7 août 2019 3 07 /08 /août /2019 09:53

Il y a longtemps que je n'ai plus écrit sur ce blog, ceci est dû à une activité réduite, ainsi qu'à un problème de doigts

de la main droite qui sont particulièrement sensibles et malhabiles. Mes lecteurs sont en vacances, mes doigts aussi!

 

Avant-hier 5 août, je suis allée entendre un concert vocal a capella d'après-midi donné en l'église

de la Madeleine par un choeur de Santa Fe, en Californie, "The Splendor of Eternal Light"

 

 

Dirigé par Juan Carlos Acosta, le Village Church Chancel Choir, choeur d'une quarantaine de choristes

présentait un programme de musique sacrée (Mc Millan, Fauré, Lauridsen, Villiers Stanford,...) de

chants patriotiques américains, et de chants traditionnels afro-américains arrangés. Les voix étaient

belles, puissantes, et le concert  très agréable. En revanche j'aurais plus de mal à dire ce que j'ai entendu car le

programme donnait le répertoire des oeuvres chantées par le choeur, mais toutes ne l'étaient pas à chaque concert.

 

 

Une centaine d'auditeurs les écoutaient avec plaisir, peut-être davantage, l'église est très grande,

il y avait des auditeurs dispersés sur toute sa longueur. La Madeleine n'avait pas sa parure fleurie

cet été, qui attirait les passants comme les abeilles les années antérieures. Dommage pour les

passants restés à l'extérieur, cette heure musicale était une parenthèse spirituelle bien agréable!

 

 

Arrivée à la Madeleine vers 16h15, j'en suis repartie une heure plus tard environ, plongée dans le trafic...

 

...pour aller rue de Lobau voir les photos du 75è anniversaire de la Libération de Paris,

exposées en face de l'Hôtel de Ville (métro Hôtel de Ville).

 

 

Ensuite, je suis passée sur l'île de la Cité, où les touristes ne semblaient pas dissuadés par les

problèmes de pollution au plomb* consécutifs à l'incendie du 15 avril. Notre-Dame était ceinte

de son enclos fermé de chantier, surmonté de ses barbelés, mais avait fière allure quand même.

 

*Les documents mis en ligne par la Ville de Paris relatifs à la pollution au plomb aux alentours de Notre-Dame

sont ici, ceux de l'Agence régionale de santé (ARS) sont (un rapport de 109 pages existe aussi).

 

 

Il était 18h, j'ai pris un bus qui arrivait devant la Préfecture de police après avoir constaté que le parterre

de rosiers du parvis avait été conquis par les graminées, et suis rentrée chez moi.

 

Sylvie, blogmestre

 

 

Partager cet article

Repost0
10 juillet 2019 3 10 /07 /juillet /2019 08:47

Je suis allée avant-hier 8 juillet rendre une visite amicale et affectueuse à Notre-Dame, et voir comment

se passaient ses soins. On la voyait un peu mieux, et les abords étaient plus ... abordables.

Comme je l'avais remarqué lors de mon dernier passage, la façade nord est la plus touchée,

suivie par le choeur, dont les vitraux semblent avoir été déposés. Voici une vidéo provisoire:

Le cadre noir est pour l'instant impossible à enlever, mais la vidéo rend mieux que le diaporama.

Je vais essayer de faire quelque chose de plus esthétique quand j'aurai le temps.

Mon impression après cette visite est que la grande Dame de pierre est plus malade que ne

l'auraient laissé penser les façades ouest et sud, assez préservées.

 

Sylvie, blogmestre

 

Sortie de messe le 7 avril 2019, huit jours avant l'incendie

Sortie de messe le 7 avril 2019, huit jours avant l'incendie

Partager cet article

Repost0
3 juillet 2019 3 03 /07 /juillet /2019 08:19

Hier soir, j'ai entendu le dernier concert de la Maîtrise de Notre-Dame, un concert de musique

polyphonique du Moyen-Age à la Renaissance, interprété par un choeur mixte d'adultes, sous

la direction de Sylvain Dieudonné. Le concert avait lieu en l'église Saint-Etienne du Mont (Paris 5è).

 

 

La photo de l'église est prise depuis la Place du Panthéon, avec la Sorbonne à gauche. L'église a

été construite de la fin du XVè siècle au début du XVIIè, et elle est doté d'un clocheton Renaissance.

Le "Mont" est la montagne Sainte-Geneviève. J'arrivai un peu en retard après avoir cassé une sandale...

