12 février 2016 5 12 /02 /février /2016 11:29

Il y a actuellement, et jusqu'au 14 février, à la Maison de la Radio, un festival de création musicale

italienne, Oggi Italia ! Cet événement est accessible en faisant l'acquisition d'un passe et en choisissant les

concerts auxquels l'on souhaite assister (si vous réservez en ligne, je vous conseille de choisir les concerts

d'abord, puis d'acheter le passe, que l'on vous imposera pour conclure la transaction).

Hier soir, j'assistai au concert n°8 du Festival, il s'agissait de musique contemporaine.

Billet pour l'Italie aujourd'hui!

Billet pour l'Italie aujourd'hui!

La population dans l'auditorium était regroupée au parterre et en corbeille, où je m'installai, du côté

des premiers violons. Le programme m'était complètement inconnu, c'était une soirée découverte.

Le concert commençait par une pièce de Marco Stroppa, intitulée « Metabolai », qui relevait de la

musique expérimentale, et des sons alternatifs que l'on peut obtenir à partir des instruments de musique.

Ainsi, nous vîmes deux hautboïstes utiliser leurs instruments sans l'anche, ce qui produit des bruits d'air,

puis faire claquer les clapets des-dits instruments sans souffler dedans (le bruit de clapet est un son dont on

se passerait volontiers, quand on joue d'un instrument à vent!), mais aussi un bel envol de timbales. Vint ensuite

une pièce plus articulée de Stefano Gervasoni, intitulée « Un leggero ritorno di cielo », pour 22 cordes.

Le compositeur qui était présent dans la salle nous parla de Bach qui avait inspiré son œuvre, et nous

chanta même quelques mesures de la cantate particulière où il avait puisé l'inspiration. Il parlait français

avec un charmant accent italien, et expliqua qu'il avait fait chuter la cantate. Les cordes jouèrent l'oeuvre

dans un registre aigu, avec effectivement une impression de chutes répétées, j'y ai aussi

décelé des expressions animales, chats et mouches, mais c'est peut-être mon imagination !

Le compositeur Stefano Gervasoni devant les violons

Le compositeur Stefano Gervasoni devant les violons

La troisième œuvre était encore plus construite, et s'appelait « Times like that », de Ivan Fedele, qui

était dans la salle et monta sur scène lui aussi. L'orchestre était au complet, avec une soliste soprano,

Valentina Coladonato, qui pouvait chanter très aigu super pianissimo, ce qui emporte toujours mon respect. Ivan Fedele

nous expliqua que l'oeuvre était pour soprano et orchestre, la partie de la soprano consistant en textes en

anglais de Lech Walesa, Barak Obama, et Aung San Suu Kyi. J'aime beaucoup celui-ci, du président Obama :

« It's easy to sing when times are good. But hard to sing in the face of taunts, and fear, and the constant threat of violence,

amidst the deafening silence of inaction. » La soprano était gracieuse et talentueuse et fut applaudie et rappelée.

La soprano Valentina Coladonato

La soprano Valentina Coladonato

Après l'entracte, nous écoutâmes la création mondiale d'une commande de Radio France à Alberto Colla,

intitulée « Sérénade sur la modulation des vents ». Le compositeur était dans la salle et monta lui aussi

sur scène, mais il ne parlait pas le français, et la présentatrice du concert ne parlait pas l'italien. Ce fut le chef d'orchestre,

Enrique Mazzola, de nationalité espagnole, dont on nous dit qu'il parlait très bien l'italien mais moins bien le français, qui

assura la traduction (avec brio). L'oeuvre revendique une écologie du son, un aspect psycho-acoustique,

et des solutions tantriques d'orchestration... C'était agréable, faisant par moments penser aux

tourbillons de l'eau dans Vltava de Smetana, avant la grande phase mélodique finale.

Le compositeur Alberto Colla devant les violons

Le compositeur Alberto Colla devant les violons

Les deux dernières œuvres du concert étaient de Bruno Maderna, la première s'intitulait « Serenata per

un satellite ». De fait, la partition, que nous montra Enrique Mazzola, décrivait une trajectoire erratique de portées sur

format A3, et n'était certainement pas une sérénade pour satellite géo-stationnaire ! Le chef d'orchestre nous expliqua

qu'il s'agissait d'un système aléatoire, et que la direction était improvisée, renouvelant l'oeuvre à chaque fois.

L'on apprit aussi que les indications de volume étaient « pianissimo à forte », donc nuances ad libitum.

La partie de flûte soliste fut interprétée par une flûtiste en robe longue de velours dévoré noir, que j'ai trouvée très jolie.

L'oeuvre était encore plus construite que les précédentes, le concert allait crescendo dans la construction,

comme nous pûmes le constater dans la dernière œuvre. Il s'agissait d'une deuxième œuvre de Bruno Maderna,

intitulée « Music of Gaiety », interprétée par les cordes en formation de taille moyenne, deux bassons

et trois hautbois, et un très beau duo de hautbois et violon. Surprise de taille, la musique de gaieté était

du type musique de chambre néo-baroque, donc parfaitement construite, mélodieuse, et respectant

toutes les règles de la musique classique ! Les bois jouaient le thème, qui était repris amplifié par

les cordes, avec des interventions du duo de solistes aux hautbois et violon.

