26 février 2016 5 26 /02 /février /2016 18:50

Pour une raison inconnue, tous les ballets arrivent en même temps dans notre belle capitale. Ainsi,

le Palais des Congrès et le Théâtre des Champs Elysées ont simultanément un programme de ballets

classiques cette semaine, avec les mêmes œuvres. En revanche, entendre un concert dans une grande salle est

devenu mission impossible, on oubliera pendant les vacances de février... C'est surprenant car il y a de la demande,

les Parisiens ne sont pas tous des fanas de glisse, et beaucoup sont à Paris en cette saison. Enfin...

c'est donc une semaine « ballets », et éventuellement d'autres activités.

Hier soir, j'ai fait la connaissance de l'immense amphithéâtre du Palais des Congrès, qui donnait le

Casse-noisette de Piotr Ilitch Tchaïkovski, joué et dansé par l'Opéra national de Lviv, en Ukraine.

 

 

Tri des spectateurs

Tri des spectateurs

Deux très longues queues serpentaient devant l'entrée des billets pairs, et l'entrée des billets impairs.

Des touristes non francophones faisaient des commentaires en anglais qui laissaient apparaître leur perplexité.

J'avais trouvé la bonne file, mais je ne savais plus qui était pair, de « odd » ou de « even », difficile de les aider...

Billet écureuil

Billet écureuil

J'étais à cinq rangs de la scène, et comme il y eut des absences, on m'a replacée à mon avantage. L'orchestre était

enfermé dans la fosse, je me souvenais du concert Casse-noisette à la Philharmonie, et me suis demandé comment ils

tenaient tous à l'intérieur... les violons et autres cordes plus volumineuses, la harpe, la celesta, les percussions, les flûtes,

hautbois, bassons... ? La fosse paraissait étroite et tout en longueur, mais c'était peut-être les grandes dimensions

de la salle qui donnaient cette impression. Même avec des absences, une fois que tous les spectateurs furent

installés, ils devaient être plusieurs milliers.

 

Amphithéâtre du Palais des Congrès

Amphithéâtre du Palais des Congrès

On nous pria de ne pas prendre de photos ni de films vidéo pendant le ballet. Le rideau de velours noir

se leva sur un deuxième rideau, d'une beauté surprenante, peint d'enfants et de rêves d'enfants, dans

une tonalité dominante bleue, un décor fantastique illustrant l'univers onirique de Clara, qui est l'héroïne

du Casse-noisette. Derrière le rideau, il y avait tout un décor de panneaux peints, avec des sortes de

couronnes dont la matière m'a amusée : je pense qu'elles étaient fabriquées à partir d'antennes de

télévision récupérées et soudées, avec des billes et des pointes dorées et argentées.

Voici un morceau de rideau et une couronne de matériau métallique recyclé.

 

Détail du rideau et couronne métallique

Détail du rideau et couronne métallique

Le décor à l'arrière de la scène représentait un sapin de Noël qui s'alluma pendant le ballet, un très

grand sapin fantastique, tout en hauteur. Rappelons que l'histoire est de Jacques Offenbach, et qu'il

s'agit d'un conte germanique. La jeune Clara fête Noël avec ses parents, et reçoit en cadeau un

casse-noisette en forme de soldat. Pendant la nuit, elle rêve que le casse-noisette s'anime, et devient

un beau prince qui l'emmène dans la neige faire un voyage... Mais avant, il y a un conflit entre

les jouets et l'armée des souris. En fait de souris, il y avait dans le ballet une créature grise et

bondissante, avec de petites oreilles, une reine des souris de rouge vêtue, avec couronne assortie,

et surtout de gros rats très musclés, en bande organisée, qui s'en prenaient aux poupées.

Les poupées se mouvaient avec le rythme saccadé des jouets mécaniques.

Les poupées, le père de Clara, et le décor, avec le sapin de Noël au fond

Les poupées, le père de Clara, et le décor, avec le sapin de Noël au fond

On voyait tomber de la neige sur le décor, en projection de gros flocons blancs. Il y avait deux Clara,

une Clara enfant, qui rêvait, supervisée par un adulte dont j'ai supposé qu'il était son père, et

une Clara adulte, qui partait en voyage avec le beau prince. Ils visitaient différentes contrées,

on se souvient qu'il y a dans le Casse-noisette des danses du thé, du chocolat, etc...

Chaque danse était illustrée par des danseurs en costumes spécifiques, sans excès, mais très jolis,

vêtus de blanc, ou de gris perle, ou de blanc cassé, avec des ornements dorés ou argentés. Seule

la reine des souris était en couleur, le père de Clara étant vêtu de noir et blanc, avec perruque Louis XVI.

 

Les danseurs du voyage, et la Reine des souris

Les danseurs du voyage, et la Reine des souris

Les danseurs étaient parfaits, l'orchestre aussi, tous étaient de grands professionnels.

La soirée fut un enchantement. Le rideau est tombé, puis s'est relevé, et les danseurs ont exécuté

quelques pas pour saluer, c'était le moment que nous attendions pour immortaliser la soirée !

 

Clara, son prince, et le chef d'orchestre, avec les danseurs du voyage derrière

Clara, son prince, et le chef d'orchestre, avec les danseurs du voyage derrière

Le chef d'orchestre est aussi monté sur la scène, tous étaient très gracieux. Le public, ai-je noté,

était différent du public que je rencontre aux concerts de musique classique, mais remarquablement

concentré pendant tout le spectacle. J'ai trouvé dommage que l'orchestre soit invisible...

Clara et son prince, les danseuses du voyage

Clara et son prince, les danseuses du voyage

Le personnel du Palais nous a très courtoisement salués quand nous sommes pasés devant eux

en sortant. Le retour a été fluide, malgré le grand nombre de personnes sortant du spectacle. C'était

une très bonne soirée. Avis aux amateurs de ballets, le Casse-noisette est joué à nouveau ce soir au

Palais des Congrès de la Porte Maillot, puis ce sera le Lac des cygnes samedi et dimanche prochains.