 

 

Le concert devait initialement se tenir en l'église Saint-Eustache, qui jouxte actuellement une fan-zone de

coupe du Monde de football très bruyante, il avait été déplacé à Saint-Etienne du Mont.

Quand j'arrivai, vers 20h40, le concert avait commencé, et un choeur de jeunes femmes chantait

depuis le jubé qui surplombe le choeur de l'église, un organum du XIè siècle: Gaude Maria Virgo .

 

 

Mon retard m'avait privée de programme, mais après ma demande, Sylvain Dieudonné me l'a envoyé.

 

 

 

La difficulté de n'avoir pas eu de programme tient surtout au fait que j'annote les programmes, pour m'y retrouver

en photos et vidéos, la première vidéo ci-dessus est donc le Gaudeamus en plain chant.

 

 

La deuxième vidéo est le Christe eleison du Kyrie eleison de Mathieu Sohier, maître de chant à

Notre-Dame de Paris entre 1537 et 1547, extrait de la Missa Vidi speciosam (qui sera chantée

entièrement au cours du concert, par thème liturgique, en alternance avec d'autres pièces)

La troisième vidéo est très nettement médiévale, j'entends deux voix, c'est un Alleluia.

 

 

La quatrième vidéo est nettement dans le style Renaissance (assortie à l'intérieur de l'église

avec son double escalier de pierre ciselée), dans un entrelacs de voix raffiné. Il s'agit du Sanctus

de la Missa Vidi speciosa de Mathieu Sohier (merci à Sylvain Dieudonné pour son aide).

 

 

Assez rapidement, les morceaux de musique chorale furent applaudis à leur fin (c'est inhabituel

pour les concerts médiévaux, où le silence religieux est de mise). Cette manifestation de plaisir du

public avait l'inconvénient de désaccorder l'oreille des choristes, à qui il fallait redonner les notes, mais de leur faire

comprendre l'estime du public pour leur performance au cours du concert, ce qui est très appréciable!

 

 

Le concert fut aussi très applaudi à la fin, bissé, et il y eut un dernier morceau où l'on sentait

que la tension s'était relâchée (les bis sont toujours plus détendus). J'ai beaucoup aimé ce concert,

et l'église Saint-Etienne du Mont est un petit bijou, si vous ne la connaissez pas, entrez à l'occasion.

Merci aux choristes, vaillants malgré l'adversité (perdre sa cathédrale, ce n'est pas rien!),

accueillis partout avec plaisir par les Parisiens, et à leur chef que j'ai salué comme il se devait.

Nous sommes ressortis vers 22h15, et j'ai pu rentrer grâce à une paire de claquettes, par le RER.

 

Sylvie, blogmestre

 

PS: il y a encore des cadres noirs autour des vidéos, qui les rendent toutes petites... ce n'est pas moi qui les ai mis!

Partager cet article

Repost0
26 juin 2019 3 26 /06 /juin /2019 09:00

Pour faciliter un peu la vie de mes lecteurs, voici quelques trucs issus tout droit de ma culture de

chimiste, mâtinée d'environnement. Le corps humain fabrique des radicaux libres qui lui permettent

notamment de détruire les microbes. Quand il fait très chaud, la production de ces espèces radi-

calaires, instables et très réactives, peut augmenter de manière incommodante. La chaleur induit

aussi, à partir des gaz d'échappement des véhicules, de l'ozone, qui est une forme instable d'oxygène,

et génère des radicaux libres depuis l'extérieur du corps, vers l'intérieur (peau, poumons, etc...)

Bref, quand la température augmente, nous sommes assaillis par les radicaux libres.

Ce stress oxydant inhabituel peut provoquer malaises, problèmes respiratoires, etc...


Solution: les anti-oxydants, le premier étant la vitamine C, qui a la capacité de désactiver la réactivité

des radicaux libres (expérimenté avec succès dans une mine de potasse à -800m et 50°C). Deux tubes

de vitamine C à croquer coûtent quelques euros et vous feront traverser sans malaise l'épisode de

forte chaleur, et probablement davantage. Il y a un composé plus spécifique (et plus cher) qui s'appelle

la superoxyde dismutase (SOD), que l'on trouve en magasins bio, peut-être en pharmacies, qui aide

bien pour l'ozone, si vous y êtes sensibles (picotements sur la peau? c'est l'ozone!).
 


Le glutathion et la co-enzyme Q10 sont aussi de bons anti-oxydants, ces produits sont plus chers

que la vitamine C, et moins faciles à trouver. Tous les produits cités, en vente libre, sont présents dans

le corps humain, il ne s'agit ici que d'aider à supporter le stress oxydant induit par la chaleur, en

renforçant la protection antioxydante naturelle du corps.. Ce n'est pas un avis médical, mais un

avis de chimiste. Mangez aussi des fruits et légumes, qui sont antioxydants, c'est la saison!

