13 novembre 2015 5 13 /11 /novembre /2015 14:42

La cathédrale des soldats blessés, Saint-Louis des Invalides, accueillait hier soir un concert de

l'orchestre symphonique de la Garde républicaine, dans le cadre de la commémoration du centenaire

de la première guerre mondiale. Ce concert, qui réunissait le pianiste Roger Muraro et toutes les

formations musicales de la Garde républicaine, était dirigé par le colonel François Boulanger.

billet de concert classique

billet de concert classique

Quand j'ai pris mon billet, il ne restait plus que des places de deuxième catégorie, c'est-à-dire au fond

de la cathédrale, qui heureusement n'a pas les dimensions de sa grande sœur de l'île de la Cité.

C'est l'église de l'Hôtel des Invalides, où l'on célèbre notamment les messes commémoratives liées

aux activités des armées. Il y a, suspendus sous la nef, deux rangées de drapeaux pris à l'ennemi.

Il y a aussi derrière l'autel, un bouquet de drapeaux français.

La nef de Saint-Louis des Invalides, avec ses drapeaux et oriflammes

La nef de Saint-Louis des Invalides, avec ses drapeaux et oriflammes

Installée au bout du dernier rang, empiétant un peu sur l'allée centrale, je voyais finalement mieux

que d'autres placés plus près, au milieu d'un rang. Le concert comportait en première partie trois

morceaux assez courts, sur le thème de l'Espagne : España, extrait d'Asturias, d'Isaac Albeniz

(connu de tous les guitaristes) dans une orchestration de François Boulanger, España à nouveau,

d'Emmanuel Chabrier, rhapsodie pour orchestre, et la première suite de Carmen, de Georges Bizet.

Dès les premières mesures, on est saisi, captivé par la qualité exceptionnelle de l'orchestre, qui allie

la précision et la rigueur militaires à la légèreté et à la virtuosité artistiques. Le colonel Boulanger,

chef d'orchestre, a une gestique très dynamique. Je regrette rétrospectivement de n'avoir pu chanter la

neuvième symphonie de Beethoven sous sa direction avec cet orchestre en 2008, l'année de mon arrivée aux

Choeurs de Paris XIII, comme l'occasion s'en était présentée... On constate une présence féminine notable parmi

les musiciens, qui me réjouit. Les trois morceaux sont exécutés avec maestria et beaucoup d'élégance. A la fin d

e la première partie, l'orchestre se lève pour saluer, je tente une photo au zoom.

Le colonel François Boulanger devant l'orchestre symphonique de la Garde républicaine

Le colonel François Boulanger devant l'orchestre symphonique de la Garde républicaine

La deuxième partie comporte deux concertos pour piano et orchestre de Maurice Ravel, dont,

en second, le concerto pour la main gauche, écrit pour un musicien amputé après une blessure

de guerre. Le pianiste est Roger Muraro qui fut un condisciple du colonel Boulanger au conservatoire

de Paris, où il est depuis devenu enseignant. On reste sous le signe de l'Espagne, avec Ravel,

auteur du Boléro, quoique le lien dans cette deuxième partie soit moins direct. Le pianiste est bien

assorti à l'orchestre, j'ai la chance de le voir au bout de l'allée centrale, et du mal à obtenir une photo de lui dont

les mains, toujours en mouvement, ne soient pas floues... j'aurai essayé ! Je ne sais lequeldes deux concertos

est le plus impressionnant en matière de jeux de main(s), du premier où elles se croisent, ou du second où

l'une repose pendant que l'autre semble jouer deux parties à elle seule...

 

Le pianiste Roger Muraro dans le concerto à deux mains de Ravel

Le pianiste Roger Muraro dans le concerto à deux mains de Ravel

Les spectateurs se sont rendu compte que l'on voyait mieux debout, et peu à peu se groupent au fond de l'église,

rendant la vision compliquée, d'autant que les personnes des rangs précédents se penchent dans l'allée pour voir

le pianiste en action. Tout a une fin, même le plus beau concert ! Les musiciens se lèvent pour saluer, les spectateurs

se lèvent pour applaudir, on ne voit plus rien... Quand je retrouve un peu de visibilité, les musiciens sont sur le départ.

Nous retraversons la grande cour pavée, sous le regard de Napoléon, et ressortons face au pont Alexandre III, derrière

lequel se profile le Grand Palais, et je souhaite le bonsoir au soldat posté devant la guérite de la grande grille.

 

Sylvie, blogmestre

 

La place des Invalides de nuit

La place des Invalides de nuit

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12 novembre 2015 4 12 /11 /novembre /2015 14:14

C'était mon troisième teen-age memory concert de l'année, les précédents ayant été Paul Mc Cartney

au Stade de France et The Who au Zénith (dont je n'ai pas parlé sur le blog, c'était avant que je devienne une

blogueuse compulsive...) Quand j'étais adolescente dans ma cité de banlieue rouge, nous organisions des "boums" dans

les caves. Il y avait toujours quelqu'un pour apporter « Machine Head », l'album le plus populaire du groupe de hard rock

Deep Purple. C'est de la musique in-dansable, mais on pouvait sauter dessus en rythme avec la guitare ou la batterie,

ce qui nous plaisait beaucoup (les habitants du rez-de-chaussée au dessus de la cave appréciaient moins).

