14 janvier 2016 4 14 /01 /janvier /2016 11:46

Hier soir, entre deux concerts, j'ai eu l'envie d'aller entendre un humoriste, pour changer un peu.

J'ai pris un billet au Palais des Glaces pour le spectacle de Christophe Alévêque, "Ca ira mieux demain". 

Le Palais des Glaces est situé Faubourg du Temple, près du canal Saint-Martin, dans le 10è arrondissement.

A la sortie du métro République, j'aperçois les hommages aux victimes des attentats de novembre,

et me promets d'aller visiter le mémorial improvisé avant de rentrer chez moi.

Billet pour spectacle humoristicaustique

Billet pour spectacle humoristicaustique

J'avais choisi le spectacle d'après la bande-annonce disponible sur internet. J'avais le souvenir d'un

humoriste très caustique, de l'époque où il participait à une émission de radio sur France Inter.

D'un humour un peu trop violent pour moi, d'ailleurs, mais la bande-annonce m'avait rassurée.

 

Contrairement à mes supputations, la salle n'a pas servi à héberger des pains de glace à une époque

anté-réfrigérateurs, comme les mammouths du fronton auraient pu le suggérer, les glaces en question étaient

des miroirs, et la dénomination date de 1924, après reconstruction. La salle est longue et rectangulaire.

Il y a marqué sur mon billet qu'il est interdit de photographier lors de l'évènement... Je constate à l'entrée que

les vérifications de sécurité sont plus marquées ici que dans les autres arrondissements parisiens.

La salle du Palais des Glaces, avant l'événement, de la place U5

La salle du Palais des Glaces, avant l'événement, de la place U5

J'ai une place dans les dernières rangées, mais nous pourrons avancer un peu. Je comprends très vite

que la bande-annonce n'est que partiellement représentative du spectacle. Personnellement, ce n'est

pas mon genre d'humour, il y a, à mon avis, trop d'outrance, et si l'on peut rire de tout, je crois que ce n'est pas

n'importe comment. Cependant, le spectacle prend un tournant au cours de la soirée. Alévêque se

révèle être un diesel : un peu cafouilleux au départ, nettement meilleur ensuite, et même franchement

très bon comme lorsqu'il interprète la Quête de Brel. Je finis par le trouver attachant. La dernière partie

sur les attentats de 2015 est vraiment drôle, elle suscite un rire en forme d'exorcisme. Il y a une dame juste

devant la scène avec un rire particulier qui déclenche l'hilarité des autres spectateurs, c'est toujours un plus, il faudra

réinviter cette spectatrice, c'est une précieuse auxiliaire ! Cher Christophe, je préconise la chanson, puisque vous

avez une belle voix, que vous chantez bien, que vous jouez du piano, que vous avez un acolyte avec une

chemise fripée, certes, mais qui a une si bonne tête, et il joue de la guitare. Ecrivez des textes satiriques

pas trop hard (le monde entier ne vous en veut pas, je vous l'assure!) sur des airs de chansons connues,

chantez les avec votre compère guitariste, vous aurez un succès assuré. Signé : une choriste qui ne

partage pas tout votre humour, mais qui a apprécié une partie de votre spectacle.

 

Le Palais des Glaces à la sortie du spectacle

Le Palais des Glaces à la sortie du spectacle

Chose promise... je vais passer un petit moment de recueillement sur le mémorial de la Place de la

République en sortant. Le Fluctuat nec mergitur tout neuf surmonte le dallage de la place, brillant d'une fine pluie.

La devise de Paris sur la place de la République

La devise de Paris sur la place de la République

Les petits témoignages et soutiens multicolores forment une fresque touchante, éclairée par les bougies dont

beaucoup se sont éteintes. Y a t'il quelqu'un qui rallume les bougies quand elles s'éteignent ? Garder la flamme...

Je prends des photos de loin, de près, horizontales, verticales, j'essaie de capturer l'esprit du lieu.

Finalement, j'ai choisi de mettre en ligne celle qui dit « même pas peur ! » parce que c'est la réponse la plus digne,

faussement gamine et un peu fiérote, mais finalement très française.