Et évitez les oxydants alimentaires ou inhalés: alcool, tabac, qui ajoutent du stress oxydant.
 

Un autre conseil: faites sécher vos lessives à l'intérieur du logement, vous obtiendrez un

rafraîchissement ressenti de la pièce très agréable, hydratation domestique totalement gratuite.

Et si vous avez du mal à supporter la chaleur à l'intérieur des rames de RER ou métro aérien,

vous pouvez essayer le bac de crème glacée posé sur les genoux, clim' portable et comestible!

 

Sylvie, chimiste blogmestre

Partager cet article

Repost0
24 juin 2019 1 24 /06 /juin /2019 07:22

Mercredi 19 juin, je suis allée voir mes parents en leur maison de retraite, à 30km de Toulouse.

Ce n'est pas une mince affaire, car j'ai été interdite d'avion sur Easyjet, sans savoir pourquoi (voir le 3 octobre 2018),

ma réclamation n'ayant jamais reçu de réponse. Faute d'avion, ce fut donc le train, celui qui part tôt

le matin pour l'aller, et celui qui revient tard le soir pour le retour.
 


L'aller commença normalement,  à 6h52, avant de tourner à l'accumulation de désordres: travaux

aux alentours de Saint-Pierre des Corps, travaux avant Bordeaux, retards cumulés que nous

annonçait le conducteur, qui faisait de son mieux pour rattraper le temps.



 

(NB: ce n'est pas moi qui ai mis un cadre noir autour de cette vidéo, et je vais tout faire pour l'enlever)

Quand nous fûmes presque arrivés à Toulouse, le bouquet final: une alerte au colis piégé

rendait l'entrée en gare, dans laquelle les pompiers étaient à l'oeuvre, impossible. Une fois le lieu

sécurisé, il fallut trouver les taxis, déplacés, qui se demandaient où avaient bien pu passer les Parisiens du

train de 11h (il était presque midi). J'arrivai à la maison de retraite vers midi vingt, mes parents

avaient bien entamé le déjeuner sans moi, mais une bouteille de vin de Saumur rosé emportée

en emballage isotherme dans mes bagages permit d'attendre que je les rattrape.
 


J'avais aussi apporté des bigarreaux, car c'est la pleine saison des cerises, que ma mère

aime beaucoup (dénoyautées et coupées en deux). Mon père était en forme, je ne sais plus

ce qui a motivé cette posture intéressante, l'appareil photo traînait ouvert au bon moment.
 


Après le café et le dessert nous sommes allés dans leur nouvelle chambre, qui n'est plus orientée

plein sud. J'ai entrepris de vérifier leur téléphone avec lequel j'ai un contentieux chronique à quelques

centaines de kilomètres de Toulouse: le problème fut identifié et résolu. Ensuite, j'ai déballé les livres

apportés (ceux achetés au Salon du Livre 2019), le général (de Gaulle) pour mon père, et les livres illustrés

pour ma mère, dont un eut un franc succès ("Un tout petit coup de main", hilarant). Il y avait au mur

des photos, dont une très jolie de mon père avec le Président Mitterrand, prise dans la Cour

de l'Hôtel des Invalides, en 1989. L'après-midi a passé très rapidement, puis ce fut le dilemme du

retour à Toulouse, la maison de retraite étant très excentrée, il est difficile de trouver un taxi pour repartir.
 


Finalement, j'en trouvai un, qui me déposa en gare de Pibrac vers 17h40, pour le train TER de 18h06, ce

qui me permettrait de prendre en correspondance le TGV pour Paris de 18h49, dont j'avais déjà le billet.
 


Las, alors que j'attendais en gare de Pibrac, peu après 18h, le TER qui était annoncé

normalement pour 18h06, fut soudain affecté d'un retard de 30 minutes...

Ci-dessous la basilique de Pibrac, visible depuis le quai de la gare, pour calmer les esprits...
 


La malédiction ferroviaire continuait! Quand enfin, le TER arriva, ponctuel avec son retard, aucune

explication ne nous fut fournie par les contrôleurs, l'affichage intérieur manifestait même une

schizophrénie horaire déroutante, indiquant les horaires habituels (sans retard), tout en donnant

l'heure réelle, décalée. Nous sommes arrivés à Toulouse-Matabiau à 19h04.
 


Des trains avaient été retardés au départ, mais le TGV de 18h49 était, hélas, bien parti à l'heure.

