20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 13:52

Hier soir 19 novembre c'était la reprise des concerts à la Philharmonie, qui avait interrompu

ses manifestations publiques depuis le 14 novembre. Une queue impressionnante de public

attendait devant l'entrée pour montrer patte blanche, en l'occurrence ouvrir son manteau et

son sac aux vigiles, avant de pouvoir faire flasher son ticket de concert.

Petit Russe billet philharmonique

Petit Russe billet philharmonique

J'ai été la dernière personne à entrer dans la salle par la porte indiquée, on m'a dit de m'asseoir à la première place

libre car je ne pourrais pas gagner la mienne avant le début du concert. J'ai gagné trois rangs au change et quelques

places vers les violons... Le concert « Petite Russie » prévu comportait une œuvre courte d'Anna Clyne,

un concerto pour piano et orchestre de Rachmaninov, et une symphonie de Tchaïkovski,

interprétés par l'Orchestre national d'Ile de France, dirigé par Enrique Mazzola.

 

Il y eut un préambule de l'administration de la Philharmonie, nous remerciant d'être venus

si nombreux à ce concert de reprise, et nous informant que le programme allait être un peu modifié.

Puis Enrique Mazzola nous informa que le concert débuterait par une pièce supplémentaire, en

hommage aux victimes des attentats, l'Adagio de Samuel Barber. Une très belle pièce, d'interprétation

recueillie, empreinte d'une grande émotion, et d'une grande dignité, dirigée sans baguette, à mains nues.

 

Puis l'orchestre enchaîna avec le concerto pour piano n°2 de Sergueï Rachmaninov. Le solo de piano

était joué avec virtuosité par Jean-Efflam Bavouzet. Il y a dans le livret de la soirée l'anecdote croustillante,

que je vous rapporte, d'un sémillant jeune Rachmaninov jouant imprudemment du piano devant le vieux Tolstoï,

lequel explose : « Je déteste tout cela ! Qui a besoin de votre musique ? » Eh bien... nous, par exemple ! Le concerto

est très beau, (le second mouvement est très connu et, nous dit le livret, a été utilisé dans la musique pop, citant

David Bowie... je citerais aussi Elton John, pour ma part) le pianiste est très applaudi, et reçoit un joli

bouquet de fleurs blanches. Devant l'insistance du public, il nous joue une pièce pour piano seul,

que mon voisin identifie comme étant extraite d'une œuvre de Debussy.

Le pianiste Jean-Efflam Bavouzet

Le pianiste Jean-Efflam Bavouzet

Après l'entracte, la courte œuvre d'Anna Clyne nous est proposée. Il s'agit d'une création, cette pièce

a été écrite spécialement pour l'Orchestre national d'Ile-de-France. Elle se réfère au poème de

Charles Baudelaire intitulé « Harmonie du soir » : « le violon frémit comme un cœur qu'on afflige [...]

valse mélancolique et langoureux vertige ». L'oeuvre est intéressante, il y a une recherche de sonorités

inhabituelles (comme le son obtenu en grattant une lame de métallophone avec un archet, une longue vibration

plaintive qui sort en-dehors de l'orchestre et dure très longtemps...) , mais quand même de la mélodie, qui utilise

notamment les cordes graves de l'orchestre. Anna Clyne est dans la salle et vient saluer avec les

musiciens, sous les applaudissements. Puis c'est la symphonie n°2 de Piotr Ilitch Tchaïkovski,

surnommée « Petite Russienne », car elle évoque l'Ukraine, dont elle reprend des airs populaires.

Il y a un cor solo juste devant moi, qu'Enrique Mazzola viendra faire lever au moment des saluts.