Le duo de solistes et le chef d'orchestre

Le duo de solistes et le chef d'orchestre

J'ai pensé que cette musique néo-baroque avait pu inspirer un groupe italien de musique pop néo-classique qui a eu

un grand succès dans les années 80 en pratiquant les mêmes dialogues instrumentaux, Rondo Veneziano. L'oeuvre

de Maderna est néanmoins plus complexe. Nous avons été saisis par cette intrusion de musique mélodique

néo-classique en fin de concert, au point qu'Enrique Mazzola et l'orchestre ont dû attendre un peu les

applaudissements de la fin. Mais c'était très réussi ! J'ai été sensible à l'interprétation graduée d'oeuvres

déstructurées jusqu'à la structure très contraignante (mais habituelle pour les musiciens et le public) du

néo-baroque, il y avait autant d'attention et de précision dans tout le concert, structuré ou pas,

bravo à l'Orchestre national d'Ile-de-France et à son chef !

L'Orchestre national d'Ile-de-France et Enrique Mazzola

L'Orchestre national d'Ile-de-France et Enrique Mazzola

Et merci aux compositeurs qui sont venus nous présenter leurs oeuvres.

Sylvie, blogmestre

(qui a pris beaucoup de notes pour ne rien oublier...)

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11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 17:09

Inès, alto du Choeur Un, nous informe que le Conservatoire national supérieur d'art dramatique

propose trois représentations gratuites du Malade imaginaire de Molière, sur invitations, les 18, 19,

et 20 février, en soirée, et en après-midi le dimanche, avec les ballets de Marc-Antoine Charpentier!

 

 

Sous la direction d'Alain Zaepffel, que j'ai connu contre-ténor soliste dans...

le Te Deum de Charpentier, lors d'un Festival Europa cantat. C'est un spécialiste de Marc-Antoine!

Les représentations sont à la salle du Conservatoire, les réservations au 01 53 24 90 16.

 

Sylvie, blogmestre

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10 février 2016 3 10 /02 /février /2016 22:18

Aujourd'hui, mercredi 10 février, était le mercredi des Cendres, marquant le début du Carême pour les

chrétiens. Le Carême est une période de jeûne, de pénitence et d'ouverture aux autres. Le jeûne peut

être une notion élargie. Ainsi, certaines catégories de personnes, notamment les malades, sont dispensés

de se sous-alimenter, mais peuvent manger autrement, moins riche. Il s'agit de purifier le corps et l'esprit

en préparation pour Pâques. Je suis allée aujourd'hui à Notre-Dame pour la messe de 18h30.

Cendres

Arrivée en avance, j'ai fait un panoramique depuis le parvis (c'est le vent qu'on entend!)

 

 

Il y avait beaucoup de monde déjà placé, et la cathédrale s'est encore remplie après le début de la messe.

Nous avons reçu une feuille liturgique. Etant dispensée de jeûne, je n'avais plus participé à cette messe depuis très

longtemps. J'ai été surprise de l'affluence, le Carême était-il si populaire ? Malraux avait-il raison

en affirmant que le XXIè siècle serait religieux ou ne serait pas ?

 

 

Cendres

La cérémonie de l'imposition des Cendres fut instituée par le pape Grégoire Ier au VIè siècle, c'est un

symbole de mort. Les cendres bénies avec lesquelles le prêtre trace une croix au front des catholiques

proviennent, ai-je lu, de la combustion des Rameaux bénis de l'année précédente. Les Rameaux célèbrent

le point culminant de la vie sociale de Jésus. Le catholique qui reçoit l'imposition des cendres s'engage

activement dans le Carême. Le jeûne rappelle celui de Jésus dans le désert.

L'Evangile du jour, selon Matthieu, recommandait toute absence d'ostentation dans les bonnes actions,

et mettait en garde contre la tentation d'exploiter de la main gauche le bien que faisait la main droite

(dans les civilisations méditerranéennes, la main gauche est peu recommandable...) C'était une messe fervente.

Le chant était conduit par la Maîtrise d'adultes, en formation mixte. Il y eut une procession pour

l'imposition des Cendres et une autre pour la communion, nous sommes ressortis vers 19h40.

Il ne pleuvait plus, et les statues du portail devisaient dans la nuit.

Cendres

Dans le RER, en rentrant chez moi, j'ai croisé d'autres personnes portant une petite tache grise au front,

une communauté engagée dans le Carême avec un discret signe de reconnaissance.

 

Sylvie, blogmestre

 

Ci-dessous, l'achat des tickets de transport, portant l'heure d'arrivée à Saint-Michel Notre-Dame, et l'heure de retour.

