18 avril 2020 6 18 /04 /avril /2020 20:35

Le 17 mars, deux heures avant le confinement, je suis allée voir Notre-Dame, que je n'avais pas vue de

près depuis plusieurs mois (mais de loin, si). Quoique je me tienne informée régulièrement des progrès ou retards de

l'état d'avancement de sa consolidation, précédant sa restauration, force est de constater qu'on ne nous dit pas tout, et

que l'un ou l'autre reportage remet en cause nos certitudes sur le bon déroulement de sa convalescence. Ce 17 mars,

elle venait, in-extremis, d'être consolidée avant l'interruption des travaux, mais je ne le saurais que plus tard.

Les rues étaient déjà vides, et les commerces fermés. J'ai fait le tour de l'édifice, où une exposition de photos

présente les travaux et recherches qui sont faits sur les restes calcinés de ce qui fut sa charpente de

chênes multi-séculaires, et des pièces tombées lors de l'incendie. Les photos, étant recouvertes d'une

pellicule plastifiée, brillent à la lumière et reflètent les cafés de l'autre côté de la rue. Des genres d'ex-votos

textiles ornent deux troncs d'arbres, et une rose a séché, accrochée à une barrière.

 

Musique: Eia Mater, fons amoris, extrait du Stabat Mater d'Anton Dvorak


Les rosiers de la crypte semblent avoir été entretenus, le parvis est à nouveau visible, et les marronniers sont

débarrassés de la palissade métallique, qui ceint le chantier et a reculé. Pour le reste... l'échafaudage qui avait

commencé à être démonté est toujours là, suite à l'arrêt du chantier dû au confinement, des pignons sont

toujours emmaillotés, je remarque une tente au dessus du choeur, qui le protège de la pluie,et

continue ma reconnaissance. Comme d'habitude, j'ai du mal à repartir, à quitter l'île de la Cité.


L'anniversaire de l'incendie  a été honoré par plusieurs chaînes de télévisions, dont les films sont

visibles en replay: KTO a filmé une célébration autour de la couronne d'épines du Christ le Vendredi

Saint, c'est la deuxième dans la cathédrale depuis le sinistre, Arte, France 2, TMC, et en beaucoup plus

dérangeant, BFMTV, ont produit des reportages. Celui tourné par France 2 a ma préférence, car il est

plein d'espoir: Il a suivi le chantier pendant un an, tous ces héros artisans qui fabriquent des cintres pour empêcher

les arcs-boutants de pousser les murs, voltigent pour débarrasser les voûtes des poutres calcinées, ou adroitement

d'une statue qui risquerait de précipiter un pignon dans le vide. TMC a retracé le sauvetage de Notre-Dame

par les pompiers (plus visible en replay), qui ont toujours autant de mérite et de courage (surtout quand on voit

les flammes de près). Arte a fait un reportage assez difficile sur l'état du bâtiment,

et BFM se demande qui peut bien avoir voulu du mal à une merveille inoffensive de 850 ans...
 


Je relaie ici une chorale virtuelle constituée de 50 choristes et musiciens de la Maîtrise de Notre-Dame,

qui ont chanté et joué pour l'occasion le dernier choeur de la Passion selon Saint-Jean de Bach,

c'est parfait, comme d'habitude, même quand ils chantent à distance...

 



Et puis, Notre-Dame elle-même a participé par son bourdon Emmanuel, actionné à la main

successivement par plusieurs sonneurs (le battant pèse une demi-tonne) à marquer l'anniversaire de son

drame personnel (le bourdon s'utilise dans les circonstances graves), mais aussi à soutenir

les soignants dans le drame collectif de l'épidémie actuelle.

 

Sylvie, blogmestre

 

Les notifications concernant cet article n'arrivent pas non plus (3 envoyées, article mis en ligne le 20 avril à 17h)

pas davantage que les notifications des articles précédents, et le colis de mes parents est toujours hors localisation.

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12 avril 2020 7 12 /04 /avril /2020 20:36

J'ai été réveillée ce matin avant 7 heures par des gazouillis divers... Avez-vous remarqué comme on entend les

oiseaux depuis que les humains sont moins bruyants? En revanche, à 20 heures, les applaudissements de soutien

provoquent des envols effarouchés... Souhaitons-leur de se reproduire abondamment pour repeupler les arbres.

