27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 16:06

Il y avait longtemps que je n'avais pas revu la Madeleine... J'y avais repéré un concert Mozart,

(c'était avant les attentats et la reconversion de la messe en ut du 20 novembre en Requiem), et décidai qu'il n'y

avait pas redondance, et que ce concert Mozart du 26 novembre à la Madeleine était une bonne idée.

Affiche du concert Mozart

Affiche du concert Mozart

J'achetai un billet en ligne, près de l'allée centrale, mais la vue était assez bouchée

en position assise, je me suis donc déplacée vers le côté gauche après le début du concert.

 

Mozart à la Madeleine

L'église de la Madeleine avait perdu son parterre fleuri estival, mais la saison de l'avent est

toujours intéressante à observer à l'intérieur des églises. Un ange en sculpture

métallique grillagée flottait au-dessus de la nef, près de nous...

Au plafond, un ange passe...

Au plafond, un ange passe...

Le concert, composé des trois pièces de Mozart, un adagio pour cordes, le Laudate Dominum

des Vêpres d'un confesseur, et le Requiem, était interprété par environ 150 choristes adultes

et enfants, dont on nous dit qu'ils chantaient dans plusieurs "choeurs d'Ile-de-France"différents.

Ces choristes étaient accompagnés par le Paris symphonic orchestra, et dirigés par

Cyril Diederich. Je reconnus le percussionniste qui nous accompagne l'été au Festival de Saint-Louis en l'Ile!

Le choeur vu de ma place assise numérotée

Le choeur vu de ma place assise numérotée

La première pièce était instrumentale, la deuxième était contenue. Le choeur ne s'exprima pleinement

dans toute sa puissance que dans le Requiem. On nous dit que l'église avait été sonorisée, je ne sais

si c'est ce qui créa le léger décalage que l'on observait entre les mots articulés par les choristes, et le

son entendu, ou si c'est purement l'acoustique de la Madeleine. Je ne l'avais pas constaté jusque là !

Le Requiem était beau, puissant, quoique les phrases étaient un peu difficiles à comprendre (c'est

l'acoustique). Le choeur était réactif, attentif à la direction du chef, les mouvements étaient enlevés en

dépit de l'écho. Le Lacrymosa était particulièrement réussi. J'ai beaucoup aimé la qualité du

« Voca me », sotto voce, du Confutatis, et ai pris une petite vidéo.

 

 

 

Le concert fut dédié aux victimes des attentats et constitua un moment de recueillement. L'église

était remplie aux deux-tiers environ. Les choristes, solistes, et instrumentistes furent très applaudis,

et bissèrent le Lacrymosa, en commençant à la fin du Confutatis, qui est le morceau précédent

(j'ai supposé que c'était pour préparer vocalement le choeur au début un peu acrobatique du Lacrymosa,

après les applaudissements qui lui avaient perturbé l'oreille...)

 

En sortant de l'église de la Madeleine, chacun se rua qui sur son téléphone, qui sur son appareil photo,

car la perspective Madeleine-Concorde-Assemblée Nationale était encore embellie par les

couleurs tricolores projetées sur cette dernière, et les guirlandes de Noël.

 

La perspective Madeleine Assemblée Nationale

La perspective Madeleine Assemblée Nationale

J'ai acheté un drapeau aujourd'hui, le vendeur m'a dit qu'il les avait commandés hier et qu'on

s'était battu pour en avoir... Il faut faire vivre les concerts et les spectacles aussi !

Sylvie blogmestre

Logo récupéré auprès du Théâtre des Champs-Elysées, merci!

Logo récupéré auprès du Théâtre des Champs-Elysées, merci!

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26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 10:34

L'association des amis de l'orgue Saint-Gabriel nous informe qu'un concert gratuit

(libre participation aux frais) aura lieu en l'église Saint Gabriel, 5 rue des Pyrénées,

Paris 20è arrdt, dimanche prochain 29 novembre à 15h30

Au programme, clarinette basse et orgue,

avec Olivier Faure (clarinette) et Léonid Karev (orgue)

dans des oeœuvres de Bach, Mozart, Poulenc, Tchaïkovski, Karev, Stendron,

la bande-annonce du concert est visible sur YouTube.

