27 mars 2017 1 27 /03 /mars /2017 08:34

C'était le premier week-end de printemps... Je suis allée à Notre-Dame dimanche matin, 26 mars,

et chanter le Gloria de Vivaldi en l'église Saint-Louis en l'Ile, dimanche après-midi.

Dimanche 26 mars 2017

Je partis avec la tenue de concert et tout l'équipement vers Notre-Dame, et arrivai en retard d'environ

un quart d'heure...* La messe grégorienne était animée par trois solistes sous la direction de

Sylvain Dieudonné, qui joua aussi de la vièle à archet pour accompagner un ténor solo.

La célébration était conduite par Mgr Chauvet, avec retransmission sur France Culture.

Dimanche 26 mars 2017

La messe internationale qui suivit fut animée par un quatuor SATB, qui chanta une messe

de Cererols, et le Locus iste d'Anton Bruckner (ci-dessous). Une lecture fut faite en espagnol

par un jeune homme dominicain, et on nous annonça un concert le 28 mars, ainsi que les

dernières conférences de Carême. La messe se termina vers 12h40**.

 

 

Après un déjeuner au jardin du Luxembourg, je regagnai Saint-Michel Notre-Dame,

et de là l'Ile Saint Louis pour le raccord du concert de l'après-midi.

Dimanche 26 mars 2017

Le concert à Saint-Louis en l'Ile, donné par le Choeur polyphonique de Choisy le Roi en

compagnie d'autres choeurs sous la direction de Laurent Boer, avec la participation de

l'Académie d'orchestre, proposait le Te Deum de Haydn, puis la symphonie n°22 de Mozart,

suivie du concert pour violon d'Albinoni, et enfin du Gloria de Vivaldi, auquel je participai

parmi les choristes. Ce concert eut beaucoup de succès, l'église était pleine d'un public

chaleureux, qui participa au premier choeur du Gloria, en ouverture, puis en bis.

Dimanche 26 mars 2017

Voici la fin du Gloria de ma place de soprane. Le concert se termina vers 17h45, et je

repartis en tenue de concert dans les rues, jusqu'au parvis de Notre-Dame, où je pus

changer de vêtements avant de reprendre le RER... Un superbe week-end!

 

Sylvie, blogmestre

Dimanche 26 mars 2017
Dimanche 26 mars 2017
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26 mars 2017 7 26 /03 /mars /2017 00:39

Je participerai aujourd'hui au concert donné en l'église Saint-Louis en l'Ile, à 16h, par plusieurs

choeurs du Val-de-Marne, et par l'Académie d'orchestre. Ma participation se limitera au Gloria

d'Antonio Vivaldi, mais il y aura aussi le Te Deum de Joseph Haydn, la 20è symphonie de Mozart,

et le concerto pour violon d'Albinoni. Un très joli programme, sous la direction de Laurent Boer.

 

 

Sylvie, blogmestre

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25 mars 2017 6 25 /03 /mars /2017 09:13

Il y a deux jours, j'avais eu la chance de trouver une place, à un prix abordable, pour l'opéra comique

de Hector Berlioz, Béatrice et Benedict, inspiré de la comédie Much ado about nothing (Beaucoup

de bruit pour rien) de William Shakespeare, qui se donne actuellement au Palais Garnier.

Béatrice et Benedict

J'arrivai hier soir vers 19h10, et me glissai à la fin d'une file d'attente, devant le Palais Garnier.

Ma place était à l'amphithéâtre, à l'avant-dernière rangée, sous le plafond de la grande salle.

Béatrice et Benedict

On voyait très bien, à la fois la scène et l'orchestre, dirigé par Philippe Jordan. En revanche le confort

était pire que dans mes souvenirs! L'amphithéâtre étant, comme le reste du Palais Garnier, classé, il n'est pas

réaménageable pour s'adapter à la taille actuelle des spectateurs, quoique les sièges aient été prévus a minima de

celle de nos ancêtres, au XIXè siècle de sa construction. Mais, rendons justice à Garnier, on y voit très bien!

Béatrice et Benedict

J'ai eu encore plus de chance que je pensais car je découvre que j'ai assisté à la première hier soir... Je suis allée

voir ce qu'écrit la concurrence officielle (les médias!) sur ce spectacle. Voici un podcast de France Musique:

 

 

 

et un article intéressant publié dans le quotidien le Figaro, qui trouve l'opéra "étrangement poétique".

L'opéra comique en deux actes de Berlioz fut créé en 1862 à Baden-Baden. On se souvient que Berlioz

avait eu un coup de coeur pour Shakespeare, et pour Harriet Smithson, actrice shakespearienne

(voir la Symphonie fantastique dans un article récent) de ce blog. Il lui fallut quand même 25 ans, après avoir

songé à composer une version d'opéra de la pièce de théâtre, pour passer à l'acte. Berlioz avait la

réputation d'être un musicien bruyant, qui tirait son renom du fracas des orchestres puissants.

De faire dans le spectaculaire, le grandiose, et l'académique. Ici, il en va tout autrement. Aucune

inspiration épique comme dans Les Troyens. La guerre est évoquée mais seulement pour se réjouir du

retour des amants partis défendre la patrie, avec force libations, qui donnent lieu à de jolis choeurs.