 

Cendres
Cendres
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10 février 2016 3 10 /02 /février /2016 14:48

Il y avait hier soir un concert de musique médiévale et de chant grégorien en la cathédrale Notre-Dame,

composé d'extraits du livre vermeil de Montserrat et de cantiques à la Vierge provenant du monastère

royal de l'Escurial, que je suis allée écouter. Ce concert était interprété par la Maîtrise de Notre-Dame

de Paris, et l'ensemble vocal de Notre-Dame, sous la direction de Sylvain Dieudonné.

Billet pour concert intemporel

Billet pour concert intemporel

Le livre vermeil est une compilation datant de la fin du XIVè siècle, de chants qui étaient proposés aux

pélerins se rendant au monastère de Notre-Dame de Montserrat, en Catalogne. L'idée était que les pélerins

avaient envie et besoin de chanter, et de danser. On leur proposait donc des compositions musicales dont les paroles

étaient convenables, à la gloire de Marie, et des musiques de complexité variée, avec la possibilité de chanter en canon, et

de danser sur ces musiques. L'ensemble de ces chants était regroupé dans un livre, qui était couvert

de rouge au XIXè siècle, d'où le nom Llibre vermell.

O Virgo splendens

O Virgo splendens

Je reproduis un extrait explicite de la traduction du texte original, provenant du livret : « Lorsqu'ils veillent dans l'église de

Notre-Dame de Montserrat, les pélerins veulent parfois chanter et danser […] En ce lieu, ils ne doivent que chansons

honnêtes et dévotes […] il faut les exécuter avec honnêteté et sobriété, de manière à ne pas déranger l'assistance dans

ses prières, et les pieux dans leurs contemplations, chacun doit veiller à se tenir correctement et à se disposer dévotement. »

De nos jours, les pélerinages, de Chartres, Lourdes, ou ailleurs, ont aussi leurs chants dédiés servant à fédérer et à

s'exprimer en musique, tout en entretenant les pélerins dans une attitude propice au respect, et à l'élévation spirituelle.

 

En feuilletant le livret du concert, qui contenait les textes des œuvres chantées, et leurs traductions en

français et en anglais, j'ai constaté que ces textes étaient écrits en latin, en espagnol ancien, ou en

catalan médiéval, et conclu que les jeunes interprètes avaient du mérite de chanter ces textes difficiles !

Les enfants et jeunes de la Maîtrise, en chasuble bleue, s'installèrent en arc-de-cercle à la gauche du

transept, et commencèrent à chanter de là le canon O Virgo splendens, pendant que les musiciens et les

solistes de l'ensemble vocal, vêtus de noir, s'installaient sur les marches devant l'autel. Puis les enfants et

le jeune ensemble se mirent en marche pour gagner leur place derrière les adultes. Le concert se déroula

ensuite dans la même disposition, alternant les canons et les chansons dont les couplets étaient

chantés par un ou deux solistes, et dont les enfants chantaient les refrains.

 

 

Il y avait des enfants solistes, mais je n'ai filmé que des adultes solistes, de l'ensemble vocal de Notre-Dame, pour

des questions de droit à l'image. Cependant, ces enfants solistes avaient une très jolie voix, et je leur souhaite

une belle destinée dans le chant. Il y avait de très jeunes enfants, qui chantaient avec autant d'entrain

que les grands, plus aguerris. Les chanteurs étaient accompagnés par les instruments de l'ensemble vocal, il

y avait une harpe, deux vièles, des percussions, un luth, des flûtes, et une cornemuse (mention spéciale à

Solène Riot qui a joué avec beaucoup d'aisance d'une demi-douzaine d'instruments différents, dont l'épuisante cornemuse!)

 

 

Les deux solistes de l'ensemble vocal étaient Cécile Dalmon, soprane, et Raphaël Mas, contre-ténor.

Les pièces rythmées, très agréables à écouter, se sont enchaînées les unes aux autres. Habituellement,

les concerts de musique médiévale de la cathédrale ne sont pas entrecoupés par des applaudissements (qui perturbent

l'oreille des chanteurs et des instrumentistes), mais eu égard à la présence des enfants, qui avaient besoin d'être informés

de la satisfaction du public, et de l'appréciation positive que nous faisions de leur travail, nous avons rapidement

applaudi après chaque pièce. J'ai noté que les enfants solistes avaient bénéficié d'un soutien supplémentaire

du public, comme une prime au courage, bien méritée.

 

 

Le concert était joyeux, et très agréable, exécuté avec beaucoup de soin, dans le cadre somptueux

et irremplaçable de la cathédrale. C'était une belle soirée, mes félicitations à toutes et à tous!

 

Sylvie, blogmestre

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9 février 2016 2 09 /02 /février /2016 17:03

Un petit exercice de prononciation rythmée d'un extrait du Credo de la Messe en ut mineur,

immortalisé hier soir en répétition. Voici la partition ci-dessous,

Rythmique mozartienne

et voici ce que ça donne avec le son et l'image

 

 

Elles ont demandé un droit de réponse et se sont réclamées du droit à l'image...

(l'exercice était à cinq voix, mais je n'ai pu filmer que le pupitre le plus proche de moi).

Sylvie (non, pas de tomates!)