 

Le cor solo distingué par Enrique Mazzola

Le cor solo distingué par Enrique Mazzola

La symphonie est très belle et l'interprétation magistrale. Le chef se donne physiquement! A la fin,

l'expression de son visage ressemble à celle du coureur de fond qui a franchi la ligne d'arrivée. Il est très sympathique,

cordial, souriant, il passe très bien auprès du public. Lui aussi reçoit un bouquet de fleurs, rouges cette fois

(je suis ravie de ces bouquets à destination des messieurs !), qu'il brandit, va poser en coulisses, et revient diriger

un bis, qui est « une surprise polonaise de Cracovie ». Mon voisin sèche sur le titre de la surprise, et moi aussi...

 

Les cordes de l'Orchestre national d'Ile-de-France et le chef d'orchestre Enrique Mazzola

Les cordes de l'Orchestre national d'Ile-de-France et le chef d'orchestre Enrique Mazzola

Nous ressortons toujours aussi nombreux, et un gros troupeau de mélomanes mouillés de pluie se dirige,

de concert, vers le métro, qui diffuse et re-diffuse son message pré-enregistré pour contenir l'afflux...

Sylvie, blogmestre

 

Repost 0
Published by Blog des choristes des CP13
commenter cet article
18 novembre 2015 3 18 /11 /novembre /2015 09:15

Après trois jours d'interruption, la comédie musicale Résiste ! de France Gall et Bruck Dawit

reprenait ses représentations le 17 novembre au Palais des Sports, Porte de Versailles.

Je retirai mon ticket au guichet, pour une place sur les gradins, sur le côté.

 

Billet rose tendresse

Billet rose tendresse

On me replaça, car la salle n'était pas complète, à un endroit où je serais mieux (effectivement, j'étais très bien!)

et je passai la soirée à la place U440. Mes voisins venaient de Montréal, nous avons fait un brin de conversation

avant que la salle s'éteigne. Elle n'était pas complète mais quand même très remplie quand le spectacle débuta.

Salle du Dôme le 17 novembre, vue de la place U440

Salle du Dôme le 17 novembre, vue de la place U440

La comédie musicale est constituée par les succès les plus populaires des années 80 de France Gall

et de Michel Berger, à partir desquels on a monté une histoire dans laquelle on pouvait les inclure.

Les chanteurs ont été choisis en prenant en compte la similitude de leurs voix, et la compatibilité de

leur physique avec celles des modèles. La comédie musicale est un flashback sur la vie de Moon,

grand-mère d'une petite Lola. Moon évoque son passé et les scènes revivent. Une jeune Maggy

travaille dans un night club avec sa sœur Mandoline et son père. Un jeune pianiste, Maxime, se

propose pour l'animation musicale, qui tombe amoureux de Maggy, et réciproquement. Ce sont les

deux personnages incarnant France Gall et Michel Berger. Se greffent autour, outre la sœur, l'éternel

amoureux de celle-ci, un trio de « Princes des villes » hilarants, et une amie un peu équivoque,

Angelina. Et les clients du night-club (boîte de nuit), le Lola's. Le fil conducteur

du spectacle est la discussion entre la grand-mère et sa petite fille.

 

La comédie démarre sur un tube, qui met le public en condition, puis peu à peu il se prend à

l'intrigue, et participe de plus en plus. Sur « La groupie du pianiste », à la fin de la première partie,

tout le monde ou presque est debout à taper dans ses mains, délire dans la salle ! Pendant l'entracte,

nous voyons apparaître des caméras et devinons qu'il y a une personnalité au milieu du public...

ou peut-être plusieurs. La salle est de plus en plus chauffée, et se lève à chaque chanson connue.

« Il jouait du piano debout » fait un tabac, accompagné d'une galerie de portraits projetés, Bob Marley,

John Lennon, mais aussi... Barack Obama, Simone Weil, Martin Luther King, Nelson Mandela,

le Dalaï-Lama, et j'en oublie. Ovations dans la salle ! Pour sauver le night-club de la fermeture,

les deux sœurs et leur père organisent une soirée de l'éclipse de lune, qui cartonne. Mais ne suffit

pas à sauver l'établissement. Angelina fait un acte désespéré, et disparaît. Maxime aussi. C'est ici

que se place la chanson titre du spectacle, « Résiste ! », la salle est debout, tape dans ses mains,

brandit le poing, lève les bras en l'air, chante, exorcise la peur et la violence, quelle ambiance !

