15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 09:15

Hier soir, j'ai passé la Saint-Valentin avec Jean-Sé et Philippe. Et deux milliers de mélomanes,

réunis avec une petite centaine de choristes, solistes et musiciens dans le grand

amphithéâtre de l'Opéra Bastille, autour de ma messe emblématique préférée...

la Messe en si mineur de Jean-Sébastien Bach, oeuvre monumentale de plus de deux heures.

 

Messe en si mineur

C'était un concert de musique sacrée chanté par cinquante choristes du choeur de l'Opéra national

de Paris, avec l'orchestre de l'Opéra, dirigés par Philippe Jordan. J'avais la place depuis 4 mois!

Messe en si mineur

Dans le programme ci-dessus, Philippe Jordan expliquait qu'il faisait chanter un répertoire

classique à ses choristes lyriques pour entretenir leur souplesse et leur légèreté vocale,

et que Bach constituait, à cet égard, une véritable gymnastique musicale. Il n'avait pas

choisi l'oeuvre au hasard, mais pour son caractère hétéroclite, et parce qu'elle était

l'une des oeuvres chantées les plus difficiles pour le choeur.

 

La messe en si mineur est hétéroclite car elle a été composée de pièces qui existaient déjà dans l'oeuvre de Bach.

Le Gloria, par exemple, est une cantate. Au départ, le compositeur avait proposé la première partie de la messe, celle

qui va du Kyrie au Cum sancto spiritu. Par la suite, il ajouta la deuxième partie, et en fit une messe catholique, en

ajoutant un Sanctus (qui n'existe pas dans les messes protestantes) . La tonalité dominante est le si mineur,

mais on y trouve d'autres tonalités, notamment le ré majeur.

Messe en si mineur

J'étais tout en haut du 2è balcon, de face. La visibilité s'étant un peu réduite quand mon voisin de devant

s'assit (je ne voyais plus le chef, drame!), je passai à la place 3 qui était libre, deux places plus loin.

Le choeur et l'orchestre s'installent

Le choeur et l'orchestre s'installent

Voici le choeur et les musiciens. Vous constaterez qu'il y avait, pour cinquante choristes,

une bonne quarantaine d'instruments de musique, que le choeur dominait sans problème, ce qui

donne une idée de la puissance des choristes. De ma place, je n'entendais pas le clavecin ni l'orgue

de manière distincte, j'entendais les cordes, les cuivres, les vents, les timbales. Et les voix.

 

La messe en si mineur de Jean-Sébastien Bach, pour les nouveaux lecteurs de ce blog, est l'oeuvre chorale préférée

de Pierre Molina, chef de choeur des Choeurs de Paris 13, où j'ai chanté pendant 9 ans. En 2008, j'ai donc appris la

messe en si mineur, en soprane 2, car elle comprend des choeurs à deux voix de sopranes. J'ai eu l'occasion de la

chanter trois fois en concert, en l'église de la Trinité à Paris, en la cathédrale Saint-Pierre de Lisieux, en l'église de Rupt

sur Moselle, dans les Vosges. A la suite d'un remaniement des effectifs des CP13, j'ai aussi appris la voix de

première soprane. Pendant le concert d'hier soir, j'ai oscillé toute la soirée entre les deux voix de sopranes...

Il était amusant que, l'année où je suis passée à l'apprentissage du lyrique, le choeur de l'opéra ait fait la démarche

inverse, chantant la Messe en si mineur, alors que je vais chanter Carmen...Echange d'expériences intéressante!

Messe en si mineur

Dans le très long premier Kyrie qui ouvre la messe, en tonalité de si mineur, on constatait les différences

entre le choeur lyrique et le choeur classique, le choeur lyrique ayant une interprétation moins coulée,

moins legato, avec des notes tenues plus courtes, des attaques plus marquées, et une façon très

particulière de chanter les croches par deux. Il y avait un effort notable pour gommer le léger vibrato,

qui disparut complètement par la suite. En revanche, et Philippe Jordan en parlait dans le livret, le

choeur lyrique a une légère hétérogénéité que l'on s'applique à effacer dans le choeur classique,

alors que la pratique de l'opéra mettrait plutôt cette caractéristique en relief. J'admirai le deuxième

Kyrie, musicalement un peu torturé, superbe et donnant hier soir une fausse impression de facilité,

et souris devant l'explosion de la tonalité majeure retrouvée dans le Gloria. Les solistes étaient très bons,

mais la vedette de la soirée, c'était vraiment le choeur. Pour une fois, sur cette scène d'opéra où ces

choristes lyriques accompagnent des solistes à longueur d'année, les divas c'était eux!

 

Il y eut le redoutable Qui tollis, et ses demi-tons qui ne demandent qu'à vous faire baisser si vous n'y

prenez garde... impeccable. Puis le Cum sancto spiritu jaillit comme un feu d'artifice, me donnant des

frissons dans le dos! (je précise que je n'ai pas de manifestations physiques en le chantant...passer de

l'autre

côté est intéressant pour se rendre compte aussi de l'effet que l'on produit sur les auditeurs!)

Il clôturait cette première partie, brillamment exécutée. Je notai au passage l'excellente performance

des ténors dans la partie de fugue où ils sont solistes. Quand Philippe Jordan eut baissé les bras,

je lançai les applaudissements dans mon quartier du 2è balcon.

