30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 10:50

J'ai vu hier soir « La maison de Bernarda Alba » de Federico Garcia Lorca dans la salle Richelieu

de la Comédie française. C'était la première fois que je voyais une pièce de cet auteur.

J'étais placée au troisième rang de la corbeille.

Billet de corbeille pour scènes de pré-mariage

Billet de corbeille pour scènes de pré-mariage

Les rues de Paris étaient désertes en ce soir de COP21, et une odeur de carburant d'origine

inconnue empestait la station de métro Champs-Elysées Clémenceau, du côté de la ligne 13.

Mais Place Colette, métro Palais-Royal, tout était comme à l'ordinaire... Tout ? Non : j'ai montré trois

fois l'intérieur de mon manteau à des vigiles avant de pouvoir leur montrer l'intérieur de mon sac.

Ils sont gentils et polis, et leur présence est rassurante. A l'intérieur du théâtre, après le grand escalier,

la salle était quasiment pleine, à l'exception du dernier balcon, présentant une population clairsemée

(migrée vers les balcons inférieurs sans doute). J'avais eu du mal à trouver une représentation

où il était possible de réserver dans les trois jours, cette pièce rencontre un public nombreux.

Les Français retournent au spectacle !

La salle Richelieu vue de la place 163 de la corbeille

La salle Richelieu vue de la place 163 de la corbeille

Un quart d'heure après mon arrivée, le spectacle commence. Le décor est sobre et travaillé à la fois :

une cloison ouvragée entièrement noire, de style andalou, qui permet de voir au dehors mais pas

au dedans, couvre le fond de la scène. Deux servantes discutent. La pièce se passe en Andalousie

dans les années 30. Nous apprenons que Bernarda Alba, qui semble être une propriétaire aisée,

vient de perdre son second mari, et qu'elle va imposer un deuil de 8 ans avec réclusion à leurs quatre

filles en pleine jeunesse. La plus jeune, Adela, se révolte ouvertement (je reconnais à sa diction et à son

jeu Adeline d'Hermy déjà remarquée dans le Misanthrope et dans la Double inconstance), et arbore une robe

vert pomme à volants, très incongrue dans cette maisonnée de teintes sombres. Le retour de

l'enterrement est particulièrement lugubre, seuls les visages se dégagent des voiles noirs. La fille

aînée de Bernarda Alba (dont le nom signifie « blanche »), Angustias, issue d'un autre lit, a la permission

de se marier avec le romanesque Pepe le Romano, un hidalgo ténébreux presque muet qui hystérise

toutes les jeunes femmes de la fratrie. Il va épouser Angustias, qui a l'héritage, mais fréquente

secrètement Adela, jeune et très jolie, qui l'a manifestement dans la peau. C'est une histoire

pleine d'hormones ! De temps en temps, la grand-mère fait irruption sur scène, et apporte une touche

comique rafraîchissante par sa folie douce. On passe du noir du deuil, au blanc du mariage futur

d'Angustias. Des moissonneurs vont aux champs derrrière la cloison, les jeunes femmes se pendent

aux motifs pour les voir, le désir est palpable, désir de sortir de cette maison- tombeau, et de rencontrer

ces hommes. Une pauvre fille qui a « fauté » se fait lapider dans la rue, de l'autre côté de la cloison,

avec l'approbation de la matriarche du clan Alba, condamnant ainsi par avance la benjamine de ses

enfants au châtiment suprême. Une scène nocturne réunit Pepe et Adela, un orage éclate et la pluie

les inonde, un violent orage d'été en vrai sur une scène de théâtre, je n'avais jamais vu ça ! Martirio,

la sœur plus âgée d'Adela a tout vu, ainsi qu'une servante. On presse Adela qui finit par commettre

l'irréparable. Bernarda déclare que sa fille était vierge et ordonne qu'on lui remette sa robe verte.

On entend alors la mort de Didon (Didon et Enée de Purcell),

la jeune reine de la maisonnée s'est éteinte, et la lumière disparaît.