Berlioz évoque cette oeuvre comme un "petit opéra", comique, avec "farces de son invention".

Béatrice et Benedict

La version présentée par l'Opéra national de Paris était à mi-chemin entre l'opéra et le concert.

Les musiciens étaient bien dans la fosse d'orchestre, mais le choeur était explicitement sur scène

puisqu'il y avait ses chaises! Il y avait des personnages parlés et des chanteurs, ce qui était un peu

déroutant au départ, puisque on voyait sur scène deux Béatrices et deux Benedicts! La musique était

douce et très mélodieuse, fine, complexe, loin des fureurs d'autres oeuvres de Berlioz. On riait des

farces et de la mauvaise foi des uns et des autres, des stratagèmes de séduction croisée

immémoriaux, que l'on trouve dans Shakespeare, Molière et bien d'autres (et même dans le Fabuleux

destin d'Amélie Poulain de Jean-Pierre Jeunet!) Deux jeunes gens, Béatrice et Benedict, se détestent trop pour

que cette détestation affichée ne cache pas un sentiment plus doux. Leurs proches entreprennent

de leur ouvrir les yeux sur leur attirance mutuelle en convainquant chacun que l'autre l'aime.

 

Au centre, Héro, Philippe Jordan, Benedict, Béatrice, et plus à droite Claudio

Au centre, Héro, Philippe Jordan, Benedict, Béatrice, et plus à droite Claudio

Béatrice a une cousine, Héro, qui va se marier avec Claudio, qui se trouve être le meilleur ami de ...

Benedict. Le rapprochement va donc se faire à peu près facilement, après deux heures de résistance

des intéressés, qui finiront unis dans le mariage, comme Héro et Claudio. Sabine Devieilhe et

Stéphanie d'Oustrac chantaient les rôles de Héro et de Béatrice, tandis que Florian Sempey et

Paul Appleby chantaient ceux de Claudio et de Benedict. Les rôles parlés étaient interprétés par

des acteurs dramatiques, dont Didier Sandre qui jouait le père de Héro. Une excellente distribution,

une très jolie musique superbement interprétée, du rire et de la bonne humeur... Un divertissement

que je recommande chaudement et qui changera l'image que vous aviez de Hector Berlioz!

Béatrice et Benedict

L'opéra s'est terminé peu après 22h, soit une durée de deux heure trente avec entracte.

 

Sylvie, blogmestre

 

 

Béatrice et Benedict
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22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 20:40

Jacques, ex-ténor et chef de pupitre des Choeurs de Paris 13, nous propose trois concerts

du choeur et de l'orchestre Note et Bien, en entrée libre, les 23, 25 et 26 mars 2017.

Au programme, l'Oiseau de Feu de Stravinsky, et des choeurs a capella d' Eric Whitacre,

sous les directions respectives d' Emmanuel Calef et de Denis Thuillier

Trois concerts Stravinsky et Whitacre

L'entrée est libre, une quête sera faite à l'issue de chaque concert au profit d'une association

différente. Les horaires, lieux de concerts, et associations aidées sont détaillés

sur le site de l'association Note et Bien.

 

Sylvie, blogmestre

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22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 09:08

J'ai entendu mardi soir en concert à la Philharmonie l'Orchestre du Conservatoire de Paris, sous

la direction de Jean-Claude Casadesus, dans un programme composé de l'Ouverture de Coriolan,

de Ludwig van Beethoven, de Prélude et mort d'Isolde de Richard Wagner,

et de la Symphonie fantastique de Hector Berlioz.

Orchestre du Conservatoire de Paris

J'avais une très belle place, proche de la scène, voici une vue de la grande salle depuis cette place:

Orchestre du Conservatoire de Paris

L'Orchestre du Conservatoire de Paris comporte 350 instrumentistes, réunis en formations variables

selon les oeuvres abordées et les chefs invités. Ils étaient une centaine pour ce concert,

et ce qui frappait c'était la diversité de leurs origines, et leur jeunesse. On ne présente plus

Jean-Claude Casadesus, dont la biographie est particulièrement impressionnante, et que j'étais très

heureuse de voir diriger, pour la première fois. Le fil rouge du concert était "trois récits d'amour

et de mort", sous-titré "Coriolan déchiré", "Isolde exaltée", et "Berlioz foudroyé".

Ci-dessous, l'orchestre vu de ma place après l'Ouverture de Coriolan.

Orchestre du Conservatoire de Paris

Au départ, l'Ouverture de Coriolan de Beethoven "ouvrait" une tragédie éponyme de von Collin,

"Coriolanus". L'Ouverture de Beethoven a acquis son autonomie, et on la présente actuellement seule

en concert. L'ouverture traduirait en musique ce qui se passe dans la pièce, ce serait un résumé

musical qui se suffit à lui-même. Wagner considérait que Beethoven avait décrit le déchirement de

Coriolan, conquérant romain passé dans le camp des Volsques après avoir été banni de Rome, pris

entre son désir de vengeance, et l'imploration de sa mère et de son épouse de ne pas détruire la Ville.

Ceci expliquerait l'alternance de passages violents et de mélodie tendre. Le dénouement est violent

aussi: Coriolan se donne la mort, et la musique s'éteint progressivement, jusqu'au glas.