Affiche du concert du 29 novembre 2015

Affiche du concert du 29 novembre 2015

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23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 16:28

C'était samedi soir 21 novembre au grand auditorium de la Maison de la radio, fraîchement rouvert.

Pour raisons de sécurité, l'entrée ne se faisait pas côté Seine comme d'habitude, mais de l'autre

côté du bâtiment, qu'il fallait ensuite traverser pour rejoindre la salle de concert. C'était le dernier

concert du cycle Beethoven-Bartok à la Maison de la radio, et j'avais un billet pour le 2è balcon.

Billet B&B

Billet B&B

Arrivée à l'entrée du 1er balcon, on m'informa que le 2è balcon était fermé et qu'on allait me replacer

au 1er balcon, juste en dessous de l'entrée sur la droite, au 1er rang place 16, qui était libre.

J'étais en face de l'orchestre, ce qui ne m'était encore jamais arrivé ! Joie!

L'Orchestre national de France vu du premier rang du premier balcon, de face

L'Orchestre national de France vu du premier rang du premier balcon, de face

Le programme comprenait les "Créatures de Prométhée" de Ludwig van Beethoven, le concerto

pour piano et orchestre n°3 de Béla Bartok, et la 7è symphonie de Beethoven, interprétés

par l'Orchestre national de France, sous la direction de Daniele Gatti.

 

Les Créatures de Prométhée sont le fruit d'une commande de musique de ballet, créé en 1801.

Il s'agit d'un hymne à la liberté française post-révolutionnaire, Bonaparte apparaissant tel un nouveau

Prométhée. Le ballet dure six minutes et comporte seize numéros, outre l'ouverture et l'introduction.

J'ai été un peu dans le flou pour cette oeuvre que je ne connaissais pas, jusqu'à ce que je puisse

prendre connaissance du programme, à l'entracte, donc après-coup.

 

Le concerto pour piano n°3 de Béla Bartok est une œuvre de création posthume, datant de 1945.

Ce concerto était dédié à l 'épouse du compositeur hongrois. Il apparaît plus classique et lyrique

que les deux concertos précédents de Bartok. Le second mouvement « adagio religioso » évoquerait

à la fois Beethoven, et Bach, dans un style quasi-liturgique... j'y ai en aussi reconnu le thème du

« Cum sancto spiritu » de la grand messe en ut mineur de Mozart, apparaissant à plusieurs reprises.

Il s'agit d'une œuvre inspirée, éclairée, comme le sont souvent les œuvres ultimes des musiciens.

Le pianiste était  lui-même hongrois, il s'agit de Dezsö Ranki, au jeu à la fois virtuose et sobre.

Rappelé par le public, il nous dit ce seul mot « Liszt », et joua un extrait musical supplémentaire.

Félicitations réciproques entre le pianiste Dezsö Ranki et le chef Daniele Gatti

Félicitations réciproques entre le pianiste Dezsö Ranki et le chef Daniele Gatti

La superbe septième symphonie de Beethoven, créée en 1813, est une œuvre tonique, qui

présente la particularité de ne pas avoir de mouvement réellement lent, même l'émouvant second

mouvement est « allegretto ». Moins rapide que les autres cependant, surtout les deux derniers,

« presto » et « allegro con brio ». Les instruments se donnent la réplique des uns aux autres, et

mon regard suit : les cordes graves, les cordes aiguës, les vents, les cuivres, le chef, les percussions,

on recommence... Ces mélodies, je pourrais les chanter tellement je les ai entendues, j'anticipe

les motifs musicaux. Quand j'étais élève de sixième, la moitié de la classe donnait Beethoven pour son grand

musicien préféré ! La 7è symphonie de Beethoven est en elle-même un grand bonheur à l'écoute,

et sous la baguette ferme et nerveuse de Daniele Gatti, elle devient aussi un spectacle fascinant.

L'Orchestre national de France et son chef aux rappels

L'Orchestre national de France et son chef aux rappels

Ce concert  de reprise a été un grand succès, le public a applaudi abondamment et rappelé le chef

plusieurs fois. En ces heures noires que nous vivons, la musique est à la fois un réconfort et un repère.