 

Hier soir 11 novembre, j'allais voir Deep Purple, ou ce qu'il en restait après de multiples remaniements.

C'était au fond du Parc de la Villette, en laissant la Philharmonie à sa droite. Il y avait du monde qui

faisait la queue aux multiples guichets, et il y avait même  une queue spéciale pour les billets qui ne

passaient pas automatiquement à la validation optique (ce fut le cas du mien!)

Ce billet bleu est violet foncé

Ce billet bleu est violet foncé

A l'intérieur, des vendeurs de boissons et comestibles, de tee-shirts et affiches, et de protections auditives

violettes (assorties au groupe?) se partagent le terrain. Je gagne ma place, qui est tout en haut mais juste en face de

la scène. Mon voisin juste devant doit faire 1,85m, mais heureusement, il ne se redresse pas trop ! Les plus de

6000 places de la salle de spectacle se garnissent d'occupants, jusqu'à saturation. On voit passer d'anciens

rockeurs quinquagénaires ou sexagénaires, certains ont même ressorti le perfecto, croulant sous les hot-dogs, frites et bières

qu'ils rapportent pour toute leur rangée. Le public a pris de l'âge avec ses idoles... Un jeune homme derrière moi dit

quand même que « le public est très varié », et que dans une autre ville il n'y avait que des jeunes allumés...

 

Le spectacle commence à 19 heures avec une première partie d'un autre groupe de hard rock, qui

s'appelle Rival sons. Je ne connais pas, mais c'est sympa, le chanteur est pieds-nus avec une belle

tignasse il a de la voix et de la pêche (dans ces groupes de rock, on peut muscler les instruments , mais si le chanteur

n'a pas de voix ou de charisme, c'est rédhibitoire). Pendant toute la première partie, des spectateurs

continuent d'arriver, et les ouvreuses montent sans discontinuer les marches pour les placer.

La salle finit par être pleine comme un œuf !

La salle du zénith en self-made panoramique

La salle du zénith en self-made panoramique

A 20h15, dans une musique symphonique grandiose type Star wars, Deep Purple fait son entrée

en scène, dans le noir. Puis les spots s'allument et le groupe attaque « Highway star » dans les cris

des premiers rangs, qui connaissent la discographie par cœur. Le chanteur, Ian Gillan, a encore

beaucoup de voix (mais plus assez d'aigus pour nous interpréter « Child in time », qui comporte un passage en voix

de tête, ce que je regrette), jean noir et T-shirt assorti, du muscle et du tonus, cheveux courts gris.

Les deux autres membres historiques du groupe (= ceux qui étaient là au top des années 70), Ian Paice

à la batterie et Roger Glover à la basse, sont toujours excellents mais plus marqués par l'âge.

Et il y a les petits nouveaux, Steve Morse qui a remplacé Ritchie Blackmore à la guitare (mon jeune voisin

explique à sa maman que Blackmore se serait fritté avec le chanteur...), et Don Airey, qui a remplacé

Jon Lord aux claviers, décédé en 2012.

Deep Purple sur scène

Deep Purple sur scène

Ce n'est pas anodin, car le groupe a des solos singuliers de tous les instruments, et la virtuosité

des premiers demandait d'autres virtuoses pour leur succéder. Le concert est construit de manière

étudiée, d'abord des vieux tubes, qui chauffent la salle, puis des chansons plus récentes, puis des

morceaux cultes, une fausse sortie, et quelques autres pièces pour finir. Une autre spécificité de Deep

Purple, c'est de tirer des instruments électriques des sonorités in-ouïes (dans le sens « non-entendues »).

Ainsi, nous aurons un solo de guitare et un autre de claviers (et celui-ci a beaucoup joué Bach, on l'entend!),

produisant des sons étonnants, que l'on n'attribuerait pas à ces deux instruments. Sur un solo de

batterie, un bon vieux solo de batterie, remarquable de dextérité eu égard à l'âge du batteur, les lumières se

sont éteintes et les baguettes sont apparues dessinant de lumineuses arabesques de couleurs

variées dans le noir... C'est un groupe où rien n'est ordinaire, il y a de la recherche partout.

Ce qui m'a frappée aussi, pour la performance physique, c'est qu'ils enchaînent tous les morceaux. On a à peine

le temps d'applaudir, au passage, qu'ils sont déjà repartis. Et puis à 21h45, il est là, LE tube planétaire,

dont les quelques notes entêtantes hantent même les joueurs de balalaïkas (voir les choeurs

de l'armée rouge le mois dernier)... « Smoke on the water » is there !

 

Citation musicale courte de Smoke on the water respectant le copyright britannique

 

Hurlements dans la salle. On nous demande de chanter... je suis la seule de mon entourage à

chanter le refrain, pourtant ce n'est vraiment pas difficile. Et ici on touche quelque chose qui me chagrine,

c'est l'inhibition des spectateurs. Sans casser les fauteuils, on leur demande de chanter, qu'est-ce qui les retient de

chanter ? C'est le clou de la fête, l'apogée du concert. Ils font mine de s'en aller, reviennent avec des

bières qu'ils lèvent à notre santé, on les supplie, ils ne se font pas prier pour revenir, chantent

encore une reprise de « Hush » sauce Deep Purple, « Space truckin' », une dernière pour la route

et s'en vont pour de bon. Ian Gillan nous exprime avant de nous quitter tout le plaisir qu'ils ont eu

de nous voir (et nous donc!) et combien nous sommes formidables, et hop, ils sont partis.

