint-Séverin, Notre-Dame de Paris,

pour la messe de 18h30. D’une Notre-Dame à l’autre.

 

Sylvie, blogmestre

 

Brahms et Rossini
Brahms et Rossini
Brahms et Rossini

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