29 octobre 2015 4 29 /10 /octobre /2015 13:20

L'idée m'avait parue drôle : dans cinquante ans, des personnes âgées retombent en adolescence,

et font les quatre cent coups sur la musique de leurs jeunes années. J'ai pris un billet à Bobino

pour aller voir « Forever young », hier soir... (« Forever young, I want to be forever young... do you really

want to live forever... forever... and ever ? ») Retour rue de la Gaîté, en pleine effervescence théâtrale.

Billet pour la source de jouvence

Billet pour la source de jouvence

Le rang où j'avais été placée est squatté par des enfants... on me replace ailleurs, je ne verrai

probablement pas très bien, mais le siège est plus confortable, je reste. Le théâtre n'est

pas entièrement plein, ce sont les vacances scolaires et nous sommes en semaine,

mais il y aura quand même du monde (je suis arrivée en avance).

Le théâtre Bobino vu de ma nouvelle place plus confortable

Le théâtre Bobino vu de ma nouvelle place plus confortable

Six seniors du quatrième âge se présentent successivement sur scène, rappelant physiquement

le muppet show, en particulier l'autiste génie du clavier, et l'exportateur de carpes farcies. Il y a aussi

un ancien rappeur, une mamie Alzheimer, une cougar zébrée qui perd ses jambes, et le mari en

déambulateur de la mamie. Ils sont pensionnaires dans une résidence et encadrés par la poigne

de fer d'une infirmière sadique et lyrique (comprenez qu'elle chante des airs d'opéra).

L'affiche du spectacle

L'affiche du spectacle

Le synopsis est assez simple : les gérontes sont terrifiés par l'infirmière, mais s'éclatent quand

elle n'est pas là, accumulant les bêtises et les chansons. Tout le charme du spectacle est dans les

chansons, que la troupe interprète avec brio, qu'il s'agisse des chansons populaires en anglais ou

en français des pensionnaires, ou des airs d'opéra en italien de la nurse. Celle-ci leur propose

des activités, comme il se doit, et dans l'activité « chant », leur fait faire des vocalises

sur « ci-me-tiè-re », « ca-sser-sa-pip' », qui les mettent de bonne humeur. Entre deux comprimés,

quelques fuites, pertes de mémoire et autre dégâts liés à l'âge, les pensionnaires se racontent en

chansons, et le spectacle va crescendo, oscillant entre le poignant (« Hier encore, j'avais vingt ans... »),

et l'hilarant (« We will, we will rock you ! ») A la fin, au cours de l'activité théâtre, les pensionnaires

défibrillent à mort l'infirmière, jusqu'à ce qu'elle cesse de chanter. Un papy fait un strip-tease grimpé

sur le piano, au rythme de « You can leave your hat on » (The full monty !) Des pancartes avec

slogans apparaissent, j'ai bien aimé « à bas la peau lisse ! » (ou était-ce plus trivial?),

et d'autres que je n'ai pas mémorisés. Au final, les acteurs jettent le masque, et, surprise, ils sont

tout jeunes ! Scoliotiques pendant tout le spectacle, les voici redressés, ils nous interprètent encore

quelques extraits musicaux, puis disparaissent dans les coulisses. En sortant, une adolescente

fredonne devant moi « forever young, I want to be forever young... » Je prends une photo

de la sortie du théâtre, et remonte la rue de la Gaîté en chantonnant

« do you really want to live forever, forever, and ever ?... »

Sortie du théâtre vers 22h30

Sortie du théâtre vers 22h30

"Forever young" est un tube de 1984, chanté par un groupe allemand nommé Alphaville.