Nous ressortons péniblement du Zénith, ça bouchonne aussi dans l'autre sens, et dehors, il pleut,

les feuilles tombées au sol glissent, nous nous hâtons vers le métro...

 

Sylvie, blogmestre

 

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11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 14:01

Hier soir j'ai eu la chance de pouvoir écouter le second concert Carmina Burana de la Maîtrise et

du Choeur de Radio France, réunis avec les percussions de l'Orchestre national de France sous

la baguette de Sofi Jeannin. Il y avait eu un premier concert le 8 novembre, et l'abondance de public

semble avoir motivé ce second concert. Le public était tout aussi abondant hier soir (peut-être y aura-t'il

un troisième concert ?), et bouchonnait à l'entrée de la Maison de la radio, quand j'y arrivai vers 19h45.

Le contrôle était assez pointu, puisqu'on s'est enquis de mon téléphone portable (?)

que je n'avais pas emporté. J'avais la place 1 de la rangée V loge 1.

 

Le billet pour une place introuvable

Le billet pour une place introuvable

Mais je n'ai jamais trouvé ma place ! A la suite d'une erreur d'orientation, je me suis retrouvée rangée W, loge 2

quelques minutes avant le début du concert, où je me suis assise à une place libre, pour en être délogée par

ses occupants légitimes alors que le concert commençait... Finalement, on m'a replacée loge 4 rangée R place 52,

où une place était inoccupée... Le premier morceau, O Fortuna, était déjà bien entamé. C'était un concert à

l'atmosphère un peu étrange, sans doute du fait de la présence des enfants et de leurs familles,

car une demi-douzaine de personnes sont entrées dans la loge pour occuper un demi-rangée vide, alors que l'on

en était au troisième morceau environ, ce qui ne se voit jamais d'habitude. Il y eut aussi quelques babils très

juvéniles qui se transformèrent en grands cris quand la soliste soprane chanta... Le bébé perturbateur disparut,

emporté dans les couloirs, et la soprane continua son solo. Elle était vêtue d'une sublime robe de satin

moiré vert grisé, et dotée d'une voix non moins sublime. Suédoise comme Sofi Jeannin,

elle s'appelle Malin Christensson.

 

J'ai beaucoup entendu les Carmina Burana de Carl Orff dans mon enfance, mes parents avaient acquis

l'enregistrement Deutsche Grammophon, et aimaient beaucoup l'écouter bien fort... Mais je ne les ai jamais chantés.

C'est une œuvre qui paraît harmoniquement simple, dont les morceaux sont volontiers scandés, qui

a de l'éclat, et se prête bien aux célébrations, même si on est loin d'en comprendre tous les textes.

Il s'agirait, c'est confirmé par le livret,  de la mise en musique par Orff en 1936 de chants en vieux latin

et en vieil allemand, écrits du XIè au XIIIè siècle et compilés par des moines bavarois au XIXè siècle.

La version présentée hier soir n'était pas la version originale avec orchestre, mais la version ultérieure

à deux pianos, conçue pour des choeurs plus modestes, ce qui n'empêchait pas les choristes, hier,

tant adultes qu'enfants, d'être très nombreux. Les deux pianos étaient grand ouverts, ce qui m'a permis

d'admirer de haut leur facture interne. Il y avait aussi cinq percussionnistes, la xylophoniste comprise,

et deux solistes masculins, un ténor, qui apparut, chanta le passage le plus grinçant de l'oeuvre,

puis disparut, et un baryton, ainsi que la soliste soprane déjà citée.

Les deux choeurs d'adultes et d'enfants, percussions et pianos

Les deux choeurs d'adultes et d'enfants, percussions et pianos

Les pianistes étaient d'une grande dextérité, mais les choeurs les couvraient un peu lorsqu'ils

chantaient en volume maximum. Heureusement, tous les choristes de radio France ont l'oreille absolue et ne

baissent jamais (c'est parfaitement exact, camarades!) Le choeur d'enfants présentait un reflet intéressant

de la diversité ethnique actuelle de notre pays, une belle manifestation d'intégration culturelle.

Sofi Jeannin, en tailleur pantalon, était la première femme que je vois diriger un ensemble musical

au grand auditorium de la Maison de la Radio. Gestes très précis, syncopes et contretemps pile

en place malgré le nombre des participants, la jeunesse de certains, les percussions multiples,

bravo ! La présence de deux dames a donné lieu à une remise de bouquets, qui est toujours

un moment sympathique (pendant lequel je me demande à chaque fois pourquoi les hommes n'ont pas de

bouquets eux aussi...) Le concert fut court, un peu plus d'une heure de très grande concentration pour

les participants, d'envolées musicales, de rythmes à couper le souffle, une puissance somptueuse

qui magnifiait l'oeuvre,  et sans applaudissements malencontreux. Quand revint le O Fortuna de la fin,

on se dit que, dommage, c'était déjà fini, et que ç'avait été bien court...!