 

Sylvie, blogmestre

Le mémorial aux victimes des attentats, place de la République

Le mémorial aux victimes des attentats, place de la République

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13 janvier 2016 3 13 /01 /janvier /2016 10:56

Je suis allée hier soir entendre un jeune soliste russe, Alexander Vinogarov, dans des airs de basse très

graves au Théâtre des Champs Elysées, enfin, c'est ce que j'avais compris en lisant le résumé du concert.

Mais il y avait beaucoup plus : un orchestre de chambre, un jeune choeur, et un programme

de compositeurs français, sous la baguette de Nathalie Stutzmann.

Billet de premier balcon

Billet de premier balcon

J'étais bien placée, au premier balcon, mais le fus encore mieux en descendant d'une rangée

après la sonnerie, les places du premier rang devant nous étant inoccupées.

 

Le théâtre des Champs Elysées

Le théâtre des Champs Elysées

On nous avait distribué un programme très détaillé, que j'étudiai avant le début du concert. La première

partie était une petite symphonie de Francis Poulenc, une Sinfonietta, jouée par l'orchestre de chambre

de Paris. Je connais davantage de Poulenc ses œuvres vocales, notamment le Gloria et les Chansons,

que sa musique instrumentale. L'oeuvre , de 1947, m'était inconnue. Elle fut interprétée avec brio par

l'orchestre, et je remarquai la direction précise et énergique de Nathalie Stutzmann, en me félicitant

de voir de temps en temps une femme à la baguette... Il y eut un entracte, puis le Jeune choeur de Paris

entra en scène derrière l'orchestre. Composé d'une cinquantaine d'étudiants en musique du Conservatoire

à rayonnement régional, le choeur chanta, de Georges Bizet, des extraits des opéras Carmen et

Les pêcheurs de perles. Puis Alexander Vinogradov chanta des extraits du Faust de Charles Gounod, il fut

rejoint par le choeur sur des extraits de la Damnation de Faust de Hector Berlioz, et le concert s'acheva

sur des extraits de Carmen avec soliste et choeur, dont l'air très populaire du toréador, qui emporta

l'enthousiasme et les applaudissements du public. J'ai particulièrement apprécié l'interprétation de l'orchestre

et la direction très sûre de Nathalie Stutzmann, dont ma voisine de soirée m'avait dit être l'amie. J'en ai profité

pour lui glisser que ce serait une bonne idée de donner tous les choeurs de Carmen en concert...

Alexander Vinogradov et Nathalie Stutzmann

Alexander Vinogradov et Nathalie Stutzmann

Le choeur avait pour directeur Henri Chalet, déjà rencontré sur ce blog, qui fit une brève apparition

à la fin du concert. Les sopranes du choeur furent brillantes dans Carmen, avec, sauf erreur de ma part,

un contre-ut dans la dernière pièce. Les choristes masculins furent excellents dans la Damnation de Faust,

en contrepoint du soliste. Le programme que l'on nous a distribué contenait les paroles des choeurs, j'en profite

pour vous citer la « puce gentille » adoptée par un prince, chantée par le Méphistophélès de Berlioz, une métaphore

sociale : « l'insecte, plein de joie, dès qu'il se vit paré d'or, de velours, de soie, et de croix décoré, fit venir de province

ses frères et ses sœurs, qui par ordre du prince, devinrent grands seigneurs, mais ce qui fut bien pire, c'est que les

gens de cour, sans en oser rien dire, se grattaient tout le jour. » Jolie écriture caustique, Berlioz !

L'orchestre de chambre de Paris et le jeune choeur de Paris

L'orchestre de chambre de Paris et le jeune choeur de Paris

Comme le résume le titre de cet article, ce fut un concert composite. Il m'a semble que les extraits de Carmen,

superbement interprétés, furent les favoris du public. Une version de concert de l'opéra de Bizet

est-elle envisageable? Il faudra prévoir de multiples programmations...

 

Sylvie, blogmestre

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10 janvier 2016 7 10 /01 /janvier /2016 14:26

Cet article de blog relève de ma vie privée, mais je suis tenue de rendre compte de mon activité, je prie tous les lecteurs

de m'en excuser, vous pouvez zapper si le coeur ne vous en dit pas. Nous ne chanterons pas cette année le Confiteor

de la messe en si mineur de Bach, ce lego musical à cinq voix difficile à monter, mais si gratifiant à chanter...

Ce titre fait référence à ma petite rémission personnelle du dimanche matin et jours carillonnés. Je vais être brève.