Franchement, ça fait du bien ! Maggy part rejoindre Maxime à New-York, où vit... Moon.

Le spectacle se termine dans les ovations, les chanteurs viennent saluer le public.

Les chanteurs de Résiste aux saluts, en blanc, Maggy qui incarne France Gall

Les chanteurs de Résiste aux saluts, en blanc, Maggy qui incarne France Gall

C'est alors, surprise, qu'une petite silhouette vêtue de noir et de baskets fend leur ligne et vient

nous parler... c'est France Gall en personne. Waouh ! Elle nous remercie d'être venus ce soir,

et de résister symboliquement à la violence et à la peur de ces derniers jours.

Les chanteurs bissent « Résiste ! » et la foule participe avec eux jusqu'au bout.

 

France Gall, venue en personne nous remercier de notre présence

France Gall, venue en personne nous remercier de notre présence

Dans le flot de personnes qui ressortent du Palais des sports, j'entends des louanges unanimes

« Génial ! », « J'ai trop kiffé ! » (Princesse des villes), « Excellente soirée ! ». Pour ma part, j'ai trouvé

le spectacle remarquable, la mise en scène très soignée, les décors et costumes intéressants,

la chorégraphie recherchée, pertinente, drôle, d'inspiration américaine. Les jeunes talents qui jouent

dans cette comédie musicale sont de futurs grands noms de la variété de demain, ils ont de belles voix,

du charisme, de l'aisance à évoluer sur scène, et à danser. Un très joli spectacle,

s'il vous tente n'hésitez pas, la sécurité est très bien assurée.

 

Sylvie, blogmestre

Repost 0
Published by Blog des choristes des CP13
commenter cet article
18 novembre 2015 3 18 /11 /novembre /2015 00:26

Il y avait une foule inattendue au Théâtre des Champs Elysées lundi soir pour écouter le jeune

violoniste serbe Nemanja Radulovic, qui y donnait un concert avec la pianiste Susan Manoff, dans

le cadre du cycle des grands solistes. Décrit par le magazine « Cadences » comme solaire,

le jeune homme, qui a vécu la guerre en Yougoslavie dans son enfance, et qui est très souriant,

dit que cette expérience terrible lui a donné du recul par rapport à son succès actuel.

Billet pour solistes surdoués

Billet pour solistes surdoués

Les deux jeunes solistes talentueux avaient souhaité maintenir leur concert à l'affiche, en ce

16 novembre, et avaient convié d'autres artistes amis à les rejoindre sur scène pour participer

au concert. Le programme initial en fut modifié pour permettre à chacun de participer. Le théâtre des

Champs-Elysées avait relayé cette initiative en diffusant par SMS et par courriel le maintien

du concert, et la participation d'artistes supplémentaires, nous conviant à venir nombreux.

Le Théâtre des Champs Elysées est très rempli

Le Théâtre des Champs Elysées est très rempli

J'étais placée au deuxième balcon, assez proche de la scène, en biais. Nemanja arriva sur scène

avec une grosse bougie blanche dans un photophore, qu'il posa par terre au milieu du devant

de la scène, entre le public et lui. Une bougie à la mémoire des victimes des attentats,

au milieu de nous. Puis Susan Manoff entra et s'installa au piano. Un très joli duo, bien assorti.