 

Sylvie, blogmestre

 

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24 février 2016 3 24 /02 /février /2016 11:13

Hier soir, il y avait un concert donné par trois solistes féminines à Notre-Dame de Paris,

explorant les duos et trios féminins, de Jean-François Lallouette à André Capelet. Les trois solistes,

qui appartiennent ou ont appartenu au Choeur d'adultes de la Maîtrise de Notre-Dame étaient Cécile Achille,

Lucile de Trémiolles, et Clotilde Cantau. Elles étaient accompagnées à l'orgue par Yves Castagnet.

Notre-Dame de Paris, de la nef à la croix derrière  l'autel

Notre-Dame de Paris, de la nef à la croix derrière l'autel

La cathédrale applique le tarif réduit à tous les étudiants, même les atypiques dans mon genre,

ce qui est une bonne chose (je ne pense pas que les étudiants atypiques soient si nombreux,

et que la mesure ruinerait les autres lieux de concerts ou de spectacles...)

Itinéraire pour voix féminines

J'avais déjà entendu ce concert il y a quelques mois, et l'avais trouvé très joli (c'était aussi le cas

pour les motets de Bach et Mendelssohn présentés par la Maîtrise de la cathédrale le 16 février dernier). Le programme

mêle les compositeurs de la fin du XVIIè siècle-début du XVIIIè, et une messe à trois voix d'André

Caplet, qui est postérieur de deux siècles à la période baroque de référence. Le concert a commencé

par un Regina coeli de Lallouette (1651-1728), à trois voix avec un solo de première soprane, et un

accompagnement au petit orgue, et a continué par le Kyrie de la messe à trois voix de Caplet (1878-1925).

Cette messe est a capella, et malgré les deux cents ans d'écart, elle s'intègre très bien dans ce programme,

et offre aux trois solistes des harmonies plus actuelles qui mettent leurs voix en valeur d'une autre

manière que la musique baroque. Ont suivi deux pièces de JS Bach (1685-1750), pour soprano et alto,

en allemand (les autres pièces du concert étaient en latin), extraites des cantates BWV 78 et BWV 23,

accompagnées à l'orgue de choeur, puis le Sanctus a capella de la messe à trois voix de Caplet.

 

 

Sanctus de la messe à trois voix a capella d'André Caplet, extrait

 

Un interlude d'orgue de choeur seul marqua le milieu du concert. La seconde partie débuta par un Salve

Regina de Domenico Scarlatti (1685-1757), à trois voix avec petit orgue, suivi de deux pièces de

M-A Charpentier, dont le joyeux Flores, O Gallia (O France, répands les fleurs!)

 

 

Flores, O Gallia, de Marc-Antoine Charpentier, extrait

 

Les trois solistes ont chanté l'Agnus Dei de la messe de Caplet, a capella, et le concert s'est terminé

sur deux pièces de Lully (1632-1687), un Salve Regina, et un Regina coeli, tous deux accompagnés au

petit orgue. Les solistes et l'organiste ont été applaudis après chaque œuvre. Les interprétations étaient

très belles, et en lisant les biographies des trois solistes, on apprend qu'elles chantent aussi dans des

lieux prestigieux hors de la cathédrale. Nous leur souhaitons une très belle carrière musicale !

 

Il y eut un incident à la fin du concert, une partie du public a tenté de rejoindre les solistes derière l'autel, qui n'était pas protégé

par une barrière physique, pour leur exprimer son intérêt probablement. L'initiative fut promptement stoppée. Il est vrai que l'autel

est assez bas à Notre-Dame (je n'ai jamais vu personne tenter de rejoindre l'autel à la Madeleine ou à la Trinité après un concert...)

Je le mentionne car une sortie par le transept des artistes peut permettre au public de les remercier et .. éviter la transgression.

 

Sylvie, blogmestre

La rosace nord de la cathédrale, vue du transept

La rosace nord de la cathédrale, vue du transept

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23 février 2016 2 23 /02 /février /2016 23:17

Cet après-midi, j'ai vu le film documentaire d'Amy Berg consacré à Janis Joplin, comète éphémère

tombée sur la planète du blues, au cinéma Le Panthéon, dans le Vè arrondissement.

 

Janis

Le cinéma était agréable, les sièges confortables, il avait une programmation de films d'art et d'essai,

et l'on m'a accordé le tarif étudiant, ce qui n'est pas le cas partout. « Janis, little girl blue » est sorti à Paris

il y a un mois environ, et depuis sa sortie je voulais le voir. Voici l'affiche du film :

 

Janis

Janis Joplin était une chanteuse de blues et de rock des années 60, originaire d'une famille protestante

du Texas, dont un musicien noir disait en riant « Are you sure she's white ? » tant sa voix rappelle le

blues afro-américain, puissante, éraillée souvent, enfin, pas la voix d'une petite Blanche du sud des USA

issue d'une famille convenable. Le film retrace sa vie, qui s'est terminée à l'âge de 27 ans. Depuis le début

de la narration, on serait, musicalement, en mode mineur, tant on sent le poids de la fin dramatique qui

approche. Janis rejetée par ses camarades de classe, puis découvrant ses capacités vocales extra-

ordinaires, elle interrompt ses études d'institutrice pour suivre un groupe musical, au début des années

soixante, dans l'incompréhension de ses parents. Janis part vivre à San Franciso, son talent est progressi-

vement reconnu, mais sa vie privée est cahotique, et elle fait l'expérience inéluctable des drogues.

Les sommets de la musique pop américaine de l'époque, les festivals Monterey pop et Woodstock, la

poussent à affirmer davantage son talent en coupant quelques liens supplémentaires, elle abandonne

les drogues, va mieux, mais la solitude la rattrape, et elle rechute. On l'a retrouvée sans vie dans un hôtel,

en 1970, sans savoir ce qui s'était passé, à part sa consommation d'héroïne. Une saleté d'accident.

L'album qu'elle préparait, Pearl, s'est vendu à plusieurs millions d'exemplaires. Dans le générique du film,

John Lennon, qui lui survivra dix ans, avant d'être assassiné par un fan, dit qu'elle lui avait enregistré

une cassette de bon anniversaire avant sa mort... Grandeur et misère des rock-stars.

Janis Joplin reste un cas à part dans la musique de blues, une voix inimitée.