Messe en si mineur

Les musiciens des grandes formations institutionnelles étant tenus, pour raisons syndicales, de ne pas jouer plus d'une

heure et demie d'affilée, je crois, il y eut un entracte. Le concert reprit sur les deux Credos, le premier

à cinq voix SSATB, "Credo in unum Deum", fut enchaîné avec le second "Patrem omnipotentem",

plus claquant, plus brillant, à quatre voix SATB, avec une tessiture plus aiguë en soprane. Après un solo

qui permit au choeur de récupérer, il enchaîna le "Et incarnatus est", où j'observai que les choristes

détachaient le "Et" de l'attaque comme nous le faisions, en douceur. Suivit le Crucifixus, terminé par un

très beau pianissimo du choeur, digne et recueilli. Puis l'explosion de joie du "Et resurrexit", à cinq voix

SSATB, un choeur difficile mais superbe à chanter. Ci-dessous les petits secrets de la partition:

 

 

 

La messe en si mineur est une messe très contrastée, qui explose volontiers. Elle explosait hier soir

d'autant plus que les choristes de l'Opéra national de Paris sont capables de nuances très riches,

et passaient du super-pianissimo du Crucifixus au super-fortissimo du Et resurrexit sans aucun

effort visible (ce qui est moins aisé pour des choristes amateurs, je le confesse!) J'ai noté au passage la

belle performance des basses, cette fois, très à l'aise dans leur partie soliste sur ce morceau.

Après un dernier solo, la partie Credo se conclut par le Confiteor, que j'ai autrefois qualifié de "lego

musical" parce qu'il est formé de briques qui s'emboîtent, et que l'on sent que Bach a joué pleinement avec ces

briques "confiteor" se répondant dans les cinq pupitres. "Et expecto... expecto... resurrectionem mortuorum!"

concluait gaiement cette partie du programme, c'était le dernier morceau du choeur avant l'apothéose...

 

Messe en si mineur

Dans la dernière partie de la messe en si mineur, Bach a imaginé d'enchaîner trois choeurs difficiles:

un Sanctus lancinant, inimitable, impossible à confondre, à cinq voix, un "Pleni sunt coeli" à six voix en

doubles croches, très rapide et complètement épuisant, et un Osanna à huit voix, en forme de double choeur.

Après le passage solo du Benedictus, le Osanna est bissé... (comme dans toutes les messes)

Ci-dessous, un enchaînement des trois morceaux, par un choeur classique, le concert d'hier soir était

d'interprétation différente, car les voix lyriques sont plus riches en harmoniques, de différentes hauteurs,

que les voix des choristes classiques, mais cela donne une idée de la difficulté et de la beauté des trois choeurs

 

 

 

C'est le dernier flamboiement de la messe en si, l'équivalent du bouquet final d'un feu d'artifice. Ces

trois choeurs furent effectués avec maestria par le choeur de l'Orchestre national de l'opéra, qui sortit

toute sa puissance dans le bis du Osanna, au point que l'on aurait cru le concert fini. Mais l'oeuvre

se termine de manière apaisée, par l'Agnus Dei, un solo, suivi du Dona nobis pacem du choeur.

Je n'ai pas parlé des solos, qui étaient très bons, car on sentait la volonté de mettre les choristes

en avant dans ce concert, et parce que je parle mieux de ce que je connais bien. Quand j'avais appris la voix de

deuxième soprane du choeur, j'avais été frappée par le répit qu'elle apportait aux premières sopranes en les relayant

dans les hauteurs ici ou là pour leur laisser le temps de récupérer. Hier soir, les voix de solistes m'ont fait un effet

semblable, elles ont leur valeur propre, mais permettent aux choristes de retrouver l'énergie de continuer.

Ci-dessous, le témoignage de la satisfaction du public à la fin du concert

 

 

La scène est noire, c'est assez sombre, mais l'engouement du public était là!

La salle était pleine d'ailleurs, et il n'y avait plus de places en vente, à ma connaissance.

Il y a donc un public enthousiaste pour de grands concerts de musique sacrée à l'Opéra Bastille...

 

Sylvie, blogmestre

PS: le choeur de l'ONP a commenté cet article, je l'en remercie beaucoup (surtout les ténors! ;-)

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 18:40

(Voici la dernière partie du 12 février 2017, je suis arrivée sur l'Ile Saint-Louis peu avant 16h)

Les trois articles relatant la journée du 12 février sont à présent terminés. Merci de votre patience!

 

Après la Comédie Française, j'avais pris la ligne 7 du métro jusqu'à la station Pont-Marie.

 

Dimanche 12 février 2017

 

J'arrivai à 15h59* rue des Deux-Ponts et retirai un peu d'argent pour le cas où il y aurait une corbeille.

Saint-Louis en l'Ile accueillait un Requiem de Mozart, en entrée libre, joué par l'Ensemble orchestral

Vocations, et un choeur constitué à la suite d'un stage choral, sous la direction de Rèta Kazarian.

 

Dimanche 12 février 2017

 

L'église était pleine comme un oeuf, il y avait des auditeurs partout! Je parvins vers l'avant droit, derrière

le premier pilier, d'où je voyais au choix un peu d'alti et de basses, ou un peu de sopranes et la chef...

M. le curé de Saint-Louis en l'Ile vint nous dire que nous étions trop nombreux, mais que puisque nous

étions là, il nous autorisait à rester à condition que nous laissions les allées libres pour pouvoir circuler.

Le concert ne commencerait pas tant que des auditeurs occuperaient les allées. Ce qui fut fait.

Toutes les chaises étaient occupées, ainsi que les marches, je m'assis donc par terre en bout de rangée, sur ma parka,

j'entendis le Requiem en regardant le plafond ou les autres personnes, assises sur des chaises, debout, ou

assises par terre comme moi. Je n'avais jamais vu une telle foule dans Saint-Louis en l'Ile...!

 

Dimanche 12 février 2017
 
Ci-dessus, l'extrémité du choeur côté basses et alti, ci-dessous, l'extrémité du choeur
 
côté sopranes, avec de dos, la chef de choeur... et un gros pilier.
 