 

Garcia Lorca à la Comédie française

C'est une pièce dont la distribution parlante est féminine, les hommes sont là comme figurants,

objets de désirs refoulés ou exprimés, mais ils se taisent. Il y a évidemment une dualité,

un duel entre le blanc et le noir, qui s'exprime par les scènes, le décor, les vêtements,

les dialogues. Il faut aussi souligner l'important travail de sonorités et de musiques

qui soutiennent la mise en scène, créative comme toujours à la Comédie française.

 

Pour le public présent, la pièce était heureusement très éloignée de son mode de vie habituel, une réminiscence

presque incroyable de séquestration de femmes, en Europe, à quelques décennies du XXIè siècle. Mais le public

qui va au spectacle en 2015 a déjà conquis sa liberté, ou elle lui a été donnée par les conquêtes d'autres avant eux,

avant elles. Les personnes les plus concernées aujourd'hui par l'actualité de cette pièce ne la verront pas. Et il est bon

de rappeler aux émancipées actuelles que leurs grand-mères, ou leurs mères, ne l'étaient pas forcément.

 

Je ressors du théâtre, dis bonsoir aux vigiles, et rentre seule en métro, une liberté que d'autres femmes,

d'ailleurs ou d'avant, pourraient m'envier. La semaine dernière, j'ai rencontré dans le tram une jeune femme française

d'origine  étrangère, qui avait la main droite plâtrée en écharpe, parce qu'on lui avait donné des coups de masse

dessus. Son crime était d'avoir, avec cette main, allumé une cigarette dans la rue...

ça s'est passé aux portes de Paris, en 2015, en plein jour.

Sylvie, blogmestre

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29 novembre 2015 7 29 /11 /novembre /2015 16:46

Andrée, soprane 1 du Choeur Deux nous propose deux concerts du Choeur Europa Voce et de

l'orchestre Opus 13 en l'église Saint-Roch (296 rue Saint-Honoré, Paris 1er arrdt)

les 5 et 6 décembre 2015, respectivement à 20h30 et à 15h30. Au programme la Messe en

mi bémol majeur et l'Offertorium Intende Voci de Schubert, sous la direction de Till Aly.

 

 

Les places sont réservables auprès d'Andrée par chèque, à 23€ la place, libellé à son nom.

Sylvie, blogmestre

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29 novembre 2015 7 29 /11 /novembre /2015 11:16

Hier samedi 28 novembre 2015, c'était la rentrée solennelle au centre René Cassin, où je repique ma

troisième année de licence de droit. J'avais bien fait d'y aller, c'était re-mobilisant.

Amphi 2 René Cassin, rentrée solennelle en cours d'installation

Amphi 2 René Cassin, rentrée solennelle en cours d'installation

Lorsqu'on n'a plus vingt ans, et qu'on n'est pas en régime présentiel, on a besoin d'un peu de

motivation extérieure. Monsieur le Président de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne nous faisait

l'honneur de présider cette ouverture officielle d'une nouvelle année d'études universitaires.

L'affiche de la rentrée s'ornait de la robe rouge et de l'hermine d'un président de tribunal.

Affiche de la rentrée solennelle

Affiche de la rentrée solennelle

Le soir, je suis allée au cinéma voir une autre robe rouge, dans un film de Christian Vincent nommé

« L'hermine », avec Fabrice Luchini et la formidable Sidse Babett Knudsen , qui interprétait

Birgit Nyborg dans la série politique danoise « Borgen », laquelle a connu un succès international.

 

 

Je suis arrivée à Montparnasse vers 19h50 pour la séance de 20h, dans l'une des grandes salles.

Après dix minutes de queue pour avoir un billet, alors que j'arrivai enfin au guichet, et qu'il restait plus

de 100 places libres dans la salle, qu'il y a dix minutes de publicité avant le film, et qu'on peut encore

entrer légalement dans le premier quart d'heure qui suit le début de la projection, on nous annonça

officieusement que « les places étaient bloquées » pour la salle n°2, où se donnait le film. J'essayai

alors une machine, nouvelle queue, rejet de la carte ciné, puis acceptation, j'obtiens enfin un billet pour

la séance suivante de 21h45, à 20h11, c'est-à-dire avant 20h25 où il n'était légalement plus possible

d'entrer dans la salle 2... Etait-ce Vigipirate ? (il faut faire ouvrir tous les sacs, ça prend du temps).