Un film émouvant sur une artiste hypersensible (ce que nous sommes tous, n'est-ce pas?)

 

 

 

Sylvie, blogmestre

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22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 11:24

A 9h30, j'étais en gare d'Arcueil, et le train, à quai, démarra alors que j'allais en rouvrir les portes... Le ticket était redevenu

lisible*, mais le train suivant n'arriva à Saint-Michel Notre-Dame qu'à 10h01. J'arrivai à la cathédrale juste à temps

pour le début de la messe grégorienne. La Maîtrise était masculine. En ce deuxième dimanche de

carême, les chants destinés à être chantés par l'assemblée ressemblaient beaucoup à ceux de

la semaine précédente, ou étaient identiques, ce qui favorisait l'apprentissage.

Extrait du Credo grégorien, noter "de caelis" et non "de coelis"

Extrait du Credo grégorien, noter "de caelis" et non "de coelis"

La lecture extraite du livre de la Genèse évoquait Abraham concluant un pacte avec Dieu, qui lui

donnait, et à sa descendance, le pays « depuis le torrent d'Egypte, jusqu'au grand fleuve l'Euphrate »,

avec immolation d'animaux et brasier fumant pour sceller le contrat. L'autre lecture était une lettre

de Paul aux Philippiens reprochant à certains de manquer de spiritualité

« leur dieu, c'est leur ventre », Paul avait le sens de la formule qui frappe les esprits.

En-tête de la feuille liturgique du jour

En-tête de la feuille liturgique du jour

J'avais décidé de participer aux deux messes, celle de 10h, grégorienne, et celle de

11h30, internationale, car ce 21 janvier était le centième anniversaire de la bataille de Verdun.

J'ai vécu enfant à Verdun avec mes parents, c'était un lieu très particulier, imprégné, des dizaines d'années après 1916,

du sacrifice de centaines de milliers d'hommes, et vivant dans une sorte de commémoration permanente de leur mémoire. On ne

ressort pas moralement indemne de Verdun, même quand on n'est qu'un enfant, surtout quand les survivants de la guerre

y étaient encore nombreux à raconter ce qu'ils avaient vécu. Une seconde messe, donc, internationale,

pour Verdun et ses poilus bleus, ou verts, ou d'autres couleurs, et d'autres langages.

Bougies et prières devant un Christ en croix

Bougies et prières devant un Christ en croix

J'allai, entre les deux messes, chercher quelques cartes postales** représentant

des vitraux de la cathédrale, puis revins m'asseoir.

 

Vitrail d'avril

Vitrail d'avril

La messe internationale fut présentée en français, en anglais, et en italien . Un choeur américain

de lycéens, le Corona High School Madrigal singers, chantait une missa brevis de Haydn, nous fûmes

invités à les applaudir à la fin de la messe. Les trois lectures étaient les mêmes que précédemment,

et l'Evangile selon Luc racontait la transfiguration de Jésus, priant sur la montagne avec trois disciples,

qui virent son visage changer, et son vêtement devenir éblouissant. Puis Moïse et Elie vinrent parler

avec lui... vision hallucinante (ce n'est pas moi qui l'ai dit!) qui leur fit très peur. Pierre/Simon qui avait un grand

sens pratique proposa de monter trois tentes, ce qui déclencha une explication divine de la qualité

de Jésus, qui effraya encore davantage les apôtres, qui « en ces jours-là, ne rapportèrent à personne rien

de ce qu'ils avaient vu ». On les comprend, on aurait sans doute agi de la même manière.

Chant de communion chanté par la Maîtrise dans la messe grégorienne

Chant de communion chanté par la Maîtrise dans la messe grégorienne

La nef et un ange trompettiste

La nef et un ange trompettiste

Je suis ressortie de la cathédrale et suis retournée vers le RER, escortée par un pigeon amical,

un peu trop gros pour être un voyageur du Fort de Vaux, un peu trop gris pour être la colombe ou

la tourterelle de la Genèse, qui ne m'a pas suivie dans le sous-sol...

 

L'entrée de la station de RER sur le parvis de la cathédrale

L'entrée de la station de RER sur le parvis de la cathédrale

Puis je puis suis rentrée*** chez moi.

 

Sylvie, blogmestre

*Ticket de RER validé le 21 février à 9h30 à Arcueil-Cachan

*Ticket de RER validé le 21 février à 9h30 à Arcueil-Cachan

**Cartes postales

**Cartes postales

***Achat du ticket retour à St Michel Notre Dame à 12h46

***Achat du ticket retour à St Michel Notre Dame à 12h46

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21 février 2016 7 21 /02 /février /2016 23:30

Hier soir j'ai entendu deux symphonies de Mendelssohn dans la grande salle de la Philharmonie

de Paris, par le Chamber Orchestra of Europe, le RIAS Kammerchor, et trois solistes,

sous la direction de Yannick Nézet-Séguin.

 

Deux symphonies de Mendelssohn

Sur deux jours, les 20 et 21 février, Yannick Nézet-Séguin dirigeait l'intégrale des cinq symphonies

écrites par Mendelssohn à l'âge adulte (il convient de préciser, car le jeune Felix composa douze

symphonies de jeunesse, alors qu'il était pré-adolescent...) Le premier concert du 20 février comprenait

la symphonie n°3 en la mineur « Ecossaise », et la symphonie n°2 en si bémol majeur « Lobgesang ».

Ces deux concerts étaient à la limite d'afficher complet quand j'ai réservé.

Deux symphonies de Mendelssohn

Quand j'ai gagné ma place, il n'y avait plus de livrets disponibles, puis j'en ai reçu un alors que la lumière s'éteignait

progressivement. Impossible donc de lire avant la première partie du concert le commentaire qui était fait de

la troisième symphonie, instrumentale, qui était jouée en premier. A l'entracte j'ai lu prioritairement le commentaire de

la deuxième symphonie, afin de mieux la comprendre en l'écoutant. En lisant après coup le commentaire de la symphonie

« Ecossaise », je m'aperçois que j'ai du mal à ajuster les descriptions du livret au souvenir que j'ai gardé de cette œuvre...