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8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 11:10

Hier après-midi, j'ai vu le film muet Le Fantôme de l'Opéra de Rupert Julian

à la Philharmonie, en ciné-concert.

Billet de parterre

Billet de parterre

Il s'agissait d'un spectacle en famille, et l'audience était composée de grands et de petits spectateurs,

lettrés nécessairement, à cause des intertitres. Il y avait quand même majoritairement des adultes.

 

Les spectateurs arrivent au ciné-concert

Les spectateurs arrivent au ciné-concert

J'étais placée au premier rang du parterre, c'est la première fois depuis que je fréquente la Philharmonie que

je suis au parterre. Le dispositif était le suivant : un très grand écran à l'arrière de la scène, pas de spectateurs

devant, évidemment, et sur la scène, une console d'orgue. Mes voisins de rangée s'allongèrent sur leur siège pour ne

pas avoir mal à la nuque à regarder en l'air. J'en fis autant, c'était très confortable quoique un peu incongru pour le lieu.

 

Le grand écran au fond de la grande salle, et la console de l'orgue

Le grand écran au fond de la grande salle, et la console de l'orgue

Le Fantôme de l'Opéra est l'adaptation du livre homonyme de Gaston Leroux, de 1910, et son action

se déroule à l'Opéra Garnier, au début du XXè siècle . Il s'agit d'un film d'horreur muet,

interprété principalement par Mary Philbin et Lon Chaney. Pendant la projection, le film

était accompagné musicalement par une improvisation somptueuse de Thierry Escaich à l'orgue.

 

Le Fantôme de l'Opéra a connu des adaptations multiples, plus ou moins réussies. Celle-ci est réputée

la plus fidèle au roman de Gaston Leroux. Elle a été tournée par un réalisateur américain, avec des

acteurs américains, mais certaines scènes sont presque documentaires. Ainsi il est très amusant de voir

s'animer le Palais Garnier à la Belle Epoque, avec ses spectateurs en hauts-de-forme, queues de pie, ou

crinolines, ses ballerines en tutu, ses machinistes... D'autres scènes situées à Paris ont manifestement été

tournées en studio, peut-être à partir de décors élaborés précédemment pour Notre-Dame de Paris, où le même

Lon Chaney jouait  Quasimodo. En effet, on aperçoit en plan court quelques bâtisses qui n'ont rien de haussmannien,

et les portes de la cathédrale ne sont pas celles de l'époque considérée. Le sixième sous-sol de l'Opéra avec lac

souterrain, qui aurait été une chambre de torture pendant la deuxième révolution (1848) laisse perplexe...

Une chambre des tortures secrète au XIXè siècle? Une improbable remontée de la nappe phréatique, affleurant très

en-dessous du niveau de la Seine, et vidangeable de surcroît ? (c'est-à-dire que l'eau s'écoulerait encore plus bas, mais

vers où?)  Très peu crédible, Leroux n'aurait pas validé un examen d'histoire ou de mécanique des fluides, à mon avis.

 

L'intrigue est la suivante : l'Opéra est vendu avec, dans sa loge 5, une créature nommée le Fantôme, qui

porte un masque. La créature est amoureuse d'une cantatrice, Christine, et va menacer le directeur du

théâtre et sa rivale Carlotta pour que sa favorite interprète Marguerite dans Faust de Gounod. Carlotta

passe outre, et tandis qu'elle rit de se voir si belle en ce miroir, sous sa perruque de fausses tresses

blondes, les vibrations de sa voix décrochent le grand lustre du Palais Garnier, qui écrase quelques

spectateurs et provoque une grosse panique. Christine accède au rôle, et le Fantôme lui déclare sa flamme.

Ayant aperçu son visage monstrueux, Christine tente d'échapper à son emprise avec l'aide de son amant

Raoul. Il y a une scène où les amants montent nuitamment sur le toit de l'Opéra et échafaudent des plans de fuite près

d'une statue, dans un vol de chauves-souris dérangées par leur présence, qui m'a beaucoup réjouie (pour les

chauves-souris!) Ce film qui se veut d'horreur recèle de nombreux gags hilarants. C'est une histoire

fantastico-abracadabrante à grand spectacle, mais sympathique à regarder, le méchant finit dépecé par

la foule portant des torches sur un quai de Seine (on a des antécédents dans l'Histoire de France),

où ses restes sont jetés, et les tourtereaux sont saufs. Finis (sic), c'est la fin.

Christine et le Fantôme, photo du livret extraite du film

Christine et le Fantôme, photo du livret extraite du film

La musique de Thierry Escaich magnifie le film, en appuyant les intentions du réalisateur. Le livret écrit

qu'il a vu le film plusieurs fois pour bien l'appréhender avant le spectacle. Il est en effet indispensable

qu'il sache avant nous ce qui va suivre à l'écran pour pouvoir anticiper musicalement. La musique conduit

le spectateur, elle révèle l'atmosphère de la séquence et se substitue au contenu verbal que nous

n'avons pas, elle soutient l'expressivité amplifiée des comédiens, elle supplée même à Gounod dans l'air

des bijoux de Faust...Le très grand écran, une copie du film restaurée et partiellement colorisée pour

accentuer certains passages importants, et la musique de Thierry Escaich en liant magnifique, quel

bonheur ! J'aime beaucoup le cinéma muet, et manifestement, je n'étais pas seule à prendre un très grand plaisir à

cette projection musicale. J'ai lu que Thierry Escaich avait accompagné Metropolis, qui est l'un

de mes films muets préférés.Thierry Escaich a été fort applaudi, par une salle enthousiaste.