Ce qui frappait, après cette première oeuvre, c'était l'excellence des jeunes interprètes!

Orchestre du Conservatoire de Paris

Le Prélude de Tristan et Isolde de Wagner était la deuxième pièce du concert. J'avais entendu Tristan

et Isolde l'an dernier au Théâtre des Champs-Elysées, par l'Orchestre national de France, si vous vous

en souvenez. Contrairement à l'Ouverture de Coriolan, il s'agit ici d'un véritable prélude, qui introduit

la première scène, auquel répondra en miroir dans la scène finale de l'opéra, la Liebestod d'Isolde.

Musicalement, ce prélude évoque l'amour avoué des amants et inclut une dissonance musicale

célèbre, novatrice pour l'époque, portant en germe l'amour maudit qui se terminerait dans la mort.

L'Orchestre du Conservatoire interpréta Wagner tout aussi parfaitement que Beethoven.

Ci-dessous, Jean-Claude Casadesus et Ricarda Merbeth, qui interprétait Isolde.

Orchestre du Conservatoire de Paris

La deuxième partie du concert était constituée de la Symphonie fantastique de Berlioz, une oeuvre

atypique en 5 mouvements, connue, et généralement très appréciée.  Il s'agit encore d'une histoire

d'amour, celle, musicale, inspirée par les sentiments passionnés de Berlioz envers l'actrice

shakespearienne irlandaise Harriet Smithson. L'idée fixe de l'aimée Harriet accompagne Hector dans

cinq scènes de sa vie. Détail intéressant, en clin d'oeil: la Symphonie fantastique fut créée en 1830

au Conservatoire de Paris. Elle est plus proche du poème symphonique que de la symphonie classique.

La première partie s'intitule "Rêveries - Passions", Hector rêve de Harriet. Dans la deuxième partie,

il l'emmène au bal, dans une valse étourdissante. Voici la musique du 2è mouvement, sur laquelle un

passionné de Berlioz s'est donné la peine de commenter tous les détails musicaux, une curiosité anglophone.

 

 

 

Puis, Harriet accompagnait Hector dans une scène champêtre, évoquant (et influencée par) la

symphonie pastorale de Beethoven, autre grand émoi artistique de Berlioz, avec Shakespeare.

Après ce troisième mouvement bucolique, le compositeur était soudain pris d'angoisse dans le 4è

mouvement, "Marche au supplice", à l'idée que son amour méconnu était peut-être sans espoir.

Il s'adonnait à l'opium, rêvait qu'il tuait sa bien-aimée, et assistait à sa propre exécution.

Orchestre du Conservatoire de Paris

Dans le cinquième et dernier mouvement, intitulé "Songe d'une nuit de sabbat", le compositeur

assistait à ses propres funérailles, en compagnie de créatures fantastiques, ombres et monstres,

auxquelles s'était jointe l'aimée. La conclusion est un mélange de ronde de sabbat et de Dies irae,

sonore et claquant, grandiose, furieusement romantique. Le public a adoré!

 

Jean-Claude Casadesus dirigeait son orchestre avec baguette, en faisant de petits signes

supplémentaires, des indications que l'on ne voit pas avec les orchestres composés d'adultes.

Il était en symbiose avec son orchestre, sans perdre de vue que malgré l'excellence des musiciens,

il s'agissait de jeunes qui avaient besoin d'être confortés dans la qualité de leur production.

Tout en leur témoignant beaucoup de respect, autant qu'à des professionnels aguerris.

Ci-dessous, il serre la main du premier alto, après avoir serré celle du premier violon.

Orchestre du Conservatoire de Paris

Le concert s'est terminé dans la joie des auditeurs et les applaudissements, clameurs, bis.

Nous avons été charmés par le programme et par la grande virtuosité de ces jeunes gens,

dont certain(e)s étaient vraiment très jeunes. Aux âmes bien nées, la valeur n'attend pas...

Merci à Tristan Labouret, élève en métiers de culture musicale, qui a rédigé le livret, très bien documenté.

 

Orchestre du Conservatoire de Paris

En vous remerciant de votre patience pour l'ensemble du contenu de l'article.

 

Sylvie, blogmestre

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21 mars 2017 2 21 /03 /mars /2017 09:19

Hier soir, la grande salle de la Philharmonie était pleine de fans de Monteverdi... Je n'aurais pas cru

qu'ils fussent si nombreux! Le spectacle était donné par les Arts Florissants sous la direction de

Paul Agnew, directeur musical adjoint et chef de choeur associé, qui présentaient l'Orfeo.

Orfeo

Ayant croisé un billet à revendre, j'en avais fait l'acquisition dans la journée*

Ma place était au 2è balcon, dans une zone de la salle que je n'avais pas encore pratiquée.

Orfeo

Cette année 2017 est le 450è anniversaire de la naissance de Claudio Monteverdi, à Crémone

en 1567. Décédé en 1643, Monteverdi se situe musicalement à la charnière de la Renaissance

et de l'époque baroque. Compositeur de pièces variées, madrigaux, musique sacrée, oeuvres

dramatiques, il est considéré comme l'un des fondateurs de l'opéra moderne,

dont son Orfeo est le premier chef d'oeuvre.