Sylvie, blogmestre juke-box

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28 octobre 2015 3 28 /10 /octobre /2015 12:49

Dans le cadre du programme de musique sacrée à Notre-Dame, je suis allée entendre trois solistes

de la Maîtrise de la cathédrale, en concert hier 27 octobre, qui présentaient des pièces à deux ou trois voix

de femmes, a capella, ou accompagnées à l'orgue. Le trio de solistes, composé d'une soprane, une

mezzo-soprane, et une alto, a interprété des pièces de Lallouette, JS Bach, Scarlatti, Charpentier, Lully,

qui sont des compositeurs baroques, et des extraits de la messe à trois voix a capella, splendide,

d'André Caplet, qui est un compositeur du début du XXè siècle.

La contremarque et son billet
La contremarque et son billet

La contremarque et son billet

Comme toujours, lors des concerts à Notre-Dame de Paris, je commence par goûter le calme retrouvé

du grand édifice qui est bien plus que la maison des catholiques de Paris : monument historique

préservé des guerres depuis huit cents ans, merveille de l'art gothique, personnage de roman (Victor Hugo)

de films, de comédie musicale, rendue à sa sérénité originelle par le filtrage de l'entrée. Quel plaisir

d'admirer les rosaces, statues, sculptures sans la cohue touristique ! Quel bonheur de

ne pas partir au Japon comme arrière-plan d'un selfie intempestif ! (voir article sur Lisieux)

Galerie, choeur, et rosace

Galerie, choeur, et rosace

Musicalement, les trois jeunes solistes sont d'emblée excellentes. J'entends mon voisin de derrière dire

que « c'est magique », et c'est vrai qu'une belle voix qui s'élève seule sous ces hautes voûtes prend une

dimension presque surnaturelle. La soprane Cécile Achille maîtrise parfaitement cet effet. La mezzo-

soprane Lucille de Trémiolles et l'alto Clotilde Courau sont au départ moins sonores, mais l'assurance

acquise après les premiers morceaux rétablira l'équilibre. Et toutes les choristes féminines savent que les

harmoniques aiguës de la soprane s'entendent mieux que celles plus graves de la seconde soprane et de l'alto...

Elles sont accompagnées par l'organiste du choeur de la cathédrale, Yves Castagnet. La messe à trois

voix de Caplet leur permet de montrer toute la richesse et la complémentarité de leur interprétation,

puisque l'absence de l'orgue donne aux trois voix une place sans partage. J'ai été séduite pas cette œuvre

que je ne connaissais pas, dont les motifs et les dissonances vont bien à la cathédrale.

 

Certaines pièces de musique semblent avoir été composées dans l'esprit du grand édifice gothique,

pour capter ses résonances particulières, et les utiliser au bénéfice de l'oeuvre interprétée. Le compositeur

doit avoir une cathédrale dans l'oreille... De mon point d'écoute / de vue, la musique médiévale est sans

concurrence la mieux adaptée à l'intérieur de notre parisienne cathédrale gothique, car elles ont été

conçues l'une pour l'autre. La musique baroque est compatible avec l'édifice gothique, mais l'adéquation

n'est pas aussi parfaite. J'ai vécu, dans une autre cathédrale, un déménagement du choeur, que l'on a

dû installer dans la nef, le long d'un mur latéral, pour qu'on y puisse ouïr correctement Mozart et

Charpentier. La cathédrale est l'amie de la musique, mais ses caractéristiques physiques,

ses voûtes, ses piliers nécessitent une symbiose naturelle ou recréée.

 

Nonobstant, le concert du trio féminin de solistes s'est très bien passé hier soir, et a été fort applaudi.

Tous mes voisins ont sorti leur portable pour immortaliser les saluts de la fin. J'avais anticipé,

heureusement, car la profusion de prises de vues finales a rendu les miennes inexploitables...

Voici une photo prise avec les quatre participants au cours du concert.

 

Le trio de solistes féminines et l'organiste

Le trio de solistes féminines et l'organiste

Il pleut à ma sortie du concert. J'aperçois quelques statues du portail qui

mériteraient une étude photographique, mais ce sera pour plus tard!