Les solistes et le chef de choeur, et les deux pianos ouverts

Les solistes et le chef de choeur, et les deux pianos ouverts

Applaudissements nourris du très nombreux public, rappels, retours, saluts de face, puis de face

dans l'autre sens puisque la salle est ronde. La soprane me fit un sourire lorsque je pris les solistes et

le chef en photo... (n'est-ce pas qu'elle porte une robe sublime?) Je ressortis de la Maison de la radio vers 21h15,

et repartis en chantant à mi-voix le dernier choeur des Carmina Burana, rythmé et obsédant.

Sur le chemin du retour vers le métro Passy, j'augmentai ma collection particulière de portraits

de la Tour Eiffel au fil de l'eau et des saisons, inépuisable et irrésistible source d'inspiration photographique !

 

Sylvie, blogmestre

Tour Eiffel nocturne d'automne

Tour Eiffel nocturne d'automne

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8 novembre 2015 7 08 /11 /novembre /2015 14:45

Hier soir j'ai réussi à voir « Ne me regardez pas comme ça » au Théâtre des Variétés ! C'est ma seconde

tentative, pour ce spectacle dont j'avais apprécié les deux actrices principales, vues lors de l'enregistrement sur le plateau

de l'émission de télévision « On n'est pas couché », le 3 septembre dernier. Il s'agit de Sylvie Vartan,

et d'Isabelle Mergault. Un acteur masculin complète la distribution, Pierre Deny. Le spectacle est

signé Isabelle Mergault, dans une mise en scène de Christophe Duthuron.

 

La façade du Théâtre des Variétés de l'extérieur

La façade du Théâtre des Variétés de l'extérieur

Une longue queue serpente devant le Théâtre vers 20h30, et quelques groupes de candidats spectateurs

dépités de dernière minute nous disent qu'ils ne peuvent entrer car « c'est complet ». J'ai pris la précaution de

réserver ma place avant d'y aller, il n'y a plus qu'à la retirer au guichet et à se réinsérer dans la file avant le contrôle.

 

Billet banquette avec coffre à bagages inclus

Billet banquette avec coffre à bagages inclus

Sous le velours rouge qui les couvre, les marches de l'escalier sont un peu creusées par l'usage.

Je monte au deuxième balcon rejoindre ma banquette. La place est un peu dure pour le dos, mais on y voit

très bien ce qui se passe sur la scène, et il y a sous le siège un espace bien pratique pour mettre sac et caban.

Ce théâtre-ci date du Premier empire (1807), il est tendu de velours cramoisi et orné de fresques

avec dorures, les piliers sont en forme de colonnes ioniques, et le rideau a une frange dorée.

 

Le Théâtre des Variétés de l'intérieur

Le Théâtre des Variétés de l'intérieur

Le synopsis du spectacle en quelques mots : Victoire Carlota est une star de cinéma qui vit

recluse depuis vingt ans, car elle ne tourne plus, et présente une paparazzophobie manifeste.

Un éditeur flairant le bon plan l'a convaincue d'écrire ses mémoires, et lui a adressé un nègre, Marcel,

pour l'assister dans cette tâche. Marcel s'avère être du genre féminin, et auteur d'un best-seller culinaire

sur... le riz (qui est une star alimentaire!)  Marcelle, donc, entreprend de re-socialiser Victoire, et l'emmène

sur ses lieux de tournage passés, à la recherche de ses souvenirs. Voici le duo en Italie, à Rome,

mais, si Victoire montre une mémoire phénoménale pour la vie des autres, elle ne se souvient de rien

qui la concerne ! Les voici encore dans la garrigue italienne, où Victoire rencontre un peintre croqueur

de scènes champêtres, dont elle s'éprend. Marcelle suscite un dîner, espérant que les sentiments

amoureux débloqueront enfin la mémoire de Victoire. Le stratagème fonctionne au-delà

de ses espérances, puisque les tourtereaux s'échappent pour Vérone...

et Marcelle se recycle dans l'écriture d'un autre best-seller culinaire.

 

On retrouve dans cette histoire des clins d'oeil nombreux au cinéma : Sunset Boulevard, de Billy Wilder

pour la star recluse dans sa maison (heureusement ici pas de cadavre dans la piscine!), ou la fin de vie de

Marlène Dietrich à Paris (dont les mémoires, passionnants et volumineux, seront écrits par sa fille), la Dolce Vita

de Federico Fellini avec la fontaine romaine où l'on jette des pièces en faisant un vœu, 

et bien sûr, à la fin, l'évocation des Amants de Vérone d'André Cayatte. Les scènes

dans la garrigue m'ont plutôt fait penser à Jean de Florette, de Marcel (!) Pagnol, cette actrice en robe

de soirée, talons hauts et boa de plumes arpentant les chemins de terre sèche, et se faisant piquer par une

couleuvre à un endroit inavouable de son anatomie, oscillant entre le panache et le pathétique.  Mais

dans une comédie, tout fait rire, même l'aveugle qui veut rester près du hublot de l'avion pour voir les nuages !