Dimanche 12 février 2017

 

Ce Requiem fut très beau et paisible. L'ambiance était fervente. Les auditeurs connaissaient

manifestement l'oeuvre, personne n'était là en touriste et ne s'enfuit parce qu'on ne pouvait pas

s'asseoir. Des personnes se relayèrent sur les sièges disponibles. J'ajoute deux autres

extraits musicaux du concert, l'image vise le plafond, ou les personnes debout, ce sera pour le son.

Ci-dessous l'alternance du Voca me féminin et du Confutatis masculin (bravo, messieurs!)

 

 

Ci-dessous, un extrait du second Quam olim Abrahae, constatez comme l'audience est sage...

 

 

 

Détails complémentaires: les choristes qui ont participé à ce concert connaissaient déjà le Requiem

de Mozart. Ils s'étaient inscrits à un stage de travail commun et d'interprétation sur environ

une semaine. A la fin de la semaine, ils ont produit ce concert, avec l'orchestre. Il existe des stages

de chant choral où l'on découvre l'oeuvre et où on la monte complètement, mais c'est devenu plus rare depuis

internet et les fichiers de travail téléchargeables et étudiables chez soi, qui font gagner du temps d'étude.

Le choeur était excellent, formé quelques jours plus tôt à partir de choristes qui ne se connaissaient pas

bravo à toutes et à tous, aux musiciens qui vous ont accompagnés,et à la chef qui vous a dirigés!

Ca m'a paru être une excellente idée que ce concert en entrée libre avec corbeille, le public y vient

beaucoup plus nombreux que lorsqu'il faut réserver à l'avance, et payer avant d'entendre.

 

Ci-dessous, j'ai filmé la fin du Cum sanctis tuis, les applaudissements, et le public si nombreux.

 

J'ai finalement participé par chèque à la corbeille de la fin, puis ai complété ma monnaie en ressortant, vers 17h02**

Ensuite, j'ai oublié que le retour était plus court par Notre-Dame, et je suis repartie par Pont-Marie...

Rentrée chez moi vers 18h. Fourbue!

 

Sylvie, blogmestre

 

Dimanche 12 février 2017
Dimanche 12 février 2017

 

 

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 18:36

( Voici la suite de l'article précédent, nous sommes le dimanche 12 février 2017 vers 13h15)

Je repris le RER à la station Luxembourg, pour me rendre à la Comédie Française, où j'avais

réservé une place pour "La Règle du Jeu", une adaptation du film de Jean Renoir.

 

Dimanche 12 février 2017

J'aime beaucoup Jean Renoir, et avais déjà tenté de réserver une place la semaine précédente,

mais le théâtre était déjà plein. Ce fut pareil le 12 février. J'étais à la corbeille. Quand nous

sommes arrivés, un grand écran blanc était déployé sur la scène, comme on voit ci-dessous:

 

Dimanche 12 février 2017

 

J'ai souhaité avant de commenter ce spectacle, me donner le temps de revoir le film de Jean Renoir

dont il est une adaptation. Renoir présenta la Règle du Jeu au public en 1939. Ce film, qui fut considéré

par la Nouvelle Vague comme "le Film des films" (François Truffaut), à partir des années 60, connut un

succès mitigé à sa sortie en France en 1939. Il peignait une tragédie gaie dans le milieu de la grande

bourgeoisie, illustrant ses échanges de partenaires, ses vices, ses cruautés, sa légèreté. Tout ceci

enrobé dans la gaieté de bon vivant de Renoir, qui jouait dans le film le rôle d'Octave, l'ami de chacun.

Le film, localisé d'une part à Paris, d'autre part dans un manoir de Sologne, retraçait avec acuité l'état

d'esprit ambiant à la veille de la seconde guerre mondiale, l'insouciance, allant jusqu'au meurtre.

 

 

Je ne saurais trop conseiller aux spectateurs de l'adaptation donnée à la Comédie Française de revoir

le film de Jean Renoir avant de voir le spectacle, sous peine de ne pas tout comprendre. On le trouve

en vidéo sur internet, à louer, ou encore mieux en projection individuelle au Forum des images, forum des Halles.

 

Après avoir revu ce film qui est considéré comme le chef d'oeuvre de Renoir et l'un des meilleurs

films qui existent, voici mes commentaires sur le spectacle.Il commençait par un film tourné à la

Comédie Française, place Colette (mise en abyme), une joyeuse bande donnait une fête, et se filmait

dans la fête. Les fêtards reprenaient le texte du scénario du film de Renoir, transposé à la Comédie

Française, qui devenait la maison bourgeoise où l'on accueillait un sportif venant de réussir un exploit,

un héros dont l'unique commentaire fut le regret de l'absence de la femme qui l'y avait poussé.

Les invités, très nombreux, ce qui ne facilitait pas l'identification des personnages, se cherchaient

des costumes pour la fête. Tous les placards de la Comédie Française y passaient, et il y eut quelques

truculences vestimentaires... Les dames devenaient des lapins, costume de type Bridget Jones aidant,

mais avec une ambiance qui vira au Blair Witch du plus bel effet. Gros plans, puis énormes plans de

visages terrifiés dans le noir, courses aux lapins dans les couloirs sombres... Puis les lapins apparurent

dans la salle avec leurs poursuivants, et nous fîmes partie du film... Enfin l'écran remonta et une partie

des comédiens que nous avions vus à l'écran montèrent sur scène, chantant du Charles Aznavour,

et du Dalida, faisant la fête armés de champagne. Attention, c'est un spectacle participatif: je me suis

retrouvée à chanter "Parrroles et parrroles et, parrroles, encore des parrroles..."et à agiter les bras, voir ci-dessous!

Image France 3, Dalida entre à la Comédie Française!

Image France 3, Dalida entre à la Comédie Française!

La version scénique, réalisation, mise en scène du spectacle est de Christiane Jatahny. Il fallait oser!