 

La première partie du concert initialement prévue avait été conservée : des pièces de Tchaïkovski

(Romance de Pauline), Mozart (sonate pour violon et piano K 301), Fauré (Après un rêve),

Bach (partita n°2), se succédèrent, mettant en valeur les qualités exceptionnelles des deux jeunes

musiciens. Après un entracte, une harpe fit son apparition sur la scène, et la harpiste

Marielle Nordmann interpréta trois œuvres de Schubert (Sérénade, Marguerite au rouet, et la Truite),

avec Susan Manoff au piano. La Truite était interprétée avec espièglerie, ai-je trouvé. Puis un autre violoniste,

Patrice Fontanarosa, et une autre pianiste, Laure Favre Kahn, interprétèrent ensemble un extrait

de Thaïs, intitulé Méditation. Des extraits de Cinq pièces pour deux violons et piano de Chostakovitch

rassemblèrent les deux violonistes, et Laure Favre Kahn, qui joua aussi l'Elégie de Fauré, en compagnie

de Henri Demarquette au violoncelle. Puis un troisième pianiste, Yvan Cassar, interpréta la musique

du film La liste de Schindler avec Nemanja Radulovic au violon, les mêmes interprètes jouant ensuite

une mélodie de Macédoine, intitulée Zajdi. Enfin, Tsigane de Ravel fut interprétée par Nemanja Radulovic

et Susan Manoff. Applaudissements nourris, rappels, et... Nemanja revint sur scène avec sa dernière

invitée, qui avait eu un problème de train. La soprano Véronique Gens nous chanta une

Chanson triste de Hahn, accompagnée par Susan Manoff.

Les huit solistes, et devant eux, la bougie (à droite, Nemanja Radulovic et Susan Manoff)

Les huit solistes, et devant eux, la bougie (à droite, Nemanja Radulovic et Susan Manoff)

Les huit artistes nous saluèrent, et Nemanja expliqua qu'il leur avait demandé d'être avec nous ce soir

à cause de l'émotion causée par les attentats, qu'un entourage amical permettait de partager.

Puis ils nous firent un bis, suivi d'une petite improvisation sur un air connu, habituellement chanté

plutôt qu'instrumental... dont je ne me souviens plus. J'ai tenté de prendre une petite vidéo de la partie

hors-programme, mais mon appareil a vite renâclé car sa carte mémoire, sur laquelle il restait 250 Mo « ne lui

permettait pas de mettre les images en mémoire-tampon » (sic). Que n'ai-je utilisé une carte mémoire pleine de Go !

La vidéo est donc très courte, mais donne un aperçu du jeu de Nemanja Radulovic.

 

 

Un programme éclectique, un inventaire à la Prévert, des musiciens divers mais tous excellents,

généreux, une excellente soirée. Nous avons été remerciés chaleureusement de notre présence,

en dépit des événements. L'avenue Montaigne, quand nous sommes ressortis, avait son éclairage habituel, mais on

lui faisait des essayages lumineux lorsque nous sommes arrivés avant 20h, que j'avais photographiés, ci-dessous.

Sylvie, blogmestre

 

La parure hivernale de l'avenue Montaigne à l'essayage

La parure hivernale de l'avenue Montaigne à l'essayage

Repost 0
Published by Blog des choristes des CP13
commenter cet article
17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 16:54

Dans un article précédent, j'ai annoncé un concert plurichoral au profit de l'association Retinostop,

le 20 novembre prochain à Saint-Sulpice, pour lequel une dizaine de choristes des Choeurs de

Paris 13 avaient participé à la première répétition. La deuxième répétition du 15 novembre n'ayant pu

avoir lieu du fait des attentats, le concert au profit de l'association Retinostop est reporté à une date

ultérieure. Les personnes qui ont acheté des billets pourront les utiliser pour la nouvelle date.

 

Le 20 novembre, il y aura en l'église Saint-Sulpice un autre concert Mozart, un Requiem à la mémoire

des victimes des attentats, en soutien à leurs proches, et contre la barbarie. Tous les choristes

ayant déjà chanté le Requiem de Mozart sont bienvenus pour y participer. La répétition unique sera

demain soir mercredi 18 novembre à 19h15, 19 rue Cortambert, Paris 16è.

Concert extérieur Mozart du 20 novembre

Si vous avez envie de vous associer à cette action mais ne souhaitez pas chanter, vous pouvez

venir écouter. L'entrée sera libre, une corbeille circulera pour couvrir les frais de la soirée.