Mendelssohn avait fait un voyage dans les Highlands à l'âge de vingt ans, qui lui avait laissé une

impression profonde. Selon le livret, Wagner estimait que Mendelssohn était très visuel et très

atmosphérique, « un paysagiste de premier ordre » (on se souvient qu'il peignait aussi très joliment). Le mode

d'écriture est mineur, il y a un fond de mélancolie. Il y aurait donc des lochs, des embruns, de la bruyère

et des farfadets dans cette symphonie, et des danses écossaises dans le deuxième mouvement (les

amateurs de danses folkloriques reconnaîtront les scottish). La flûte et le hautbois étaient fortement mis à

contribution dans les soli. Le livret précise que le duo hautbois-flûte représenterait une cornemuse...

une cornemuse de luxe, alors, pas un biniou de village, d'autant que la flûte solo était en vermeil ! Cette symphonie est

chantante, très agréable à écouter, avec des motifs qui reviennent, des notes fluides et des roulements

de timbales. Une invitation symphonique au voyage, avec lutins, danses en kilt, et brumes écossaises.

 

La deuxième symphonie « Lobgesang » (Chant de louanges) est en deux parties : une première

partie instrumentale en trois mouvements, et une deuxième partie vocale et instrumentale en neuf

mouvements. La seconde partie alterne le choeur et les solistes. Cette symphonie fut créée en 1840

en l'église Saint-Thomas de Leipzig, celle où Bach avait été Kantor. Comme dans les oratorios de

Mendelssohn, on retrouve parmi les choeurs un choral « Nun danket alle Gott », homonyme d'une partie

de cantate de Bach (mais la mélodie est différente). La lumière était faible au deuxième balcon, j'ai suivi les parties

vocales sur le livret, qui en donnait le texte, en devinant un mot sur deux. Mais, découverte agréable, après les deux oratorios

de Mendelssohn que nous avons chantés en 2011 et 2015, des formulations classiques de la musique sacrée allemande

revenaient qui me permettaient de comprendre le sens du texte. La symphonie n°2 a été créée pour célébrer les

400 ans de l'invention de l'imprimerie par Gutenberg, dans ce grand centre intellectuel du XIXè siècle

qu'était Leipzig. Le premier livre imprimé étant une Bible, il était logique que la symphonie

qui célébrait sa création fut d'inspiration sacrée.

 

L'Orchestre de chambre d'Europe et le RIAS Kammerchor

L'Orchestre de chambre d'Europe et le RIAS Kammerchor

Le RIAS Kammerchor est un ensemble vocal allemand de référence, l'Orchestre de chambre d'Europe

est un ensemble instrumental de très haut niveau comprenant des musiciens européens.

Yannick Nézet-Séguin est un chef d'orchestre canadien, dont je ne saurais citer tous les orchestres

qu'il dirige ou a dirigés... Les trois excellents solistes appartenaient au choeur de chambre.

 

Les solistes Karina Gauvin, Regula Mühlemann, et Daniel Beyle, devant les cordes

Les solistes Karina Gauvin, Regula Mühlemann, et Daniel Beyle, devant les cordes

J'ai été séduite par la perfection de l'interprétation, et l'énergie du chef. Tout était parfait.

Les instruments, l'orgue, dont les tuyaux s'éclairèrent pour l'occasion, les solistes, le choeur...

il n'était pas possible de faire mieux. C'était presque inhumain! Lorsque, après de longs applaudissements,

nous avons suggéré un bis, Yannick Nézet-Séguin nous a dit que pour le bis,

il y aurait un second concert le lendemain... !

Le grand orgue éclairé, en activité au fond de la salle

Le grand orgue éclairé, en activité au fond de la salle

La salle se vida en bouchonnant le métro. Je pris une photo de la station

de métro-partition en attendant la rame suivante...

 

Sylvie, blogmestre

 

Métro mélomane

Métro mélomane

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20 février 2016 6 20 /02 /février /2016 15:14

C'est ce titre engageant qu'a choisi Sophie Boucheron pour le prochain concert de l'orchestre

Coruscant, qu'elle dirigera le 22 février. Louis-Michel, ténor du Choeur Un, qui chante dans

le choeur Phronesis que dirige aussi Sophie Boucheron, nous le recommande chaudement!

 

 

L'orchestre Coruscant est formé de musiciens professionnels, et j'avais eu l'occasion, lors d'un

précédent concert à Nanterre (déplacement épique!) d'apprécier la grande qualité de cet ensemble,

et le dynamisme de leur chef. C'est à 20h, à Ménilmontant, au Vingtième théâtre,

et on peut réserver sur le site du théâtre.

Sylvie, blogmestre

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19 février 2016 5 19 /02 /février /2016 16:40

Hier soir, pour clôturer en beauté une période d'activités culturelles intense, je suis allée voir l'opéra

de Mozart « Mithridate » au Théâtre des Champs Elysées. J'avais loué un très joli strapontin,

mais un siège plus élaboré, resté libre à proximité, m'a permis de m'asseoir plus confortablement, ce qui,

eu égard aux 3h15 de durée du spectacle, fut bienvenu.

Mithridate

C'était une chance pour moi, car le théâtre était très plein, même le deuxième balcon semblait avoir

été pris d'assaut par des mélomanes lyriques mozartiens. Impossible de prendre une photo avant

le concert, mais voici la position du strapontin dans le théâtre à l'entracte, vidé de ses occupants.

 

Mithridate

Mithridate, de Mozart est un « opera seria », c'est à dire un opéra « sérieux », par opposition à

« opera buffa », opéra bouffe, comique. C'est une œuvre dramatique que Mozart composa à l'âge de

quatorze ans, à partir d'un livret inspiré de la tragédie homonyme de Racine. L'âge du compositeur au

moment de la composition donne toute la dimension de son génie, car tant la musique que les caractères

des personnages sont aboutis, malgré la jeunesse de Mozart. Il est vrai que le drame de Racine a été écrit

en 1673 par un auteur plus âgé, et que l'utilisation qu'en a fait le jeune musicien est fidèle au drame original.