Les salles de concert se repeuplent progressivement, mais beaucoup de places restent vides,

et c'est dommage (un concert Beethoven au grand auditorium fait habituellement le plein d'auditeurs).

 

Nous ressortons de la maison de la radio côté Seine. La Tour Eiffel, cocardière, domine la Ville et le fleuve,

et arbore les trois couleurs de la Nation sur ses trois cents mètres de hauteur.

Sylvie, blogmestre

Tour Eiffel de cohésion nationale

Tour Eiffel de cohésion nationale

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22 novembre 2015 7 22 /11 /novembre /2015 11:29

Le mari de Michèle, alto du Choeur Deux, a réalisé un montage vidéo à partir d'extraits du

concert contre la barbarie du 20 novembre 2015, en l'église Saint-Sulpice, auquel une dizaine

de choristes des Choeurs de Paris 13 ont participé, que je mets en ligne sur le blog à sa demande:

 

 

 

Voici aussi un extrait de l'émission "Télématin" sur France 2, du 21 novembre 2015,

que je remercie de nous autoriser à la diffuser, ayant participé à l'interprétation de cette oeuvre:

 

 

Sylvie, blogmestre,

à la recherche de personnes ayant photographié ou filmé toutes les sopranes... merci beaucoup!

Copie d'écran de Télématin avec toutes les sopranes

Copie d'écran de Télématin avec toutes les sopranes

Sont entourées de rouge sur la photo d'écran ci-dessus les sopranes debout sur des chaises

recherchées, au dernier rang du pupitre des sopranes je suis la plus à gauche vue de la nef.

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21 novembre 2015 6 21 /11 /novembre /2015 12:38

J'ai participé hier soir au Requiem de Mozart donné en l'église Saint-Sulpice par plusieurs centaines

de choristes et un orchestre plus modeste, mais qui a joué aussi fort qu'il pouvait. Le public était

extrêmement nombreux, c'était très impressionnant, je n'avais jamais vu Saint-Sulpice aussi remplie,

et de nouveaux auditeurs sont arrivés pendant toute la soirée ! Il y en avait dans la nef, dans les parties

latérales derrière le choeur, certains se sont même assis aux derniers rangs parmi les choristes, il y en

avait dans les chapelles latérales, et on voyait des personnes debout sur les côtés et au fond de l'église !

 

Le matin, sous une pluie battante, j'avais collé l'affiche récupérée à la répétition rue Cortambert

de mercredi soir 18 novembre, dans la rue d'Alésia, à un endroit passant.

Collage d'affiche dans la rue

Collage d'affiche dans la rue

Après une deuxième journée de « chantier eau » subie dans l'appartement de mes parents,

j'avais rejoint Saint-Sulpice pour le raccord, à 19h, par le bus 58 qui est direct depuis la rue Didot.

 

Bus 58 pris à Hôpital St Joseph, Paris 14è, vers Saint-Sulpice, à 18h37

Bus 58 pris à Hôpital St Joseph, Paris 14è, vers Saint-Sulpice, à 18h37

Arrivée à Saint-Sulpice, surprise contrariante : je n'étais pas sur le listing. Il y avait bien une feuille

« Choeurs de Paris XIII » avec une bonne quinzaine de noms, plus deux ou trois autres rajoutés à la

main, mais pas le mien. Pourtant comme je l'ai écrit plus haut, j'étais présente à la répétition du mercredi 18

novembre pour le Requiem, quoique je n'aie pu émarger car les listes étaient absentes à mon arrivée un peu tardive,

la porte était même fermée, il a fallu téléphoner de l'extérieur pour qu'on m'ouvre. Ayant reçu tous les courriels relatifs

à ce concert, je pensais bien figurer nominativement sur les listes, j'ai omis de vérifier expressément, on n'est jamais

assez prudent ! J'ai donc rajouté mon nom à la main au bas de la liste des choristes des CP13.

Je pensais me remettre rapidement de ces contrariétés en retrouvant mes copines sopranes, mais elles semblaient avoir

à peu près déserté le concert... Nos alti étaient là mais beaucoup plus lointaines. Le raccord a commencé tard,

vers 19h30. Nous avons chanté le Requiem, l'Ave Verum, et avons bouclé le raccord

sur la Marseillaise, à 20h25. L'église était déjà très pleine, et les spectateurs

qui s'installaient chantaient déjà un peu avec nous.