 

 

Billet obtenu d'arrache-pied

Billet obtenu d'arrache-pied

Je suis allée tuer le temps dans un débit de boissons et viennoiseries montparnassien, qui avait le wi-fi,

et me suis fait pirater la connexion en tentant de réserver une place de concert... Enfin, ce fut l'heure du film !

 

Son propos est simple : un président de Cour d'assises complètement verrouillé sur lui-même et

surses procès, lors d'une audience publique pour un infanticide, retrouve dans le jury une femme qu'il

a déjà rencontrée. Cette femme est rayonnante d'humanité, son contact et son soutien vont déverrouiller

notre magistrat. Bien qu'il affiche une popularité notable, c'est un film d'art et d'essai, présenté en

sélection officielle au Festival de Cannes. Son réalisateur est Christian Vincent, qui avait percé au début

des années 90 avec « La discrète », dont le rôle principal masculin était tenu par le même acteur,

Fabrice Luchini. Mais autant « La discrète » était cynique et poliment féroce, autant « L'Hermine » est

humaine et porteuse d'espoir. La très jolie actrice danoise qui tient le rôle principal féminin est

rayonnante et parle très bien français. Fabrice Luchini qui a obtenu le prix d'interprétation pour ce rôle,

fait un Président de Cour d'assises très crédible, un homme qui se met à douter. Le matin, à la faculté

de droit, on nous a dit qu'il fallait de l'esprit critique aux juristes. Le soir, je voyais l'esprit critique à l'oeuvre dans la

personne de ce juge, soutenu moralement par sa jurée danoise, face aux parents moralement détruits

du bébé mort. C'est un film très intéressant, que je conseille vivement aux amateurs de cinéma

français de haute qualité. Je serais intéressée par un retour des juristes plus aguerris

que moi qui l'auraient vu...qu'en avez-vous pensé ?

 

Sylvie, blogmestre

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28 novembre 2015 6 28 /11 /novembre /2015 21:00

Jacques, ex-chef de pupitre des ténors du Choeur Deux nous propose trois concerts à entrée libre

du choeur et de l'orchestre de l'association Note et Bien, les 10, 12, et 13 décembre 2015.

Au programme: Thallis, Williams, Saint-Saëns, et Duruflé. Corbeille au profit d'associations humanitaires.

Trois concerts de Note et Bien, en décembre 2015

Trois concerts de Note et Bien, en décembre 2015

Direction Yaïr Benaïm, avec Luc Hery (violon), chef de choeur Denis Thuillier

Concerts au profit de l'Arbre à palabres de Yélou, au Niger

de Coup de pouce Nord-Sud au Burkina-Faso

et des oeuvres du Rotary-Club de Chevreuse

Sylvie, blogmestre

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28 novembre 2015 6 28 /11 /novembre /2015 18:02

Il y avait un très joli concert hier soir à la Philharmonie de Paris, où l'orchestre de Paris donnait le

Casse-noisette de Piotr Ilitch Tchaïkovski, sous la direction de Jonathan Darlington. Ce concert y est

redonné ce soir, mais je crois qu'il est complet... Hier soir déjà la grande salle de la Philharmonie était pleine.

La grande salle de la Philharmonie a retrouvé son public

La grande salle de la Philharmonie a retrouvé son public

J'avais une belle place au 3è rang, derrière les percussions, près des castagnettes, crécelles, tambourins,

métallophone, cymbales, tambour, gong, soufflet qui fait coucou, claquette... qui ponctuent ce ballet.

Billet d'arrière scène bien placé

Billet d'arrière scène bien placé

Un ballet sans danseurs, mais avec un choeur d'enfants, qui chantèrent la partie chorale de la Valse

des flocons de neige, dans le deuxième tableau du premier acte, puis s'assirent près de nous.