Mithridate était la tragédie préférée de Louis XIV, la pièce est très représentative du théâtre en vogue au

XVIIè siècle : roi, princes et princesses déchirés, amours impossibles, luttes de pouvoir, guerre, bravoure,

trahison, empoisonnements... Tout un univers tumultueux qui devait fort plaire à Versailles, puis

ultérieurement, à Milan, où l'opéra fut créé en 1770. L'opéra est en italien, sous-titré en français.

 

 

Il commença par une ouverture très agréable, gracieuse, jouée par le Concert d'Astrée depuis la fosse

d'orchestre, dirigé par Emmanuelle Haïm. L'exposition des personnages et de l'intrigue fut en revanche

plus ardue. Heureusement que nous sommes au pays de Jean Racine, et que nous avons

dans nos études peu ou prou abordé cette tragédie.

 

Mithridate était roi d'un petit royaume italien, et avait deux fils, Pharnace et Xipharès. Il y a déjà une

complication au départ, car les noms originaux ont été transformés dans l'opéra en Mitridate, Farnace, et

Sifare. Aspasia, qui s'appelait Monime pour Racine, est la fiancée de Mitridate. Celui-ci est parti en guerre,

et a fait croire qu'il était mort. Ses deux fils, qui sont tombés amoureux d'Aspasia, convoitent le trône,

et la fiancée de leur père. Mais le voici qui revient ! (Photo extraite du site du Figaro, Mithridate et Aspasia)

 

Patricia Petibon et Michael Spyres

 

L'interprétation d'Aspasia était ici chantée par Patricia Petibon, et celle de Mitridate par Michael Spyres,

Farnace par Christophe Dumaux, et Sifare par Myrto Papatanasiu, qui est une soprano. En effet, dans

l'écriture de Mozart, le roi est ténor, le prince aîné est contre-ténor, et le prince cadet est sopraniste,

les deux rôles des princes étant initialement tenus par des castrats. L'idée est assez surprenante, quand on

songe au souci permanent qu'avaient tous ces princes de s'assurer une descendance, et que Mozart, qui avait beaucoup

voyagé dans les cours d'Europe, devait bien connaître. Un peu de malice juvénile de la part du compositeur, peut-être ?

 

Cette distribution explique en partie que Mithridate soit un opéra peu joué, et la solution retenue par le

Théâtre des Champs-Elysées, confronté au problème du prince Sifare dont la tessiture est très haute, de

donner le rôle à une jeune soprano. L'inconvénient est que l'on perd en différence de timbres dans les duos entre

Sifare et Aspasia, puisqu'il s'agit alors de deux premières sopranes. Mozart ne savait pas que deux siècles et demi après

la création de son opéra, l'on ne mutilerait plus personne pour chanter plus haut... (et c'est bien heureux !)

 

L'autre raison qui fait de Mithridate un opéra peu joué est son côté statique un peu austère. Le metteur

en scène Clément Hervieu-Léger a introduit un peu de mouvement en créant une fausse mise en abyme, c'est-à-dire que

nous voyons des artistes lyriques en train de répéter l'opéra Mithridate à proximité d'une salle de spectacle, et l'opéra

prend corps sous nos yeux petit à petit, il y a même le souffleur qui  intervient distinctement par deux fois pour rappeler

quelques mots oubliés. C'est moins statique, mais plus embrouillé pour le spectateur, qui n'a pas eu le temps

de lire le gros programme disponible à l'entrée, et qui ne s'est pas documenté avant de venir voir l'opéra.

J'aurais, personnellement, compris plus vite l'intrigue si les princes et la fiancée du roi avaient été costumés en princes.

Mais Clément Hervieu-Léger explique très bien ce qu'il a voulu faire, dans la vidéo ci-dessous:

 

Clément Hervieu-Léger explique sa mise en scène

 

Cependant, l'intrigue se poursuivait sur le plateau, le roi atrocement jaloux de son fils cadet amoureux

de sa fiancée, et réciproquement, sommant celle-ci de l'épouser quand même, et arrêtant l'audacieux,

l'autre fils le trahissant avec les Romains. La fiancée avait tenté de mettre fin à ses jours par le poison,

mais avait été sauvée. Ce sera Mithridate qui mourra, revenu victorieux d'une guerre menée

avec ses fils, mais blessé, et unissant, avant de mourir, son fils cadet avec sa fiancée.

Les chanteurs principaux, au centre Mithridate et Aspasia à sa droite

Les chanteurs principaux, au centre Mithridate et Aspasia à sa droite

Plus on avançait dans l'intrigue, plus les chanteurs effectuaient des prouesses, plus ils étaient applaudis.

On ne peut que s'étonner de ces parties très aiguës et très acrobatiques composées par Mozart pour

les interprètes de son opéra. Toutes les voix sont des sopranos pour les femmes, et dans les voix

d'hommes, la plus grave est un ténor qui monte haut dans les aigus! Il s'agissait d'une commande,

et l'on peut se demander si Mozart ne s'est pas livré ici à un exercice de style.

 

L'opéra a été très applaudi, la salle était manifestement ravie de sa soirée, des chanteurs, de l'orchestre,

et de la musique. C'était une très belle représentation, félicitations à tous !

 

Un salut bien bas un peu risqué, mais une photo amusante!

Un salut bien bas un peu risqué, mais une photo amusante!

Ce spectacle a été enregistré, et sera diffusé ultérieurement à la télévision sur la chaîne Arte, et à la radio

sur France Musique. Il sera mis en ligne et visible en streaming à partir de demain soir 20 février sur le

site internet d'Arte. Voici aussi un article très intéressant paru dans Télérama en ligne,

pour les lecteurs qui souhaiteraient approfondir le sujet.

Il est visible au Théâtre des Champs Elysées jusqu'au 20 février.

 

Un dernier mot, Mithridate est passé à la postérité par sa phobie du poison, qu'il absorbait par doses croissantes

pour y accoutumer son corps, nous laissant .la "mithridatisation"...

 

Sylvie, blogmestre

 

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18 février 2016 4 18 /02 /février /2016 09:32

Le 17 février 2006, l'un de mes amis chers est décédé prématurément. Quand je l'avais connu, il était journaliste dans

une station régionale de Radio France. Il était aussi mélomane, et avait été choriste. Aller écouter le Requiem

de Duruflé ce 17 février, dix ans après, au grand auditorium de la Maison de la Radio s'imposait comme une évidence.