Photos prises pendant le raccord entre 19h30 et 20h30
Photos prises pendant le raccord entre 19h30 et 20h30
Photos prises pendant le raccord entre 19h30 et 20h30
Photos prises pendant le raccord entre 19h30 et 20h30
Photos prises pendant le raccord entre 19h30 et 20h30
Photos prises pendant le raccord entre 19h30 et 20h30
Photos prises pendant le raccord entre 19h30 et 20h30
Photos prises pendant le raccord entre 19h30 et 20h30

Photos prises pendant le raccord entre 19h30 et 20h30

La soirée commença vers 20h45, par une intervention assez longue de M. le curé de Saint-Sulpice,

à propos des attentats. Elle fut suivie par l'intervention d'un monsieur qui ne se présenta pas d'emblée,

mais dont nous avons compris qu'il était le fils du recteur de la grande mosquée de Paris, puis par

l'intervention de Danièle Simonnet, conseillère de Paris et du 20è arrondissement, qui m'a parue trop

politisée en ces temps où la cohésion nationale s'impose, et où le public était là pour entendre de la musique.

Heureusement, il y eut aussi Guillaume, des Choeurs Résilience, qui nous fit un petit discours

bien à lui, dont la fraîcheur juvénile était réconfortante. Merci à toi Guillaume !

 

Le concert commença vers 21 h 20, c'est-à-dire à l'heure des premiers attentats, une semaine

auparavant. Nous entonnâmes la Marseillaise, le public se leva et chanta avec nous. Pour le Requiem

de Mozart, comme je ne voyais pas le chef de mon cinquième ou sixième rang de sopranes, je suis

montée avec une poignée d'autres choristes sopranes qui étaient au fond du pupitre et avaient le

même problème, sur une chaise (ce qui explique les photos en plongée de cet article), j'en demande pardon

à M. le curé, mais cela s'avéra très utile pour bien voir le chef et éviter les décalages. En face de moi

dans la chaire latérale, il y avait trois petites lumières rouges de caméras qui filmaient, c'était un peu intimidant !

 

C'est très difficile, finalement, de chanter avec un pupitre d'une centaine de choristes venus de tous

les horizons... Heureusement, dans les circonstances exceptionnelles, le public a de la bienveillance

pour les erreurs inévitables ! C'était un concert généreux, nous nous sommes donnés à fond.

Le Requiem, durant lequel Hugues Reiner a fait une minute de silence après le « dona eis requiem »

du Lacrymosa, fut suivi de l'Ave Verum  de Mozart. Le public un peu interdit ne savait quand applaudir...

mais finalement les applaudissements éclatèrent, et les remerciements suivirent, que j'ai filmés.

Toutes les chorales n'ont pas été citées, mais il y en avait beaucoup ! Nous vîmes de loin des dames

coiffées d'un foulard donner des roses au chef de choeur, qui les lança aux choristes qui étaient

devant. Ce fut une expérience émouvante à laquelle je suis heureuse d'avoir participé.

Merci à Hugues, aux autres choristes, aux musiciens, aux solistes, au public!

 

 

Habituellement, je vais boire un verre avec d'autres choristes à la sortie des concerts à Saint-Sulpice, mais je ne les ai

pas retrouvées à la sortie, ni au café où nous allons d'habitude. Ma sœur devait être à Paris ce week-end, je comptais

l'emmener à ce concert, mais elle ne répondait plus à mes sms ces derniers jours. C'est fou le nombre de téléphones

qui se détraquent... J'ai donc repris le métro à Saint-Sulpice, vers 22h50, comme l'indique mon ticket

de retour (y a-t'il un contrôleur RATP parmi les lecteurs?) poinçonné entre 10h et 11h (11) post-meridiem (2)

le vendredi (V) de la 47è semaine (47), à la station 212, qui doit être Saint-Sulpice, sur la ligne 4,

où j'ai acheté un carnet de tickets t+ dont celui-ci faisait partie.