Sylvie, blogmestre

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27 octobre 2015 2 27 /10 /octobre /2015 11:58

Préambule : quand j'étais enfant, je fréquentais des écoles mixtes. A l'entrée en 6è, du fait d'un déménagement familial imminent, on m'a mise temporairement en pension dans un établissement privé pour jeunes filles. La veille de la rentrée, en allant acheter un tube de dentifrice en fin de journée sur mon vélo, dans une rue déjà sombre, j'ai été agressée par un ogre... Je l'ai mordu et griffé, hurlant fortissimo en suraigu, pédalant de toutes mes petites jambes, et suis parvenue à lui échapper. Mais le traumatisme a persisté longtemps. Aussi ai-je passé mes années de collège et de lycée parmi les filles, ne recommençant à fréquenter précautionneusement les garçons, à l'extérieur, que vers seize ans. A dix-huit ans, j'entrais en prépa dans une classe de trente bizuths comptant trois filles et vingt-sept garçons. Fin du traumatisme. A nous les chansons salaces et les concours de poils aux mollets pendant les TD de maths ! Le bénéfice secondaire de l'agression s'est ainsi traduit par une double aisance dans les milieux très féminins, ou très masculins... l'ogre a raté son coup, car ce qui devait me détruire m'a, finalement, construite.

 

Or donc, hier j'avais envie de m'amuser ! Quel divertissement choisir ? J'ai repéré à la Gaîté Montparnasse

une jeune femme « seule en scène », dont j'avais vu une partie du précédent spectacle à la télévision,

et que j'avais trouvée d'une franchise et d'une fraîcheur inaccoutumées, Océanerosemarie.

Ce serait donc ORM à la Gaîté Montparnasse !

Ce billet bleu est rose, dirait Monoprix

Ce billet bleu est rose, dirait Monoprix

Il y a une longue queue de spectateurs devant le le théâtre quand j'y arrive ce lundi 26 octobre.

Majoritairement des spectatrices, comme je m'en doutais.Un quart d'heure après, je suis dans

la place, au second rang du balcon, de face, une super place !

Premier balcon de la Gaîté Montparnasse

Premier balcon de la Gaîté Montparnasse

C'est une première pour moi, je n'ai jamais assisté à un spectacle vivant donné par une personne seule,

et intérieurement, je me demande comment on fait pour retenir tout ce texte sans avoir de réplique ?

Une oreillette ? (on ne voit rien, mais il existe des modèles invisibles!) Pour tout décor il y a la moquette,

noire, le rideau du fond, bleu, le rideau de devant, rouge, et une chaise en bois. Océane va nous promener

partout par la simple suggestion. Voici l'affiche du spectacle, qui s'appelle « Chatons violents ».

 

Affiche du spectacle d'Océanerosemarie

Affiche du spectacle d'Océanerosemarie

Océane est habillée d'un jean slim, chaussée de bottines, porte une chemisette à carreaux, et une

queue de cheval. Je suis dans une tenue presque identique. L'histoire commence sur une dispute

conjugale, Océane quitte femme et chats, adoptés très chèrement, pour partir habiter avec un copain

geek barbu dans la capitale des Bouches-du-Rhône, qu'ils ne supportent rapidement plus. Suit une

digression sur le milieu bobo de gauche, avec un torpillage en règle de la bien-pensance politiquement

correcte, qui me réjouit, moi qui le suis si peu. J'ai très bien fait de venir, voici un spectacle très réjouissant,

et fort bien vu ! Et un coup de griffe à la culpabilité politiquement entretenue, une estocade aux écologistes,

une série de boulets rouges sur les bobos qui possèdent des 150m2 au Marais et des résidences

secondaires à Belle-Ile, ont des domestiques blacks beurs au black, mais se revendiquent de gauche.

J'admire la culture générale dont elle fait preuve, pertinente et informée sur tous les sujets abordés.