Cependant, je pus échanger mon billet en me présentant dès notre arrivée à Toulouse, contre une place

dans le train de nuit qui suivait, où il en restait, et ce fut l'attente dans la salle des pas-perdus...
 


On m'avait attribué une couchette, mais je préférai un espace moins confiné (plus inconfortable

et un peu bruyant, mais avec vue sur Bordeaux Saint-Jean, Agen, et les autres gares fantômatiques,

silhouettes étranges, éoliennes, croisées très vite en cours de voyage). Pas de lune, dommage!
 


Parti à 22h30, le train de nuit laissa derrière lui les trombes d'eau qui s'abattirent sur Toulouse

un peu plus d'une heure après (j'ai au moins échappé à ça!)  Nous n'eûmes que des brumes

nocturnes campagnardes et une fine pluie chagrine en arrivant en Ile-de-France. La gare d'Austerlitz

était quand même passablement dégoulinante à 7h du matin, et la chasse au café-croissant

très courue. Je décidai de rentrer déjeuner chez moi, et fis une sieste récupératrice... de 5h.


Sylvie, blogmestre

PS: comme je le craignais, il y eut bien une intrusion dans mon logement en mon absence

Partager cet article

Repost0
16 juin 2019 7 16 /06 /juin /2019 16:29

Je suis allée hier voir Notre-Dame de plus près, pour fêter  l'anniversaire de sa consécration, alors

que la première messe allait s'y tenir depuis l'incendie, à deux mois jour pour jour de ce sinistre soir  qui

faillit emporter une merveille artistique de 850 ans. De plus près, parce que le périmètre de sécurité

instauré autour de la cathédrale se réduit au fur et à mesure que l'édifice se consolide. Arrivée en RER

à 17h17* par le quai de Montebello, le pont et l'extrémité du parvis me sont enfin accessibles.
 


Voici une photo que j'ai souvent prise, avant. Je constate que les rosiers n'ont pu être taillés, car ils étaient

dans la zone interdite. Certains font la course à la tige avec des graminées inconnues au pedigree douteux...

Personnellement, j'aime bien ce foisonnement de nature, mais, pour connaître les roses, fleurs délicates, elles ne vont pas

tarder à bouder de ne plus être seules dans leur plate-bande. Notre-Dame est, de face, toujours aussi splendide,

quoique un peu noircie des beffrois. Le ciel est changeant et je n'ai pas de parapluie!
 


Me voici à la hauteur de l'entrée de l'Hôtel-Dieu. Une rose trémière repousse et refleurit tous les ans sous

les marronniers. Une palissade métallique entoure la cathédrale et le jardin public qui est derrière le choeur,

tout parait normal: une voiture de police, le chantier, pourtant, un détail sur la photo attire mon attention.

Monsieur le maire du 4è arrondissement a parlé de mettre des regards dans la palissade pour que l'on

puisse voir le chantier derrière. Je continue vers la rue du Cloître Notre-Dame, et arrive rue d'Arcole.
 


Un dessinateur a scotché quelques-unes des ses oeuvres sur la palissade, un touriste prend

en photo les dessins à l'encre de Chine, dont deux jolies représentations de la cathédrale. Avec sa flèche

et son toit. En levant les yeux, je constate que la façade nord a beaucoup plus souffert que les façades

sud et ouest que j'avais vues jusqu'ici. Des pierres sont visiblement abîmées, altérées par l'alternance

subie de chaleur intense et d'eau. Une chimère noircie, aux dents clairsemées d'origine, écarquille

les yeux dans le vide, encore tétanisée d'avoir vu la géhenne d'aussi près.
 


Pendant que je photographie la chimère, une voix masculine demande poliment "pardon", je suis

à un goulot d'étranglement, et un quatuor de militaires en treillis, équipés de fusils mitrailleurs, voudraient

bien passer... Après leur passage, je retrouve le détail qui avait attiré mon attention précédemment: il y a

du fil de fer barbelé sur la palissade. C'est un modèle urbain et civilisé, mais je ne me souviens pas avoir vu de fil

de fer barbelé sur une palissade de ville  depuis Berlin-ouest, avant la réunification. Voir la cathédrale, qui accueille

tout le monde, comme le rappellera Mgr l'archevêque dans son homélie, ceinte de barbelés, me

cause un choc.  Enfin, c'est la nécessité de la protéger ainsi qui me cause un choc.
 