 

J'ai aimé l'ingéniosité des décors photographiés projetés à l'arrière de la scène, et complétés par des

objets en trois dimensions posés sur la scène, facilement escamotables ou positionnables. La distorsion

visuelle de ces décors projetés, selon les propos des acteurs, m'a beaucoup amusée. J'ai aimé l'abattage d'Isabelle

Mergault, poulbotte sans famille* et adepte du système D, à l'aise partout, jamais à court d'une réplique

choc hilarante. J'ai aimé l'adaptabilité du troisième homme, Pierre Deny, passant du rôle d'aveugle fan

de la diva, à celui de serveur italien fan de la diva, puis à celui du peintre naturaliste récalcitrant puis amoureux de la diva

(il y a quand même une continuité dans ces rôles successifs!) J'avais beaucoup aimé Sylvie Vartan chez Laurent

Ruquier, expliquant qu'elle était à la fois star de variétés, et elle-même, en une seule personne.

Le reproche que je ferais à Victoire C, c'est que le rôle est en dessous de la personnalité de l'actrice

qui l'incarne. Il s'agit d'un pastiche, évidemment, mais la seule vision simplificatrice de la star amnésique sur sa

vie personnelle prive le personnage de l'humanité de sa vie privée, et le cantonne à sa névrose. C'est un peu

dommage pour Sylvie ! Mais il s'agit d'un divertissement, et le public, qui est ravi de voir une vraie star sur

scène devant lui, applaudit souvent, et prend beaucoup de photos aux saluts, comme il a été expressément

autorisé à le faire. Ce qui, et c'est fort heureux, libère l'actrice principale en l'offrant aux objectifs

des paparazzi amateurs qui remplissent la salle, ce qu'elle fait avec grâce.

Les trois acteurs et le metteur en scène (en noir sur la première photo)
Les trois acteurs et le metteur en scène (en noir sur la première photo)

Les trois acteurs et le metteur en scène (en noir sur la première photo)

Le Faubourg Montmartre où nous ressortons, présente le même grouillement de piétons et de voitures à 22h30, que deux

heures plus tôt, quelques personnes prennent le fronton du théâtre en photo. Il fait doux, presque chaud...

Sylvie, blogmestre,

(qui sèche la journée de travail CP13 pour cause de bronchite)

 

* anachronisme : j'ai modestement aidé à la mise en place de la première déchetterie de France, en 1988 à Mulhouse, sous l'impulsion de mon ami regretté Laurent S. nous n'avons trouvé aucun humanoïde, ni dans les recyclables ni dans les incinérables... "Marcelle" qui dit avoir été trouvée dans la déchèterie St Marcel aurait-elle moins de 27 ans ?

 

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7 novembre 2015 6 07 /11 /novembre /2015 13:32

Le Choeur Un sera en week-end de travail le samedi 7 novembre, c'est-à-dire aujourd'hui, et le

dimanche 8 novembre, pour travailler la Messe en ut mineur de Mozart. Le Choeur Deux et

le petit choeur travailleront le Requiem de Cherubini demain dimanche 8 novembre.

Repas en commun dimanche pour ceux qui le souhaitent, apportez vivres et liquides!

 

Bon travail à toutes et à tous!

Entrée par la rue de Lagny, horaires théoriques 14h-19h samedi, et 11h-18h dimanche.

Sylvie, blogmestre

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7 novembre 2015 6 07 /11 /novembre /2015 12:22

Hier soir 6 novembre, après être allée voir mes parents enfermés en clinique à l'insu de leur plein gré

et du mien, j'ai assisté à un spectacle de danse contemporaine donné par le chorégraphe japonais

Saburo Teshigawara au Théâtre des Champs Elysées. Le spectacle s'appelle « Mirror and music »,

j'en avais vu un extrait vidéo sympathique, et avais pensé qu'un peu de danse adoucirait l'ambiance.

Billet du spectacle Mirror and music

Billet du spectacle Mirror and music

J'étais placée au deuxième rang de côté, mais ai été replacée plus au centre, à une place d'où je voyais

parfaitement la scène, le théâtre n'étant pas plein. J'aime beaucoup ce théâtre, il est très beau, j'aurais

aimé le connaître quand il a ouvert ses portes, à la Belle Epoque... Au deuxième balcon, les sièges

sont standard, mais plus bas, il y a de vrais fauteuils et de vraies chaises. J'imagine des dames

en robe longue avec tournure, et des messieurs en frac et haut de forme, venant au spectacle.

Voici une photo des fresques et bas-reliefs, orgue, qui surmontent la scène :

 

Décoration du théâtre au dessus de la scène

Décoration du théâtre au dessus de la scène

Voici une photo de la salle actuelle vue du deuxième balcon:

Théâtre des Champs-Elysées, vu du deuxième balcon

Théâtre des Champs-Elysées, vu du deuxième balcon

Mais quand le spectacle commence, on pense plutôt à Metropolis qu'à l'élégante société de mes

évocations... Ouverture sur deux silhouettes encapuchonnées dans le noir, éclairées par pinceau

lumineux stroboscopique, sur vacarme épouvantable de type soufflerie géante. D'autre silhouettes

apparaissent qui s'animent progressivement, le bruit violent continue, on reste dans l'industriel, une

chaîne de production peut-être ? Une sorte de gros triton rampe sur le sol sur une planche à roulettes...