Orfeo

La scène de la grande salle de la Philharmonie était hier soir aménagée en décor antique avec

des pierres levées en cercle, et de la verdure au sol. Les musiciens étaient disposés autour, et

les chanteurs évoluaient à l'intérieur. Voici la première page du programme:

Orfeo

Et voici ci-dessous un extrait musical de l'Orfeo, c'est la Toccata d'ouverture, avec cordes,

clavecin et trompette. Vous noterez le caractère baroque de cet extrait. L'Orfeo a été créé en 1607,

il s'agit d'un baroque tout nouveau! Il fut donné dans un petit salon du Palais de Mantoue, par une

petite formation de chanteurs et de musiciens (que Monteverdi, lui, jugea très conséquente!)

 

Comment adapter cet opéra en chambre à l'immense salle de la Philharmonie?

Dans le livret, nous en apprenions un peu plus long sur les intentions du compositeur, le choeur doit

compter seize à dix-huit chanteurs, et on dispose d'une liste d'instruments variés, à vent et à cordes.

Il y avait hier soir sur scène violons, altos, violoncelle, "violone", flûtes à bec et cornets, trombones,

harpe, théorbe, luth, clavecin, orgue et archicistre (instrument néo-médiéval à cordes métalliques).

Au début de l'opéra, j'ai pensé qu'il aurait mieux convenu à la scène de la Cité de la Musique, plus petite.

L'avantage de la grande salle de la Philharmonie, c'est que la disposition en gradins rend l'action visible par tous.

Le handicap, c'est que les chanteurs sont des chanteurs classiques, et les instruments, anciens, donc adaptés

aux salles plus petites. Il y eut cependant une adaptation progressive des musiciens et chanteurs obtenue

en élevant le niveau sonore, et du public, en suspendant les bruits de fond et en tendant l'oreille.

 

Orfeo

L'opéra est en cinq actes, et dure un peu plus de deux heures. La première partie comportait

les deux premiers actes, la deuxième partie les trois derniers. L'histoire est celle, mythologique,

d'Orphée, fils d'Apollon, qui descendit aux Enfers rechercher sa bien-aimée Eurydice, obtint des dieux

qu'elle revint avec lui parmi les mortels, et trop pressé de contempler l'objet de sa flamme, se retourna

pour la regarder avant leur sortie du territoire de la mort, la perdant ainsi définitivement.

Sur ce canevas de base, Monteverdi, en méditerranéen, a brodé des déclamations volubiles qui

évoquent l'amour courtois contrarié, le fatum, et les forces de la terre, de la vie et de la mort.

Son Orphée se répand d'une manière que nous jugerions peu digne aujourd'hui, avec une hyper-

sensibilité littéraire, mais nullement affectée. Le pauvre homme est dans tous ses états que la belle

Eurydice enfin conquise à son coeur, lui ait été enlevée brutalement par la piqûre d'un serpent (animal

biblique). Orphée, dont la voix charmait les animaux sauvages (mais pas le serpent), va exercer

ses talents sur Charon, le passeur des Enfers, et franchit le Styx. Proserpine, épouse de Pluton,

dieu des Enfers, intervient en sa faveur: il pourra ramener Eurydice aux vivants. Mais Orphée manque

à son serment et perd son aimée, ce que Monteverdi accompagne de longues lamentations.

Orfeo

Le texte est frappant, si l'on pense à des auteurs comme Molière, pour l'époque baroque, qui aurait

bien ri des attendrissements d'Orphée sur son sort, quoique cruel. En revanche, on trouve dans les écrits

de la Renaissance une hypersensibilité masculine (je pense à Montaigne, du Bellay, Ronsard). Le texte

de l'Orfeo serait donc plutôt Renaissance. La musique des deux premiers actes comporte des danses

qui sont très nettement d'inspiration Renaissance. En revanche, les deux actes du passage aux Enfers,

le troisième et le quatrième sont musicalement clairement baroques. Cette oscillation entre deux

époques culturelles était très intéressante, et avait quelque chose d'un peu déroutant au départ.

Le baroque est très représenté dans les arts à notre époque. La Renaissance l'est moins. Entendre

l'Orfeo et l'apprécier supposait de se mettre dans le costume de l'auditeur de 1607, avec sa sensibilité,

qui était différente de la nôtre, puisque les" torrents de larmes" (sic) d'Orphée lui étaient naturels,

et qu'il l'était tout autant pour lui d'en parler ainsi, ce que la pudeur, le surmoi, nous interdiraient.

Orfeo

On voit ci-dessus les chanteurs aux saluts, Eurydice (Hannah Morrison) en blanc, Apollon (Paul Agnew)

en blanc aussi, et Orphée (Cyril Auvity), en blanc et vert, au centre de la photo. Cyril Auvity, de tous

les chanteurs, avait la voix la plus lyrique, ce qui convenait bien au texte qu'il devait chanter.

Dans le dernier acte, Monteverdi avait d'abord repris la mythologie, c'est à dire qu'Orphée était "déchiré

par les Bacchantes en furie" (vous noterez la distance entre la poésie fleurie de Monteverdi, et la cruauté de sa

source d'inspiration...!) une correction fut faite ensuite, plus dans le ton du reste de l'oeuvre, dans laquelle

Apollon proposait à son fils de partager le sort des dieux dans les régions célestes, à quoi les bergers,

pour l'occasion, jouaient une dernière danse d'inspiration Renaissance, miroir du début de l'opéra.