Sylvie, blogmestre

Repost 0
Published by Blog des choristes des CP13
commenter cet article
17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 16:13

Louis-Michel, ténor du Choeur Un nous propose trois concerts du Choeur Phronésis, c'est

en décembre, mais il y a une pré-réservation possible à tarif préférentiel, je vous en fais part avant la date limite.

Voici le message de Louis-Michel: "Chers amis choristes, C'est bientôt Noël ! Enfin, dans un mois et 1/2...

J’ai le plaisir de vous annoncer que le chœur Phronesis dont je fais partie, donnera 3 concerts

(vendredi 11, samedi 12 et dimanche 13 décembre à Paris) avec un chouette programme

(trompette, orgue, chœur et, en bonus, guitare pour le dernier concert).

 



Bénéficiez du tarif prévente en réservant avant le 25 novembre par mon intermédiaire

ou via www.weezevent.com/noel11, www.weezevent.com/noel12 ou www.weezevent.com/noel13

selon la date). Venez nombreux et… relayez largement ce mail (pro & perso) !"

Message relayé!

Sylvie

Repost 0
Published by Blog des choristes des CP13
commenter cet article
17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 15:41

Vendredi dernier j'ai assisté à la remise du prix de la meilleure musique de film pour l'année 2015,

au grand auditorium de la Maison de la radio. Eu égard aux événements tragiques de la même

soirée en d'autres lieux de la capitale, je vais être plus sobre qu'usuellement.

 

Le principe de la soirée est un partenariat entre la radio France Musique et la Société des Auteurs,

Compositeurs, et Editeurs de Musique (SACEM). La SACEM est un organisme qui collecte de l'argent

sur toute musique éditée, jouée ou diffusée en France, et redistribue cette collecte aux ayants droits

des œuvres musicales déposées. La radio retransmet la cérémonie de remise du prix de l'année,

décerné par France Musique et la SACEM, à l'intérieur d'un concert interprétant des œuvres de musiciens

qui se sont illustrés dans le cinéma, et une pièce commandée spécialement au lauréat du prix SACEM

de l'année précédente. Le concert est interprété par l'Orchestre philharmonique de Radio France,

et retransmis en direct sur l'antenne de France Musique.

Prix France Musique Sacem

Le grand auditorium était moins rempli que pour le concert Carmina Burana quelques jours avant.

J'étais placée au second balcon juste au dessus de l'animateur de l'émission de radio, et j'ai bougé un peu

vers une autre rangée où il y avait de la place et d'où l'on voyait mieux l'orchestre.

Le panneau Sacem France Musique derrière les contrebasses, piano en chemin

Le panneau Sacem France Musique derrière les contrebasses, piano en chemin

La première partie du concert comportait trois œuvres courtes de compositeurs de « l'âge d'or

hollywoodien », c'est à dire des années 30 et 40. Cependant, il ne s'agissait pas de musiques de films,

mais d'oeuvres de concert : extraits de symphonies et concerto (avec au piano Leonardo Hilsdorf).

Les musiciens hollywoodiens choisis étaient Miklos Rozsa, Franz Waxman, et Brenard Hermann,

qui a beaucoup travaillé avec Hitchcock. Le concert était dirigé par Marzena Diakun, chef assistant

de l'Orchestre philharmonique de Radio France, de nationalité polonaise, docteur en musique,

d'une baguette à la fois féminine, gracieuse, et sûre.

Marzena Diakun, en noir et blanc devant les violonistes

Marzena Diakun, en noir et blanc devant les violonistes

Le prix de la meilleure musique de film fut décerné à Amine Bouhafa, compositeur de la bande originale

du film Timbuktu, d' Abderrahmane Sissako.Le présentateur s'est posé des questions sur le travail du compositeur

par rapport à celui du réalisateur, qui doivent être synchrones, comment fait-on ? Je peux apporter une modeste réponse,

ayant participé dans les années 90 à une fiction télévisée avec compositeur : le scénario écrit est découpé en scènes,

que le réalisateur va minuter selon le montage qu'il envisage, formant le découpage. Il donne ce découpage du film

au compositeur, qui compose une bande musicale en fonction de la description des scènes, respectant les durées des

scènes du découpage. Puis le réalisateur filme les images, et on ajuste le montage des scènes et la musique. Il doit y

avoir automatisation de certaines étapes aujourd'hui, mais pour la création artistique, ça ne doit pas être très différent...