J'étais partie d'Arcueil à 9h 23. J'ai acheté deux carnets de tickets à la station Saint-Michel-Notre Dame, un

à mon arrivée à 9h48, un autre à mon retour à 11h35. Me voici parée en tickets pour au moins dix jours...

Ticket aller validé, reçus d'achats de tickets de RER
Ticket aller validé, reçus d'achats de tickets de RER
Ticket aller validé, reçus d'achats de tickets de RER

Ticket aller validé, reçus d'achats de tickets de RER

Le portail de Notre-Dame de Paris, au matin du 10 janvier 2016

Le portail de Notre-Dame de Paris, au matin du 10 janvier 2016

La fête du jour était le baptême de Jésus par Jean le Baptiste. La messe choisie était la messe grégorienne,

où je progresse dans le déchiffrage des partitions. Enfin, certaines résistent un peu quand même...

Exemple de partition résistante au déchiffrage
Exemple de partition résistante au déchiffrage

Exemple de partition résistante au déchiffrage

La célébration est strictement à caractère personnel. On nous rappelle à la fin que la Maîtrise de la

cathédrale recrute des enfants de 6 à 15 ans, pour les former. Dans la feuille d'événements, je lis que

l'Ordre de Malte recherche des bénévoles pour servir des petits-déjeuners aux sans abris le dimanche matin. On nous incite

à admirer les tapisseries de Dom Robert pendant qu'elles sont là, c'est-à-dire jusqu'au 2 février (ce sont les grandes

tapisseries déjà mentionnées dans ce blog, que je vais voir de plus près, ainsi que leurs notices explicatives).  On en voit

une de biais à droite, sur la petite vidéo ci-dessous de l'orgue à la sortie de la célébration.

 

 

Voici la tapisserie de l'agneau pascal (en haut à gauche), tissée à Aubusson.

Tapisserie de haute lice, Dom Robert, visible dans la nef de Notre-Dame

Tapisserie de haute lice, Dom Robert, visible dans la nef de Notre-Dame

La notice de la tapisserie fait état des taches rouges des coquelicots. En peinture, il faut toujours un peu de rouge, pour fixer la

valeur des autres couleurs. Rouge est la couleur du feu. Eau baptismale, baptême du feu, convergence des extrêmes.

Sylvie, blogmestre

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9 janvier 2016 6 09 /01 /janvier /2016 19:08

Ce matin, j'ai participé à un "concert en famille" dans la grande salle de la Philharmonie de Paris, destiné

aux auditeurs « à partir de 6 ans ». Il y avait des enfants, des parents, des grands parents, et des adultes

non accompagnés comme moi, allant entendre les Quatre saisons d'Antonio Vivaldi décortiquées et

expliquées à tous par le menu. Devant moi, sur l'escalier mécanique qui montait à l'assaut de la façade de l'immense

salle de concert, un petit garçon serrait un gros perroquet multicolore en tissu, venu, lui aussi, se cultiver en famille.

 

Billet pour une famille élargie

Billet pour une famille élargie

J'étais au premier rang sur le côté de la scène, très bien placée. Il y avait beaucoup d'auditeurs, jusque

sur les seconds balcons, mais pas dans l'arrière scène, car des photos de tableaux y étaient projetées

derrière l'ensemble instrumental pour accompagner la musique. Il y eut quatre scènes vénitiennes, provenant

du Louvre et du Grand Palais, et quatre saisons, dont une de Fragonard, provenant du Louvre, du Petit Palais

et du Musée de Grenoble, ces peintures datant du XVIIIè siècle, contemporaines du compositeur.

La grande salle de la Philharmonie bien remplie

La grande salle de la Philharmonie bien remplie

L'ensemble Gli incogniti interprétait les Quatre saisons, avec Amandine Beyer au violon solo.