 

Le casse-noisette est un conte de Noël, qui présente des tableaux successifs : une famille allemande

décore un sapin de Noël, les invités arrivent, puis ce sont les enfants, on distribue les cadeaux. La jeune

Clara reçoit un casse-noisette peint en soldat. Les invités s'en vont, Clara rêve que le casse-noisette

gagne une bataille de soldats de plomb contre la reine des souris... Puis il se transforme en prince et

emmène la petite fille sur son traîneau, au milieu des sapins et des flocons de neige (c'est ici

qu'interviennent les enfants du choeur). Ils arrivent dans un palais enchanté, où une suite de danses sont

jouées, espagnole, arabe, chinoise, russe... En pendant à la Valse des flocons de neige du premier

acte, le second acte comprend une Valse des fleurs. Suit le thème cristallin de la Fée Dragée, joué

sur une célesta, qui est un instrument à touches venant frapper des lames métalliques.

La célesta, entre les violons et les harpes

La célesta, entre les violons et les harpes

Le prince Orgeat rejoint la Fée, et une valse finale conclut le ballet en apothéose sonore.

On notera par deux fois l'inclusion d'oeuvres populaires françaises dans les tableaux du ballet, la

première fois dans le premier tableau à l'arrivée des enfants, où retentit une danse provençale dont

l'air est très connu, mais pas le nom, et la deuxième fois, dans le tableau des mirlitons du second acte,

où nous entendons une adaptation de la chanson Cadet Rousselle (ah, ah, ah oui vraiment!)

Je constate que même les micro-instruments ont leur partition... la crécelle, les castagnettes, juste

en-dessous de moi, ont leur partition, c'est amusant. L'orchestre est remarquable de précision et

d'enjouement. Il faut dire que Jonathan Darlington le dirige avec souplesse et énergie, et un grand

sourire qui ne le quitte jamais. Il fait des mouvements très vifs, même après le concert, ce qui fait

que je n'ai pu le photographier sans flou. De la place où je suis, les musiciens sont de dos, et le chef

de face, mais les musiciens se retourneront pour saluer derrière eux aussi, ce qui donne ceci :

L'orchestre de Paris et de loin Jonathan Darlington

L'orchestre de Paris et de loin Jonathan Darlington

Les enfants du choeur de l'orchestre de Paris, à côté de nous, assis pendant

la deuxième partie du ballet, se lèvent aussi pour saluer.

Le choeur d'enfants de l'orchestre de Paris

Le choeur d'enfants de l'orchestre de Paris

Le concert est splendide, j'ai beaucoup aimé les danses. Nous réclamons un bis, que le chef nous

accorde avec le sourire, et rejoue la danse espagnole, pour le plus grand plaisir des spectateurs.

Nous nous dispersons dans la nuit après l'entonnoir des portes de la salle de concert, et je gagne le

métro. Le retour prendra un quart d'heure de moins que l'aller... j'ai encore le thème de la Fée Dragée

dans la tête, qui se bat cristallinement contre le Dies irae de Cherubini, occupant du moment...

 

Sylvie, blogmestre

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27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 16:06

Il y avait longtemps que je n'avais pas revu la Madeleine... J'y avais repéré un concert Mozart,

(c'était avant les attentats et la reconversion de la messe en ut du 20 novembre en Requiem), et décidai qu'il n'y

avait pas redondance, et que ce concert Mozart du 26 novembre à la Madeleine était une bonne idée.

Affiche du concert Mozart

Affiche du concert Mozart

J'achetai un billet en ligne, près de l'allée centrale, mais la vue était assez bouchée

en position assise, je me suis donc déplacée vers le côté gauche après le début du concert.

 

Mozart à la Madeleine

L'église de la Madeleine avait perdu son parterre fleuri estival, mais la saison de l'avent est

toujours intéressante à observer à l'intérieur des églises. Un ange en sculpture

métallique grillagée flottait au-dessus de la nef, près de nous...