 

Sylvie, blogmestre

Ticket de retour en métro poinçonné à Saint Sulpice vers 22h50

Ticket de retour en métro poinçonné à Saint Sulpice vers 22h50

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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 13:52

Hier soir 19 novembre c'était la reprise des concerts à la Philharmonie, qui avait interrompu

ses manifestations publiques depuis le 14 novembre. Une queue impressionnante de public

attendait devant l'entrée pour montrer patte blanche, en l'occurrence ouvrir son manteau et

son sac aux vigiles, avant de pouvoir faire flasher son ticket de concert.

Petit Russe billet philharmonique

Petit Russe billet philharmonique

J'ai été la dernière personne à entrer dans la salle par la porte indiquée, on m'a dit de m'asseoir à la première place

libre car je ne pourrais pas gagner la mienne avant le début du concert. J'ai gagné trois rangs au change et quelques

places vers les violons... Le concert « Petite Russie » prévu comportait une œuvre courte d'Anna Clyne,

un concerto pour piano et orchestre de Rachmaninov, et une symphonie de Tchaïkovski,

interprétés par l'Orchestre national d'Ile de France, dirigé par Enrique Mazzola.

 

Il y eut un préambule de l'administration de la Philharmonie, nous remerciant d'être venus

si nombreux à ce concert de reprise, et nous informant que le programme allait être un peu modifié.

Puis Enrique Mazzola nous informa que le concert débuterait par une pièce supplémentaire, en

hommage aux victimes des attentats, l'Adagio de Samuel Barber. Une très belle pièce, d'interprétation

recueillie, empreinte d'une grande émotion, et d'une grande dignité, dirigée sans baguette, à mains nues.

 

Puis l'orchestre enchaîna avec le concerto pour piano n°2 de Sergueï Rachmaninov. Le solo de piano

était joué avec virtuosité par Jean-Efflam Bavouzet. Il y a dans le livret de la soirée l'anecdote croustillante,

que je vous rapporte, d'un sémillant jeune Rachmaninov jouant imprudemment du piano devant le vieux Tolstoï,

lequel explose : « Je déteste tout cela ! Qui a besoin de votre musique ? » Eh bien... nous, par exemple ! Le concerto

est très beau, (le second mouvement est très connu et, nous dit le livret, a été utilisé dans la musique pop, citant

David Bowie... je citerais aussi Elton John, pour ma part) le pianiste est très applaudi, et reçoit un joli

bouquet de fleurs blanches. Devant l'insistance du public, il nous joue une pièce pour piano seul,

que mon voisin identifie comme étant extraite d'une œuvre de Debussy.

Le pianiste Jean-Efflam Bavouzet

Le pianiste Jean-Efflam Bavouzet

Après l'entracte, la courte œuvre d'Anna Clyne nous est proposée. Il s'agit d'une création, cette pièce

a été écrite spécialement pour l'Orchestre national d'Ile-de-France. Elle se réfère au poème de

Charles Baudelaire intitulé « Harmonie du soir » : « le violon frémit comme un cœur qu'on afflige [...]

valse mélancolique et langoureux vertige ». L'oeuvre est intéressante, il y a une recherche de sonorités

inhabituelles (comme le son obtenu en grattant une lame de métallophone avec un archet, une longue vibration

plaintive qui sort en-dehors de l'orchestre et dure très longtemps...) , mais quand même de la mélodie, qui utilise

notamment les cordes graves de l'orchestre. Anna Clyne est dans la salle et vient saluer avec les

musiciens, sous les applaudissements. Puis c'est la symphonie n°2 de Piotr Ilitch Tchaïkovski,

surnommée « Petite Russienne », car elle évoque l'Ukraine, dont elle reprend des airs populaires.

Il y a un cor solo juste devant moi, qu'Enrique Mazzola viendra faire lever au moment des saluts.

 

Le cor solo distingué par Enrique Mazzola

Le cor solo distingué par Enrique Mazzola

La symphonie est très belle et l'interprétation magistrale. Le chef se donne physiquement! A la fin,

l'expression de son visage ressemble à celle du coureur de fond qui a franchi la ligne d'arrivée. Il est très sympathique,

cordial, souriant, il passe très bien auprès du public. Lui aussi reçoit un bouquet de fleurs, rouges cette fois

(je suis ravie de ces bouquets à destination des messieurs !), qu'il brandit, va poser en coulisses, et revient diriger

un bis, qui est « une surprise polonaise de Cracovie ». Mon voisin sèche sur le titre de la surprise, et moi aussi...