 

Nous entendîmes en deuxième partie la composition du lauréat de l'année précédente, Marc Marder

(pour la musique du film "L'image manquante de Rithy Pahn") de type assez expérimental, de mon avis.

Le concert se termina par une vraie musique de film de l'âge d'or hollywoodien, la suite pour

« Sea hawk » (« L'aigle des mers ») d'Erich Wolfgang Korngold. Envolées de violons, un exemple

typique de cette musique de film qui est l'un des piliers de l'objet filmique hollywoodien de la grande

époque (pensez à « Autant en emporte le vent », la musique est quasiment un personnage

supplémentaire du film!) Cette œuvre plut beaucoup au public, comme on s'en doute !

Sylvie blogmestre

L'orchestre philharmonique de Radio France

L'orchestre philharmonique de Radio France

Repost 0
Published by Blog des choristes des CP13
commenter cet article
15 novembre 2015 7 15 /11 /novembre /2015 20:51

Aujourd'hui 15 novembre, fidèle à ma ligne de conduite « ne pas se laisser terroriser », après avoir constaté que mon

quartier vivait normalement, quoique un peu au ralenti, je suis allée voir « Un certain Charles Spencer Chaplin »,

au Théâtre Montparnasse, rue de la Gaîté, qui affichait le maintien de ses spectacles pour la journée.

Charlie

J'avais pris une place au second balcon, mais tous les spectateurs présents, moins nombreux qu'à

l'habitude, avaient été regroupés à l'orchestre. Ceci eut l'avantage de nous permettre de nous réarranger

dans l'orchestre, à la sonnerie, je fus finalement placée au 4è rang.Voici une photo de l'intérieur du théâtre

avant l'heure du début du spectacle, prise de la place 271. Pas de photo de la représentation autorisée !

Charlie
Charlie

Le sujet de la pièce était la vie de Charlie Chaplin, acteur, cinéaste, producteur et compositeur,

connu pour le personnage récurrent de ses films, nommé « Charlie » en anglais, « Charlot » en français,

un vagabond de petite taille, accoutré d'un pantalon trop large fermé par une ficelle, de chaussures trop

grandes, d'un chapeau melon trop petit, d'un veston trop serré, qui marche en canard, agite une canne,

est socialement inadapté, et manifeste des sentiments romanesques. Les auteurs à succès aussi géniaux

que Chaplin ont souvent eux-mêmes une vie tumultueuse qui mérite d'être racontée (je pense aux mémoires

d'Alexandre Dumas, qui valent ses meilleurs romans). La pièce de Daniel Colas raconte la vie de Chaplin au travers

de ses films, de ses conquêtes amoureuses, de sa famille, de ses procès... Passé de la misère,

dans son enfance, à l'aisance millionnaire, par la seule force de son génie et de son travail,

Chaplin a vécu une ascension sociale fulgurante.

 

 

La pièce commence lors de la conférence de presse de « Limelight » (« Les feux de la rampe »), à

Londres en 1952. Suit un flashback en 1913 à Los Angeles, aux studios Keystone, où tout a commencé.