Au plafond, un ange passe...

Au plafond, un ange passe...

Le concert, composé des trois pièces de Mozart, un adagio pour cordes, le Laudate Dominum

des Vêpres d'un confesseur, et le Requiem, était interprété par environ 150 choristes adultes

et enfants, dont on nous dit qu'ils chantaient dans plusieurs "choeurs d'Ile-de-France"différents.

Ces choristes étaient accompagnés par le Paris symphonic orchestra, et dirigés par

Cyril Diederich. Je reconnus le percussionniste qui nous accompagne l'été au Festival de Saint-Louis en l'Ile!

Le choeur vu de ma place assise numérotée

Le choeur vu de ma place assise numérotée

La première pièce était instrumentale, la deuxième était contenue. Le choeur ne s'exprima pleinement

dans toute sa puissance que dans le Requiem. On nous dit que l'église avait été sonorisée, je ne sais

si c'est ce qui créa le léger décalage que l'on observait entre les mots articulés par les choristes, et le

son entendu, ou si c'est purement l'acoustique de la Madeleine. Je ne l'avais pas constaté jusque là !

Le Requiem était beau, puissant, quoique les phrases étaient un peu difficiles à comprendre (c'est

l'acoustique). Le choeur était réactif, attentif à la direction du chef, les mouvements étaient enlevés en

dépit de l'écho. Le Lacrymosa était particulièrement réussi. J'ai beaucoup aimé la qualité du

« Voca me », sotto voce, du Confutatis, et ai pris une petite vidéo.

 

 

 

Le concert fut dédié aux victimes des attentats et constitua un moment de recueillement. L'église

était remplie aux deux-tiers environ. Les choristes, solistes, et instrumentistes furent très applaudis,

et bissèrent le Lacrymosa, en commençant à la fin du Confutatis, qui est le morceau précédent

(j'ai supposé que c'était pour préparer vocalement le choeur au début un peu acrobatique du Lacrymosa,

après les applaudissements qui lui avaient perturbé l'oreille...)

 

En sortant de l'église de la Madeleine, chacun se rua qui sur son téléphone, qui sur son appareil photo,

car la perspective Madeleine-Concorde-Assemblée Nationale était encore embellie par les

couleurs tricolores projetées sur cette dernière, et les guirlandes de Noël.

 

La perspective Madeleine Assemblée Nationale

La perspective Madeleine Assemblée Nationale

J'ai acheté un drapeau aujourd'hui, le vendeur m'a dit qu'il les avait commandés hier et qu'on

s'était battu pour en avoir... Il faut faire vivre les concerts et les spectacles aussi !

Sylvie blogmestre

Logo récupéré auprès du Théâtre des Champs-Elysées, merci!

Logo récupéré auprès du Théâtre des Champs-Elysées, merci!

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26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 10:34

L'association des amis de l'orgue Saint-Gabriel nous informe qu'un concert gratuit

(libre participation aux frais) aura lieu en l'église Saint Gabriel, 5 rue des Pyrénées,

Paris 20è arrdt, dimanche prochain 29 novembre à 15h30

Au programme, clarinette basse et orgue,

avec Olivier Faure (clarinette) et Léonid Karev (orgue)

dans des oeœuvres de Bach, Mozart, Poulenc, Tchaïkovski, Karev, Stendron,

la bande-annonce du concert est visible sur YouTube.

Affiche du concert du 29 novembre 2015

Affiche du concert du 29 novembre 2015

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23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 16:28

C'était samedi soir 21 novembre au grand auditorium de la Maison de la radio, fraîchement rouvert.

Pour raisons de sécurité, l'entrée ne se faisait pas côté Seine comme d'habitude, mais de l'autre

côté du bâtiment, qu'il fallait ensuite traverser pour rejoindre la salle de concert. C'était le dernier

concert du cycle Beethoven-Bartok à la Maison de la radio, et j'avais un billet pour le 2è balcon.