Profitez les oiseaux, pendant que nous sommes confinés, faites des nids et pondez beaucoup!

(ci-dessous un nid avec les oeufs bleus des bouvreuils propriétaires, et un gros oeuf gris de coucou)

 

 

Ci-dessous la vidéo de Pâques, une énergique interprétation du "Et resurrexit" de la Messe

en si mineur de JS Bach, par The English concert, sous la direction de Harry Bicket.

 

 

Sylvie, qui a tenté de chanter la messe en si jusqu'au Sanctus aujourd'hui

(ceci a achevé mes capacités respiratoires... le Osanna pour un autre jour)

 

Article publié le jour de Pâques, 12 avril 2020 à 21h36, notifications envoyées mais pas reçues, la routine.

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2 avril 2020 4 02 /04 /avril /2020 11:30

J'ajoute ma petite contribution à la débrouille ambiante, en proposant un masque fait de mouchoirs,

en coton et en papier, sur le modèle du porte -serviette, le mouchoir en coton étant le porte-serviette du mouchoir

en papier qui sert de filtre interne au masque. Pourquoi des mouchoirs? Parce que leur vocation est d'être

en contact avec le nez, et qu'ils ne contiennent donc pas de toxiques qui pourraient être inhalés.

Ce masque comporte deux épaisseurs de toile fine de coton et huit épaisseurs de fibres de cellulose.

La vidéo ci-dessous en détaille la fabrication, excusez les quelques fautes ou erreurs. Pas besoin

de patron, rien à découper, à part l'élastique, et le fil de couture.

 


Choisissez un joli mouchoir, tant qu'à faire! Pas trop grand, sinon il vous recouvrira aussi les oreilles, ce n'est

pas le but souhaité. Quand vous rentrerez de l'extérieur après l'avoir porté, enlevez le mouchoir en papier

qui est à l'intérieur et jetez-le, puis faites tremper le masque-mouchoir en coton dans de l'eau savonneuse

pendant dix minutes, le savon tue le virus éventuel en le faisant éclater. Ensuite vous rincez et savonnez,

re-rincez le masque et le mettez au séchage, bien propre pour un usage ultérieur.

N'oubliez pas, avant de le réutiliser, de glisser à l'intérieur un autre mouchoir en papier neuf plié en deux.

Et portez-vous bien!


Sylvie, blogmestre-ingénieur

 

Cet article a été mis en ligne le 2 avril vers 11h45, évidemment il a fait l'objet de notifications

aux abonnés de ce blog, et comme d'habitude, elles ont été bloquées par les salauds

qui interceptent ma connexion internet en toute impunité. Je ne l'effacerai pas.

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26 mars 2020 4 26 /03 /mars /2020 11:45

Bonjour camarades confiné(e)s...

Le Festival de Saint-Denis et France Musique ont eu l'excellente idée de nous mettre en ligne

un concert donné il y a quelques années en la basilique de Saint-Denis, par l'Orchestre national

de France et le Choeur de Radio France, sous la direction de Daniele Gatti, interprétant

l'une de mes oeuvres mendelssohniennes préférées, Elias, l'oratorio du prophète.

 

 

Vous avez le lien ci-dessus pour l'écouter en ligne, vous ne pourrez pas avoir l'image plein écran car les sites

restreignent ce qui consomme beaucoup de bande passante. Cette interprétation est musicalement magnifique,

et si vous lisez les sous-titres vous verrez que l'oeuvre est plutôt bien adaptée aux circonstances.


Sylvie, blogmestre
 

Article mis en ligne le 26 mars vers 11h55, quatre notifications envoyées et non reçues...

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20 mars 2020 5 20 /03 /mars /2020 19:38

J'espère que vous allez bien. Je me remets doucement du virus qui nous vaut des plaisirs domestiques

à n'en plus finir, après ma quatorzaine de rigueur. Place aux sujets qui font plaisir... D'abord, pour ce soir, je vous

informe que l'Opéra de Paris, ici l'opéra Bastille, qui a perdu ses spectateurs progressivement, puis

définitivement, au cours de ce mois de mars (demain c'est le printemps!), a néanmoins enregistré sa dernière

production, Manon de Jules Massenet, le 10 mars, sans spectateurs. Ainsi tout le travail des chanteurs et de

 

 

l'orchestre ne sera pas perdu pour tout le monde, puisque cet opéra est visible en ligne. Il s'agit

d'une opérette, donc de musique joyeuse. Eh bien ça tombe à pic pour nous changer les idées!