 

Les cordes de l'Orchestre national d'Ile-de-France et le chef d'orchestre Enrique Mazzola

Les cordes de l'Orchestre national d'Ile-de-France et le chef d'orchestre Enrique Mazzola

Nous ressortons toujours aussi nombreux, et un gros troupeau de mélomanes mouillés de pluie se dirige,

de concert, vers le métro, qui diffuse et re-diffuse son message pré-enregistré pour contenir l'afflux...

Sylvie, blogmestre

 

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18 novembre 2015 3 18 /11 /novembre /2015 09:15

Après trois jours d'interruption, la comédie musicale Résiste ! de France Gall et Bruck Dawit

reprenait ses représentations le 17 novembre au Palais des Sports, Porte de Versailles.

Je retirai mon ticket au guichet, pour une place sur les gradins, sur le côté.

 

Billet rose tendresse

Billet rose tendresse

On me replaça, car la salle n'était pas complète, à un endroit où je serais mieux (effectivement, j'étais très bien!)

et je passai la soirée à la place U440. Mes voisins venaient de Montréal, nous avons fait un brin de conversation

avant que la salle s'éteigne. Elle n'était pas complète mais quand même très remplie quand le spectacle débuta.

Salle du Dôme le 17 novembre, vue de la place U440

Salle du Dôme le 17 novembre, vue de la place U440

La comédie musicale est constituée par les succès les plus populaires des années 80 de France Gall

et de Michel Berger, à partir desquels on a monté une histoire dans laquelle on pouvait les inclure.

Les chanteurs ont été choisis en prenant en compte la similitude de leurs voix, et la compatibilité de

leur physique avec celles des modèles. La comédie musicale est un flashback sur la vie de Moon,

grand-mère d'une petite Lola. Moon évoque son passé et les scènes revivent. Une jeune Maggy

travaille dans un night club avec sa sœur Mandoline et son père. Un jeune pianiste, Maxime, se

propose pour l'animation musicale, qui tombe amoureux de Maggy, et réciproquement. Ce sont les

deux personnages incarnant France Gall et Michel Berger. Se greffent autour, outre la sœur, l'éternel

amoureux de celle-ci, un trio de « Princes des villes » hilarants, et une amie un peu équivoque,

Angelina. Et les clients du night-club (boîte de nuit), le Lola's. Le fil conducteur

du spectacle est la discussion entre la grand-mère et sa petite fille.

 

La comédie démarre sur un tube, qui met le public en condition, puis peu à peu il se prend à

l'intrigue, et participe de plus en plus. Sur « La groupie du pianiste », à la fin de la première partie,

tout le monde ou presque est debout à taper dans ses mains, délire dans la salle ! Pendant l'entracte,

nous voyons apparaître des caméras et devinons qu'il y a une personnalité au milieu du public...

ou peut-être plusieurs. La salle est de plus en plus chauffée, et se lève à chaque chanson connue.

« Il jouait du piano debout » fait un tabac, accompagné d'une galerie de portraits projetés, Bob Marley,

John Lennon, mais aussi... Barack Obama, Simone Weil, Martin Luther King, Nelson Mandela,

le Dalaï-Lama, et j'en oublie. Ovations dans la salle ! Pour sauver le night-club de la fermeture,

les deux sœurs et leur père organisent une soirée de l'éclipse de lune, qui cartonne. Mais ne suffit

pas à sauver l'établissement. Angelina fait un acte désespéré, et disparaît. Maxime aussi. C'est ici

que se place la chanson titre du spectacle, « Résiste ! », la salle est debout, tape dans ses mains,

brandit le poing, lève les bras en l'air, chante, exorcise la peur et la violence, quelle ambiance !

Franchement, ça fait du bien ! Maggy part rejoindre Maxime à New-York, où vit... Moon.

Le spectacle se termine dans les ovations, les chanteurs viennent saluer le public.