Au carrefour entre la rue d'Arcole et la rue du Cloître Notre-Dame, il y a une entrée vers les portes de la

cathédrale, et plusieurs caméras de médias télévisés ou en ligne sont posées là, attendant les parti-

cipants à cette première célébration, pour leur sortie car il semble que la plupart d'entre eux soient déjà

entrés. En face, plusieurs policiers gardent l'entrée et filtrent soigneusement les postulants. Pas de

laisser-passer en règle, on ne passe pas. Une dame parvient à entrer, avec le bon papier. Il est 17h55,

je suis sur place depuis une demi-heure, et décide d'aller faire quelques courses avant de rentrer

chez moi pour voir la retransmission de la messe de la dédicace (ici sur KTO) qui commence à 18h.
 


Si vous vous intéressez à Notre-Dame de Paris en particulier, ou aux monuments historiques qui ont

une âme en général, et un caractère spirituel, je vous conseille de regarder ce document (ici sur YouTube),

tourné avec des casques de chantier dans une chapelle intacte au milieu d'un environnement dévasté,

dantesque, très bien rendu par l'équipe de tournage de KTO. De la petite Vierge du pilier miraculeu-

sement indemne alors que la flèche s'est écroulée juste devant elle, au transept ravagé, du gigantesque

trou dans la voûte couronné de l'échafaudage déformé par la chaleur de l'incendie, des poutres

calcinées du XIIIè siècle aux piliers médiévaux porteurs d'attelles, de la main de la Pieta tendue vers le

ciel aux vitraux préservés dans toute leur beauté... Les images sont fortes et les plaies sont vives.


Il était important de rappeler que Notre-Dame de Paris est un édifice dont la fonction est cultuelle avant

d'être culturelle (c'est aussi le cas des oeuvres de musique sacrée), et c'est bien ainsi que l'entendaient les

touristes qui déambulaient autour de ses célébrations. La vidéo la plus regardée de KTO est celle des

dernières Vêpres qui y ont été filmées, le 15 avril 2019, Notre-Dame ayant beaucoup d'amis partout qui se désolent

de ce qui lui est arrivé. Ma conclusion de baladine est une chanson d'Anne Sylvestre...

 


 

(attention, elle démarre toute seule, arrêtez-là si vous le souhaitez en cliquant sur la vidéo)

 

Sylvie, blogmestre

 

Samedi 15 juin 2019

Partager cet article

Repost0
10 juin 2019 1 10 /06 /juin /2019 08:26

Hier, dimanche de la Pentecôte, je suis allée à Saint-Sulpice pour la messe délocalisée de

Notre-Dame (une bonne nouvelle vue hier soir sur un bandeau télévisé: le parvis de la cathédrale

pourrait être accessible dès la semaine prochaine, selon la mairie du 4è arrondissement).

Je suis arrivée sur le parvis de l'église alors que les cloches sonnaient encore.

 


L'église Saint-Sulpice était entourée d'un marché aux livres, qui s'étendait largement sur le parvis, laissant

une petite place aux fidèles pour entrer. A l'intérieur de l'église, de nombreuses chaises avaient été

déployées. Cependant, les écrans de télévision, qui, à Notre-Dame, permettent de voir la cérémonie même

derrière un pilier majestueux, ont vraisemblablement péri dans l'incendie. Des places latérales de Saint-Sulpice,

on entendait bien, mais on ne voyait pas. La Maîtrise de Notre-Dame avait réuni ses talents pour illuminer

la solennité de la Pentecôte de chants grégoriens, de polyphonies classiques,et de psaumes

harmonisés chantés aussi par l'assemblée.La messe était diffusée en direct par la télévision KTO.

 


C'est le Livre des apôtres qui décrivait le plus visuellement l'arrivée de l'Esprit saint en langues de feu

sur les hommes, qui tout à coup, comprenaient toutes les langues parlées autour d'eux. Parthes,

Mèdes, Mésopotamiens, Phrygiens, Egyptiens, Lybiens, Romains, Juifs, Crétois, Arabes, tous

devenaient compréhensibles à tous... (cette énumération me rappela étrangement le cortège de versions

linguistiques disponibles sur les sites européens, afin que chacun puisse comprendre l'organisation de tous,

allégorie moderne de l'Esprit). Dans l'Evangile selon Jean, l'Esprit saint est un Défenseur des

hommes, qui remplace Jésus, le Fils, au nom du Père, Dieu. Nous avons donc hier soir reçu

l'Esprit de la Trinité, en partage. Il y eut un très beau "Veni Sancte Spiritus" interprété par les

voix masculines de l'Ensemble vocal de Notre-dame (à l'oreille).