Renoir disait que son film était un film de guerre. L'auteure de l'adaptation semble souscrire à cette

opinion,tant les scènes de poursuite des jeunes femmes déguisées en lapins sont filmées de manière

terrifiante (dans le film de Renoir, il y a un vrai carnage de lapins, avec la scène culte de l'agonie du lapin,

que Jatahny reprend très bien en filmant l'une des comédiennes en très gros plan, rimmel coulant et oeil

terrifié... couic!) C'est avant Dalida... L'un des acteurs, complètement décalé, nous a beaucoup amusés

par ses costumes extravagants mais aussi parce qu'il chantait très bien je rajouterai son nom quand j'en

serai sûre. Le couple vedette qui se trompe mutuellement était joué par Suliane Brahim dans le rôle de

Christine, et Jérémy Lopez, dans celui de Robert, le bourgeois qui invite, et filme tout le monde.

Ces deux acteurs interprétaient le duo Roméo et Juliette de Shakespeare l'an dernier, il s'agit je suppose

d'un clin d'oeil, à moins que ce soit l'illustration de la dégradation des moeurs contemporaines! Une séquence

moins fun mais terriblement d'actualité fut la surveillance des spectateurs par drone, qui correspond

à la lorgnette utilisée dans le film de Renoir par Christine, qui lui révèle la liaison de son époux avec

Geneviève. Le spectacle se termine par une séquence filmée, qui après l'interlude aviné et musical

est extrêmement brutale. Le garde-chasse Schumacher abat par méprise le héros sportif du jour qui

reste tout sanglant sur une place Colette désertée, filmé par le drone qui s'éloigne de la scène du crime,

ainsi que les acteurs, témoins, Robert ayant déclaré qu'il s'agissait d'un accident. Clap de fin.

 

Dimanche 12 février 2017

Le choix d'alterner le film et la scène est discutable. Le film amplifie, de par la taille des images, et du

pouvoir de scruter les visages dont il dispose, les effets émotionnels. La caméra à l'épaule utilisée,

en l'occurrence, procure un mouvement incessant doublé par celui des acteurs. Le spectateur se

retrouve pris dans un tourbillon d'images dont il ne comprend la teneur que très superficiellement, et

surtout le rôle de chacun dans le drame. La mise en abyme du film qui se passe dans le théâtre dans

lequel les spectateurs viennent de prendre place accentue la perte de repères. Lorsque une partie

des acteurs vus dans la première partie filmée vient sur scène, il y a une sorte d'affadissement du

propos, du fait de la prise de distance soudaine créée par la distance aux corps des acteurs.

La deuxième partie filmée rend au drame son déroulement fatal,et la scène finale du meurtre, du déni,

et du drone qui filme la place Colette de plus en plus haut est remarquable, cinématographiquement

parlant. Dans ce spectacle, si l'unité de lieu est plus ou moins respectée, c'est la mixité des moyens

qui provoque une rupture: les parties filmées ont beaucoup plus de force et de violence que la partie

jouée sur scène, c'est surprenant pour la Comédie Française, et je me suis demandé

la raison de ce choix. Si vous avez la réponse... merci de m'en faire part. J'ai aimé!

 

Le spectacle se termina vers 15h45, et je sautai dans le métro

pour rejoindre l'Ile Saint-Louis, via la station Pont-Marie.

 

Sylvie, blogmestre

(La suite du 12 février 2017 est dans l'article suivant)

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 09:52

{L'article original publié le 13 février au matin sous le titre "Dimanche 12 février 2017" a été fractionné en trois parties,

celle ci est la première chronologiquement, puis il y a la partie La Règle du Jeu (article suivant), puis la partie

Requiem de Mozart à Saint-Louis en l'Ile (article encore après) les trois parties s'étant déroulées le 12 février 2017. 

 

Samedi 11 février, malgré l'envie que j'en avais, je n'ai pu aller entendre Water Music en l'église de la Madeleine, donné

par l'Orchestre Paul Kuentz... Fatigue. Hier matin, j'étais pourtant prête à l'heure pour partir à Notre-Dame, mais un

incident survenu la veille m'incita à renforcer le dispositif de protection du domicile avant mon départ.

Je partis de chez moi vers 9h45, ratai un train, et arrivai à 10h20* sur le parvis.

Dimanche 12 février 2017

L'Evangile du jour était l'une des plus astreignantes que la religion catholique ait pu produire. Elle est

surhumaine dans son exigence... "Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer

en jugement. Si quelqu'un insulte son frère, il devra passer devant le tribunal. Si quelqu'un le traite

de fou, il sera passible de la géhenne de feu."  etc... ce que le prêtre célébrant commenta avec

beaucoup de justesse en disant que même en vivant seul nous pourrions potentiellement nous

disputer avec nous-mêmes... (cela m'arrive, pas vous?) Il s'agit, comme l'on dit en mathématiques, d'une

  asymptote vers laquelle nous devons tendre, la nature humaine étant imparfaite et ne nous permettant

pas d'être de naissance tel(le) que la religion chrétienne nous demande d'être. Elle est là pour nous

rappeler quel est le but, nous fixer les repères. Il y a des gradations dans ces exigences, et, faute de

parvenir à toutes les respecter, nous les respectons dans l'ordre de leur gravité... mais ce n'est pas

suffisant. La solution, après réflexion semble être d'en choisir une que nous ne respectons pas, et de

nous efforcer de la respecter. Quand cette première est acquise, en choisir une autre. S'efforcer

de progresser par paliers. Se refaire une conduite. C'est difficile dans le monde qui nous entoure!

Dimanche 12 février 2017

La Maîtrise de cette messe grégorienne  était composée de quatre voix aiguës, trois jeunes

femmes et un contre-ténor. La messe fut dite en latin et partiellement en français, chantée en latin.