L'orchestre comptait douze musiciens et douze instruments à cordes : sept violons, un alto, un violoncelle,

une contrebasse, un théorbe, et un clavecin. Le récitant, François Castang, racontait les scènes

décrites par Vivaldi dans ses phrases musicales. En guise d'introduction, Amandine Beyer nous joua

un gazouillis de violon obtenu en plaçant les doigts de la main gauche très loin dans les aigus sur le

manche de l'instrument. Puis, ce fut le Printemps... Sur le livret distribué à l'entrée de la salle, on apprenait

que l'oeuvre que nous connaissons est un regroupement de quatre concertos distincts, pour lesquels Vivaldi

avait aussi écrit des sonnets, dont les sujets et leur évocation musicale nous seront détaillés pas à pas,

par le récitant d'abord, par l'ensemble instrumental ensuite. Amandine Beyer, en bustier orange,

était impressionnante de virtuosité, et l'ensemble était excellent. Le concert commenté a duré un peu plus

d'une heure. Les enfants ont été très sages, attentifs. Bissé, l'ensemble nous a interprété à nouveau la

partie de l'Hiver qui correspond à la douceur du foyer bien au chaud, quand la froidure sévit dehors.

Cette explication musicale était très intéressante, elle nous éclairait sur les intentions du compositeur,

et sur la manière dont il s'y était pris pour les transcrire en musique. Et nous avions un extraordinaire

ensemble pour matérialiser superbement les intentions musicales du signor Antonio.

L'ensemble instrumental Gli incogniti, dont Amandine Beyer

L'ensemble instrumental Gli incogniti, dont Amandine Beyer

Personnellement, j'aurais adoré que l'ensemble file l'oeuvre après les explications, afin de reconnaître par moi même ce que

l'on venait de nous expliquer, mais ç'aurait été trop long pour les enfants. Il ne restait plus qu'à le faire en devoir à la maison !

Nous sommes ressortis au grand air après beaucoup d'applaudissements, et de rappels.

J'ai bien aimé cette formule didactique qui réunit les jeunes auditeurs et les mélomanes plus aguerris.

Mélanger les publics quand c'est possible est toujours une source de cohésion sociale,

outre l'épanouissement artistique. Bravo la Philharmonie !

 

Sylvie, blogmestre

 

 

Les jeunes mélomanes à la sortie du concert

Les jeunes mélomanes à la sortie du concert

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8 janvier 2016 5 08 /01 /janvier /2016 14:45

Il y avait foule hier soir pour le concert de la rentrée de l'Orchestre National de France au

grand auditorium de la Maison de la radio. Vigipirate oblige, une très longue file d'attente s'était

formée devant le bâtiment, qui se prolongeait loin dans la rue.

La file d'attente dans la rue, avec Tour Eiffel en fond

La file d'attente dans la rue, avec Tour Eiffel en fond

Heureusement, on avançait assez vite, et bientôt j'arrivai en vue de l'entrée, où un vigile demandait

à la ronde que nous ouvrions nos manteaux avant notre passage, pour gagner du temps.

 

La file d'attente devant le bätiment de la Maison de la radio

La file d'attente devant le bätiment de la Maison de la radio

Une fois à l'intérieur, il y avait encore le contrôle des sacs, et l'on nous souhaita une bonne soirée,

et un bon concert. Il ne restait plus qu'à faire contrôler le billet et grimper au deuxième balcon,

puis à trouver ma place. J'eus même un programme, une chance inattendue.

Billet très haut perché

Billet très haut perché

Le grand auditorium était très plein, j'avais une vue plongeante sur l'orchestre, entre les barres de protection.

Le grand auditorium vu de ma place

Le grand auditorium vu de ma place

Le programme était composé d'un poème symphonique de Camille Saint-Saëns, d'un concerto de

Henri Dutilleux, et d'une symphonie de Johannes Brahms, interprétés par l'Orchestre national de France,

sous la direction d'Andrès Orozco-Estrada, jeune chef colombien très talentueux. Avant le concert, on nous a

rappelé que 2016 est l'année du centenaire de Dutilleux, et que l'Orchestre National de France a perdu l'un de ses anciens

chefs, en la personne de Kurt Masur, décédé en décembre dernier, à la mémoire de qui ce concert était donc dédié.

 

Le poème symphonique de Saint-Saëns, intitulé Phaéton, évoquait l'histoire du fils d'Hélios racontée par

Ovide, qui était allé voir son père et avait demandé à conduire le char du dieu Soleil. Celui-ci tenta de l'en

dissuader mais n'y parvint pas, et voici Phaéton lancé dans une course folle, le char lui échappa et brûla

la Terre, créant des déserts... Zeus n'eut d'autre alternative que de foudroyer le mauvais conducteur.