Les chanteurs de Résiste aux saluts, en blanc, Maggy qui incarne France Gall

Les chanteurs de Résiste aux saluts, en blanc, Maggy qui incarne France Gall

C'est alors, surprise, qu'une petite silhouette vêtue de noir et de baskets fend leur ligne et vient

nous parler... c'est France Gall en personne. Waouh ! Elle nous remercie d'être venus ce soir,

et de résister symboliquement à la violence et à la peur de ces derniers jours.

Les chanteurs bissent « Résiste ! » et la foule participe avec eux jusqu'au bout.

 

France Gall, venue en personne nous remercier de notre présence

France Gall, venue en personne nous remercier de notre présence

Dans le flot de personnes qui ressortent du Palais des sports, j'entends des louanges unanimes

« Génial ! », « J'ai trop kiffé ! » (Princesse des villes), « Excellente soirée ! ». Pour ma part, j'ai trouvé

le spectacle remarquable, la mise en scène très soignée, les décors et costumes intéressants,

la chorégraphie recherchée, pertinente, drôle, d'inspiration américaine. Les jeunes talents qui jouent

dans cette comédie musicale sont de futurs grands noms de la variété de demain, ils ont de belles voix,

du charisme, de l'aisance à évoluer sur scène, et à danser. Un très joli spectacle,

s'il vous tente n'hésitez pas, la sécurité est très bien assurée.

 

Sylvie, blogmestre

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18 novembre 2015 3 18 /11 /novembre /2015 00:26

Il y avait une foule inattendue au Théâtre des Champs Elysées lundi soir pour écouter le jeune

violoniste serbe Nemanja Radulovic, qui y donnait un concert avec la pianiste Susan Manoff, dans

le cadre du cycle des grands solistes. Décrit par le magazine « Cadences » comme solaire,

le jeune homme, qui a vécu la guerre en Yougoslavie dans son enfance, et qui est très souriant,

dit que cette expérience terrible lui a donné du recul par rapport à son succès actuel.

Billet pour solistes surdoués

Billet pour solistes surdoués

Les deux jeunes solistes talentueux avaient souhaité maintenir leur concert à l'affiche, en ce

16 novembre, et avaient convié d'autres artistes amis à les rejoindre sur scène pour participer

au concert. Le programme initial en fut modifié pour permettre à chacun de participer. Le théâtre des

Champs-Elysées avait relayé cette initiative en diffusant par SMS et par courriel le maintien

du concert, et la participation d'artistes supplémentaires, nous conviant à venir nombreux.

Le Théâtre des Champs Elysées est très rempli

Le Théâtre des Champs Elysées est très rempli

J'étais placée au deuxième balcon, assez proche de la scène, en biais. Nemanja arriva sur scène

avec une grosse bougie blanche dans un photophore, qu'il posa par terre au milieu du devant

de la scène, entre le public et lui. Une bougie à la mémoire des victimes des attentats,

au milieu de nous. Puis Susan Manoff entra et s'installa au piano. Un très joli duo, bien assorti.

 

La première partie du concert initialement prévue avait été conservée : des pièces de Tchaïkovski

(Romance de Pauline), Mozart (sonate pour violon et piano K 301), Fauré (Après un rêve),

Bach (partita n°2), se succédèrent, mettant en valeur les qualités exceptionnelles des deux jeunes

musiciens. Après un entracte, une harpe fit son apparition sur la scène, et la harpiste

Marielle Nordmann interpréta trois œuvres de Schubert (Sérénade, Marguerite au rouet, et la Truite),

avec Susan Manoff au piano. La Truite était interprétée avec espièglerie, ai-je trouvé. Puis un autre violoniste,

Patrice Fontanarosa, et une autre pianiste, Laure Favre Kahn, interprétèrent ensemble un extrait

de Thaïs, intitulé Méditation. Des extraits de Cinq pièces pour deux violons et piano de Chostakovitch

rassemblèrent les deux violonistes, et Laure Favre Kahn, qui joua aussi l'Elégie de Fauré, en compagnie

de Henri Demarquette au violoncelle. Puis un troisième pianiste, Yvan Cassar, interpréta la musique

du film La liste de Schindler avec Nemanja Radulovic au violon, les mêmes interprètes jouant ensuite

une mélodie de Macédoine, intitulée Zajdi. Enfin, Tsigane de Ravel fut interprétée par Nemanja Radulovic

et Susan Manoff. Applaudissements nourris, rappels, et... Nemanja revint sur scène avec sa dernière

invitée, qui avait eu un problème de train. La soprano Véronique Gens nous chanta une

Chanson triste de Hahn, accompagnée par Susan Manoff.