Je n'avais pas beaucoup de voix, et eus de plus en plus de mal à rester debout sans bouger. Ce fut pire lors de la

messe internationale qui suivit, une douleur vive au dos qui me coupait le souffle, je dus rester assise une partie

de la messe. Cette deuxième messe fut dite en français, anglais, italien, et chantée par un quatuor SATB,

dont l'alto était un contre-ténor, donc trois messieurs et une jeune femme. Les solistes chantèrent

une messe brève de Mc Millan (Kyrie, Sanctus, Agnus Dei), et un chant de communion en anglais

de Gerald Finzi, "My spirit sang all day", dont voici une vidéo ci-dessous

 

 

La messe internationale était célébrée par M. le chanoine de Malherbe.

On nous annonça les prochains concerts, dont un concert d'orgue le 14 février, et

les conférences de Carême. Les quêtes du jour étaient destinées à aider les hôpitaux parisiens,

pour la partie excédant l'offrande habituelle. Je sortis de Notre-Dame vers 12h45** et repris le RER

pour aller déjeuner*** au Luxembourg, et prendre un antidouleur d'urgence avant de me rendre à la Comédie

Française, où j'avais réservé une place pour "La Règle du Jeu", une adaptation du film de Jean Renoir.

J'étais un peu anesthésiée par l'anti-douleur, mais je n'avais plus mal, c'était déjà ça!

 

Vous pouvez lire la suite de ma journée du 12 février 2017 dans l'article La règle du Jeu

puis dans l'article Requiem de Mozart à Saint-Louis en l'Ile qui suivent.

 

 

Sylvie, blogmestre

 

Dimanche 12 février 2017
Dimanche 12 février 2017
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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 19:43

C'est sur Arte, et visible en vidéo pendant 7 jours, l'opérette "La Belle Hélène" de Jacques Offenbach

présentée au Théâtre du Châtelet en 2015, dans la mise en scène de Pierrick Sorrin et

Giorgio Barberio Corsetti. Attention version comique, régalez-vous! (de préférence en plein écran)

 

Je vous invite à aller sur la page du site d'Arte voir cette vidéo, car lorsque je l'incruste

dans le blog, la vidéo se lance automatiquement ce qui n'est pas l'objectif souhaité...

 

 

Aga, Aga, Aga... memnon!

 

Sylvie, blogmestre

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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 08:11

Hier soir, j'ai (enfin!) pu retourner au grand auditorium de la Maison de la Radio, que j'avais le sentiment

d'avoir un peu déserté cette année, pour un problème de billetterie, et non par choix (il m'est devenu plus difficile

d'y obtenir une place à un prix compatible avec mes moyens actuels). Pour la soirée hommage à Kurt Masur

de ce 9 février, les réservations étaient complètes, mais... j'ai trouvé par hasard des billets en vente

sur un autre site* (France-billets, voir justificatif en fin d'article), et me suis empressée d'en acheter un!

Hommage à Kurt Masur

J'arrivai avenue du Président Kennedy avec une avance confortable, et grimpai au 2è balcon, loge 2,

où était située ma place, au premier rang. Un dame à côté demanda si elle pouvait être replacée car elle avait

le vertige, et je me souvins que c'était aussi mon cas les premiers temps... je n'en souffre absolument plus.

Merci aux salles vertigineuses de Paris (grand auditorium, Philharmonie, et surtout opéra Bastille)!

Hommage à Kurt Masur

Ci-dessus, la vue de la place V18 de la loge 2 au 2è balcon.

 

Kurt Masur, chef d'orchestre allemand d'origine polonaise, dirigea l'Orchestre national

de France de 2002 à 2008. Atteint de la maladie de Parkinson, il est décédé aux USA en décembre 2015.

Le concert proposé était dirigé par son fils, Ken-David Masur, en présence de l'épouse de Kurt Masur

qui était dans la salle, au parterre, il fut présenté par Matthias Brauer, chef de choeur allemand,

qui fut directeur musical du Choeur de Radio France de 2006 à 2014, et travailla avec Kurt Masur.

Livret du concert-hommage à Kurt Masur

Livret du concert-hommage à Kurt Masur

Le programme de la soirée se composait en première partie du "Schicksalslied" (Chant du Destin)

de Johannes Brahms, chanté par le Choeur de Radio France, et de la 5è symphonie de Franz Schubert.

Après un entracte, la seconde partie comportait une oeuvre de Henri Dutilleux, "Sur le même accord",

puis pour finir,le concerto pour violon et orchestre n°1 de Wolfgang Amadeus Mozart, avec en

invitée spéciale, Anne-Sophie Mutter. L'Orchestre national de France jouait les quatre pièces, avec

en violon solo Sarah Nemtanu, sous la direction du fils de Kurt Masur.

Ken-David Masur, et Sarah Nemtanu

Ken-David Masur, et Sarah Nemtanu

L'oeuvre de Dutilleux présentée en seconde partie avait été créée par Anne-Sophie Mutter

Kurt Masur et le London Philharmonic Orchestra en 2002, à Londres. Les trois autres oeuvres choisies

étaient des oeuvres de jeunesse, ou de relative jeunesse: 38 ans pour Brahms, 21 ans pour Schubert,

20 ans pour Mozart. Le choix du programme semble s'être fait à partir de la nationalité des compositeurs,

trois compositeurs allemands et un français, et du type de musique jouée, une oeuvre chantée, et trois

oeuvres instrumentales de trois sortes: symphonie (Schubert), nocturne (Dutilleux), concerto.(Mozart).

Le lied de Brahms était somptueux, la symphonie de Schubert gracieuse et délicate.

La musique de Dutilleux, me parut moins abstraite que d'ordinaire (la présence du violon solo, sans doute),

et le concerto de Mozart, virtuose, acrobatique, emporta l'enthousiasme de la salle.