J'aime la mythologie ! En dix minutes, Saint-Saëns évoquait toute l'histoire avec élégance et puissance,

c'était une très jolie œuvre. Plus déroutant était le concerto de Dutilleux, intitulé « Tout un monde lointain... »,

avec une évocation de Charles Baudelaire. La partie de violoncelle était interprétée par Gautier Capuçon,

sur un violoncelle de 1701... Le concerto comportait cinq mouvements enchaînés, intitulés « Enigme »,

« Regard », « Houle », « Miroirs », et « Hymne », qui s'avérèrent assez figuratifs pour l'ignorante que je suis

en matière de musique contemporaine. C'est un concerto intéressant à écouter et à voir en même temps

car les réponses que se font les instruments sont un spectacle à elles seules. Le concerto, comme

le poème qui le précédait, fut très applaudi, Gautier Capuçon fut rappelé plusieurs fois

et nous offrit en bis un morceau gracieux et un peu mélancolique, au titre inconnu.

 

Gautier Capuçon et son violoncelle de 1701

Gautier Capuçon et son violoncelle de 1701

A l'entracte, je sortis de l'auditorium, et allai regarder les panneaux d'une petite exposition

à la mémoire de Henri Dutilleux, qui est à l'étage du premier balcon.

 

Dédicace de Henri Dutilleux à l'Orchestre national de France

Dédicace de Henri Dutilleux à l'Orchestre national de France

Le chef Andrès Orozco-Estrada va révéler pleinement son talent dans la symphonie n°1 de Brahms.

Il dirigeait avec beaucoup de mouvements, nerveux, précis, signalant qu'il fallait le regarder, remerciant

d'un sourire, énergique et gracieux, il se donnait à fond. Il a commencé la symphonie d'une manière extraordinaire:

il est monté sur l'estrade, a écarté les bras paumes levées, et dans le même mouvement a donné le départ (aucun choriste

amateur ne serait parti sur un tel départ, mais l'ONF l'a suivi comme un seul homme!) La première symphonie de

Brahms est une oeuvre classique en quatre mouvements dont les deux derniers sont particulièrement

lyriques. Mais la salle était si enthousiaste qu'elle applaudissait après chaque mouvement! (je n'avais encore

jamais vu ça en ce lieu...) Le chef a écourté au minimum la pause entre les troisième et quatrième mouvements,

et terminé sa symphonie en apothéose. Il a salué, remercié, fait lever les musiciens, j'ai eu beaucoup de mal

à le photographier, car il a des mouvements vifs, et je devais viser entre les deux barres (détail prosaïque, pardon!)

 

 

L'orchestre national de France, et le jeune chef colombien Andrès Orozco-Estrada
L'orchestre national de France, et le jeune chef colombien Andrès Orozco-Estrada

L'orchestre national de France, et le jeune chef colombien Andrès Orozco-Estrada

Après de nombreux applaudissements et rappels, le public s'est décidé à rentrer chez lui. A la sortie, il y avait des

policiers avec des gilets pare-balles, il s'était passé quelque chose à l'extérieur. Retour brutal à la vie courante

de ce début de XXIè siècle, ils nous ont souri et que nous les avons remerciés d'un sourire d'être là...

Sylvie, blogmestre

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7 janvier 2016 4 07 /01 /janvier /2016 15:50

« Je viens de débarquer, mettez vos faux cheveux, cocottes ! Paris, Paris, Paris ! J'apporte à vos quenottes,

toute une fortune à croquer... » Mais oui, bien sûr... c'est l'air du Brésilien dans la Vie parisienne de

Jacques Offenbach. Il y a Vie parisienne actuellement à la salle Gaveau, jouée et chantée par

l'association « Les Tréteaux lyriques », qu'on se le dise. J'avais une place de catégorie 4 pour la

représentation d'hier soir, c'était tout ce qu'il restait, jusqu'à la fin de la programmation du spectacle.

Billet pour une soirée de gaîté parisienne

Billet pour une soirée de gaîté parisienne

Je me dis que si je ne voyais rien, il y aurait toujours la musique. Et que si j'avais de la chance, il y aurait

des absences qui permettraient de mieux se placer, ce qui arriva. Je migrai de la place du pourtour à une

place près de la scène d'où l'on avait une bonne vue juste avant le début du spectacle.