 



Cette messe était une messe joyeuse et brillante, la première de cette sorte depuis l'incendie

de Notre-Dame, dont presque tous les clercs et beaucoup de fidèles étaient là. Je reconnus alentour

plusieurs personnes que je croisais les dimanches matins à Notre-Dame. Le messe s'est terminée par le

Regina caeli, antienne mariale dédiée à la quatrième personne de la Trinité, celle qui, avec les pompiers

et les chants à elle dédiés des personnes groupées sur les quais, ont, ce 15 avril 2019, sauvé la cathédrale vénérable

de la destruction. Merci encore.Nous sommes ressortis de l'église Saint-Sulpice un peu avant 20h.

Une annonce pour finir cet article:la Maîtrise de Notre-Dame de Paris donnera un concert de chant vocal polyphonique

en l'église Saint-Eustache, mardi 11 juin à 20h30, sous la direction de Sylvain Dieudonné, et d''Emilie Fleury.

 

Merci à depositphotos pour la vue aérienne ci-dessus de Saint-Sulpice

 

J'ai fait un petit tour dans le marché aux livres du parvis de Saint-Sulpice, avant de partir, par curiosité,

mais, constatant que je marchais assez mal, j'ai préféré rentrer rapidement.



Sylvie, blogmestre

 

PS: cela fait deux heures que je tente de télécharger un éditeur d'images... en vain, et subitement, après

publication de cet article avec images non traitées, le téléchargement du logiciel s'effectue sans difficulté...

Vade retro, barbouzes! (qui ont aussi cassé la serrure de ma porte, j'ai failli ne pas pouvoir sortir hier)

 

Partager cet article

Repost0
5 juin 2019 3 05 /06 /juin /2019 08:51

Il y avait hier soir un concert vocal au grand auditorium de Radio-France,

donné par les Maîtrises de Notre-Dame et de Radio-France, et regroupant des

choristes adultes des deux formations, sous la direction de Sofi Jeannin et de

Henri Chalet, accompagnés au grand orgue par Yves Castagnet.
 


Constatant qu'il restait des places libres la veille , j'en avais réservé une tout en haut

de l'auditorium, en bout de rangée, il n'y avait plus de places réservables qu'au

deuxième balcon. Ce fut très bien, placée entre le grand orgue à ma gauche et la scène

en contrebas, j'eus un son stéréophonique excellent.
 


 

 

Il s'agissait d'un concert de musique anglaise, alternant des oeuvres du XVIIè au XXè

siècles, avec le fil conducteur de la spiritualité, et d'une circonstance exceptionnelle lors

de la création musicale. Charles Hubert Hastings Parry ouvrait le concert sous la direction

de Sofi Jeannin avec "I was glad', une hymne créée pour le couronnement d'Edouard VII à

l'abbaye de Westminster en 1902. Suivaient trois motets extraits des "Songs of Farewell"

(Chants de l'adieu) du même compositeur, chants introspectifs écrits pendant la

première guerre mondiale, par un compositeur anglais germanophile.
 


Sofi Jeannin commenca le concert, puis passa la direction à Henri Chalet, et l'alternance

des chefs et des styles se poursuivit ainsi. Il me semble que c'est pour le Lux aeterna

d'Edward Elgar qui suivit que la direction passa à Henri Chalet (je n'avais pas le

programme pendant le concert, et remercie Christophe Dilys a posteriori pour la somme

d'informations qu'il contient). La musique de cette oeuvre est d'Elgar, elle vient de "Nimrod",

extrait de la 9è variation Enigma, et sur cette musique, le compositeur de cinéma John

Cameron arrangea une version vocale avec le texte du Lux aeterna du Requiem latin.

Trois autres motets de Parry extraits des "Songs of Farewell" suivaient.
 


Une mise en musique du psaume 3 par Henry Purcell suivait, pour la reine catholique

Catherine, épouse de Charles II d'Angleterre, créée en 1680. Les oeuvres chantées

comportaient quatre à huit voix, et étaient chantées pour certaines a capella, et pour la

plupart avec l'accompagnement du grand orgue, joué par Yves Castagnet. Suivirent,

dirigés par Sofi Jeannin, cinq "Spirituals"de Michael Tippett, écrits pendant la deuxième

guerre mondiale, entre 1939 et 1944, et créés en mars 1944 à Londres. Il s'agit de

gospels afro-américains dont plusieurs sont très connus (Go down Moses, Steal away,

Nobody knows, Deep river...), arrangés de manière sophistiquée et très européenne.