Le jeune acteur britannique y montre son tempérament et sa créativité, et devient le comique montant

que l'on va s'arracher sous peu. Il thésaurise pour pouvoir se libérer du joug des réalisateurs et producteurs,

et fonder sa propre société de production cinématographique, et aussi pour faire venir sa mère aux

Etats-Unis. Il devient riche, se marie, divorce, enchaîne les courts-métrages muets de Charlot

(appelé dans la pièce Charlie, comme aux Etats-Unis). Séduisant des actrices très jeunes, il ramasse

quelques méchants procès. Et puis c'est le premier long métrage, « The Kid » où Charlot/Charlie

recueille un enfant abandonné, dans sa masure. Il faut sauver le film de justesse de la menace de

saisie d'une épouse délaissée et insuffisamment indemnisée... Après l'énorme succès du film, malgré

son caractère muet anachronique, Charlie tente de faire parler son petit vagabond dans « Modern

times » (« Les temps modernes »),mais finalement ne s'y résoud pas... il le fera seulement chanter.

 

Le premier film où un sosie de Charlot parle, c'est « The great dictator» (« Le dictateur »), et quelle

parole, puisque, confondu avec un tyran européen, il éructe des menaces incompréhensibles!

Faire rire de la barbarie sanguinaire... On retrouve dans ce film et dans la pièce Paulette Goddard,

âme sœur du cinéaste depuis « Modern times », mais dont il finira aussi par divorcer. S'ensuit une

plainte d'une actrice mineure enceinte, puis la rencontre du cinéaste avec Oona O'Neill, fille du Prix Nobel

Eugene O'Neill, avec qui Charlie aura enfin une relation stable, et... huit enfants. La boucle est bouclée

avec « Limelight », montrant un acteur sur le retour qui rencontre une jeune ballerine souffrant de crises

de paralysie imaginaires, il la réadapte à la vie, puis s'éclipse. Puis l'histoire de la vie de Charlie fait un

bond dans le temps, on retrouve Charlie et Oona en Suisse, à la fin de la vie de l'acteur.

Des flashbacks font défiler les personnages de sa vie (et de la pièce) sous nos yeux, on comprend

qu'il va mourir. C'est alors qu'il exécute une danse de sa façon (bravo à Maxime d'Abboville,

Prix Molière 2015 du meilleur comédien, les mouvements et tics de Charlie sont très fidèles

à l'original!), et le spectacle se termine en dansant.

 

Il y a une bande-annonce sur le site du théâtre Montparnasse, que j'incruste ci-dessous:

 

 

Le spectacle a duré plus de deux heures. L'acteur principal nous remercie d'avoir été présents aujourd'hui,

malgré les événements. C'est une excellente pièce, divertissante et instructive, remarquablement interprétée,

espérons qu'elle retrouve rapidement son public habituel tant pour les comédiens, pour qui il est triste de jouer devant

une salle peu remplie, que pour les ouvreuses qui sont rétribuées au service, par les personnes placées.

Sylvie, blogmestre

Repost 0
Published by Blog des choristes des CP13
commenter cet article
14 novembre 2015 6 14 /11 /novembre /2015 20:42

Hier soir, j'étais à la Maison de la radio pour la remise du prix de la SACEM de la meilleure musique de film de l'année 2015.

Pendant que je vivais un concert paisible, d'autres trépassaient ou étaient grièvement blessés au Bataclan ou ailleurs dans

les 10è et 11è arrondissements de Paris. Je ne vais donc pas vous raconter aujourd'hui le concert du 13 novembre à la

Maison de la radio, pendant lequel nous ignorions ce qui se passait à l'extérieur, j'y reviendrai ultérieurement.

Aujourd'hui, je vous ferai part du concert du 14 novembre, dans la très jolie salle Gaveau, qui fut dédié

spécialement aux victimes des attentats terroristes ayant endeuillé notre ville, Paris.

Billet de concert de la salle Gaveau

Billet de concert de la salle Gaveau

Je m'étais posé les mêmes questions que les autres personnes : la salle de concert serait elle ouverte, y aurait-il assez d'auditeurs

pour que le concert ait lieu ? Je ne m'étais pas posé la question « est-il prudent d'aller au concert en ces circonstances? »

car je pense, comme les Britanniques l'avaient exprimé dans une situation analogue, qu'il faut continuer à vivre le plus

normalement possible, et ne pas se laisser terroriser. La salle Gaveau, dont la réservation pour ce concert

était complète, eut un auditoire clairsemé. C'est vraiment dommage, car le concert était excellent.