Thierry Escaich devant la console de l'orgue

Thierry Escaich devant la console de l'orgue

Il pleuviotait à la sortie de la Philharmonie, et curieusement, dix kilomètres plus au sud, à la sortie des tunnels, le soleil

était toujours présent. Ayant oublié de remettre un pull sous mon manteau, je suis rentrée un peu gelée quand même...

 

Sylvie, blogmestre

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7 février 2016 7 07 /02 /février /2016 23:10

Ce matin je suis arrivée involontairement un peu après 10h à Notre-Dame, pour la messe grégorienne.

En me présentant au contrôle à l'entrée de la cathédrale, il y avait un haut-parleur, et j'ai entendu la Maîtrise.

C'était un dimanche de ténors et de basses, le 5è du temps ordinaire.

En-tête de la feuille liturgique du jour

En-tête de la feuille liturgique du jour

L'Evangile du jour racontait l'histoire de la pêche miraculeuse : Jésus requit le bateau de Simon, et

enseigna à la foule depuis le bateau, puis il demanda aux pêcheurs qu'ils lancent leurs filets au large

dans le lac. Ceux-ci obéirent parce qu'il le demandait, et ramenèrent une foule de poissons, alors qu'ils

n'avaient rien pris jusque là. Ce qui plongea Simon dans un grand effroi. Les pêcheurs savent en effet que

lorsque le poisson ne veut pas se laisser prendre, il ne veut pas ! Soit il a déserté les fonds pour raisons de lui seul

connues, soit il n'a pas faim, soit il vous a vu, ou entendu, et se méfie... Comment expliquer l'afflux de poissons

dans les filets de Simon ? Les vibrations du discours de Jésus transmises par la barque à l'eau du lac ?

Il serait très intéressant que ce soit cela, car la voix de Simon produisait probablement un tout autre effet

sur le poisson. Qu'y avait-il dans les vibrations de la voix de Jésus qui pouvait entraîner un déplacement

massif de la population poissonneuse ? Même présenté ainsi, en supposant que l'hypothèse soit fondée,

on comprend l'effroi de Simon, pêcheur chevronné, qui avait obéi par déférence, devant ce grand mystère.

Pêcheurs d'hommes...

Pêcheurs d'hommes...

Nous fûmes incités à participer au denier du culte, et l'on annonça l'entrée en carême avec le mercredi

des cendres le 10 février, la fête de Notre-Dame de Lourdes et la journée mondiale des malades le

11 février, et l'arrivée d'un nouvel organiste, Vincent Dubois. Ainsi que deux concerts de la Maîtrise

de Notre-Dame, le 9 février à 20h30 un concert de musique médiévale, et le 16 février à 20h30

un concert de motets de Bach et de Mendelssohn, dont les places peuvent être réservées à l'accueil

de la cathédrale, jusqu'au soir du concert, les renseignements et programmes sont

sur le site de musique sacrée de la cathédrale.

 

J'ai tourné une petite vidéo de sortie entre les deux messes, vers 11h15.

 

Puis je suis rentrée chez moi, avant de ressortir en début d'après-midi.

Il faisait beau, et il y avait du soleil!

 

Sylvie, blogmestre

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7 février 2016 7 07 /02 /février /2016 12:52

Hier au Théâtre du Chatelet, j'ai vu la comédie musicale de Cole Porter, Kiss me Kate, qui fut

créée en 1948 à New York, et tient l'affiche actuellement à Paris pour une dizaine de jours.

Billet avec place introuvée

Billet avec place introuvée

Ma place était sans poteau et au 6è étage, je suis montée en ascenseur jusqu'au 5è. On m'a dit que l'ascenseur était

réservé aux personnes invalidées - j'ai répondu que j'étais dans le bon créneau - et qu' il y avait encore un étage à monter

à pied ensuite. Ne sachant pas qu'il y avait deux escaliers partant du 5è, j'ai pris, semble-t'il, l'escalier pair, car toutes

les places étaient paires sur le balcon qui faisait suite à l'escalier. Mais comme certaines étaient inoccupées,

je me suis installée à la place 24 rang C, je crois, au 6è étage. Voici une vue du théâtre de ma place alternative:

Le théâtre du Châtelet vu du 6è étage

Le théâtre du Châtelet vu du 6è étage

La vue sur la scène était dégagée de la place que j'occupais, mais, autant le dire, si vous êtes myope, comme moi,

même corrigé(e), le 6è étage c'est un peu loin pour profiter pleinement d'une comédie musicale (pour un concert

symphonique ce n'est pas gênant), ou alors munissez-vous de jumelles de théâtre! (il y en avait autour de moi.)