 

 


Je ne me souviens pas si l'ordre du livret a été respecté, je l'ai repris néanmoins. La

dernière oeuvre du concert sur le programme était Zadok the Priest de Haendel, une pièce

baroque, éclatante avec une introduction d'orgue digne de Bach (il s'agit d'une transcription

de la partition d'orchestre) qui fut créée pour le couronnement de George II en 1727 sur

un texte du Premier livre des rois (Zadok fut le prêtre qui sacra le roi Salomon).

Le concert eut un franc succès, avec rappels multiples, et il y eut un bis, de l'oeuvre la plus

applaudie,  c'est à dire Zadok, décrit ci-dessus, dont un court extrait vidéo figure.
 

 

Ce fut un très beau concert, et une bien belle soirée de chant choral.

Merci à toutes et à tous pour ce grand moment de spiritualité brillante.

 



Je n'ai pas tenté de prendre le RER C au retour, qui se passa de ce fait sans incident!

(l'aller en tentant de prendre le RER C avait été très agité et très long…)


Sylvie, blogmestre

 

Partager cet article

Repost0
31 mai 2019 5 31 /05 /mai /2019 08:06

Hier, je suis allée pour la célébration de la Solennité de l'Ascension à Saint-Sulpice, où la messe

de Notre-Dame de Paris délocalisée avait lieu, à 18h30. J'arrivai à bon port sur le parvis, dans un

fourmillement de passants, gros et petits véhicules, où se tenait un marché aux livres, dans un espace clos.

 


L'Ascension, solennité du jour, est le retour symbolique aux cieux de Jésus, quarante jours

après sa résurrection, pendant lesquels il s'est montré en chair aux humains.

 


C'était le Livre des Actes des apôtres qui le décrivait le mieux "il (Jésus) s'éleva et une nuée vint

le soustraire à leurs yeux". Dans son prêche Mgr Aupetit évoqua Youri Gagarine, figure solaire

de la conquête de l'espace, lui aussi monté aux cieux, mais redescendu, et dont le président de

la Russie soviétique Krouchtchev disait qu'il n'y avait pas vu Dieu. Depuis, Dieu est revenu

habiter les églises russes en toute légalité, et le sourire lumineux du premier cosmonaute

humain persiste. Jésus, Dieu fait humain, n'est pas redescendu, mais son Esprit habitera

les hommes. Mgr se réjouit en fin de célébration que toute l'équipe de la cathédrale ait participé

à cette messe et remercia chaleureusement M. le curé de Saint-Sulpice de son accueil.

Jeudi 30 mai 2019

Je suis repartie peu avant 20h vers la banlieue sud par rail, allant humer en chemin les massifs fleuris

qui s'épanouissaient ici et là, roses, chèvrefeuille, plaisirs olfactifs de mai...
 



Sylvie, blogmestre

 

PS: je reçois pour ce blog beaucoup de messages en écriture cyrillique, que je ne peux déchiffrer, et me

perds en conjectures, mais les messages disparaissent parfois tout seuls de ma boîte de courriel...

 

Jeudi 30 mai 2019

Partager cet article

Repost0
25 mai 2019 6 25 /05 /mai /2019 08:47

Hier je suis partie assez tôt de chez moi, vers 19h, pour aller à la Philharmonie écouter

la Messe en si mineur de Jean-Sébastien Bach, par l'ensemble Pygmalion et solistes.

Etant à hauteur de Saint-Michel Notre-Dame vers 19h30, je suis sortie à la lumière pour aller saluer notre

grande blessée et vérifier que son état s'améliorait, ce que le recul du cordon de sécurité m'a confirmé.
 


Après tout, j'allais écouter une messe, je pouvais l'associer à ma soirée, elle qui a été édifiée à cette fin.

La rosace de vitraux aux nanoparticules médiévales me fit bonne impression,

et je repris le métro vers la Porte de Pantin.



Un flot d'auditeurs sortit du métro en même temps que moi, toujours divers, mais affluant vers la

même musique. J'avais acheté le matin un billet au 2è balcon, surplombant l'arrière-scène.

 


Il n'y avait plus de programme à mon entrée et mes voisins étaient déjà en place. Ce n'était pas grave:

je connais cette messe par coeur. Quand j'avais pris mon billet tout était vendu.

 


La messe en si mineur de Bach est une oeuvre singulière, à maints égards, puisqu'il

s'agit d'une messe catholique, alors que le compositeur était protestant. Elle fut composée

à partir de pièces disparates dont certaines furent "recyclées" (le Gloria, par exemple,

existe antérieurement sous forme de cantate), comporte un nombre impressionnant de

clés numériques ayant des significations pour auditeurs avertis, et alterne les tempos,

les choeurs et les solis, la tonalité de si mineur ne s'appliquant pas à toutes les pièces.