Merci à Philippe Jordan, et à l'Orchestre de l'Opéra national de Paris et son choeur.

Profitez-en ce week-end, Manon est visible jusqu'au 22 mars, c'est-à-dire dimanche.

 

Sylvie, blogmestre

 

Cet article a été mis en ligne le 20 mars 2020 vers 20h10

(pour le cas très improbable où vous n'auriez pas reçu de notification)

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9 février 2020 7 09 /02 /février /2020 17:36

L'assemblée générale de l'association des scientifiques au service de la restauration de Notre-Dame,

dont je fais partie, s'est tenue vendredi dernier de 16h30 à environ 19h à l'Institut national d'histoire de l'art,

dans le 2è arrondissement, près du Conseil d'Etat, du Théâtre du Palais Royal et de la Comédie Française,

près aussi du Ministère de la culture (dont je n'avais jamais réalisé qu'il était aussi proche du Conseil d'Etat).
 


Il faudra que j'explore le bâtiment qui semble très intéressant, pour la souris de bibliothèque que je suis

(mais je ne grignote pas les ouvrages, rassurez-vous).


L'association compte aujourd'hui environ 250 membres, docteurs ou doctorants, Français ou non,

dont une cinquantaine étaient présents, les plus éloignés ayant la possibilité de suivre l'AG via internet

(en théorie, car en pratique ces connexions multiples cafouillent souvent, cependant nous y sommes parvenus). Nous avons

revu et corrigé les statuts d'origine, apporté des modifications notamment sur l'adhésion de praticiens non

docteurs, examiné les premiers mois d'existence et les premières réalisations de l'association, les

propositions de partenariats avec d'autres institutions, les demandes de la presse et de services publics.

Nous avons programmé des travaux de recherche et des opérations de communication, recensé les

spécialités et aptitudes des uns et des autres, listé les besoins. Il n'y a plus qu'à faire... J'ai trié mes quelques

centaines de photos de Notre-Dame avant l'incendie, qui ont pris une valeur historique de mémoire.

Les dernières n'ont même pas dix mois...
 

Le médaillon de la voûte au-dessus du transept, en dessous de la flèche, détruit dans sa chute

Le but de cette association est d'être une référence en matière de savoirs liés à Notre-Dame de Paris,

et de pouvoir fournir des interlocuteurs spécialisés aptes à répondre aux questions. J'ai aimé l'ambiance

universitaire, qui me manque un peu. J'ai aussi aimé échanger avec des historiens, mes collègues n'en prennent ombrage!

Je suis rentrée chez moi par le bus*, pour voir Notre-Dame au passage, n'étant pas assez en forme pour faire

une excursion de nuit sur l'île de la Cité. A ma surprise, sa façade (côté ouest) était éclairée (j'ignore depuis quand,

c'était la première fois que je retraversais Paris en bus depuis le début des grèves), ainsi que son chevet (côté est)

à l'arrière. En attendant de pouvoir y aller, je la regarde de loin par les caméras de surveillance de Paris, mais le vent 

secoue beaucoup la caméra, actuellement, et on ne voit pas grand chose, d'autant qu'elle n'est pas éclairée ce soir.
 

Notre-Dame "vue" par les caméras vidéo de Paris  le 9 février  2020 vers 18h30, 
vue similaire le 10 février 2020 vers 15h30, la caméra semble avoir subi des dommages !

Si vous voyez autre chose que moi, merci de me prévenir...


Sylvie, blogmestre (al)chimiste

 

 

Méfiez-vous si vous sortez, les branches cassées volent bas!

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20 janvier 2020 1 20 /01 /janvier /2020 14:53

Samedi 18 janvier, pour la 250è année de la naissance de Beethoven, il y avait à

la Philharmonie  de Paris la réplique du super-concert que le compositeur donna à Vienne en 1808,

dans lequel il présenta à la fois ses 5è et 6è symphonies, trois choeurs d'une messe en ut majeur,

un concerto pour piano, un air lyrique pour soprano, deux fantaisies pour piano dont une avec

choeur et orchestre. Le concert de 1808 avait pour but de sensibiliser les auditeurs à toutes les

facettes du talent du compositeur, chef d'orchestre et pianiste, et ainsi d'obtenir davantage de

subsides de la part de ses généreux mécènes. Samedi soir, à la Philharmonie, il y avait

deux concerts successifs, interprétés par le Wiener Symphoniker, dirigé par

Philippe Jordan, pour le même programme de 1808.
 