Brusquement, cassure. Musique de chambre baroque, clavecin et violon, puis viole et flûte, puis

violoncelle. Les danseurs et danseuses ont baissé le capuchon et changé de costumes, ils tournoient

et font des arabesques avec leurs bras, répétitivement. Suit un plan où cinq d'entre eux sont au sol sur

des plans inclinés, comme désarticulés, éclairés alternativement. Puis il sont debout et agitent les

bras verticalement, l'éclairage ne laisse voir que les chairs, ils sautent d'un pied sur l'autre pendant

très longtemps, puis s'écroulent. Retour de l'ambiance industrielle, on est passé de la soufflerie au

bruit de turbines type décollage d'avion. Les corps sont éclairés par des pinceaux de lumière

stroboscopique en faisceau, les danseurs se déplacent derrière, un très beau choeur double se fait

entendre, lent et envoûtant. Les sautillements des danseurs d'un pied sur l'autre ont repris,

jusqu'à épuisement des corps, qui disparaissent dans le noir au fond de la scène.

 

Les spectateurs restent un peu interdits, puis applaudissent normalement. Le spectacle a duré une

heure et quart, j'admire le caractère sportif et l'endurance des danseurs. En revanche la démarche

artistique me laisse perplexe. Les moments de grâce provenaient de la musique de chambre, et du

choeur final, emprunts « non-vivants » dont on ne connaîtra ni le nom des œuvres entendues, ni les interprètes...

Une dame à côté de moi dit à son époux récalcitrant « Mais c'est une expérience ! »

 

L'avenue Montaigne est mouillée, pluvieuse et glissante, quand nous ressortons, chacun se dépêche de rentrer

chez soi. Je prends une photo humide des Champs-Elysées avant de descendre l'escalier

assorti de la station de métro Franklin D. Roosevelt...

Sylvie, blogmestre

Les Champs-Elysées en atmosphère nocturne humide

Les Champs-Elysées en atmosphère nocturne humide

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6 novembre 2015 5 06 /11 /novembre /2015 10:42

Retour à la Maison de la radio, ce jeudi 5 novembre. Au programme, deux pièces orchestrales

de Benjamin Britten, et une symphonie de Piotr Ilitch Tchaïkovski. J'ai pu réserver sans difficulté une place

au second balcon, côté violons, sans surprise acoustique pour ma configuration musico-spatiale personnelle !

Le concert est joué par l'Orchestre national de France, dirigé par Edward Gardner.

Billet au poulailler, superbe vue!

Billet au poulailler, superbe vue!

La salle est un peu moins pleine que d'habitude, il faut dire que sir Simon Rattle qui dirige à guichets fermés

l'intégrale des symphonies de Beethoven à la Philharmonie, constitue une très sérieuse concurrence ! Britten est

musicalement moins accessible que Beethoven au grand public, mais nous avons dans le grand auditorium

de la Maison de la radio, ce soir, des mélomanes aguerris ! Le concert commence par la Sinfonia

da Requiem, écrite au début de la seconde guerre mondiale, à New-York, où le compositeur britannique

s'est exilé. La pièce, œuvre majeure de Britten, est très intéressante à regarder de mon perchoir (premier

rang du deuxième balcon, d'où j'ai une vue plongeante sur l'orchestre), car elle est plus sonore que mélodique,

c'est à dire que les instruments produisent des sons parfois acoustiquement inattendus, se répondent,

« balancent » d'un instrument à l'autre, dit le livret, et qu'il est fascinant d'observer ce ballet sonore

sous la baguette du chef britannique Edward Gardner, très primé et très charismatique, qui ne

ménage pas sa peine. C'est un Requiem condensé d'une vingtaine de minutes : Lacrymosa, Dies irae,

Requiem aeternam, qui traduit la désolation de la guerre et l'espoir d'un apaisement. J'aime!

A écouter, ou mieux, à regarder en vidéo pour le balancement instrumental, si vous ne connaissez pas.

 

 

La seconde pièce de Britten jouée est le concerto pour violon et orchestre. La partie de soliste est

interprétée par le violoniste canadien virtuose James Ehnes, sur un Stradivarius de 1715 (lui non plus ne

se sépare pas de son précieux instrument!) dont il tire des accents étonnants. Dans cette pièce, Britten a voulu

rendre hommage aux victimes de la guerre d'Espagne, et traduire la conscience d'une Europe de 1939

basculant dans le conflit. Dans une lettre de 1939 à sa sœur, écrite de Woodstock, il dit qu'il craint ne

pas trouver d'interprète pour le solo de violon dont « la virtuosité est redoutable ». James Ehnes nous

en a fait une ample démonstration ! Longuement applaudi, bissé, il jouera en prime un extrait du

troisième mouvement de la deuxième sonate de Bach, qui met bien en valeur la sonorité particulière

de l'instrument ancien. Vous pouvez entendre cette pièce et tout le concert en replay

sur le site de France Musique, ou grâce à l'incrustation du player ci-dessus.