Orfeo

C'est la deuxième fois que j'entends les Arts Florissants en concert, et comme la première fois,

ils furent parfaits. Je salue le tour de force d'avoir adapté l'opéra de Monteverdi, dans sa langue

fleurie de 1607, à la grande salle de concerts de 2017, et d'avoir su faire entrer le public dans le récit

musical d'un drame très éloigné de ses préoccupations actuelles et de sa musique ordinaire.

Ils furent très applaudis, bissés, et revinrent saluer de nombreuses fois. Un grand bravo!

Nous sommes ressortis de la grande salle vers 23h.

 

Sylvie, blogmestre

 

Ci-dessous, l'attestation d'achat* du billet de concert.

Orfeo
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20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 10:50

Le 18 mars 2017, j'avais enchaîné une répétition générale et un concert au Théâtre des Champs Elysées.

Entre les deux, j'avais constaté que ma voix n'allait plus très fort. Ce 18 mars, j'étais partie en métro vers 19h

avec beaucoup de conviction pour Passy ( pour aller à l'auditorium de la Maison de la radio) où n'était pas le concert,

puis avais bifurqué vers Alma-Marceau (où était le concert!) en prenant conscience de l'erreur in extremis...

Bref, j'étais très fatiguée. Le dimanche matin, ce fut dur ! J'arrivai à Saint-Michel Notre-Dame à 10h09*

et entrai rapidement dans la cathédrale.

Dimanche 19 mars 2017

La messe grégorienne fut célébrée par Mgr Chauvet, et animée par seize demoiselles de la Maîtrise,

sous la direction de Sylvain Dieudonné. Le programme chanté était conséquent, et très beau.

Le livre de l'Exode évoquait Moïse dans le désert frappant le rocher pour en extraire de l'eau, et faire

boire son peuple. Arte a diffusé récemment les Dix commandements de Cecil B. Demille, mais le film n'est plus

visible en replay, dommage, j'aurais volontiers ajouté le lien à cet article. L'Evangile était très long, c'était celui

de la Samaritaine à qui Jésus demande de l'eau, et à qui il propose "de l'eau vive". Le Credo fut parlé et

dit en français. Dans le Sanctus, je pus constater que je n'étais vocalement pas en forme, et que j'avais du mal à

suivre le tempo, par fatigue. Je compris qu'il n'était pas envisageable pour moi de chanter en concert l'après-midi.

La messe grégorienne fut diffusée en direct sur France Culture, comme les semaines précédentes.

Bravo à la Maîtrise pour sa belle exécution, et merci pour les personnes qui l'écoutent à distance!

Dimanche 19 mars 2017

La messe de 11h30 qui suivit fut animée par un quatuor de solistes SATB, qui chantèrent

une messe brève de Palestrina, très jolie, et pendant la communion un Ad Te levavi oculos meos,

accompagnés par Yves Castagnet à l'orgue de choeur.

 

 

 

Le Credo fut chanté en latin pendant cette deuxième messe. Aux annonces, nous furent rappelées

les conférences de Carême, un concert Salve Regina le 21 mars, une audition d'orgue, et le prochain

passage à l'heure d'été. Nous sommes ressortis de la cathédrale vers 12h40, dans un grand

accompagnement d'orgue joué par Vincent Dubois. J'ai repris le RER à 12h44**, direction Arcueil,

sans aller au concert participatif à Villeneuve-le-Roi du 19 mars, impossible pour moi ce jour, faute de voix.

 

Sylvie, blogmestre

 

NB: le présent article a été rédigé le 19 mars, et remis dans l'ordre chronologique le 20 mars

Dimanche 19 mars 2017
Dimanche 19 mars 2017
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20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 08:21

Il y eut, pendant la semaine passée, quatre concerts au Théâtre des Champs Elysées, au cours

desquels l'Orchestre des Champs Elysées, sous la direction de Philippe Herreweghe interpréta les

9 symphonies de Ludwig van Beethoven. Voici les propos préliminaires du chef d'orchestre,

dans lesquels il explique la création de l'Orchestre des Champs Elysées et sa vocation:

 

 

J'avais décidé d'aller écouter deux de ces concerts, mais me suis trompée en réservant un premier concert

où je n'ai pu aller (le même soir que le concert Tchaïkovski, le 17 mars). Il ne me restait plus que

la dernière soirée, celle des symphonies 8 et 9, le samedi 18 mars.

Intégrale Beethoven par Herreweghe

J'avais la place R10 du premier balcon côté cour, la dernière de la rangée, d'où l'on ne voit

pas tout l'orchestre, mais d'où l'on voit de près. La salle du Théâtre était pleine.

Intégrale Beethoven par Herreweghe

Le programme avait été édité pour l'ensemble des représentations, ce qui en fait un document

à garder. Jusqu'ici, j'ai gardé tous les livrets de tous les concerts auxquels je suis allée.

Intégrale Beethoven par Herreweghe

L'Orchestre des Champs Elysées joue sur instruments baroques, dont la sonorité est moins puissante

voire plus étouffée que celle des instruments modernes, et qui sont accordés plus bas.