Requiem de Duruflé

Le concert débutait à 19h, soit une heure plus tôt que les concerts habituels de soirée. A 18h, alors que j'attendais en gare

RER, il y eut à Bourg-la-Reine une rétention du train que nous convoitions, au profit de deux rames qui ne s'arrêtèrent pas...

quinze minutes de patience ! J'arrivai cependant à temps à la Maison de la Radio, où, d'ailleurs, des auditeurs furent admis

même après le début du concert. Les flasheuses de billets étaient en panne, on nous ôta les codes-barres à la main...

Mon voisin remarqua que plusieurs personnes pouvaient alors passer avec le même billet sans être détectées !

Le placement était libre, le parterre était plein et la corbeille se remplit aussi complètement, à l'exception

de la partie arrière, fermée, car il y aurait de l'orgue. Des retardataires,

ne trouvant plus de places en bas, s'installèrent au centre du premier balcon.

 

Le grand auditorium de la Maison de la Radio, 17 février 2016

Le grand auditorium de la Maison de la Radio, 17 février 2016

Le concert, qui ne comportait que des œuvres de Duruflé, commença par les quatre motets

a capella que le compositeur avait écrits à des fins liturgiques, mais qui sont plutôt joués en concert :

Ubi caritas, le si joli Tota pulchra es, Tu es Petrus, et Tantum ergo. Le Choeur de Radio France était

dirigé par Florian Helgath, un jeune chef allemand gracieux et concentré. Il y eut beaucoup

d'applaudissements après cette première partie.

 

Une deuxième partie comportait une œuvre pour orgue de Maurice Duruflé, écrite en hommage à

Jehan Alain, musicien mort pour la France en 1940, « Prélude et fugue sur le nom d'Alain ». Interprétée

par Yves Castagnet sur l'orgue du grand auditorium, que j'entendais pour la première fois (et dont j'espère que les

milliers de tuyaux ont été dûment parrainés!) Le grand orgue a un son agréable et un peu assourdi (pour moi,

c'est une qualité, de la part d'un orgue), comme une voix qui aurait un léger souffle lui donnant un charme

particulier. L'oeuvre utilise la correspondance entre les lettres du nom Alain et la notation anglo-

saxonne de la gamme musicale A=la, B= si, C=do, etc... puis s'inspire des Litanies écrites par

son confrère musicien. L'orgue et l'organiste furent aussi très applaudis.

 

Yves Castagnet et la console de l'orgue de l'auditorium

Yves Castagnet et la console de l'orgue de l'auditorium

Puis vint le Requiem, qui dura une quarantaine de minutes, à quatre voix mixtes, accompagnées

par l'orgue (Maurice Duruflé a aussi écrit deux autres versions, avec orchestre symphonique, ou

avec petit orchestre et orgue, dans lesquelles j'ai chanté). Ce Requiem, opus 9, comprend neuf parties.

Quatre choeurs : Introit, Kyrie, Domine Jesu, Sanctus, un solo central de mezzo-soprano sur le Pie Jesu,

et quatre autres choeurs : Agnus Dei, Lux aeterna, Libera me, In Paradisum. Il est aérien, éthéré.

Je pensais que c'était parce qu'il alterne des mesures de longueurs différentes qui le désarticulent

(et n'en facilitent pas l'exécution!) mais le livret attribue à ses origines grégoriennes cette particularité

angélique. Je reconnais que ma connaissance théorique de l'écriture grégorienne ne va pas encore jusqu'à compter

les temps dans les mesures, mais j'y songerai ! L'écriture de l'oeuvre pour choeur et orgue est plus dépouillée

et plus funèbre que celle qui comprend un orchestre, laquelle est plus flamboyante. A plusieurs

reprises pendant ce concert, je constatai que j'avais des frissons. Le choeur, puissant, à quelques

mètres en-dessous de moi, et l'orgue derrière lui provoquaient une réaction physiologique,

particulièrement dans le Hosanna, qui monte fortissimo dans les aigus, et dans le Libera me.

Ah, le Libera me du Requiem de Duruflé ! Avec son Dies irae incorporé, inattendu, arrivant quand on ne

l'attendait plus, qui s'enflamme comme une torche, calamitatis et miseriae, puis s'éteint progressivement,

dum veneris judicare seculum per ignem... la chair de poule était une réponse appropriée !

Puis les sopranes du choeur se désincarnèrent pour voler très haut dans la lumière éternelle,

chantant In Paradisum, car ce Requiem-ci va au-delà du Lux aeterna, il convoque le choeur des anges

pour donner au défunt l'éternel repos, aeternam habeas requiem. Amen.

 

Je n'ai pas pris de vidéo pendant le concert, c'était un concert de recueillement, un anniversaire, une commémoration,

et il est habituellement interdit de filmer ou de photographier un concert dans le grand auditorium. J'ai pris une photo des

solistes et du chef, aux saluts. La partie de mezzo-soprano du Pie Jesu était chantée par Daïa Durimel,

qui est alto, et la partie de baryton du Domine Jesu et du Libera me était chantée par Patrice Verdelet.

 

Le chef, Florian Helgath, et les solistes alto et baryton

Le chef, Florian Helgath, et les solistes alto et baryton

Mais j'eus la chance, comme après le Requiem de Mozart de samedi dernier, d'avoir l'appareil photo en fonction au

bon moment, puisque, après les applaudissements et les saluts, après le concert, donc, il y eut un bis, que j'ai

enregistré, puisque ce n'était plus le concert ! Il s'agissait d'une autre pièce religieuse de Maurice Duruflé,

un Notre Père, la dernière pièce religieuse écrite par le compositeur. Je le mets en ligne ici, sous réserve

de désaccord de la part du Choeur de Radio France, ou des ayants droit du compositeur

(dans cette éventualité, la vidéo sera retirée, merci de contacter le blog).

 

Notre Père de Maurice Duruflé, Choeur de Radio France, direction Florian Helgath

 

Ce fut un très beau concert, merci à tous les participants pour l'ambiance recueillie et la qualité de

l'interprétation, merci au public chaleureux qui a apprécié cette belle œuvre à sa juste mesure.