Elle est considérée comme l'oeuvre la plus difficile du répertoire choral classique.

 


D'une durée approximative de deux heures, selon la vitesse de l'exécution, il s'agit

d'une oeuvre à la fois profondément spirituelle et particulièrement brillante. Il y avait hier

soir pour l'interpréter, 29 choristes, 5 solistes, des violons, altos, violoncelles,  contrebasses

un théorbe, un orgue et un clavecin, des flûtes et hautbois baroques, des timbales,

bassons, un cor et des trompettes droites baroques (sous réserve d'oubli!). La partie chorale

est à cinq voix, à l'exception du Gratias, Qui tollis, second Credo (Patrem omnipotentem),

Crucifixus, Dona nobis pacem, qui sont à 4 voix, et du Osanna, chanté deux fois, qui est

en double choeur à deux fois quatre voix. Les choristes étaient répartis, selon mon

observation, en deux fois 5 sopranes, trois alti et quatre contreténors, cinq ténors et cinq

basses.La messe commence par un Kyrie eleison à 5 voix, lancé vers le ciel a capella,

puis continué par les motifs de cette première pièce, alternant les instruments seuls, avec 

le choeur et les instruments, qui dure plus de dix minutes, où les fugues se succèdent.

Je ne vais pas vous faire une description exaustive, car le site Philharmonie Live a diffusé hier soir en direct

ce concert, je vais l'incruster et vous pourrez ainsi le savourer à votre aise, si vous ne l'avez pas entendu

sur place (l'acoustique de la salle était quand même meilleure que les hauts-parleurs de mon ordinateur!)

J'ai beaucoup aimé les pièces très enlevées: Gloria, Cum sancto spiritu, Et resurrexit,

Et expecto (celles où il y a des trompettes!), et le Crucifixus m'a donné des frissons.

L'interprétation était tour-à-tour enjouée ou recueillie, parfaite.

 


L'ensemble Pygmalion était dirigé par Raphaël Pichon, qui me fit l'effet d'être un successeur

naturel de Philippe Herreweghe, tant, malgré sa jeunesse, le résultat fut accompli. Deux

heures de pur bonheur, une direction nerveuse ou souple et précise, j'ai chanté mentalement

toute la messe avec les choristes, c'était un vrai régal. Des détails m'ont frappée sur la manière d'attaquer

les entrées (particulièrement le redoutable Et incarnatus est) et de pousser les  aigus, écoutez bien,

les choristes qui lirez cet article... il doit y avoir une technique à s'approprier.

 



Le public fit un triomphe aux interprètes, ce qui leur fit certainement grand plaisir, mais à moi aussi.

Entendre à un concert classique, pour une messe de Bach, un enthousiasme identique à celui qu'on entend

habituellement dans les salles d'opéras, c'était extraordinaire. Je n'ai pas compté les rappels, mais il y en eut

beaucoup. La salle était totalement conquise. Bravo à tous les musiciens, choristes, solistes, et au jeune chef.

N'ayant pas reçu de programme, je ne donnerai pas le nom des solistes, mais à ma surprise, et à

l'applaudimètre; la star de la soirée, c'était le chœur (la salle devait être pleine de choristes…)

J'ai eu une pensée pour mes camarades des Choeurs de Paris XIII, avec qui nous en avons chanté, de la

messe en si, qui constituait une sorte de fonds commun, et l'oeuvre favorite de Pierre Molina, peut-être

présent dans la salle hier soir. (Pierre, rue-toi sur la vidéo, si tu n'y étais pas!) J'ai aussi eu une pensée

pour ma camarade de pupitre et de solfège de l'année 2008-2009, dans cette redoutable voix de

2è soprane de sueur et de larmes, où nous étions si peu nombreuses, calées entre les altis et les "vraies"

sopranes, et qui était probablement elle aussi dans la salle hier soir. Elle se reconnaîtra.

Nous sommes ressortis assez tard, vers 22h50, de la Philharmonie,

et je suis repartie en fredonnant le Osanna (la sueur et les larmes, finalement, ont du bon !)


Sylvie, blogmestre

 

Voici la vidéo du concert, visible aussi sur le site de la Philharmonie (j'ignore pourquoi

elle disparait ou réapparait sur le blog, ce n'est pas moi qui en modifie l'affichage)
 

 

Partager cet article

Repost0

Présentation

  • : Le blog d'une choriste parisienne vagabonde
  • : Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
  • Contact

Recherche