Les réservations étaient complètes, mais je parvins à acheter un billet à la revente, au dernier rang

du 2è balcon, derrière la scène, d'où l'on voyait très bien, en se penchant en avant. Le concert

de 16h30, pour lequel j'avais un billet était celui de la 6è symphonie.
 


Malgré le retour annoncé des transports en commun, et mon départ précautionneusement avancé,

nous avions été bloqués dans chaque gare du RER B à partir de Port-Royal. A peine étais-je

descendue, à Châtelet, que c'était la ligne 1 du métro (pourtant automatisée) qui tombait en panne...

Finalement, en zigzagant, j'étais arrivée in-extremis dans la salle de concert, alors que l'on

applaudissait l'orchestre et le chef, et j'eus juste le temps de m'asseoir avant les premières notes.

J'avais une vue imprenable sur les bois qui allaient gazouiller dans la symphonie pastorale... 
 


Cette interprétation d'une oeuvre que je connais par coeur par un orchestre viennois,

a priori dansant, même symphonique, dirigé par un chef d'orchestre d'opéra, a priori

lyrique, fut d'une intensité dramatique et picturale surprenante. Dans la scène de l'orage,

je vis la coccinelle éjectée de sa feuille par l'impact brut de la pluie, et la grenouille béate levant son

joli regard de myope cerclé d'or vers l'eau du ciel. Puis quand la rivière se calma, après

moult remous et soubresauts, je réalisai soudain à quel point cette musique avait

dû inspirer Smetana pour la Moldau (Vltava), la rivière qui traverse Prague, dans l'une

des scènes du poème symphonique consacré à son pays, qu'il écrivit 50 ans plus tard.
 


J'aime la sixième symphonie pour son côté nature, son bonheur bucolique sans

arrière-pensées, sans contenu politique ou héroïque (mais peut-être deviendra-t'elle un jour

un hymne environnemental...), la simplicité de ses évocations champêtres, ses oiseaux.

Même quand le ciel gronde, on sait que la coccinelle remontera sur sa feuille, qu'il

n'y aura pas de morts par inondation, que les paysans retourneront à leurs champs,

et que le blé blondira sous le soleil revenu. Au XIXè siècle c'était une description rurale

et naturaliste. Au XXIè siècle, c'est le souvenir charmant de ce qui fut, mais qui a

été modifié par l'homme, au point que tout phénomène naturel peut dégénérer en

catastrophe. Les coucous de la symphonie sont les victimes collatérales de la disparition des petits

oiseaux, dont ils ne peuvent plus usurper les nids pour se reproduire, et les cailles sont emballées

au rayon surgelés des magasins pour les fêtes de fin d'année... La nuit dernière, vers six heures

du matin, j'ai été réveillée par le chant d'un merle, rossignol des banlieues, et suis

allée ouvrir la fenêtre pour écouter avec surprise ce petit chanteur nocturne qui s'expri-

mait bravement au milieu de l'hiver gelé. Rossignol, caille et coucou constituent le trio

d'oiseaux de la symphonie pastorale, incarnés par la flûte, le hautbois et la clarinette.
 


A la fin de cette superbe interprétation de la sixième symphonie de Beethoven, qui

fut très applaudie, le chef salua et fit lever les pupitres, ci-dessus les instruments

à vents. Des personnes sortirent, je pensais qu'il s'agissait de l'entracte (il n'y avait plus de livret

à mon arrivée dans la salle), mais après un remaniement de l'orchestre, le chef revint

accompagné d'une jeune femme blonde habillée d'une robe bleue. S'ensuivit un

"air de concert" nommé "Ah! perfido" où une soprane (je pense qu'il s'agissait de

Jacquelyn Wagner) parvient à s'imposer par dessus une quarantaine d'instruments

principalement des cordes, bois et aussi quelques cuivres. J'ai aimé, mais compris

au coup de barre qui me frappa qu'il était probablement temps de rentrer chez moi. La soprano

fut très applaudie, avec des bravos sonores lancés par le public

pour son étonnante prouesse vocale.
 