 

Je ne vous dirai pas ce que mon ami évoqué faisait, avant d'être journaliste, sinon vous soupçonneriez,

comme moi, qu'il a participé, avec le choeur des anges, à la conception de cette soirée !

 

Sylvie, blogmestre

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17 février 2016 3 17 /02 /février /2016 11:07

Il y avait hier soir un très beau concert de motets de Bach et de Mendelssohn à Notre-Dame

de Paris, où de nombreux auditeurs, tant Parisiens que touristes avaient convergé.

Bach et Mendelssohn

Le concert était interprété par la Maîtrise de la cathédrale, Choeur d'adultes,

sous la direction de Henri Chalet. Les motets étaient chantés a capella,

ou avec un accompagnement d'orgue, joué par Yves Castagnet.

Bach et Mendelssohn

En avant-propos, un prêtre de la cathédrale présenta le concert, rappelant que l'oeuvre de

Jean Sébastien Bach était tombée dans l'oubli un siècle après sa mort, et que Félix Mendelssohn,

qui habitait Leipzig comme son confrère musicien, lui rendit le rang et la popularité mérités

par son génie musical. Bach avait ensuite beaucoup inspiré les romantiques allemands.

 

Le concert avait ceci de particulier que le maître et l'élève de cœur se rejoignaient dans les

textes et la musique, et que la succession des pièces de l'un et de l'autre, entremêlées,

produisait une impression de ressemblance et de continuité.

 

Nous avons entendu les choristes de la Maîtrise commencer le concert du fond du choeur de la

cathédrale, invisibles à nos yeux, par une fugue à quatre voix de Mendelssohn, a capella, comme sortie

de nulle part. Puis, sous les applaudissements, les choristes féminines apparurent et se mirent en place

devant l'autel, pour un "Veni Domine" du même auteur à trois voix, accompagné à l'orgue. Elles furent

rejointes par les choristes masculins, dont l'entrée fut aussi applaudie, pour un troisième motet de

Mendelssohn, à quatre voix avec une soliste alto. A partir de la seconde pièce,

chaque motet fut applaudi à la mesure de l'émotion suscitée.

Après les trois motets de Mendelssohn, était intercalée une pièce de Bach, « Komm, Jesu, komm »,

dont un extrait vidéo figure ci-dessous. C'est un double choeur, à huit voix, accompagné au petit orgue,

dont l'écriture complexe fait jaillir l'une ou l'autre voix (et qui m'a fait penser au « Sind Blitze » de la Passion

selon Saint-Matthieu si vous vous souvenez). Ces quatre motets demandent de l'aide divine,

l'homme a des ennemis, il souffre, son corps est las, il aspire à un ailleurs meilleur.

 

Johann Sebastian Bach: extrait de "Komm, Jesu, komm"

 

Deux autres motets de Mendelssohn demandaient la paix et le repos. Ils étaient chantés à quatre voix,

et accompagnés à l'orgue de choeur, le deuxième motet ayant au début un long solo de soprano, chanté

par Maria Lueiro Garcia, qui répondait ensuite au choeur, et que j'ai filmé sur une deuxième vidéo.

 

 

Felix Mendelssohn: extrait de "Hör mein Bitten"

 

Dans le motet suivant, de Bach, à quatre voix, avec orgue, c'était un mourant qui remettait son âme

à Dieu pour l'ultime voyage. Suivait un « Laudate pueri » de Mendelssohn, seule pièce en latin du concert,

toutes les autres étant en allemand, qui invitait les enfants à louer Dieu. La même louange, en allemand

cette fois, était reprise dans le « Lobet den Herrn » de Bach qui suivait, et dont un extrait constitue la

troisième vidéo de ce concert. Le mourant est arrivé au ciel, le motet se termine par un Alleluia.

 

Johann Sebastian Bach: extrait de "Lobet den Herrn"

 

En conclusion de ce très beau concert, dirigé avec beaucoup de fougue par Henri Chalet, et brillamment

interprété par les choristes de la Maîtrise, un dernier motet de Mendelssohn glorifia la Trinité, pour

les siècles des siècles. Le concert fut très applaudi, c'était mérité.

 

L'une de mes voisines m'avait dit avant le concert qu'elle entrait pour la première fois dans la cathédrale. Je crois qu'elle a

aimé le concert et j'espère qu'elle reviendra. La cathédrale, comme toutes les cathédrales de France, appartient

à tous les Français. Son caractère essentiel de lieu de culte ne la rend pas moins ouverte à tous sur le plan culturel,

dont relevait ce concert, dans le respect de chacun, de l'édifice, et des parties réservées au culte, bien entendu.

 

Pour les amateurs de Jean Sébastien Bach qui sont nombreux parmi les lecteurs de ce blog, la

Maîtrise de Notre-Dame de Paris, Choeur d'adultes, chantera en concert la Passion selon Saint-Jean

les 9 et 10 mars prochains, et j'ai l'intuition que ce seront deux très beaux concerts...

 

Sylvie, blogmestre

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16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 15:16

J'ai vu hier soir à l'Olympia un concert au bénéfice de la recherche sur la maladie d'Alzheimer.

J'avais acheté un billet pour ce concert, car ma mère est atteinte d'une pathologie de ce type, en croyant que le concert

avait lieu un mardi... C'était un lundi, j'avais donc un conflit d'activités, découvert pendant ce week-end, j'ai choisi le concert

au détriment de ma participation à la répétition chorale, toutes mes excuses, mais je pense que chacun comprendra...

 

Billet pour concert généreux et lieu mythique

Billet pour concert généreux et lieu mythique

C'était la première fois que j'entrais dans ce lieu mythique qu'est l'Olympia, où tous les grands

artistes de variétés et de musique pop sont passés, et ne pus m'empêcher de penser à Brel,

aux Beatles, et aux fauteuils cassés des concerts de rock ! J'étais à l'Olympia...

 

La soirée débutait par une présentation de l'action menée grâce aux fonds récoltés par ces galas

(c'était le 11ème), et par la participation de généreux donateurs, l'organisation de tombolas, etc...

Plusieurs personnes vinrent parler, je retins que grâce à ces dons, beaucoup de chercheurs étaient

financés, qu'il y avait une stratégie pour susciter la générosité (on s'en doutait un peu...)