Une parodie de la copine accro aux tweets scotchée à sa tablette divertit toute la salle, dont les rires

fusentici ou là, selon la sensibilité des spectateurs aux gags proposés. Océane parle très vite (d'où son

nom complet, je suppose), et nous dira à la fin qu'elle espère bien que nous n'avons pas tout compris,

parce que ça nous fera revenir... Ouf ! Je croyais que c'était mon cerveau qui ramollissait, mais non :

elle le fait exprès, la coquine ! Elle mime à merveille ce qu'elle décrit, et danse très bien. Elle assume

avec un joli naturel son choix de vie, cartes sur table, pas de faux-semblants, respect. C'est vif et très

drôle, et à mon avis,Océanerosemarie est une future pointure de l'humour français, que je reverrai

avec grand plaisir. Le public majoritairement féminin l'a bien soutenue, solidarité féminine oblige...

 

Après une heure et demi de soliloque mené tambour battant, nous ressortons dans la rue de la Gaîté,

bien nommée. Je prends une photo du théâtre, avant de faire quelques courses nocturnes.

Aucun ogre ne me cherche des noises. Tant mieux pour lui, grrr...

 

Sylvie, blogmestre

7 novembre: remise en ligne de l'affiche du spectacle d'Océanerosemarie, ôtée à mon insu

Le théâtre de la Gaîté Montparnasse

Le théâtre de la Gaîté Montparnasse

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26 octobre 2015 1 26 /10 /octobre /2015 14:19

La semaine dernière fut agitée, pour ma part (parents hospitalisés), et j'ai pris un retard involontaire dans la mise

en ligne des photos et vidéos rapportées de Lisieux. Voici un montage vidéo que je soumets aux choristes

de Lisieux comme à vous, pour qu'ils en fassent part à Jean-Pierre Lacour. Il s'agit d'enregis-

-trements réalisés le samedi 17 octobre, dont j'ai gardé les meilleurs passages, sachant qu'il s'agissait

d'une répétition, qu'il y a eu une autre répétition le soir et un raccord le lendemain, puis le concert où

nous nous sommes sublimés! La répétition du samedi après-midi vaut quand même le coup d'être

entendue... De toute façon, je crains qu'elle soit déjà en ligne sur Youtube Japon, comme on peut le voir dans la vidéo!

 

 

Cette vidéo a été  réalisée sur un bon appareil photo d'amateur, qui n'a pas la qualité d'un matériel professionnel, la mise

au point et le niveau sonore sont automatiques, et j'ai parfois des mouvements trop brusques... pardon pour ces défauts!

Les photos que j'ai déjà ont été mises en ligne sur une page spéciale , en diaporama.

Vous pouvez envoyer les vôtres à l'adresse du blog: blogcp13@yahoo.fr, merci d'avance!

28 octobre: ajout des photos envoyées par Valérie au diaporama

 

Sylvie, blogmestre

 

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25 octobre 2015 7 25 /10 /octobre /2015 22:02

En ce dernier dimanche avant Halloween, j'ai versé dans le genre macabre en allant voir une pièce gore

au théâtre du Palais-Royal. Le vénérable établissement, qui date de 1783, propose en effet une pièce

décrite comme un thriller, intitulée "La dame blanche", avec Arthur Jugnot en tête d'affiche.

L'affiche du thriller

L'affiche du thriller

Jusqu'au retrait des billets, tout va bien... Ensuite, vous êtes pris en charge par des créatures toutes de

haillons vêtues, avec un faciès blême aplati et de longs cheveux fous... des morts-vivants, quoi!

Un billet pour le frisson

Un billet pour le frisson

L'un d'eux se plante devant moi avec une main ensanglantée et l'autre qui tient un cutter,je lui fais un sourire (il ne faut

pas les contrarier!) Il faut dire que j'ai tiré le gros lot avec ma place, qui est à côté d'une entrée de service très fréquentée

par les acteurs qui courent dans tout le théâtre, et les déguenillés qui viennent y chanter des mélopées étranges...!