Le concert commença par la 8è symphonie, une "petite symphonie" d'une trentaine de minutes,

 selon son compositeur. Créée en 1814 à Vienne, elle n'a pas les flamboyances romantiques des

symphonies qui l'ont précédée dans la créativité de son compositeur, mais elle est vive et nerveuse,

comportant même une unique transgression parmi ses soeurs: elle n'a pas de mouvement lent. En effet,

le deuxième mouvement est un allegretto scherzando, qui reprend un canon composé par Beethoven

pour son ami Maetzel, l'inventeur du métronome. Le mouvement est rythmé par les sons métronomiques

brefs produits par le basson, ce qui lui donne un effet, selon les auteurs, ingénu, ou comique.

Intégrale Beethoven par Herreweghe

Le troisième mouvement utilise ces cors baroques qui ont des tuyaux circulaires de rechange,

puisque les pistons permettant de changer de tonalité ne se faisaient pas encore à l'époque.

Le troisième mouvement de la symphonie utilise les cors et les bois (ici flûtes en ébène, hautbois et

clarinettes en buis ou merisier, ou autre bois clair, avec peu ou pas de clés). Le quatrième mouvement

est tout en vigueur beethovenienne, avec un finale typique du compositeur, en coups d'archets

successifs, ponctués de silences. Très belle exécution, le chef est applaudi et rappelé.

 

Intégrale Beethoven par Herreweghe

Mais, si agréable et sympathique qu'ait été la 8è symphonie, celle que le public attendait, c'était la 9è.

C'est pour elle qu'il s'était déplacé en masse et avait rempli tout le Théâtre des Champs Elysées.

L'Orchestre refit son entrée sur scène sous les applaudissements, suivi du choeur, puisqu'il s'agit de

l'unique symphonie de Beethoven dont un mouvement est chanté, le 4è. Le choeur était ici le Collegium

Vocale Gent, ensemble vocal de Philippe Herreweghe.Le choeur fut présent pendant toute la symphonie,

les solistes entrèrent entre le 2è et le 3è mouvement. La 9è symphonie fut créée à Vienne en 1824.

Le premier mouvement s'ouvre sur un trémolo mystérieux, puis l'orchestre prend une dimension

musicale épique, par touches successives, on s'approche du quatrième mouvement, qui est

l'apothéose de la symphonie (et celle du compositeur).

Intégrale Beethoven par Herreweghe

 

Les clarinettistes étaient arrivés sur scène avec trois instruments chacun, dont ils firent

successivement usage, et les cors changèrent de raccord en cuivre au cours de la symphonie.

Les timbales, qui avaient été très applaudies dans la 8è symphonie, où elles ont un rôle prépondérant,

étaient aussi très présentes dans la 9è. La 9è symphonie dure environ une heure, dont le quatrième

mouvement occupe la moitié, autant que la huitième symphonie entière. Bâti à partir d'un poème de

Schiller, connu sous le titre français d'Ode à la Joie (An die Freude en allemand), le 4è mouvement

est lui même divisé en 4 parties, qui alternent les tonalités, et se termine en ré majeur.

Ci-dessus, l'introduction du 4è mouvement de la 9è symphonie, manuscrit autographe.

Ayant participé à une 9è symphonie de Beethoven avec les Choeurs de Paris 13 et l'Orchestre d'Espoir sans frontières,

donnée à l'UNESCO en 2012, j'attendais impatiemment la partie vocale de l'oeuvre... Le soliste basse donna le

départ alternant les "Freude!" avec le pupitre des basses, puis les trois voix graves entonnèrent le

"Freude schöner Götter Funken" à l'octave grave, repris par les sopranes à l'octave haute.

Les solistes forment ensuite un quatuor, et le choeur intervient à nouveau pour "Ja wer auch nur

eine Seele", toujours aussi haut pour les sopranes et les ténors, qui chantent un véritable morceau

de bravoure. Le Collegium Vocale Gent étant un choeur d'exception, en fait une interprétation parfaite.

Après une nouvelle alternance avec les solistes, le choeur revient sur les "Küsse gab sie uns und Reden",

qui oscillent très haut dans la tessiture aiguë, mais le compositeur a prévu encore plus fort: il y a deux

portées de la aigus tenus après les "Cherub steht for Gott", qui constituent une sorte de mise en bouche, avec

des si aigus. Là, le choriste ordinaire a décroché... il reste quelques téméraires qui se cramponnent collectivement,

on oublie le texte pour ne plus penser qu'aux notes qu'il faut tenir, tenir, tenir, tenir... Evidemment, le Collegium

Vocale Gent ne vit pas de tels affres, cependant, je constate que la facilité évidente du début du 4è

mouvement souffre un peu des aigus tenus fortissimo. Le compositeur a prévu de faire redescendre

ensuite les voix aiguës dans le grave, sans doute pour leur donner un peu de repos. Mais ce n'est que pour

les propulser à nouveau vers les sommets avec le mouvement endiablé de la fin du "Seid umschlungen

Millionnen". Beethoven avait une conception instrumentale de la voix humaine: le choriste est capable de monter

jusqu'au la, ou plus, poussons-le répétitivement à son maximum. Mais, contrairement au violon, le choriste se fatigue!