 

Ken-David Masur devant l'Orchestre national de France

Ken-David Masur devant l'Orchestre national de France

La salle n'était pas tout à fait pleine au début du concert, mais le fut en deuxième partie... était-ce des retardataires,

ou bien y eut il un système de "places de dernière minute", une distribution aux malchanceux sans place des

places vacantes restantes après flashage des billets? Toujours est-il que le grand auditoruim était plein pour

entendre Anne-Sophie Mutter, qui arriva, ravissante, dans une robe longue bleue à traïne.

Anne-Sophie Mutter et Ken-David Masur

Anne-Sophie Mutter et Ken-David Masur

A la fin du concert, il y eut des fleurs, plusieurs fois, pour la soliste et pour Madame Masur, et,

devant l'insistance du public qui tapait en rythme dans ses mains, Anne-Sophie Mutter nous joua un bis

accompagnée par l'Orchestre national de France. Un bis organisé (il n'y a pas que les CP13 qui préméditent

les bis!) Il s'agissait de l'Adagio d'Albinoni, morceau très connu et apprécié de tous les publics,

le nôtre suspendit presque sa respiration aux accents du violon de la soliste...

Ce fut la conclusion d'un très bel hommage.

 

 

Dans le livret, Kurt Masur, parlant de Brahms, disait du bien des orchestres français qui le jouaient,

qui allègeraient sa musique (je n'ai jamais trouvé Brahms pesant, sauf dans le deuxième choeur du

Requiem allemand, mais cette pesanteur a une signification!) Et il disait tout particulièrement du bien

de l'Orchestre national de France, avec qui il avait atteint une interprétation indépassable, la meilleure

de sa vie, de la Symphonie pastorale  de Beethoven(cela revient deux fois, il a dû être marqué que

ce soient des Français qui réussissent le mieux une célèbre oeuvre allemande!) On aurait envie de

s'envoler avec tous les oiseaux des instruments. Kurt Masur était un poète, c'est ma déduction.

Un poète philiosophe doté d'une très grande sensibilité, d'un grand charisme, un chef hors norme.

Il dirigeait à mains nues, et laissait le son s'en aller avant de baisser très lentement les bras en fin

de morceau. Son fils a repris ces traits de direction, héritage d'un savoir-faire familial.

Altos et violoncelles

Altos et violoncelles

Merci à Ken-David Masur pour sa direction, à Madame Masur pour sa présence,

à Anne-Sophie Mutter pour l'émotion de son jeu, et à l'Orchestre national de France,

sur lequel Kurt Masur ne tarit pas d'éloges dans le livret... détails à venir!

Merci au Choeur de Radio France, toujours un modèle pour la choriste amatrice que je suis,

et à Matthias Brauer qui nous fit part d'une longue introduction en français.

Le concert a été enregistré par France-Musique et sera diffusé ultérieurement.

L'Orchestre national de France et le Choeur de Radio France

L'Orchestre national de France et le Choeur de Radio France

A mon arrivée à la Maison de la Radio , une jeune femme m'a dit "Shalom!"

Ce sera le mot de la fin...

 

Sylvie, blogmestre

 

Enfin, presque: pour information, le concert Radio France était aussi disponible à la location par le réseau

France-Billets (Fnac, Carrefour, etc...), j'ai réservé mon billet* et payé en ligne, et l'ai retiré le 9 février dans la matinée

vers 10h30, sur présentation d'une carte d'identité dans l'un des magasins les plus proches de chez moi, c'est-à-dire

au Carrefour Market de Montrouge, avenue Aristide Briand, où j'ai aussi fait quelques courses**.

Hommage à Kurt Masur
Hommage à Kurt Masur
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8 février 2017 3 08 /02 /février /2017 09:22

Il y avait hier soir à la Philharmonie un concert complet à la réservation, auquel j'ai eu beaucoup de

chance de pouvoir participer: Le Chamber Orchestra of Europe, sous la direction de Yannick Nézet-Séguin,

interprétait la symphonie n°44 et le concerto pour violoncelle n°1 de Joseph  Haydn,

et la Symphonie pastorale, n°6, de Ludwig van Beethoven.

Haydn et Beethoven
Haydn et Beethoven

J'avais acheté une place revendue par un très sympathique abonné. La place était au premier rang

de l'arrière scène, je n'avais jamais été aussi près des musiciens! Voici la vue depuis ma place:

Haydn et Beethoven

Considérant que le choeur chante souvent depuis le bas de l'arrière-scène, j'étais vraiment en position de concert!

C'était presque intimidant. L'orchestre de chambre était rassemblé au centre de la scène.

Haydn et Beethoven

Voici l'orchestre de dos avec de face le jeune violoncelliste, Jean-Guihen Queyras.

La première partie du concert était la partie Haydn, symphonie d'abord (1771), concerto ensuite (1765).

La symphonie n°44, en mi mineur, a été surnommée "Funèbre" pour sa couleur sombre, elle appartient

à la période "Sturm und Drang" de Haydn, dont j'ignorais qu'il ait pu à un moment de sa vie présenter un

caractère tempétueux et passionnel. Le livret la qualifie de véhémente, impérieuse, d'une écriture

savante. Je ne connaissais pas cette oeuvre, découverte à l'occasion de ce concert. J'ai préféré

le concerto. Non que la symphonie n'était pas agréable, mais le concerto était plus émouvant,

de mon point de vue (c'est le violoncelle hors d'âge...)

 

Haydn et Beethoven

J'avais souri avant ce concerto, en lisant rapidement ce que disait le le livret de la lutte (sauvage!)

que le violoncelle avait livré à la viole de gambe pour s'émanciper de sa suprématie et gagner le droit

d'exister comme instrument soliste. J'imaginais les deux instruments sur un ring s'administrant des uppercuts

musicaux, un beau sujet de dessin animé! Le concerto comprenait classiquement trois mouvements,

et l'instrument vedette était un violoncelle de 1696, le doyen probable de la soirée.