Je ne vais pas vous raconter l'histoire, c'est du théâtre participatif, puisque la salle coopère, et

c'est macabre et drôle en même temps. Une sorte de parodie des fictions criminelles, où même

les moments les plus sombres de l'intrigue suscitent des gags désopilants.

 

Une future victime du serial-killer

Une future victime du serial-killer

Comme d'habitude au théâtre, on nous prie d'éteindre téléphones et appareils photo. Je passe la pièce

à garer mes jambes pour ne pas faire trébucher un zombie de passage, comment photographier dans ces conditions?

J'apprécie la mise en scène créative, les décors soignés et inventifs, les trucages et effets de lumières.

La plupart des spectateurs rient en toute circonstance, mais il y a des personnes qui sursautent au passage des créatures.

On voit des familles avec enfants, venues se faire une grosse frousse pour le plaisir de cauchemarder ensuite (les enfants

adorent les contes qui leur font peur...) des personnes âgées, des gens entre deux âges, c'est vraiment tout public.

Après presque deux heures de spectacle, les acteurs sont très applaudis. Nous ressortons guidés par les

zombies qui ont retiré masques et perruques, et je prends une photo de la remarquable façade du théâtre.

La façade ouvragée XVIIIè siècle du théâtre du Palais-Royal

La façade ouvragée XVIIIè siècle du théâtre du Palais-Royal

Plus loin dans la rue Montpensier, en coupant par les jardins du palais-Royal, je croise les colonnes

de Buren, qui ressemblent à une plantation de gros sucres d'orge sous la pleine lune.

Sylvie, blogmestre

 

Le Palais Royal et ses colonnes de Buren

Le Palais Royal et ses colonnes de Buren

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25 octobre 2015 7 25 /10 /octobre /2015 09:12

L'armée rouge était historiquement une faction de militaires acquis aux Bolcheviks au sein de l'armée

tsariste, qui devint l'armée soviétique après la Révolution d'octobre 1917, mais le nom resta.

Depuis la Glasnost de 1991, il n'y a plus d'Union soviétique, et ne reste qu'une armée russe.

Cependant, un organe se survit à lui même, les Choeurs de l'armée rouge.

Je suis allée me rendre compte par moi même hier soir au Palais des congrès, où ils étaient en concert.

Nous avons été replacés, puis je me suis re-replacée pour raison visuelle...
Nous avons été replacés, puis je me suis re-replacée pour raison visuelle...

Nous avons été replacés, puis je me suis re-replacée pour raison visuelle...

 Avant la Glasnost, les Choeurs de l'armée rouge c'était ceci:

 

 

.Les choristes, militaires, mâles, chantaient les classiques du folklore russe d'une voix puissante,

véhiculant l'image d'un régime politique idéal et joyeux, devant un public international nombreux.

L'Occident craignait l'Union soviétique, mais on y aimait les Choeurs de l'armée rouge.



Les Choeurs de l'armée rouge version 2015 sont constitués d'un choeur d'hommes, en tenue

militaire à l'occidentale, avec chaussures de ville, mais portant la faucille et le marteau en écusson

sur le bras droit, sous la fourragère (qui est une décoration militaire), d'un orchestre, de solistes masculins.

Le spectacle comporte aussi des solistes féminines, et des danseurs, hommes et femmes.

Intitulé "Une nuit à l'Opéra", il débute par l'Ode à la joie de la 9è symphonie de Beethoven, qui

est l'hymne européen, comme un acte d'amour envers cette Europe dont Moscou fait géographiquement partie,

mais qui a repris sous son aile ses nations orientales autrefois satellites de la Russie, et reste circonspecte. Mais on peut

aussi voir dans le "Freude" une invitation à la joie de la soirée, quoique l'oeuvre n'ait rien d'un opéra.