Intégrale Beethoven par Herreweghe

Les solistes et le choeur ont interprété brillamment ce quatrième mouvement. Je suis heureuse pour ma part,

de l'avoir entendu chanter par un choeur professionnel, et d'avoir pu voir simultanément le choeur chanter, car les

difficultés de la partition sont parfois plus visibles qu'audibles, on voit l'effort physique fourni par les choristes,

qu'ils s'arrangent, auditivement, pour ne pas laisser paraître, c'est la moindre des choses.Le public du Théâtre

des Champs Elysées, qui suspendait son souffle pendant le concert, était en liesse. Les solistes

revinrent plusieurs fois saluer, accompagnés de Philippe Herreweghe, qui circula ensuite parmi

les musiciens pour les faire lever par pupitres (photos précédentes). Les voici à l'avant de la scène:

Intégrale Beethoven par Herreweghe

Après de multiples rappels, les musiciens saluèrent définitivement, et le public ressortit de la salle.

J'entendis derrière moi un jeune homme qui disait que "ça donnait envie de faire du chant", je ne pus m'empêcher de me

retourner et de lui répondre "un conseil: ne commencez pas par cette oeuvre-là!" Il fut un peu surpris, mais la facilité

des interprètes de ce soir était trompeuse! Ce fut un très beau concert, l'apothéose de cette intégrale

Beethoven, mais la 9è symphonie est vraiment une oeuvre difficile à chanter pour des amateurs. Nous sommes

ressortis dans l'avenue Montaigne vers 21h45. Sur le Pont de l'Alma, je fredonnai l'air des Küsse gab sie

uns und Reden, qui est charmant dans sa forme, dansant. Le concert m'avait aussi donné envie de chanter!

Intégrale Beethoven par Herreweghe

Sylvie, blogmestre

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18 mars 2017 6 18 /03 /mars /2017 11:54

Le Choeur polyphonique de Choisy le Roi donnera trois concerts participatifs les 19, 25 mars,

et 26 mars 2017, en compagnie de trois autres choeurs. Les concerts seront donnés à Villeuve-le-Roi,

à Choisy-le-Roi, et à Paris, en l'église Saint-Louis en l'Ile. Au programme, le Gloria de Vivaldi

(c'est la partie participative des concerts), le Te Deum de Haydn, la 20è symphonie de Mozart,

et le concerto pour violon d'Albinoni.

Trois concerts participatifs Vivaldi (et Haydn, Mozart, Albinoni)

J'ai participé à la pré-générale du Gloria de Vivaldi le dimanche 12 mars à Choisy le Roi, ainsi qu'à la répétition

générale en l'église de Villeneuve-le-Roi l'après-midi du 18 mars 2017 de 15h à 16h30 environ (ci-dessous,

une  photo du début de la générale du Gloria). Je participerai à l'un au moins des concerts.

Eglise de la Faisanderie, Villeneuve le Roi, répétition générale

Eglise de la Faisanderie, Villeneuve le Roi, répétition générale

Retour en bus puis par le RER à Choisy-le-Roi, où, surprise, ci-dessous,

une affiche des trois concerts devant la gare de Choisy!

 

Sylvie, blogmestre

Affiche des concerts devant la gare RER de Choisy le Roi

Affiche des concerts devant la gare RER de Choisy le Roi

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18 mars 2017 6 18 /03 /mars /2017 09:25

Hier soir, j'avais acheté un autre billet d'occasion pour un spectacle de la Philharmonie

qui était à peu près complet, l'opéra La Pucelle d'Orléans de Piotr Ilitch Tchaïkovski par

le Choeur et l'Orchestre du théâtre du Bolchoï, sous la direction de Tugan Sokhiev.

Jeanne d'Arc de Tchaïkovski

Ma place était au 2è balcon de côté, suspendu, au-dessus du choeur.

Jeanne d'Arc de Tchaïkovski

L'opéra, en quatre actes et six tableaux, fut créé en 1881 à Saint-Petersbourg. Tchaïkovski était féru

de culture française, et au XIXè siècle, Jeanne d'Arc était à la mode. Tchaïkovski s'était inspiré de

la pièce homonyme de Schiller, de 1801, pour écrire son opéra. Il s'est aussi inspiré de Michelet, de

Wallon, et de Barbier. Ces sources diverses, pas forcément très exactes, donnent un assemblage

un peu hétéroclite, qui surprendra tout Français ayant appris à l'école l'histoire de Jehanne d'Arc,

la bergère de Domrémy partie de Lorraine en 1428  bouter les Anglois hors de France...

 

 

La troupe musicale du Bolchoï comprend 100 instrumentistes et 80 choristes.

Ils occupaient hier soir toute la scène de la grande salle de la Philharmonie.