Ci-dessous, voici le violoncelle qui a droit à sa photo, car sans lui, point de concerto.

Il faut dire que sa sonorité était extraordinaire (ces violoncelles anciens sont toujours des bijoux sonores), et le

violoncelliste Jean-Guihen Queyras savait fort bien lui faire produire ces vibrations si particulières.

Il fut bissé à la fin du concerto et nous joua un morceau sans titre, très joli.

Haydn et Beethoven

Le bel instrument aux graves chavirants interpréta le premier mouvement du concerto, moderato. Puis

l'adagio, et pendant que sa mélodie se détachait dans la grande salle attentive, il y eut au beau milieu de

l'arrière-scène, une victime collatérale. Des déplacements de personnes révélèrent l'incident, que le

chef suivait d'un oeil inquiet. Il finit par stopper l'orchestre et demanda s'il fallait un médecin.

Emoi dans la salle... Quelqu'un avait perdu connaissance, mais les sauveteurs s'en occupèrent

rapidement. Emoi du preneur de son de France-Musique... (on espère qu'il n'était pas en direct!)

Puis ce fut la reprise du deuxième mouvement du concerto, lorsque la personne eut recouvré

ses esprits, et les applaudissements au chef qui avait géré la situation avec le respect et la présence

d'esprit voulus. Pendant que nous attendions, il m'était venu la pensée incongrue que mourir sur un concerto

de Haydn était plutôt enviable. On se souvient peut-être que j'avais aussi pensé que le Festival de musique

de Saint-Denis distrayait les gisants royaux...Quoiqu'il en soit, je croisai la victime à l'entracte, bien rétablie,

fort heureusement! A la reprise du deuxième mouvement du concerto, tout se passa bien, ainsi que pou

r le troisième mouvement. Je ne résiste pas au plaisir d'évoquer à nouveau  le livret, qui déplore que nous sachions

peu de choses sur ce concerto, sinon qu'il a échappé au vandalisme de Madame Haydn, qui faisait des bigoudis

avec les manuscrits de son époux... Merci à Isabelle Werck pour cet éclairage inconnu de la famille Haydn!

 

Haydn et Beethoven

La symphonie pastorale, qui composait la seconde partie du concert fut sublime. C'est une oeuvre dont

je connais chaque phrase musicale, chaque silence, mais surtout les parties des cordes. J'étais placée

derrière les vents et les cuivres, et j'entendais des détails qui habituellement passent plus inaperçus.

Une autre écoute, c'était très intéressant. Yannick Nézet-Séguin, très en forme, et visiblement dans son

élément, dirigeait à mains nues, d'une direction dansante du corps, et de l'expression du visage.

Je retrouvai l'impression très forte que j'avais gardée des deux concerts précédents dans lesquels je

l'avais vu diriger d'une exécution parfaite de l'oeuvre, qui m'impressionna beaucoup.

Ce que je comprends moins, c'est que quoique sachant qu'il y avait cinq mouvements, je n'ai noté que deux pauses...

peut-être a-t'il enchaîné deux mouvements par deux fois? Peut-être étais-je tellement absorbée par ma contemplation

musicale que je n'ai pas compté correctement? Personne n'a fait de malaise pendant la symphonie pastorale!

Ci-dessous, Yannick Nézet-Séguin à la fin du concert, face à l'orchestre.

Haydn et Beethoven

Le concert a été enregistré par France-Musique, et il est disponible en vidéo sur le site "live"

de la Philharmonie, pour 4 mois. Vous pouvez vous faire une opinion par vous-mêmes!

Un peu d'ambiance de fin de concert, ci-dessous...

 

 

Le concert s'est terminé vers 23h, et je suis rentrée chez moi à minuit.

L'article complet a été mis en ligne le 8 février vers 22h et la vidéo ajoutée le 9 février à 8h50.

 

Sylvie, blogmestre

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6 février 2017 1 06 /02 /février /2017 08:57

Hier, je partis un peu tard de chez moi, et ratai l'express pour Mitry de peu. Mais un autre train se présenta pour Roissy

CDG, qui m'emmena vers Saint-Michel Notre-Dame, où j'arrivai à 10h09*. Il m'a semblé entendre qu'un projet de

couverture du parvis de Notre-Dame était à l'étude à la Ville de Paris, ce qui me semble une aberration, tant

les piétons, touristes et autres baladeurs, aiment cet endroit... en l'état. C'est plus qu'un parvis, c'est un forum!

 

Dimanche 5 février 2017

A l'intérieur de la cathédrale, mon arrivée tardive me permit néanmoins de trouver une des dernières places avec

visibilité à l'avant de l'édifice. La messe grégorienne était animée par quatre choristes masculins de

l'Ensemble vocal de Notre-Dame, sans chef de choeur. La messe fut dite en latin et partiellement en

français, et chantée en latin. Mgr Chauvet félicita les chantres, et annonça un concert de musiques

espagnoles chantées par des solistes de la Maîtrise de Notre-Dame de Paris, en la cathédrale le

7 février à 20h30, ainsi que les conférences de Carême et les auditions d'orgue.

Dimanche 5 février 2017

Je participai aussi à la messe internationale qui suivit, et fut célébrée en français, avec un peu d'italien

et d'allemand, et chantée en français et en latin, notamment le Pater noster. Un quatuor SATB de

solistes chanta la Messe n°6 d'Ernst Bröer, que j'incruste ci-dessous, très jolie,

et "Ego sum panis vivus" de Jan Surzynski, accompagnés à l'orgue de choeur.

 

 

J'avais très froid, quoique un timide soleil commençait à jouer avec les vitraux. Nous sommes ressortis

de la cathédrale vers 12h40, et j'ai repris le RER vers 12h43** après une ultime photo du parvis.