 

La première partie mêle les extraits d'opéra (Carmen, le Barbier de Séville, les Contes d'Hoffmann,

la Traviata, Nabucco, Carmina Burana...), aux chansons et musiques russes avec chorégraphie.

C'est d'abord une bande de cosaques qui vont en guerre, puis de guerriers plus orientaux, armés de cimeterres, qui

miment une rixe sur la Danse du sabre de Katchaturian. Les danseurs sont impressionnants d'agilité et de vivacité.

 

Les Choeurs de l'armée rouge en concert à Paris

Les Choeurs de l'armée rouge en concert à Paris

La deuxième partie du spectacle, après l'entracte, m'intéresse davantage, car elle est... plus russe.

Mais pas seulement! Un quatuor de balalaïkas de tailles progressives (jusqu'à la contrebasse balalaïka) sort

de l'orchestre et vient nous interpréter un pot-pourri rock'n roll qui commence par l'introduction obstinante

de "Smoke on the water" de Deep Purple (riff sur la corde la plus grave, sur quatre notes), et s'achève (et j'ai

beaucoup ri!) par "Back in the USSR" des Beatles ("...Let me hear your balalaika's ringing out, Come and keep your

comrade warm, I'm back in the USSR, You don't know how lucky you are, boy, Back in the USSR..." ) Humour 3è degré.

 

Voici les rockeurs à la balalaïka, merci à FranceTVinfo pour l'image

 

Le spectacle, après quelques acrobaties et danses endiablées, s'achève sur les classiques

connus de tous les spectateurs, ovationnés, Kazatchok et Kalinka, etc... ambiance!

 

 

Mon sentiment: les Choeurs de l'armée rouge nous ont proposé une soirée très agréable,

mais attention! Dans leur désir de plaire aux spectateurs européens en interprétant des standards

occidentaux, il ne faudrait pas qu'ils perdent, paradoxalement, ce que ces mêmes spectateurs européens

aiment et sont venus trouver auprès d'eux, l'éternelle âme russe. Il leur reste un juste

milieu à trouver entre leur passé soviétique et leur présent multiculturel. Spasiba, camarades choristes!

 

Sylvie, blogmestre

 

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24 octobre 2015 6 24 /10 /octobre /2015 10:24

Hier soir, j'ai entendu un concert russe sous la baguette d'un jeune chef polonais étonnant,

au grand auditorium de la Maison de la Radio. Tchaïkovski, Prokoviev, et Stravinsky, dirigés d'une main

ferme, mais avec des doigts de velours, par le très jeune Krzysztof Urbanski.

Changement de perspective

Changement de perspective

Comme on le voit sur le billet, j'avais changé de localisation, étant habituellement plutôt au second balcon, et

moins à l'arrière de l'orchestre. Ce qui me permit de voir le xylophone que d'habitude je devine seulement!

Vue plongeante sur le xylophone

Vue plongeante sur le xylophone

Le programme, en détail, comportait l'ouverture de Roméo et Juliette, de Piotr Ilitch Tchaïkovski,

le concerto pour piano et orchestre n°5 de Serge Prokoviev, et l'Oiseau de feu d'Igor Stravinsky.

Le concerto pour piano, interprété par Nicholas Angelich, m'était inconnu, et quoique son exécution

fut intéressante, et le pianiste certainement excellent, le caractère plutôt a-mélodique de l'oeuvre était

un peu déroutant. Je me suis concentrée sur l'ouverture de Roméo et Juliette, et sur le splendide

Oiseau de feu. A propos de Stravinski, je ne résiste pas au plaisir de citer Debussy, extrait du livret de la soirée: "c'est un

jeune sauvage,qui porte des cravates tumultueuses, baise la main des femmes en leur marchant sur les pieds. Vieux, il

sera insupportable,c'est-à-dire qu'il ne supportera aucune musique, mais pour l'instant il est inouï." Les cravates

du compositeur sont assorties à l'Oiseau de feu! Dans le tumulte des cuivres qui par passages marque ces

deux oeuvres, notre jeune chef polonais montre une remarquable économie de mouvements.