La scène à l'entracte vue de ma nouvelle place

La scène à l'entracte vue de ma nouvelle place

La troupe Les Tréteaux lyriques est composée d'une quarantaine de choristes amateurs, parmi lesquels

certains sont solistes avec bonheur (cependant, il serait peut-être intéressant de les micro-sonoriser comme dans

lescomédies musicales, ils auraient moins d'effort physique à fournir pour que leur voix passe par-dessus l'orchestre).

L'association a été créée en 1968, la troupe monte un nouveau spectacle d'opéra-comique, ou opérette,

tous les deux ans. L'orchestre est professionnel, de dimension modulable, dirigé par Laurent Goossaert.

 

L'histoire, pour ceux qui ne la connaîtraient pas : deux gandins, Bobinet et Gardefeu, courtisent la même

demi-mondaine, Métella. Econduit, Gardefeu s'intéresse à un couple d'aristocrates Suédois en voyage à

Paris, qu'il héberge chez lui en prétendant qu'il s'agit d'un petit hôtel, cherchant à éloigner le baron

de Gondremark pour séduire la baronne. Il organise une table d'hôtes avec des convives improvisés,

sa gantière, son bottier, et leurs amis,déguisés en fausses personnes de qualité. Bobinet, réconcilié,

en fait de même le lendemain avec ses domestiques. Après l'ivresse de la soirée, le baron comprend

qu'il a été roulé, et provoque Gardefeu en duel. Finalement, tout s'arrange, Métella réunit le

couple de Suédois, et la joyeuse troupe fait la fête au bal du Brésilien (céloui-là même

qui avait toute oune fortoune à croquer), French cancan et farandoles concluent l'opérette.

 

Quand l'orchestre a joué l'introduction, les spectateurs des premiers rangs, que je voyais de ma place,

ont tous souri, dès les premières mesures. C'est une musique joyeuse, entraînante, on a envie de

taper dans ses mains et de chanter toute la soirée. Le texte est drôle, humoristique. Les chanteurs sont

de tous âges, ce qui permet tous les rôles. L'orchestre est parfait. L'espace est utilisé intelligemment

(y compris les loges qui donnent au-dessus de la scène), même dans une salle qui n'est pas conçue pour le jeu

d'acteurs. La mise en scène est sobre mais suffisante, les costumes sont de complexité variée, les solistes

ayant évidemment les costumes les plus raffinés (la robe de la gantière a fait mon admiration...de taffetas vert

avec de petites roses, sur tournure, de mémoire). Le spectacle dure 2h et demie, avec un quart d'heure d'entracte,

je salue la performance physique, chanter et danser en même temps, c'est fatigant ! Je salue aussi

l'excellente tenue de ce spectacle d'amateurs soutenus pas des musiciens professionnels, qui

permet au public de voir et d'entendre des oeuvres populaires dans des conditions accessibles à tous.

Il y a encore plusieurs représentations, je conseille aux amateurs d'Offenbach de tenter leur chance,

le spectacle vaut le déplacement, c'est une soirée de pur bonheur. Ci-dessous, une photo de la fin du bis :

 

 

La troupe salue à la fin du bis

La troupe salue à la fin du bis

Signalons que l'association Les Tréteaux lyriques aide trois associations d'entraide, et recrute pour la rentrée

de septembre 2016, les précisions sont sur leur site. La sortie de la salle Gaveau fut joyeusement malaisée,

la salle était pleine, et les groupes s'arrêtaient pour échanger leurs impressions avec enthousiasme...

 

Sylvie, blogmestre

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6 janvier 2016 3 06 /01 /janvier /2016 09:54

Voici une vidéo trouvée sur le site de l'Opéra de Paris qui raconte le périple d'une pièce essentielle

d'un spectacle à travers les rues de Paris, jusqu'au Palais Garnier, pour vous faire sourire...

 

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3 janvier 2016 7 03 /01 /janvier /2016 22:12

Dans les crèches provençales, il y a les rois mages. Ils arrivent de loin, on les met hors de la vue pendant Noël, et on les

rapproche peu à peu de l'étable et du nouveau-né. Gaspard, Melchior, et Balthazar, portant l'or, l'encens et la myrrhe,

enturbannés comme sur les gravures anciennes, trois souverains astronomes qui avaient vu une étoile inhabituelle dans

le ciel de Galilée, et qui l'ont suivie. On est là aux confins de la philosophie et du merveilleux. Comment peut-on

suivre une étoile quand on n'est pas le Petit Prince de Saint-Exupéry ? J'allai en quête de réponses.