Comme vous pouvez le voir sur la photo ci-dessus, l'appareil photo fut lui aussi victime d'un coup

de barre... Je suis sortie du bâtiment, recevant au passage un jeton de rentrée pour la deuxième

partie, qui durait jusqu'à 18h50 (jeton que je restituerai à mon prochain passage). L'air frais me fit

du bien, mais je sentis que l'heure à venir serait en trop par rapport à ma petite forme actuelle. 
 

 


Etait-ce la fraîcheur? L'appareil photo avait retrouvé sa netteté... Je pris le tram Porte de Pantin, et

bien m'en prit, un autre incident étant survenu à Châtelet, selon des passagères qui montèrent en

chemin. Un second tram puis un bus plus tard, et j'étais de retour chez moi, après une halte en

pharmacie. Contente d'être parvenue à aller entendre cette belle symphonie.

Heureuse de mon après-midi! Merci à l'orchestre symphonique de Vienne, à

Philippe Jordan, et aux solistes et choristes que j'ai pu ou n'ai pas pu entendre.


Sylvie, blogmestre


PS: le concert original donné par Beethoven en 1808 fut semble-t'il raté, tant

pour la longueur de la prestation devant des auditeurs accoutumés à plus court,

que parce que les musiciens avaient été recrutés à la hâte et avaient trop peu répété.

Pour tout compliquer, le compositeur, peu amène, s'accrocha avec nombre de ses

exécutants. Néanmoins, il a son fan-club fervent, même parmi les plus jeunes, voir ci-dessous.
 

 


 

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11 janvier 2020 6 11 /01 /janvier /2020 18:15

Ca faisait plus d'un mois que je rongeais mon frein en voyant la grève des transports s'éterniser

alors que mes parents m'attendaient dans leur maison de retraite. Enfin, une ouverture se présenta,

juste avant les manifestations du 9 janvier... Le 7 janvier roulaient des trains entre Paris

et Toulouse que je pouvais prendre, dans les deux sens. Il y avait même du RER le

matin (mais pas de métro ni de bus à l'heure considérée, et plus grand chose le soir au retour

dans la capitale). Je suis donc allée à la gare en voiture, à 6h du matin, et ce fut plutôt

aisé (ne riez pas, lecteurs, une neuro-Lymie redoute les parkings, et bien d'autres situations ) 

 


Je pris mon billet sur un automate, il fallut en courtiser trois pour trouver celui qui accepterait

de m'en délivrer un, mais un autre client après moi, plus persuasif, parvint à intimider l'automate n°2.

Puis, je pris mon TGV, et changeai de wagon, optant pour une place double en haut du

wagon 1 moins plein que le bas du wagon 2 qui m'avait été attribué par l'automate courtisé.

Personne ne la revendiqua. Après deux heures de voyage, le soleil manifesta

sa présence entre les nuages, dans un petit jour gris bordé de rose.
 


Peu avant ou peu après, je vis une tour pour l'affût des palombes et devinai que

nous approchions de Bordeaux. A part un peu de retard, le voyage se passa

normalement,  comme vous pouvez le voir sur cette petite vidéo filmée avec la caméra

de l'ordinateur (ça demande quelques contorsions) entre Bordeaux et Montauban.



 

Je pris un taxi en gare de Toulouse, et rejoignis la maison de retraite de mes parents,

au-delà de Pibrac, un peu avant midi. Quand j'arrivai, ma mère était installée à une

table avec d'autres pensionnaires, pour une crêpes-party. Apparemment personne

ne m'attendait, pourtant j'avais prévenu la veille de ma venue, et confirmé depuis le train, dans la

matinée, que j'avais bien pu le prendre (le train). Mon père était dans une autre salle à

manger, je le vis arriver en chemise à manches courtes, claquant des dents, mais il ne voulut

pas que je lui prête un pull (pourtant très sobre et unisexe, le pull). On nous regroupa tous

les trois sur une table indépendante et nous eûmes le choix entre le menu prévu

ou les crêpes. Mon père mangea tout... deux repas, quel appétit ! J'ai pris deux

photos de mon dessert, des crêpes aux pommes cuites, avec de la chantilly, excellentes et très

photogéniques. J'ignore où sont passées ces photos de crêpes... le smartphone les a mangées.
 


Ci-dessus le dessert de ma mère, crêpes aux pommes cuites chantilly,

un peu plus en vrac dans son assiette que dans la mienne... 