D'autres s'agiteraient, feraient de grands moulinets de bras. Lui pas du tout, il fait des mouvements de doigts

de la main gauche, une battue de faible amplitude de la main droite, se balance doucement, mais

tient parfaitement tout l'orchestre, par le regard, et avec le sourire. Une caractéristique impressionnante:

il a dirigé tout le concert sans partitions. L'orchestre philharmonique de Radio France est remarquable,

c'est un véritable bonheur de l'entendre jouer. Dans le livret, il est précisé que la version de l'Oiseau

de feu jouée est la suite orchestrale de 1945, destinée à un orchestre réduit. Le final est néanmoins

furieusement rimsky-korsakovien, si je puis me permettre... J'ai une pensée pour mon père, mélomane averti, à qui

je dois la connaissance de toutes ces belles oeuvres, et ma sensibilité à la musique classique.

L'orchestre philharmonique de Radio France et Krzysztof Urbanski.

L'orchestre philharmonique de Radio France et Krzysztof Urbanski.

Krzysztof Urbanski est abondamment applaudi et rappelé à la fin du concert, il revient avec sa grâce

naturelle, et fait lever les musiciens par groupes intrumentistes, puis tous ensemble. Voici un grand chef

d'orchestre en devenir, si jeune et si talentueux, ce sera l'un des grands noms du futur, j'en prends volontiers le pari.

A notre sortie la Tour Eiffel scintille dans la nuit. Je passe sur le trottoir qui borde les quais, au-dessus de la voie sur

berges, et hume l'odeur du fleuve, dont les flots noirs palpitent sous la rive.

Sylvie, blogmestre

Soirée slave en bords de Seine
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21 octobre 2015 3 21 /10 /octobre /2015 08:17

Ca se passe à Notre-Dame de Paris, les habitués du blog auront deviné. J'avais invité deux choristes,

l'un des solistes, lecteur de notre blog nous ayant proposé deux invitations, et réservé ma place sur internet.

Un e-ticket pour une cathédrale médiévale, choc des civilisations!

Un e-ticket pour une cathédrale médiévale, choc des civilisations!

Le concert de musique au temps de Saint-Louis regroupait la maîtrise  d'adultes et l'ensemble vocal

de Notre Dame de Paris, sous la direction inspirée de Sylvain Dieudonné. Le livret qu'on nous a distribué

est très bien fait, les oeuvres étant en latin ou en français médiéval, il comporte deux traductions, en français moderne,

et en anglais moderne, en sus des paroles originales, ainsi que les références bibliographiques des oeuvres.

La galerie qui entoure le choeur de la cathédrale

La galerie qui entoure le choeur de la cathédrale

Le concert retraçait la vie de Saint-Louis, de sa naissance à la mémoire qui lui a survécu, après sa mort,

mêlant les motets, chansons, antiennes, conduits, plain chant, et musique instrumentale,

sur répliques d'instruments anciens, violes, harpe, flûtes et percussions. Un récitant lisait en vieux

français les textes qui permettaient un enchaînement parfait des oeuvres musicales, dans une

mise en scène très sobre mais très efficace. Selon la pièce interprétée, les interprètes se mettaient en place

ou s'éclipsaient pour laisser la place à d'autres. Il y avait l'habituel public cosmopolite de la cathédrale, et aussi

je pense, les familles des jeunes gens de la maîtrise, un monsieur derrière moi a filmé le concert. Et bien entendu

des Français épris de cathédrales en concerts de musique d'époque, parmi lesquels je me compte!

La maîtrise adulte masculine et les instrumentistes

La maîtrise adulte masculine et les instrumentistes

J'avais changé de côté, mais ce n'était pas une si bonne idée pour les photos... Comme les fois précédentes, en août

et en septembre, lorsque j'avais assisté aux concerts de l'ensemble vocal de Notre-Dame, un silence religieux règne

pendant la totalité du concert, d'une heure trente. Les applaudissements furent nourris avant et après le concert, mais

pendant, personne ne souhaite briser le charme qui s'empare des auditeurs à l'écoute de ces mélodies d'un autre temps. 