En gare du RER à 9h37

En gare du RER à 9h37

Le dispositif de contrôle avait perdu de l'ampleur, sur le parvis de la cathédrale, ce matin, par rapport

à la semaine dernière. J'étais en retard pour la célébration de l'Epiphanie de 10h, il y a moins de RER les jours fériés...

Liturgie du jour, en-tête

Liturgie du jour, en-tête

Je me demandais comment on pourrait expliquer, avec nos connaissances actuelles, cette apparition

d'étoile... Après quelques recherches, a posteriori, une hypothèse me parut intéressante, celle d'une

conjonction planétaire, c'est à dire deux planètes que depuis la Terre nous voyons provisoirement

juxtaposées, et qui semblent n'être qu'une, plus brillante. Une conjonction Vénus-Jupiter aurait existé à

une période compatible avec la marche des rois mages vers l'étable de Bethléem. Je ne me lancerai pas

sur le terrain du symbolisme Vénus-Jupiter, ni sur celui de l'homonymie entre le nom de la province où est

Bethléem, et celui de l'astronome qui baptisait les planètes... La célébration, grégorienne, me fit du bien,

il y a un apaisement dans les rituels, j'avais un grand besoin de sérénité, et la cathédrale me rend sereine.

 

Notre-Dame de Paris, au matin de l'Epiphanie 2016

Notre-Dame de Paris, au matin de l'Epiphanie 2016

Je décidai de rester pour la célébration suivante, la grand-messe, qui comportait une Missa brevis de Mozart

chantée par la Maîtrise de la cathédrale, qui recrute des enfants entre 6 et 15 ans, si vous êtes intéressés.

Pendant le quart d'heure entre les deux offices, j'allai déposer un feuillet de commentaires rempli sur le concert

du 28 décembre à l'accueil, et trouvai une petite Nativité en reproduction de vitrail

pour fenêtre à envoyer à mes amis baptistes américains, en souvenir de Notre-Dame de Paris.

Un vitrail accroche-fenêtre qui tient dans une enveloppe
Un vitrail accroche-fenêtre qui tient dans une enveloppe

Un vitrail accroche-fenêtre qui tient dans une enveloppe

La deuxième célébration comportait aussi « De bon matin », la marche des rois mages, qui date du XVIIIè siècle.

La quête fut faite au profit du financement des églises africaines, et la célébration se conclut par un tonnerre

d'orgue, dont j'ai filmé un petit extrait, tournée vers l'orgue, puis vers la nef. J'étais devenue totalement zen !

 

 

En sortant de la cathédrale, j'ai cherché un distributeur, en me dirigeant vers Saint-Michel, c'est la même station de RER.

Il fallut aller jusqu'au boulevard via les rues Saint Jacques et Saint Séverin, mais je finis par en trouver un!

 

...quelques courses à faire...

...quelques courses à faire...

Finalement, je préférais reprendre le RER près de l'Hôtel-Dieu et refis le chemin en surface dans l'autre sens.

A mon passage, Notre-Dame sonna une heure. Je rentrai chez moi juste avant la pluie.

 

 

Sylvie, blogmestre

 

 

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2 janvier 2016 6 02 /01 /janvier /2016 10:58

Il y avait hier un concert de Nouvel-An en l'église Saint-Eustache, proposant plusieurs pièces pour orgue et

trompettes, je décidai d'y aller car j'aime beaucoup les trompettes sous les voûtes des églises. Le programme

comportait un concerto pour deux trompettes de Vivaldi, des pièces pour orgue seul : Toccata de Bach

et Marche hongroise de Berlioz (extraite de la Damnation de Faust), des extraits de Water Music de Haendel.

Premier billet de concert 2016!

Premier billet de concert 2016!

J'ai souvent fréquenté Saint-Eustache, à l'époque où je travaillais sur le site internet de Jean-Pierre Léaud (déposé, mais

jamais mis en ligne, il avait changé d'avis), car j'allais voir sa filmographie au Forum des images, qui est juste à côté,

où l'on peut visionner des milliers de films sur écran individuel. Compte tenu de la filmographie en question

(incluant Jean Eustache), le rapprochement géographique avec l'église des Halles était une coïncidence sympathique.