 

 

Le violoniste James Ehnes et son Stradivarius de 1715

Le violoniste James Ehnes et son Stradivarius de 1715

Après l'entracte, la première symphonie de Tchaïkovski, datant de 1868, nous ramène à un univers

plus mélodique. Baptisée ultérieurement à sa création « Rêves d'hiver » par le compositeur, elle lui

aurait été inspirée par les paysages hivernaux russes. On retrouve ici, dans une forme plus mélodieuse,

le balancement instrumental mentionné précédemment dans les œuvres de Britten. Dans la symphonie

de Tchaïkovski, ce sont des phrases musicales qui se répondent, des bois aux cordes. On retrouve aussi

la météo hivernale : de la brume, des frimas, des tourbillons... Deux flûtes se partagent les trois premiers

mouvements, le troisième flûtiste ne jouera du piccolo que dans le quatrième mouvement, dansant,

adapté d'un chant populaire qui ressemble beaucoup à une danse folklorique, rythmé et très sonore.

A la fin de chaque mouvement, il y aura des applaudissements, fait inhabituel en ce lieu, en cours de

symphonie, mais il faut dire que le chef Edward Gardner, aux commandes de l'Orchestre national

de France suscite l'enthousiasme. La symphonie s'achève dans un final brillant, puissant, martelé,

quasiment beethovenien. Applaudissements nourris du public, très satisfait de sa soirée.

L'orchestre national de France et Edward Gardner

L'orchestre national de France et Edward Gardner

Il a plu pendant le concert, mais lorsque nous ressortons, la pluie a cessé. La Tour Eiffel porte un collier de lumineux

rubis, émeraudes et saphirs autour de son troisième étage, prélude aux fêtes de fin d'année, qui lui sied à ravir...

Sylvie, blogmestre

 

La Tour Eiffel, son joli collier multicolore, et le pont de Bir-Hakeim

La Tour Eiffel, son joli collier multicolore, et le pont de Bir-Hakeim

NB : si vous n'avez jamais chanté d'oeuvre de Britten, voici une vidéo d'un extrait de Ceremony of carols

 par la Maîtrise de Radio France, dirigée par Sofi Jeannin, qui donnera en concert les Carmina Burana

le 10 novembre au grand auditorium, les places sont à des prix très abordables et réservables en ligne, qu'on se le dise!

 

 

 

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5 novembre 2015 4 05 /11 /novembre /2015 14:45

Une dizaine de choristes des Choeurs de Paris 13 participeront au concert Grande Messe

en ut mineur de Mozart, le 20 novembre 2015 à 20h45, en l'église Saint-Sulpice, avec au moins

deux cent cinquante autres choristes, et l'orchestre Paris Festival Orchestra, sous la direction

de Hugues Reiner, au profit de l'association Rétinostop.

 

Très beau volume de cet immense choeur à la répétition d'hier soir!

Mozart à cette puissance vocale, ça décoiffe...

Venez nous écouter nombreux et participer au financement de l'association Rétinostop!

 

Sylvie, blogmestre

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4 novembre 2015 3 04 /11 /novembre /2015 15:05

Hier soir la Maîtrise d'adultes de Notre-Dame de Paris chantait des motets de Jean-Sébastien Bach

et de Félix Mendelssohn, en concert, en la cathédrale. Curieuse d'entendre du Mendelssohn en ces lieux,

j'y suis allée. Hélas l'oeil du blog qui a un si beau piqué a eu une bien curieuse panne... comme tétanisé.

Contremarque et billet
Contremarque et billet

Contremarque et billet

Un prêtre nous présente le concert, et rappelle que c'est Mendelssohn qui a oeuvré en son temps

pour que l'on joue Bach, tombé dans l'oubli, qu'il considérait comme un compositeur majeur, et qui l'avait

beaucoup inspiré (comme nous l'avons vu dans Paulus l'an dernier). Ce sont les voix féminines qui commencent,

par un motet de Mendelssohn à trois voix, chanté du fond du choeur, puis un deuxième chanté de devant

le choeur. Je compte trois sopranes, quatre mezzo-sopranes, quatre altos, à l'oreille l'équilibre vocal est parfait. Mais au

cours du concert, elles permutent entre elles, les voix sont réparties selon les besoins. A l'exception de deux pièces

de Mendelssohn, un Veni Domine, et un Laudate pueri, toutes les pièces sont en allemand. A partir du

troisième motet, Hör mein Bitten, les voix masculines rejoignent les voix féminines devant l'autel.

Voici une photo de la Maîtrise prise avec mon téléphone portable, sonnerie coupée:

La Maîtrise d'adultes de Notre-Dame, dirigée par Henri Chalet

La Maîtrise d'adultes de Notre-Dame, dirigée par Henri Chalet

La photo ci-dessus (désolée pour la qualité!) a été prise dans Komm Jesu Komm de Bach qui est une

pièce à double choeur, placée au premier tiers du concert, et accompagnée à l'orgue de choeur par

Yves Castagnet. Le concert est constitué de deux tiers de motets de Mendelssohn et d'un tiers de motets

de Bach. Certaines pièces comportent des soli, à une voix, à trois voix, ou à quatre voix. Le programme

et le choeur sont très agréables à entendre et Mendelssohn sonne très bien dans la cathédrale.

Bach aussi, mais nous le savions déjà depuis le précédent concert de solistes.