 

Grâce à ces dons, l'on avait pu acheter un PET/IRM d'une valeur de 5 millions d'euros, qui est en service à l'hôpital

de la Salpêtrière, et qui actuellement examine douze malades d'Alzheimer par jour. (Petite digression: le PET/IRM est un

appareil d'imagerie médicale perfectionné qui permet de visualiser le métabolisme, le fonctionnement, et les modifications

structurelles du cerveau, dans les maladies dont il souffre). Dans le cas de la maladie d'Alzheimer, lePET/IRM

permet de suivre l'évolution d'une maladie déclarée, ou d'en faire un diagnostic précoce, sachant que les traitements

dont on dispose actuellement pour cette maladie permettent de ralentir son évolution, mais pas de la guérir. Grâce à ces

dons, l'on peut aussi financer des chercheurs, et leur attribuer des prix. Un jeune chercheur indien fut ainsi distingué pour

ses travaux sur les gènes qui prédisposent à développer la maladie d'Alzheimer, et le métabolisme des protéines amyloïdes

formées dans le cerveau par la maladie. Le Dr Rajendran, récipiendaire du prix, nous dit avec une grande modestie

et pas mal d'humour, qu'il était heureux, lui qui était Indien, travaillait en Suisse, et s'exprimait en anglais

d'être couronné par une association française...

 

Le sympathique lauréat du prix européen Jeune chercheur

Le sympathique lauréat du prix européen Jeune chercheur

Après les allocutions et distinctions, remerciements, vint la partie musicale. Un jeune homme que je

ne connaissais pas, et dont je n'ai pas retenu le nom (c'était une soirée pardon pour les oublis!), chanta

une chanson inspirée par la maladie d'Alzheimer, presque trop pertinente, j'en avais les larmes aux yeux.

Cette saleté de maladie détruit la personne concernée, mais aussi la famille qui est autour, qui souffre d'ailleurs davantage

que le/la malade, lequel ne se rend pas bien compte la plupart du temps... « je crois que je perds un peu la mémoire... »,

disent-ils, puis parfois il y a un éclair de lucidité, alors c'est la crise d'angoisse. Donc, les chansons un peu trop pertinentes

sont très lourdes pour les personnes de l'entourage, pudiquement qualifiées d'  « aidants », je le précise pour les

compositeurs de chansons, en ce sens qu'elles abolissent soudainement les distances que nous mettons mentalement

avec la maladie de nos proches, les minces armures personnelles qui permettent de supporter la situation.

 

Ce fut avec un certain soulagement que j'entendis les chanteurs passer à un autre répertoire. Sandrine

Kiberlain était la marraine de la soirée, je découvris qu'elle chantait aussi bien qu'elle jouait, elle fut rejointe par

Nolwenn Leroy, qui était l'une des raisons de ma présence à ce concert, car ma mère, dans ses dernières années de

lucidité, avait développé une passion juvénile pour cette artiste, qu'elle était allée écouter en concert toute seule,

en nous cachant où elle allait... puis était revenue ravie, toute fière de cet acte d'émancipation maritale de septuagénaire.

Je vais lui envoyer la photo de Nolwenn qui est dans le livret, à présent qu'elle est en maison de personnes

âgées dépendantes, elle va la montrer à toute la résidence ! Laurent Voulzy rejoignit Nolwenn Leroy,

ils interprétèrent ensemble « Wight is Wight » de Michel Delpech.

 

 

Puis se succédèrent Alain Souchon (il y avait eu Pierre Souchon au début, qui était l'organisateur de la

soirée), Carla Bruni, puis Oldelaf, qui se plaignit que Carla ne lui avait pas fait la bise, et nous chanta une composition

de circonstance, plus pudique que les autres chansons du même registre, donc mieux reçue de ma part.

Puis il interpréta un succès de Julien Clerc, avec une belle énergie, et une participation de la salle.

 

 

Vincent Delerm nous fit chanter « Il est libre, Max ! », tube des années 80, et je ne sais plus qui chanta

(soirée pardon oubli !) en duo « Le lundi au soleil » de Claude François, mais que c'était drôle de chanter

du Cloclo à tue-tête comme quand j'avais treize ans...!  Il y eut aussi les Brigitte, et quelques participant(e)s

que je ne connaissais pas. Maxime Leforestier nous chanta « Mon frère », aux paroles touchantes,

dont l'enjeu vocal pour les néophytes est de ne pas terminer une tierce au-dessous de ce qu'il faudrait (je l'ai beaucoup

chantée, autrefois), puis « La rouille » en duo très réussi avec Carla Bruni, une chanson mélancolique

de rupture virtuelle, qui finit bien, celle qui a fait connaître son auteur, que j'ai regretté de ne pas avoir filmée.

Le concert passa très vite, et ce fut le moment des dernières chansons, « Belle-Isle en mer » d'abord,

 

 

puis « Vole », composée spécialement pour l'occasion, et difficilement soutenable pour moi, dont la famille

a éclaté du fait de la maladie de ma mère, avec tous les drames qui se sont ensuivis. Mes parents ne connaîtront jamais

le PET/IRM de la Salpêtrière, parce que ce n'est pas ce que l'on avait décidé pour eux, ailleurs. Quand la même chanson

a été reprise, je suis sortie de la salle, pardon aux artistes, la résistance humaine a ses limites... mais

merci pour ce concert et votre dévouement à cette cause!

Voici une photo prise à la fin du concert.

 

Tous les artistes du concert pour les dernières chansons

Tous les artistes du concert pour les dernières chansons

Il faisait froid sur le boulevard des Capucines, que je prenais autrefois à mobylette pour aller travailler au central PTT de

Paris-Bourse, rue Vivienne, où j'étais auxiliaire d'exploitation pendant les vacances d'été des classes préparatoires.

Le Palais Garnier brillait dans la nuit, nulle chauve-souris dérangée par les conciliabules amoureux d'une cantatrice

faustienne s'ébattant sur le toit, ni aucun fantôme de l'Opéra, pas même dans la très profonde station Auber ...

 

Sylvie, blogmestre

 

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