Saint-Eustache était une connaissance de longue date que j'avais un peu délaissée, et que j'avais plaisir à revoir.

 

L'église a été construite au XVIè siècle, et achevée au XVIIè. Elle est massive et fine à la fois, les voûtes

sont très hautes. Elle comporte une nef centrale, avec un orgue au fond, suspendu en hauteur, et des

chapelles latérales disposées autour d'un déambulatoire. On y voit d'anciens piliers peints. L'orgue a été

reconstruit en 1989, l'original datait du XIXè siècle, et avait subi de multiples restaurations.

Pour des raisons d'hypersensibilité acoustique, je ne fréquente pas beaucoup les orgues, mais ici,

la présence des trompettes obligerait l'instrument à modérer sa puissance.

Saint-Eustache, le grand orgue

Saint-Eustache, le grand orgue

L'assistance s'était assise en cercle autour de l'autel, dans une position où l'orgue et les trompettes

étaient invisibles. C'était confortable, mais visuellement peu satisfaisant, je me suis déplacée vers un point

de vision un peu plus favorable, sur le côté arrière de l'église. Les musiciens jouèrent le concerto pour

deux trompettes d'Antonio Vivaldi, une fugue très plaisante, puis l'orgue seul joua une fugue de Bach, et

la Toccata (œuvre redoutable pour les tympans sensibles...), saluée de longs applaudissements. En revanche,

j'ai beaucoup aimé la Marche hongroise de Hector Berlioz, interprétée à l'orgue seul, légère et enlevée,

dansante, jouée avec beaucoup de brio par François Olivier. Puis il y eut Water Music, cette suite de

petites scènes musicales composée par Georg Friedrich Haendel pour le roi d'Angleterre George Ier, qui fut créée

en bateau sur la Tamise, en 1717. (A douze ans, j'avais une passion pour cette œuvre, que je jouais d'oreille à la flûte,

et qui me fut demandée plus tard pour accompagner un mariage mixte franco-africain sur le campus universitaire, par

des copains camerounais enthousiastes... le quart d'heure de gloire !) Water music est une œuvre gracieuse, joyeuse

et émouvante, un vestige du Grand siècle, la musique de cour élégante d'une époque qui se termine.

Elle était interprétée au concert par les deux trompettes et l'orgue, j'en ai enregistré deux extraits ci-dessous,

avec aux trompettes Pierrick Chevalier, et Frédéric Flammery. Les applaudissements furent nourris et

bien mérités, et il y eut un bis : l'introduction du Te Deum de Marc-Antoine Charpentier,

dont un extrait termine ce petit montage vidéo.

 

 

Je pris encore quelques photos de Saint-Eustache, entendis un monsieur regretter que les œuvres musicales ne

soient pas présentées avant leur exécution, puis rentrai chez moi, repassant devant le Forum des images, en me disant

qu'il faudrait y revenir, d'autant qu'il y a une rétrospective Woody Allen, mais n'en ayant hélas plus le temps...

 

Sylvie, blogmestre

Saint-Eustache, les piliers peints

Saint-Eustache, les piliers peints

Saint-Eustache, la chapelle de la Vierge

Saint-Eustache, la chapelle de la Vierge

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1 janvier 2016 5 01 /01 /janvier /2016 10:03

J'ai participé à un joli concert de fin d'année hier soir en l'église de la Madeleine, qui était remplie

d'auditeurs, et de touristes. Ambiance sympathique et recueillie, trois Ave Maria chantés par une soliste

soprane, de Schubert, Gounod, Caccini, accompagnée par l'orchestre Jean-Louis Petit, l'Ave verum corpus

et le Requiem de Mozart chantés par le choeur Amadeus et quelques choristes en renfort, dont j'étais,

et accompagné par l'orchestre. Merci à toutes et à tous pour votre gentillesse, et pour ce beau concert!

L'église de la Madeleine le 31 décembre 2015

L'église de la Madeleine le 31 décembre 2015

Je souhaite une bonne année à tous les lecteurs de ce blog, et rappelle à mes camarades

choristes des Choeurs de Paris 13 que nous reprenons les répétitions lundi soir.

Bonnes fêtes à tous, commencez cette année dans la joie, et qu'elle nous soit plus douce

et plus sereine que celle de nous avons enterrée hier. Carpe diem!

 

 

 

Sylvie, blogmestre

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