Billet B&B

Billet B&B

Arrivée à l'entrée du 1er balcon, on m'informa que le 2è balcon était fermé et qu'on allait me replacer

au 1er balcon, juste en dessous de l'entrée sur la droite, au 1er rang place 16, qui était libre.

J'étais en face de l'orchestre, ce qui ne m'était encore jamais arrivé ! Joie!

L'Orchestre national de France vu du premier rang du premier balcon, de face

L'Orchestre national de France vu du premier rang du premier balcon, de face

Le programme comprenait les "Créatures de Prométhée" de Ludwig van Beethoven, le concerto

pour piano et orchestre n°3 de Béla Bartok, et la 7è symphonie de Beethoven, interprétés

par l'Orchestre national de France, sous la direction de Daniele Gatti.

 

Les Créatures de Prométhée sont le fruit d'une commande de musique de ballet, créé en 1801.

Il s'agit d'un hymne à la liberté française post-révolutionnaire, Bonaparte apparaissant tel un nouveau

Prométhée. Le ballet dure six minutes et comporte seize numéros, outre l'ouverture et l'introduction.

J'ai été un peu dans le flou pour cette oeuvre que je ne connaissais pas, jusqu'à ce que je puisse

prendre connaissance du programme, à l'entracte, donc après-coup.

 

Le concerto pour piano n°3 de Béla Bartok est une œuvre de création posthume, datant de 1945.

Ce concerto était dédié à l 'épouse du compositeur hongrois. Il apparaît plus classique et lyrique

que les deux concertos précédents de Bartok. Le second mouvement « adagio religioso » évoquerait

à la fois Beethoven, et Bach, dans un style quasi-liturgique... j'y ai en aussi reconnu le thème du

« Cum sancto spiritu » de la grand messe en ut mineur de Mozart, apparaissant à plusieurs reprises.

Il s'agit d'une œuvre inspirée, éclairée, comme le sont souvent les œuvres ultimes des musiciens.

Le pianiste était  lui-même hongrois, il s'agit de Dezsö Ranki, au jeu à la fois virtuose et sobre.

Rappelé par le public, il nous dit ce seul mot « Liszt », et joua un extrait musical supplémentaire.

Félicitations réciproques entre le pianiste Dezsö Ranki et le chef Daniele Gatti

Félicitations réciproques entre le pianiste Dezsö Ranki et le chef Daniele Gatti

La superbe septième symphonie de Beethoven, créée en 1813, est une œuvre tonique, qui

présente la particularité de ne pas avoir de mouvement réellement lent, même l'émouvant second

mouvement est « allegretto ». Moins rapide que les autres cependant, surtout les deux derniers,

« presto » et « allegro con brio ». Les instruments se donnent la réplique des uns aux autres, et

mon regard suit : les cordes graves, les cordes aiguës, les vents, les cuivres, le chef, les percussions,

on recommence... Ces mélodies, je pourrais les chanter tellement je les ai entendues, j'anticipe

les motifs musicaux. Quand j'étais élève de sixième, la moitié de la classe donnait Beethoven pour son grand

musicien préféré ! La 7è symphonie de Beethoven est en elle-même un grand bonheur à l'écoute,

et sous la baguette ferme et nerveuse de Daniele Gatti, elle devient aussi un spectacle fascinant.

L'Orchestre national de France et son chef aux rappels

L'Orchestre national de France et son chef aux rappels

Ce concert  de reprise a été un grand succès, le public a applaudi abondamment et rappelé le chef

plusieurs fois. En ces heures noires que nous vivons, la musique est à la fois un réconfort et un repère.

Les salles de concert se repeuplent progressivement, mais beaucoup de places restent vides,

et c'est dommage (un concert Beethoven au grand auditorium fait habituellement le plein d'auditeurs).

 

Nous ressortons de la maison de la radio côté Seine. La Tour Eiffel, cocardière, domine la Ville et le fleuve,

et arbore les trois couleurs de la Nation sur ses trois cents mètres de hauteur.