 

La comédie musicale Kiss me Kate est une mise en abyme, c'est-à-dire qu'il y a une seconde comédie

musicale, une adaptation de la Mégère apprivoisée de Shakespeare, dans la première. Dans l'adapatation

de la Mégère, un père veut marier sa fille aînée, Katharine, qui fait fuir tous les prétendants par son caractère

bien trempé. Se présente un volontaire, Petruchio, qui entend la mater et récupérer sa dot. Bianca, la soeur

cadette de Katherina, attend le mariage de l'aînée parmi ses prétendants, dont le futur heureux élu, Lucentio.

 

Hors de Shakespeare, Lilli (qui joue Katharine), et Fred (qui joue Petruchio), ont eu une liaison et

se chamaillent. Lilly est courtisée par Harrison, dont Fred semble jaloux. Lequel a des dettes de jeu, et

a falsifié des reconnaissances sur l'honneur, ce qui lui vaut d'être escorté par deux gangsters qui veillent

au grain. En l'occurrence, Fred se refera si la comédie musicale est un succès et tient l'affiche assez

longtemps. Ce qui s'avère compromis car Lilli veut abandonner Shakespeare et partir couler une retraite

paisible avec Harrison! Fred entreprend de dissuader sa partenaire en coulisses, comme il entreprend de

la mater sur scène. Vous suivez toujours? C'est assez emberlificoté. Shakespeare lui-même pratiquait la

mise en abyme, il y en a une dans Hamlet. Et je pensais à la Nuit américaine de François Truffaut, césarisée et

oscarisée, dont le sujet est un film en train d'être tourné, à l'intérieur du film qui nous est donné à voir.

 

"Kiss me Kate!", c'est ce que Petruchio demande à Katherina, et aussi ce que Fred espère de Lilli.

L'effet miroir entre les personnages de Shakespeare et leurs acteurs dans la comédie de Cole Porter

est continuel. Le texte est en anglais, sous-titré. Il y avait des adolescents en sortie scolaire dans le

théâtre, et toutes les classes d'âge supérieures étaient représentées, l'anglais ne semblait pas

constituer un problème.Mention spéciale à Christine Buffle, soprano lyrique suisse qui joue Lilli

pour la beauté de sa voix et la pureté de son chant. Mention spéciale comique aux deux malfrats

qui nous ont beaucoup fait rire à la fin du spectacle avec la chanson "Brush up your Shakespeare"

"Brush up your Shakespeare, Start quoting him now
Brush up your Shakespeare, And the women you will wow"

Messieurs, vous savez ce qu'il vous reste à faire...! Jolis costumes, chorégraphies et décors soignés,
beaucoup d'entrain et de gaieté, un spectacle très fréquentable,que je recommande!

 

Sylvie, blogmestre

Les comédiens de Kiss me Kate aux saluts

Les comédiens de Kiss me Kate aux saluts

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6 février 2016 6 06 /02 /février /2016 13:25

Hier soir, je suis partie de chez moi vers 19h15 pour me rendre à la Philharmonie où quelques places

pour le concert de 20h30 s'étaient libérées, j'avais eu la chance de pouvoir en réserver une.

 

Billet au dernier rang du dernier balcon, vue superbe!

Billet au dernier rang du dernier balcon, vue superbe!

J'ai perdu quelques minutes en route, et raté le RER pour Paris. A peine entrée dans la gare, une annonce semi-inaudible de la RATP fut diffusée. Puis l'annonce est revenue, audible et très étrange, il y avait « une voiture » sur la voie du RER à Gentilly, qui bloquait la circulation des trains... Gentilly est une gare presque souterraine à l'orée d'une portion de ligne aérienne, comment une voiture pouvait-elle pénétrer dans une gare ? En franchissant le grillage à grande vitesse, et en atterrissant sur la voie ferrée en contrebas. La voiture, dont les occupants s'étaient enfuis indemnes, avait ensuite été percutée et poussée par une rame de RER vide, heureusement pour les passagers... On nous a demandé de quitter la gare et d'aller prendre le bus, puis j'ai continué en métro. Toute ma sympathie au conducteur de la rame de RER pour cette mauvaise rencontre!

 

Je suis arrivée à 21h passées à la Philharmonie, et ai rejoint d'autres retardés de circonstance, nous

étions regroupés devant un écran qui diffusait en direct le concerto n°5 pour piano et orchestre de

Beethoven,filmé depuis le haut de la grande salle, dans ses dix dernières minutes. Aux applaudissements,

on nous mobilisa pour entrer rapidement dans la salle. Je gagnai le 2è balcon, au 6è étage, et m'assis

précipitamment à une place libre, car le pianiste, Nelson Freire, s'apprêtait à jouer un

morceau supplémentaire à la suite des rappels. A la qualité de ce bis, hélas,

je mesurai tout ce que j'avais manqué en ratant la première partie...