 

Dimanche 5 février 2017

Sylvie, blogmestre

 

 

Dimanche 5 février 2017
Dimanche 5 février 2017
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3 février 2017 5 03 /02 /février /2017 08:50

Il y avait hier soir une répétition de Carmen, de Bizet, au Choeur philharmonique international,

qui donnera cet opéra en représentation au mois de juin. Je n'avais pu participer la semaine dernière pour

cause d'absence de voix, mais hier soir  j'ai pu chanter la dernière heure de répétition après visite médicale.

Nous avons chanté le Finale et l'Habanera, dont voici un extrait, sans choeurs, mais avec La Callas!

 

 

 

Quelle voix ! C'était à Covent Garden en 1962.

 

Sylvie, blogmestre

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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 09:37

Hier soir, c'était le dernier concert avant les vacances d'hiver... (encore qu'il me semble que les salles

programment dans les deux semaines qui viennent, mais je vais faire une pause!) un concert de l'Orchestre

de Paris, dirigé par Daniel Harding, créant en France une oeuvre de Harison Birtwistle,

et proposant un concerto pour piano de Johannes Brahms.

Birtwistle et Brahms

Ma place était dans la dernière rangée du second balcon de face.

Birtwistle et Brahms

Pour ma vue de myope, c'était très loin, je voyais les musiciens comme des petites fourmis...De plus, j'aime bien

voir le chef autrement que de dos (la fascination du choriste pour le chef...) En revanche, le panorama était top!

Birtwistle et Brahms

Voici l'orchestre complètement déployé pour "Earth dances" de Birtwistle, au zoom.

Cette oeuvre de musique contemporaine a été créée en 1986 sur commande de la BBC, elle comprend

trois mouvements et est dédiée à Pierre Boulez, dont la grande salle qui l'accueille ici porte le nom.

Je cite le livret: "l'orchestre est divisé en 6 strates, individualisées par leur registre, leurs intervalles et

leurs rythmes. Elle se heurtent, disparaissent à l'arrière-plan, émergent de nouveau, telles les plaques

tectoniques qui danseraient à la surface de la Terre". L'oeuvre commence par ce qui me parait à

l'évidence être un Big Bang, claquement de tout ce qui fait du bruit (il y a 7 percussionnistes, et j'ai

renoncé à compter les percussions, mais on voit bien les gongs et un xylophone interviendra avec

insistance). La description des plaques tectoniques ci-dessus laisse soupçonner

une architecture d'écriture de la partition complexe.

 

Birtwistle et Brahms

Le livret cite le compositeur, qui se dit "avant tout intéressé par la répétition, l'approfondissement

du même événement sous différents angles"... l'oeuvre dure 33 minustes, et cela fait beaucoup de

répétitions. Je me surprends à compter les contrebasses, 9, les violoncelles, 9, les altos, 9 ou 10?

Il est clair que l'orchestre et le chef font preuve de beaucoup de technicité, mais je ne suis pas très

sensible à ce type de musique. Ce n'est pas grave, à force d'en entendre, cela viendra peut-être!

Mes voisins sont manifestement enchantés, et applaudissent beaucoup. Le compositeur monte sur

scène sous les bravos avec Daniel Harding, moment d'émotion, il a l'âge de mes parents.

Daniel Harding et Harison Birtwistle

Daniel Harding et Harison Birtwistle

Après l'entracte, l'orchestre est plus modeste pour le concerto pour piano n°1 en ré mineur de Brahms.

Birtwistle et Brahms

On se rappelle sans doute que Brahms mit 20 ans à oser se lancer dans l'écriture d'une symphonie,

et qu'il écrivait des sonates que son ami Schumann voyait comme des symphonies déguisées...

Ce concerto pour piano, créé en 1859 (Brahms avait 26 ans) est une sonate symphonie déguisée

qui a évolué vers le concerto. Le premier des trois mouvements qu'il comporte est un très long

Maestoso, que je reconnais dès les premières mesures, pour l'avoir souvent entendu quand j'étais enfant.

Il a des accents beethoveniens, comme si les violons émettaient une sentence définitive. Cette partie

de l'oeuvre est la première composée, en sonate, puis modifiée pour être interprétée par l'orchestre.

L'adagio qui suit est annoté des paroles "Benedictus qui venit in nomine Domini", peut-être après la

tentative de suicide de Schumann, le mouvement évoque une quête spirituelle. Les deux derniers

mouvements sont postérieurs à l'écriture du premier, et ne parlent pas autant à ma mémoire. En revanche, on

trouve dans le troisième mouvement des accords qui existeront plus tard dans le Requiem allemand,

et dans le rondo final, se dessine le compositeur symphonique qui utilise volontiers de la musique

de danses populaires dans une écriture savante. Mes voisins marquent le rythme dansant...

Paul Lewis et Daniel Harding

Paul Lewis et Daniel Harding

Le pianiste du concerto pour piano était Paul Lewis (ci-dessus avec Daniel Harding). Ce concerto

a ceci de particulier que l'instrument solo n'y lutte pas contre l'orchestre, mais joue avec lui.

L'orchestre et le pianiste sont très applaudis. Daniel Harding a été magistral, comme il est d'habitude,

je regrette de na l'avoir pas mieux vu, c'est à retenir pour un prochain placement. Paul Lewis, bissé, revient

plusieurs fois sur scène, puis après concertation avec le chef, nous joue un bis au piano.

Ce concert est donné une seconde fois ce soir à la Philharmonie, il reste quelques places...

 

Je sors de la salle à la fin du bis, entre 22h35 et 22h45, pour avoir ma correspondance RER,

et arrive chez moi vers 23h45, le passe Navigo fonctionne, ce n'était pas le cas à l'aller, ouf!

 

 

Sylvie, blogmestre

Birtwistle et Brahms
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