Sylvie, blogmestre

Tour Eiffel de cohésion nationale

Tour Eiffel de cohésion nationale

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22 novembre 2015 7 22 /11 /novembre /2015 11:29

Le mari de Michèle, alto du Choeur Deux, a réalisé un montage vidéo à partir d'extraits du

concert contre la barbarie du 20 novembre 2015, en l'église Saint-Sulpice, auquel une dizaine

de choristes des Choeurs de Paris 13 ont participé, que je mets en ligne sur le blog à sa demande:

 

 

 

Voici aussi un extrait de l'émission "Télématin" sur France 2, du 21 novembre 2015,

que je remercie de nous autoriser à la diffuser, ayant participé à l'interprétation de cette oeuvre:

 

 

Sylvie, blogmestre,

à la recherche de personnes ayant photographié ou filmé toutes les sopranes... merci beaucoup!

Copie d'écran de Télématin avec toutes les sopranes

Copie d'écran de Télématin avec toutes les sopranes

Sont entourées de rouge sur la photo d'écran ci-dessus les sopranes debout sur des chaises

recherchées, au dernier rang du pupitre des sopranes je suis la plus à gauche vue de la nef.

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21 novembre 2015 6 21 /11 /novembre /2015 12:38

J'ai participé hier soir au Requiem de Mozart donné en l'église Saint-Sulpice par plusieurs centaines

de choristes et un orchestre plus modeste, mais qui a joué aussi fort qu'il pouvait. Le public était

extrêmement nombreux, c'était très impressionnant, je n'avais jamais vu Saint-Sulpice aussi remplie,

et de nouveaux auditeurs sont arrivés pendant toute la soirée ! Il y en avait dans la nef, dans les parties

latérales derrière le choeur, certains se sont même assis aux derniers rangs parmi les choristes, il y en

avait dans les chapelles latérales, et on voyait des personnes debout sur les côtés et au fond de l'église !

 

Le matin, sous une pluie battante, j'avais collé l'affiche récupérée à la répétition rue Cortambert

de mercredi soir 18 novembre, dans la rue d'Alésia, à un endroit passant.

Collage d'affiche dans la rue

Collage d'affiche dans la rue

Après une deuxième journée de « chantier eau » subie dans l'appartement de mes parents,

j'avais rejoint Saint-Sulpice pour le raccord, à 19h, par le bus 58 qui est direct depuis la rue Didot.

 

Bus 58 pris à Hôpital St Joseph, Paris 14è, vers Saint-Sulpice, à 18h37

Bus 58 pris à Hôpital St Joseph, Paris 14è, vers Saint-Sulpice, à 18h37

Arrivée à Saint-Sulpice, surprise contrariante : je n'étais pas sur le listing. Il y avait bien une feuille

« Choeurs de Paris XIII » avec une bonne quinzaine de noms, plus deux ou trois autres rajoutés à la

main, mais pas le mien. Pourtant comme je l'ai écrit plus haut, j'étais présente à la répétition du mercredi 18

novembre pour le Requiem, quoique je n'aie pu émarger car les listes étaient absentes à mon arrivée un peu tardive,

la porte était même fermée, il a fallu téléphoner de l'extérieur pour qu'on m'ouvre. Ayant reçu tous les courriels relatifs

à ce concert, je pensais bien figurer nominativement sur les listes, j'ai omis de vérifier expressément, on n'est jamais

assez prudent ! J'ai donc rajouté mon nom à la main au bas de la liste des choristes des CP13.

Je pensais me remettre rapidement de ces contrariétés en retrouvant mes copines sopranes, mais elles semblaient avoir

à peu près déserté le concert... Nos alti étaient là mais beaucoup plus lointaines. Le raccord a commencé tard,

vers 19h30. Nous avons chanté le Requiem, l'Ave Verum, et avons bouclé le raccord

sur la Marseillaise, à 20h25. L'église était déjà très pleine, et les spectateurs

qui s'installaient chantaient déjà un peu avec nous.