C'est une plongée dans une époque  fabuleuse qui nous déconnecte du XXIè siècle. Il suffit d'écouter et de se laisser

envoûter par les voix et les instruments, dans l'écrin magnifique et majestueux de Notre-Dame de Paris.

Les interprètes du concert aux rappels

Les interprètes du concert aux rappels

Sur la photo que je fais des rappels, ci-dessus, je m'aperçois après coup que le chef ne figure pas, il était placé très

à ma droite, et s'est trouvé hors du cadre de mon tout petit écran. Je suis désolée de cette bévue... pardon Sylvain!

En regardant les demoiselles qui participent à ce concert, on constate une exclusivité des cheveux longs, qui me fait

sourire. Aimer interpréter de la musique médiévale à vingt ans suppose-t'il la coiffure assortie? Et pourquoi pas?

Après le concert, que nous avons applaudi debout, je vais remercier le soliste qui m'a gentiment contactée par le blog

pour proposer de nous y inviter. Je dis que c'était très bien, que j'aime beaucoup ces concerts, mais mes mots semblent

pauvres, qui  ne peuvent traduire l'enchantement ressenti sous les hautes voûtes de Notre-Dame. Je décide de rentrer

en bus, et prends les quais pour la voir un peu plus longtemps, avant de lui dire adieu pour ce soir.

Notre Dame de Paris, diva des cathédrales

Notre Dame de Paris, diva des cathédrales

Sylvie, blogmestre

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19 octobre 2015 1 19 /10 /octobre /2015 09:06

Très beau concert commémoratif des Choeur Deux et petit choeur avec l'ensemble vocal Gabriel Fauré

hier à Lisieux. Je vais mettre un petit diaporama en ligne, que les choristes

qui y ont participé pourront compléter.

Dernières nouvelles

Le Choeur Un répètera la grand messe en ut mineur de Mozart ce soir, les deux autres choeurs

n'ont pas de répétition, cependant les choristes du Choeur Deux en mal de répétition

peuvent venir chanter la messe en ut ce soir avec le Choeur Un.

 

Je vais réussir à mettre une image en ligne, mais il y a manifestement quelqu'un d'autre en wifi qui m'en empêche.

On m'a aussi coupé le chauffage... Et ce matin plus personne ne pouvait entrer chez mes parents,

mais il semble que ça se soit arrangé... Désolée pour les images et vidéos qui ont sauté du blog ce week-end.

Sylvie, blogmestre lasse de la pusillanimité de certains (quel âge mental?)

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18 octobre 2015 7 18 /10 /octobre /2015 07:54

L'ensemble vocal Gabriel Fauré et les choristes des Choeurs de Paris 13 qui participent au

Requiem de Brahms à Lisieux ont chanté hier toute l'après-midi et toute la soirée.

Le concert s'inscrit dans le cadre d'un mémorial de guerre, et nous allons entrer sur scène après

les porteurs de drapeaux. Il fait toujours aussi froid dans la cathédrale Saint-Pierre...

Lisieux H-8
Lisieux H-8
Lisieux H-8

Ci-dessus trois photos de la répétition d'hier, mises en ligne en me battant avec les

coupures de connexion. Le choeur, l'orgue (à gauche) et les percussions (à droite),

en plan large, le choeur et les percussions en plan plus rapproché, et la troisième photo,

très insolite, montre un groupe japonais qui a filmé des morceaux de répétition, et s'est

filmé sur les morceaux de répétition, en plaçant l'un ou l'autre des leurs devant les choristes...

Sylvie, blogmestre

en léger différé de Lisieux!

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Published by Blog des choristes des CP13
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