Les huit solistes, et devant eux, la bougie (à droite, Nemanja Radulovic et Susan Manoff)

Les huit solistes, et devant eux, la bougie (à droite, Nemanja Radulovic et Susan Manoff)

Les huit artistes nous saluèrent, et Nemanja expliqua qu'il leur avait demandé d'être avec nous ce soir

à cause de l'émotion causée par les attentats, qu'un entourage amical permettait de partager.

Puis ils nous firent un bis, suivi d'une petite improvisation sur un air connu, habituellement chanté

plutôt qu'instrumental... dont je ne me souviens plus. J'ai tenté de prendre une petite vidéo de la partie

hors-programme, mais mon appareil a vite renâclé car sa carte mémoire, sur laquelle il restait 250 Mo « ne lui

permettait pas de mettre les images en mémoire-tampon » (sic). Que n'ai-je utilisé une carte mémoire pleine de Go !

La vidéo est donc très courte, mais donne un aperçu du jeu de Nemanja Radulovic.

 

 

Un programme éclectique, un inventaire à la Prévert, des musiciens divers mais tous excellents,

généreux, une excellente soirée. Nous avons été remerciés chaleureusement de notre présence,

en dépit des événements. L'avenue Montaigne, quand nous sommes ressortis, avait son éclairage habituel, mais on

lui faisait des essayages lumineux lorsque nous sommes arrivés avant 20h, que j'avais photographiés, ci-dessous.

Sylvie, blogmestre

 

La parure hivernale de l'avenue Montaigne à l'essayage

La parure hivernale de l'avenue Montaigne à l'essayage

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17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 16:54

Dans un article précédent, j'ai annoncé un concert plurichoral au profit de l'association Retinostop,

le 20 novembre prochain à Saint-Sulpice, pour lequel une dizaine de choristes des Choeurs de

Paris 13 avaient participé à la première répétition. La deuxième répétition du 15 novembre n'ayant pu

avoir lieu du fait des attentats, le concert au profit de l'association Retinostop est reporté à une date

ultérieure. Les personnes qui ont acheté des billets pourront les utiliser pour la nouvelle date.

 

Le 20 novembre, il y aura en l'église Saint-Sulpice un autre concert Mozart, un Requiem à la mémoire

des victimes des attentats, en soutien à leurs proches, et contre la barbarie. Tous les choristes

ayant déjà chanté le Requiem de Mozart sont bienvenus pour y participer. La répétition unique sera

demain soir mercredi 18 novembre à 19h15, 19 rue Cortambert, Paris 16è.

Concert extérieur Mozart du 20 novembre

Si vous avez envie de vous associer à cette action mais ne souhaitez pas chanter, vous pouvez

venir écouter. L'entrée sera libre, une corbeille circulera pour couvrir les frais de la soirée.

Sylvie, blogmestre

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17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 16:13

Louis-Michel, ténor du Choeur Un nous propose trois concerts du Choeur Phronésis, c'est

en décembre, mais il y a une pré-réservation possible à tarif préférentiel, je vous en fais part avant la date limite.

Voici le message de Louis-Michel: "Chers amis choristes, C'est bientôt Noël ! Enfin, dans un mois et 1/2...

J’ai le plaisir de vous annoncer que le chœur Phronesis dont je fais partie, donnera 3 concerts

(vendredi 11, samedi 12 et dimanche 13 décembre à Paris) avec un chouette programme

(trompette, orgue, chœur et, en bonus, guitare pour le dernier concert).

 



Bénéficiez du tarif prévente en réservant avant le 25 novembre par mon intermédiaire

ou via www.weezevent.com/noel11, www.weezevent.com/noel12 ou www.weezevent.com/noel13

selon la date). Venez nombreux et… relayez largement ce mail (pro & perso) !"

Message relayé!

Sylvie

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