Jeanne d'Arc de Tchaïkovski

Le concert, qui commençait à 19h, dura jusqu'à 22h40 environ. Il fut divisé en deux parties de

deux actes chacune, et entrecoupé d'un entracte. Dès l'ouverture, on comprend qu'il s'agit d'une

oeuvre que l'on aimera sans difficulté. Elle rassemble la facilité d'écriture de Tchaïkovski, et son

aptitude à séduire le public. Ecrite pour de nombreux instruments, elle est brillante et sonore. Le choeur

est un choeur russe, pas particulièrement un choeur lyrique, mais un choeur qui chante selon la

technique russe, que j'apprendrais volontiers, c'est-à-dire puissamment. Très puissamment. Dans les

passages fortissimo du choeur, je constate qu'il couvre l'orchestre et que les violons se battent pour exister...

Le livret est en russe, avec sous-titres en français.

Jeanne d'Arc de Tchaïkovski

Ci-dessus le choeur du Bolchoï, les choristes féminines ont une jolie tenue grise dont le haut est en dentelle

sur un bustier opaque, avec des sequins brillants, et des broderies. Il y a vingt choristes par pupitre SATB,

répartis en tessitures 1 et 2. Onze musiciens extérieurs complétaient l'ensemble, des trompettes et

trombones qui s'étaient placés en haut de l'arrière-scène à gauche du chef, et un organiste, le grand

orgue étant situé derrière l'arrière-scène à droite du chef. Les auditeurs des derniers rangs de l'arrière-scène

ont donc profité de la triphonie assez directe, l'orchestre et le choeur en face, les cuivres dans l'oreille droite,

et l'orgue dans l'oreille gauche, oreilles que certains n'ont pas hésité à boucher dans les passages héroïques!

Contrairement aux orchestres français, l'orchestre du Bolchoï n'utilisait pas les protections en plastique transparent

dont sont équipées les formations françaises, pour que les instrumentistes ne se gênent pas entre eux.

Jeanne d'Arc de Tchaïkovski

On voit ci-dessus Anna Smirnova, mezzo-soprano (en blanc), qui interprétait Jeanne dans l'opéra, ainsi

que Tugan Sokhiev, qui dirigea l'orchestre et le choeur à mains nues pendant plus de trois heures, des

mains très expressives, dont il utilisait les mouvements de doigts pour donner des indications sup-

plémentaires. Ce fut grandiose. La musique, la puissance des musiciens, l'excellence de l'ensemble.

 

L'histoire utilisée par Tchaïkovski est fidèle dans les deux premiers actes à ce que nous connaissons.

Jeanne, une bergère lorraine, est appelée par des voix célestes à voler au secours de Charles VII qui

est en train de perdre la France dans une guerre sans issue contre les Anglais. Elle quitte Domrémy

pour aller à Chinon rejoindre le roi, et avec sa présence qui galvanise les soldats français, la guerre

tourne à l'avantage de Charles VII. Puis entre en scène un certain Lionel (?), issu de la pièce de Schiller,

dont Jeanne tomberait éperdument amoureuse, ce qui altère le voeu qu'elle a fait de rester pucelle

pour sauver la France. Charles VII est couronné à Reims (c'est là qu'interviennent les instruments extérieurs)

dans le troisième acte. "Lionel" le séducteur fait son retour dans l'acte 4, ce qui nous vaut un duo

d'amour entre Jeanne et lui (Piotr Ilitch, mon ami, vous n'avez rien compris à la psychologie de la petite bergère...)

 

Jeanne d'Arc de Tchaïkovski

Finalement, c'est la faute morale que constitue ce sentiment pour "Lionel" (s'il s'était nommé Godefroy

au moins...) qui brise Jeanne. Dans Jeanne la Pucelle, Rivette la faisait courtiser par Gilles de Rais, ce qui paraissait

plus recevable, il est vrai que Tchaïkovski ne pouvait pas s'inspirer de Rivette... Elle accepte d'être châtiée et

brûlée vive pour la rédemption de son péché. Dans le livret, nous apprenons que Tchaïkovski avait écrit

à son frère "En lisant le livre sur Jeanne d'Arc et en arrivant au passage de l'abjuration et de l'exécution,

j'ai eu une terrible crise de larmes. J'ai eu soudain tellement mal, tellement pitié de l'humanité toute entière,

et j'ai été pris d'une épouvantable tristesse". Voici l'explication de l'existence de Lionel et de l'idylle:

Tchaïkovski a trouvé que la vérité crue de l'exécution de Jeanne par l'Inquisition parce qu'elle gênait avec

ses voix célestes était trop violente, et lui a inventé un bonheur terrestre pour atténuer sa souffrance.

Et cette version avec idylle est cohérente pour le romantisme de l'époque de son écriture.

 

Le choeur et l'orchestre du Bolchoï furent ovationnés à la fin de l'oeuvre, et rappelés abondamment

par des auditeurs ravis de cette magnifique prestation. Nous espérons vous revoir bientôt!

 

Sylvie, blogmestre

 

PS: Le 9 mars, j'aurais dû entendre le concert de Nelson Freire à la Philharmonie. J'avais acheté un billet d'occasion,

qui devait m'être remis en mains propres avant le concert. Mais le vendeur avait décidé, contrairement aux

conditions générales de vente, qu'il n'en ferait rien avant le concert...  il m'en a fait part tardivement. Trop tard

pour moi. J'ai par conséquent demandé l'annulation de la vente, ne souhaitant pas faire 30km aller-retour pour

un concert dont l'existence du billet n'était pas certaine. Ce soir-là, je suis donc restée chez moi.

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