Comme à chaque concert auquel j'ai assisté en ce lieu, j'entends l'un ou l'autre auditeur exprimer presque avec

étonnement qu'il est bien content d'être venu, que c'est très beau. Je suis pour ma part contente de faire modestement

un peu de buzz pour de la musique de grande qualité dans un cadre somptueux rendu à sa sérénité vespérale.

Merci à l'association Musique sacrée à Notre-Dame de Paris qui organise tous ces beaux concerts!

 

Statues de la façade de Notre Dame de Paris

Statues de la façade de Notre Dame de Paris

Ci-dessus une photo prise avec l'oeil du blog habituel, lors d'un des concerts précédents, pour comparaison

du piqué...Il va mieux, peut-être un peu de surmenage, avec ce programme musclé que je lui inflige!

Nous ressortons de la cathédrale, en ce 3 novembre, vers 22 heures, sous un petit crachin...

Sylvie, blogmestre

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2 novembre 2015 1 02 /11 /novembre /2015 09:58

Marivaux, auteur du siècle des Lumières, a décortiqué dans ses pièces la métaphysique du cœur,

ce qui faisait forte impression sur ses contemporains. Trois siècles après, il sonne toujours très actuel.

Après deux tentatives infructueuses pour cause de salle déjà pleine, je suis parvenue à voir, hier soir,

La double inconstance, de Marivaux, à la Comédie Française.

 

Billet perché pour mieux voir

Billet perché pour mieux voir

J'avais une place perchée au dernier rang à droite de la corbeille, et remarquai une odeur de vernis frais

émanant des boiseries de la salle Richelieu, qui me parut très pimpante pour son âge (1799, mais elle

a été reconstruite après un incendie). Le long rideau de velours rouge était revenu depuis mon dernier

passage. Combien de collégiens parisiens ont vécu dans cet écrin plein de souvenirs

leur toute première représentation théâtrale ?

La salle Richelieu revernie

La salle Richelieu revernie

On nous a distribué un livret présentant la troupe de la Comédie française, ce qui est une excellente

idée, et des informations spécifiques à la pièce, que j'ai lues avant la représentation. La mise en scène

est d'Anne Kessler, ainsi que la description des idées qui sous-tendent son interprétation. Des

peintures qui semblent extraites d'un story-board, et de très jolies photos des acteurs illustrent le livret.

La pièce parle d'un complot... Rencontrant par hasard une villageoise, Silvia, un Prince s'en éprend,

et la fait enlever. Silvia aimant un certain Arlequin, le Prince assisté de Flaminia, une de ses proches,

séparent le couple original en les conquérant séparément. Il s'avère que Silvia et Arlequin étaient

surtout assortis par leur milieu social d'origine, et que la réorganisation amoureuse avec leurs

nouveaux partenaires est possible pour tous deux. Les voici doublement inconstants.

 

Le livret nous dit que les contemporains de Marivaux s'étaient avérés plus sensibles à la mécanique

des sentiments qu'aux considérations sociales qui l'accompagnent (la redistribution des rôles n'est

possible que grâce à la fortune du Prince). A lire sur le papier, c'est assez moche. Mais lorsqu'on voit

Loïc Corbery dans le rôle du Prince, on trouve que Silvia (Adeline d'Hermy) a eu beaucoup de chance

avec sa destinée ! Cette réaction, qui est la mienne, et qui est probablement celle d'autres spectateurs,

rejoint la description faite dans la pièce d'une dame belle et pleine d'esprit, qui pour son malheur

avait eu la petite vérole, et étant restée marquée physiquement, n'était plus considérée que comme babillarde...

Nous aimerions tous être constants, fidèles à notre premier amour, mais la vie évolue, nous changeons,

les autres changent, les personnes que nous aimons follement à vingt ans, les aimerons-nous de

même à trente ? Qui peut le dire, et qui a le droit de juger ? Si nous vivons la même vie toute notre vie, la

constance sera plus aisée, mais si notre vie change profondément, la constance des sentiments,

quoiqu'il arrive, serait elle adaptée à notre évolution?

 

L'important est de ne pas faire souffrir, ce qui est parfaitement réalisé dans la pièce. La mise en scène

est très inventive, drôle, impertinente. Les acteurs sont excellents (mention spéciale aux deux acteurs

principaux, que j'avais déjà beaucoup appréciés dans le Misanthrope), la décoration et l'ambiance

sonore (anachronique, mais qui peut dire en quels temps nous sommes?) sont soignées

et servent bien le propos.

 

Pas de photo, nous a t'on demandé ! La lumière s'éteint puis se rallume quand les acteurs viennent

saluer, formant chaque fois de nouveaux couples sur la scène. Je croise le buste de Marivaux

qui nous sourit près de la sortie du théâtre... et immortalise l'auteur du marivaudage.

 

Le buste de Marivaux

Le buste de Marivaux

Une dernière photo avant de reprendre le métro place Colette, de la Comédie française vue de la bouche

de métro, sortie « Théâtres », qui est décorée de faux bijoux énormes, comme une grosse cocotte d'opérette.

Mais il faut reconnaître que ces énormes faux bijoux ont une photogénie certaine!

 

Sylvie, blogmestre

 

La Comédie française vue depuis la bouche de métro "Théâtres" de la station Palais-Royal

La Comédie française vue depuis la bouche de métro "Théâtres" de la station Palais-Royal

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