Photos prises pendant le raccord entre 19h30 et 20h30
Photos prises pendant le raccord entre 19h30 et 20h30
Photos prises pendant le raccord entre 19h30 et 20h30
Photos prises pendant le raccord entre 19h30 et 20h30
Photos prises pendant le raccord entre 19h30 et 20h30
Photos prises pendant le raccord entre 19h30 et 20h30
Photos prises pendant le raccord entre 19h30 et 20h30
Photos prises pendant le raccord entre 19h30 et 20h30

Photos prises pendant le raccord entre 19h30 et 20h30

La soirée commença vers 20h45, par une intervention assez longue de M. le curé de Saint-Sulpice,

à propos des attentats. Elle fut suivie par l'intervention d'un monsieur qui ne se présenta pas d'emblée,

mais dont nous avons compris qu'il était le fils du recteur de la grande mosquée de Paris, puis par

l'intervention de Danièle Simonnet, conseillère de Paris et du 20è arrondissement, qui m'a parue trop

politisée en ces temps où la cohésion nationale s'impose, et où le public était là pour entendre de la musique.

Heureusement, il y eut aussi Guillaume, des Choeurs Résilience, qui nous fit un petit discours

bien à lui, dont la fraîcheur juvénile était réconfortante. Merci à toi Guillaume !

 

Le concert commença vers 21 h 20, c'est-à-dire à l'heure des premiers attentats, une semaine

auparavant. Nous entonnâmes la Marseillaise, le public se leva et chanta avec nous. Pour le Requiem

de Mozart, comme je ne voyais pas le chef de mon cinquième ou sixième rang de sopranes, je suis

montée avec une poignée d'autres choristes sopranes qui étaient au fond du pupitre et avaient le

même problème, sur une chaise (ce qui explique les photos en plongée de cet article), j'en demande pardon

à M. le curé, mais cela s'avéra très utile pour bien voir le chef et éviter les décalages. En face de moi

dans la chaire latérale, il y avait trois petites lumières rouges de caméras qui filmaient, c'était un peu intimidant !

 

C'est très difficile, finalement, de chanter avec un pupitre d'une centaine de choristes venus de tous

les horizons... Heureusement, dans les circonstances exceptionnelles, le public a de la bienveillance

pour les erreurs inévitables ! C'était un concert généreux, nous nous sommes donnés à fond.

Le Requiem, durant lequel Hugues Reiner a fait une minute de silence après le « dona eis requiem »

du Lacrymosa, fut suivi de l'Ave Verum  de Mozart. Le public un peu interdit ne savait quand applaudir...

mais finalement les applaudissements éclatèrent, et les remerciements suivirent, que j'ai filmés.

Toutes les chorales n'ont pas été citées, mais il y en avait beaucoup ! Nous vîmes de loin des dames

coiffées d'un foulard donner des roses au chef de choeur, qui les lança aux choristes qui étaient

devant. Ce fut une expérience émouvante à laquelle je suis heureuse d'avoir participé.

Merci à Hugues, aux autres choristes, aux musiciens, aux solistes, au public!

 

 

Habituellement, je vais boire un verre avec d'autres choristes à la sortie des concerts à Saint-Sulpice, mais je ne les ai

pas retrouvées à la sortie, ni au café où nous allons d'habitude. Ma sœur devait être à Paris ce week-end, je comptais

l'emmener à ce concert, mais elle ne répondait plus à mes sms ces derniers jours. C'est fou le nombre de téléphones

qui se détraquent... J'ai donc repris le métro à Saint-Sulpice, vers 22h50, comme l'indique mon ticket

de retour (y a-t'il un contrôleur RATP parmi les lecteurs?) poinçonné entre 10h et 11h (11) post-meridiem (2)

le vendredi (V) de la 47è semaine (47), à la station 212, qui doit être Saint-Sulpice, sur la ligne 4,

où j'ai acheté un carnet de tickets t+ dont celui-ci faisait partie.

 

Sylvie, blogmestre

Ticket de retour en métro poinçonné à Saint Sulpice vers 22h50

Ticket de retour en métro poinçonné à Saint Sulpice vers 22h50

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Published by Blog des choristes des CP13
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