La salle Gaveau vue de l'entrée du premier balcon

La salle Gaveau vue de l'entrée du premier balcon

Il s'agissait d'un concert de musique du XVIIIè siècle donné par l'orchestre Pasdeloup, avec l'inclusion d'une

pièce de musique contemporaine. En bis, nous eûmes le plaisir d'entendre une passacaille de Telemann.

J'ai beaucoup aimé le « Concerto di Amsterdam » de Vivaldi, donné en premier, qui sied parfaitement à cet

orchestre. Il y eut ensuite le Concerto pour clarinette de Mozart, une œuvre toujours charmante à l'écoute,

avec Vincent Penot en clarinettiste soliste. Puis une composition d'un musicien argentin, Esteban Benzecry,

qui vint sur scène féliciter les musiciens pour leur interprétation. Et enfin la symphonie n°100 « militaire »

de Joseph Haydn, avec force percussions (ceux d'entre nous qui ont chanté la Paukenmesse savent que les timbales

étaient prisées du compositeur !) et parmi d'autres passages gracieux ou guerriers, j'ai apprécié un bien

joli duo flûte et hautbois. A propos de la symphonie militaire, Patrick Ayrton nous raconta comment lors

de son voyage en Angleterre, Haydn dit avoir composé cette symphonie pour « réveiller les Anglais »...

J'ai aussi beaucoup aimé la passacaille de Telemann, écrite après son voyage à Paris, qui fait partie de

ses « trios parisiens », présentée ici dans une adaptation orchestrale du chef d'orchestre,

très valorisante, et spécialement dédiée par lui aux victimes des attentats de Paris.

Les cordes de l'orchestre Pasdeloup, Patrick Ayrton, et Vincent Penot (de dos)

Les cordes de l'orchestre Pasdeloup, Patrick Ayrton, et Vincent Penot (de dos)

L'orchestre Pasdeloup fut abondamment applaudi, nous avons essayé de faire autant de bruit qu'en aurait produit

la salle si tous les spectateurs prévus avaient pu venir à ce concert. Les musiciens le méritaient bien !

Merci à eux d'avoir dédié ce concert aux victimes des attentats.

 

Sylvie, blogmestre

J'ai emprunté sur le blog d'une autre blogueuse un logo ad hoc, merci à elle!

 

Nous sommes Paris !
Repost 0
Published by Blog des choristes des CP13
commenter cet article
13 novembre 2015 5 13 /11 /novembre /2015 16:24

Alain, choriste de l'ensemble Gabriel Fauré de Lisieux , a adressé au blog des photos du concert

à Lisieux que j'ai mises en ligne avec celles qui étaient déjà à la disposition du blog, sur la page spéciale.

Merci beaucoup Alain! Vous pouvez encore envoyer les vôtres, je les rajouterai. Merci d'avance!

 

Sylvie, blogmestre

Photos du concert à Lisieux
Repost 0
Published by Blog des choristes des CP13
commenter cet article
13 novembre 2015 5 13 /11 /novembre /2015 15:19

Ce n'est pas le titre d'un concert, mais une invitation à trinquer et à chanter (dans cet ordre ou dans

l'autre), des Bachiques bouzouks, transmise par Inès, alto du Choeur Un.

"Les Bachiques bouzouks vous convient à fêter le Beaujolais nouveau, le jeudi 19 novembre 2015

de 20h30 à minuit, salle de la Pointe Saint-Eustache (au bout de l'église du même nom, à l'angle

des rues Rambuteau et Montmartre). Comme à l’accoutumée, merci d'apporter de quoi

alimenter le buffet et réjouir les gosiers !"

    

Les carnets de chant sont prêtés pour la soirée...

Sylvie, blogmestre

Repost 0
Published by Blog des choristes des CP13
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog d'une choriste parisienne vagabonde
  • Le blog d'une choriste parisienne vagabonde
  • : Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
  • Contact

Recherche