La grande salle de la Philharmonie vue du haut du 2è balcon

La grande salle de la Philharmonie vue du haut du 2è balcon

Ensuite, ce fut l'entracte. Je tentai de récupérer ma place, qui était occupée par une autre personne. Quand j'y parvins,

quelqu'un d'autre la revendiqua, une personne qui avait un malaise et ne parlait pas français, puis on revendiqua la place

provisoire que j'occupais, et je me retrouvai un rang plus bas, et fort heureusement le concert reprit, ce qui interrompit

la partie de chaises musicales... J'étais initialement placée au dernier rang du deuxième balcon de face, et

 remarquai un aménagement sympathique : les fauteuils alternent avec les places pour fauteuils roulants,

qui gagnent le 6è étage sans difficulté grâce à un ascenseur spacieux. Bravo, la Philharmonie !

 

Je ne commenterai pas la première partie du concert, que je n'ai pas vue, hormis les dix dernières minutes

sur l'écran vidéo. La seconde partie du programme était une œuvre de Richard Strauss "Une vie de héros",

poème symphonique n°40, interprété par le Royal Concertgebouw Orchestra d'Amsterdam, sous la

direction de Semyon Bychkov. Voici des photos de Semyon Bychkov et du Royal Concertgebouw,

très nombreux, avec beaucoup de cuivres qui faisaient sonner magnifiquement la musique de Strauss.

Semyon Bichkov et une partie du Royal Concertgebouw Orchestra

Semyon Bichkov et une partie du Royal Concertgebouw Orchestra

Ce poème symphonique de Strauss a été créé en 1898, c'est le dernier poème symphonique du compositeur

avant qu'il aborde l'opéra. Il comprend six mouvements enchaînés: le héros, ses adversaires, sa compagne,

sa bataille, ses oeuvres de paix, son accomplissement... Les musicologues semblent penser que le héros est

Strauss lui-même, et qu'il s'agit d'une autobiographie musicale. J'ai aimé l'ampleur de l'oeuvre,la très belle partie de

violon solo jouée par Vesko Eschkenazy, premier violon, l'intervention des trois trompettes depuis les

coulisses, la puissance des cuivres, l'énergie du chef, la synergie des cordes, les quelques notes veloutées

des harpes, ici et là... La conclusion de l'oeuvre rappelait harmoniquement Also sprach Zarathoustra.

Le chef congratule le premier violon

Le chef congratule le premier violon

L'orchestre royal du Concertgebouw d'Amsterdam est l'un des meilleurs orchestres du monde.

Il sera dirigé la saison prochaine par Daniele Gatti, qui dirige actuellement l'orchestre national de France.

Semyon Bychkov, qui est d'origine russe, a dirigé tant d'orchestre fameux que je ne me lancerai pas

dans leur évocation, en faisant une exception pour l'Orchestre de Paris, qui est partenaire de la Philharmonie,

qu'il dirigea de 1989 à 1998. Ce fut une très beau concert, dont la première partie m'a manqué...

D'autant plus que j'aime beaucoup le concerto " l'Empereur" de Beethoven!

Et voici les cuivres, les bois, et les percussions!

Et voici les cuivres, les bois, et les percussions!

Au retour, le RER B ne dépassait pas Denfert en direction du sud (avait-il encore son encombrante voiture?), ce fut un retour

en métro et bus depuis le fond du 19è arrondissement... mais plus rapide qu'à l'aller, heureusement.

 

Sylvie, blogmestre

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4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 15:15

Hier soir, j'ai vu le dernier concert de la tournée nationale de Johnny Hallyday, au Palais omnisport de

Bercy (Accor Hôtels Arena). Après mes mésaventures précédentes dans le même lieu, à la générale des Enfoirés,

je m'étais méfiée, et étais arrivée avec une demi-heure d'avance pour ne pas entrer dans la salle dans le noir,

et crapahuter pour trouver ma place à la lueur de l'écran d'un appareil électronique...

L'entrée du concert au Palais omnisport de Bercy

L'entrée du concert au Palais omnisport de Bercy

Malgré la contenance de la salle (20300 places), l'entrée était assez fluide.

J'ai trouvé sans difficulté ma place dans les gradins latéraux.

Billet de gradin

Billet de gradin

A l'usage, la barre garde-fou s'est avérée gênante pour les prises de vue. Heureusement, la rangée derrière moi était plus

clairsemée, un spectateur sympathique me hissa au rang supérieur par dessus les sièges... (c'est un stade!) A l'entrée, on

avait confisqué le bouchon de ma bouteille d'eau, que j'ai prudemment remontée débouchée d'un étage. Au premier rang

du gradin où j'étais, une dame est passée avec un manteau flottant, et a renversé une bouteille ouverte sans bouchon posée

sur le garde-fou, qui, ensuite, a chuté sur les spectateurs d'en-dessous avec son contenu... Le propriétaire de la bouteille

n'a pas osé se pencher par dessus la rambarde pour constater les dégâts éventuels, mais l'on n'entendit aucun grand cri!