Excellentes, les crêpes, encore merci et bravo !
 


Après le repas, feuilletage  d'un livre sur Paris avec ma mère, plein de photos,

 je tentais de susciter des souvenirs en racontant des histoires que nous avions

eues dans ces lieux. Un autre résident se montra intéressé, je lui prêtai le livre, alors

que ma mère entamait une bataille de cartes à jouer. Le résident égara le livre sur Paris, que nous

avons fini par retrouver. Entretemps, mon père était rentré dans sa chambre, et

ce fut l'arpentage des couloirs avec le fauteuil roulant de ma mère, pour le rejoindre,

et ma valise, où je transporte diverses choses qui pourraient leur plaire, selon les jours.

 


J'avais apporté une ardoise électronique multicolore pour mon père, qui dessine

très bien (les animaux ci-dessus sont de sa main, il s'agit d'un carton de présentation

de films familiaux) qui intéressa beaucoup... ma mère (elle ne dessine pas !) Enfin, il faut

s'adapter, ils changent d'une visite à l'autre. J'eus quelques échanges avec d'autres résidents,

dont un en espagnol (que je ne pratique pas, mais mon interlocutrice ne s'en formalisa pas).

Vers 16h15, il fut l'heure de repartir, un taxi était venu me chercher (pas de TER)

pour me ramener à la gare de Matabiau.
 


Le retour en train, l'unique de la fin de journée, se composait de deux parties: un

Inter-cités jusqu'à Bordeaux, et un TGV de Bordeaux à Paris. L'inter-cités de 17h19 était

affiché avec 35 minutes de retard, suite à une opération des forces de police en gare de Marseille...

Il arriva après 18h, j'utilisai la place réservée sur mon billet, en seconde classe.
 


L'inter-cités repartit de Toulouse avec 46 minutes de retard, et entreprit bravement de

rattraper le temps pour assurer la correspondance à Bordeaux. Quand il eut bien rattrapé, on nous

annonça par haut-parleur que la correspondance à Bordeaux était maintenue. Soulagement. Et là

ce fut Marmande... déconfiture, ralentissement extrême, même les voitures à 30km/h nous

dépassaient, cela dura pendant 20 à 30 minutes, je me voyais déjà obligée de passer la nuit dans

un hôtel bordelais ou sur un banc public... Puis nouvelle annonce: les deux chefs de trains s'étaient

concertés, et comme il n'y avait pas d'autre train pour regagner Paris avant le lendemain, ils avaient

décidé que le TGV de Bordeaux nous attendrait. On avait même mis les deux trains de chaque

côté d'un même quai pour nous faciliter le passage de l'un à l'autre. Merci, les chefs de trains!
 


Nous avons donc bondi sur le quai de la gare de Bordeaux Saint-Jean avec nos bagages, et

couru (les Parisiens courent après les transports en commun, c'est une caractéristique) pour

attraper le TGV de l'autre côté du quai. Ma place réservée était occupée, mais j'en trouvai une

plus confortable dans le même wagon. Finalement, le TGV aussi a couru après le temps,

et est arrivé peu après l'heure prévue, un peu plus tard que 23h. J'ai recouvré ma

voiture sans problème (et payé plus cher le parking que pour faire Bordeaux-Paris...), la

circulation était moins fluide que le matin vers 6h, je suis rentrée chez moi un peu avant minuit. Ma

voiture avait été "visitée" dans le parking, mais j'étais bien trop fatiguée pour m'en préoccuper.


Sylvie, blogmestre


PS: cet article manque un peu de photos, c'est parce que mon appareil photo, rechargé la veille

du voyage, était curieusement à plat de batterie quand j'ai tenté de m'en servir, ce qui explique

la participation impromptue de deux autres caméras, celles de l'ordinateur et du téléphone.

NB: neuro-Lymie = personne ayant développé une maladie de Lyme neurologique

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6 janvier 2020 1 06 /01 /janvier /2020 15:15

Profitant d'une embellie dans le service public du transport en commun, je suis allée hier soir à

Saint-Germain l'Auxerrois pour la messe de 18h30, en RER, et rentrée aussi

en RER! Partie d'Arcueil peu avant 18h, l'horaire annoncé fut respecté, et je suis arrivée vers

18h35 à la station de métro Louvre, et de là dans la jolie église sise sur une place où transitent

beaucoup de véhicules polluants qui noircissent sa façade (l'intérieur est heureusement protégé).