 

La salle de concert et la scène avant le concert

La salle de concert et la scène avant le concert

A 20 heures, la salle n'était remplie qu'aux deux-tiers, ce qui m'a beaucoup surprise. Est alors entré

un jeune groupe de hard-rockers, chantant en anglais, nous nous sommes extasiés qu'ils nous remercient

en français, mais ils étaient manifestement francophones. Le nom du groupe m'a semblé être « La

Sphaigne », bucolique et mousseux, mais j'ai peut-être mal compris, ou alors je suis encore très imbibée de culture

environnementale. En tout cas, la guitare arrachait, le chanteur aussi, la batterie déménageait, et la basse nous résonnait

grave dans le sternum, je ne vous parle pas de l'effet sur les tympans délicats, d'autant qu'ils étaient sur une petite scène

proche, au milieu du stade. Mais j'aime aussi le hard rock, et ils étaient performants. Pendant la prestation

de ces jeunes gens, qui se sont dits très honorés de faire la première partie du concert de Johnny Hallyday,

le stade a continué de se remplir discrètement, jusqu'à être plein. De temps à autre, la fosse

manifestait bruyamment que quelqu'un de connu venait d'arriver dans les lieux.

L'arrière de l'arène avant le concert

L'arrière de l'arène avant le concert

A 21 heures, le spectacle de Johnny commença. Trois têtes de mort surplombaient la scène, une énorme

au centre, et deux moins grosses en haut des écrans géants. Le spectacle s'appelait « Rester vivant ».

Dans un dégagement de fumée rouge, l'énorme tête osseuse ornée d'une ravissante mâchoire qui ferait envie à

bien des patients de dentistes, atterrit sur scène, s'ouvrit comme une noisette gigantesque, et Johnny en sortit.

Pendant que la tête regagnait le plafond, il donna le ton en chantant un vieux tube des années 50...

Oh Carol ! Ce concert était très ancré dans les racines de son inspiration. Il y eut aussi la version française

de Summertime blues (La fille de l'année dernière), il nous parla de Carl Perkins, du Rockabilly, d'Elvis

Presley, dont il chanta Jailhouse Rock (Les portes du pénitencier), de la musique de jazz noire (avec des

photos de Martin Luther King). Il nous a dit qu'il était content d'être avec nous ce soir, et qu'il nous aimait, que

c'était une soirée d'amour. Et, ce qui est rare, il l'a prouvé, c'est-à-dire qu'il s'est déplacé dans la foule pour

toucher les mains des uns et des autres, je comprends l'affluence dans la fosse ! Il ne l'a pas fait une fois, mais

plusieurs fois, avec plaisir visiblement. Voilà une facette de la personnalité de Johhny Hallyday qui m'était

complètement inconnue ! Le bain de foule ne m'a cependant pas paru de même nature que celui que

l'on voit dans les manifestations politiques, plutôt un geste christique, un geste d'amour.

 

Son groupe de musique et lui se sont déplacés de la grande scène à la petite scène, où ils ont chanté

quelques tubes, puis sont retournés sur la grande scène. Johnny nous annonça qu'il y avait parmi nous

ce soir sa fille Laura, Nathalie Baye, son épouse Laeticia, et son ami Jean Reno. Il nous nomma

ses musiciens, dont un batteur écossais barbichu en kilt ! Le concert enchaîna les classiques du chanteur,

confirmant ce que Pierre Molina m'avait dit un jour à son sujet, c'est un très grand professionnel

(les Choeurs de Paris 13 ont par le passé eu l'occasion de chanter avec Johnny Hallyday).

Tout était réglé au quart de poil, et tout roulait, pour le plus grand plaisir du public,

qui à la fin chantait autant que le chanteur, en même temps, mais le rapport des décibels restait à l'avantage

du second. J'ai participé un peu, connaissant presque tout le concert, et constaté que le son se perdait

complètement dans l'immense espace, je ne m'entendais pas chanter, ou alors j'étais déjà devenue sourde !

Pourtant le public était globalement très audible, quand il était seul. Sa connaissance des paroles était

impressionnante. Regardez le montage vidéo, vous saurez vous aussi les gestes qu'il faut

connaître pour ne pas passer pour un pied-tendre au prochain concert de Johnny!

 

 

C'était une soirée très agréable, un très bon concert avec de nombreux morceaux que j'ai aimé réentendre,

mais je crois que l'humanité du chanteur et sa volonté exprimée de mettre de l'amour dans

cette rencontre sont ce qui m'a le plus touchée. C'était le bonus inattendu et bienvenu de la soirée.

 

Je suis restée jusqu'à la fin, bravant la perspective d'engorgement des transports en commun pris d'assaut simultanément

par dix mille personnes. Bien m'en a pris, car les escaliers étaient éclairés, personne n'y a chuté,

et la sortie a été aussi fluide que l'entrée, jusque dans le métro.

Sylvie, blogmestre juke-box

 

PS: l'interprète n'a pas semblé se soucier des enregistrements, cependant la vidéo est longue,

si cela pose un problème de droits, merci de le signaler au blog

 

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