 


Je ratai l'Adeste fideles de l'entrée. Mon intention était de partir plus tôt, mais une

discussion sur internet, relative à la cathédrale, m'avait retardée, j'en parlerai ensuite. La messe

était présidée par Mgr Aupetit, archevêque de Paris, et célébrée  collectivement

par de nombreux membres du clergé diocésain. L'église était pleine, ce qui est toujours

agréable. La Maîtrise de Notre-Dame animait la messe, dirigée par Henri Chalet.
 

 

L'Evangile selon Matthieu évoquait les rois mages, ces savants qui apportaient

des présents au roi dont ils avaient vu l'étoile les informant de la naissance, ce qui

avait provoqué une certaine panique chez Hérode. J'ai retrouvé une photo de la crèche

provençale de Notre-Dame, où l'on voit les trois rois mages autour de la modeste crèche (eux aussi

ont été informés en songe qu'il était préférable d'éviter de renseigner Hérode au retour). 
 


Quelle place reste-t'il dans la science d'aujourd'hui pour l'intuition et les savoirs

parallèles? Si ces mages n'avaient pas cru aux songes, aux étoiles et aux prophéties, comment

auraient-ils trouvé ce petit bébé dans sa grotte, né parmi les animaux domestiques? Je suis repartie

avant la fin de la messe, pour avoir le dernier RER et ne pas arriver éreintée chez moi après

une heure et demie de correspondances, je repris le métro à 19h36* à la station Louvre, 
 

Le Louvre, de l'autre côté de la place, brille dans la nuit


et le RER à Châtelet, sans m'arrêter à Notre-Dame, hélas, pour la raison qui précède. C'était

cependant de Notre-Dame que j'avais parlé dans la journée, avec d'autres scientifiques, à propos

de l'interview du Général Georgelin, responsable de l'établissement public de restauration mis en

place par le ministère de la culture,  diffusée sur le site de la radio Europe 1, dans laquelle

il donnait l'état des lieux du chantier et les projets futurs pour la cathédrale. Voir aussi sur

France info la réponse de l'association des scientifiques pour la restauration, et des images.

 

 

Je signale aux personnes intéressées que l'ouvrage d'Eugène Viollet-Le-Duc, architecte

restaurateur de l'édifice au XIXè siècle, à qui l'on doit la cathédrale que nous avons connue

avant l'incendie, a été réédité, et proposé sur internet pour 5€. C'est un livre passionnant qui

donne l'histoire de la construction et beaucoup de détails intéressants, très compréhensible par tous.
 

Sylvie, blogmestre

 


 
 

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1 janvier 2020 3 01 /01 /janvier /2020 11:56

Ce dimanche, dernier de l'année 2019, il y avait en l'église Saint-Germain

l'Auxerrois la dernière messe grégorienne animée par Sylvain Dieudonné, devenu

un ami au fil du temps. Lors du concert du 27 décembre, décrit dans ce blog - et qui m'a

déjà valu une réclamation auprès de YouTube de la part d'une maison de disques pour atteinte

aux droits d'auteur sur une mélodie du XIIIè siècle, passée depuis très longtemps dans le

domaine public- lors de ce dernier concert, donc, on nous avait demandé de venir

nombreux à cette dernière messe grégorienne dirigée par Sylvain. 
 


Devant la carence en transports en commun, ce dimanche 29 décembre, je pris ma voiture, et

malgré quelques tentatives de Mappy pour m'égarer dans des sens interdits, j'arrivai à bon port

et à l'heure, et entrai dans l'église pendant l'introït grégorien de la messe. Le Kyrie,

tropé, était particulièrement soigné, avec une très jolie ligne musicale:
 


La messe était célébrée par le chanoine de Malherbe, assisté de Mgr Chauvet,

et animée par une vingtaine de choristes de la Maîtrise d'adultes et de l'Ensemble

vocal de Notre-Dame, à dominante féminine, sous la direction de Sylvain Dieudonné.

La Fête du jour était celle de la Sainte famille de Jésus, Marie et Joseph.
 


L'Evangile selon Matthieu racontait comment Joseph, père de Jésus, avait vu

un ange en songe lui disant de fuir Hérode, qui voulait tuer son fils, en allant

vivre en Egypte. Après la mort d'Hérode, tous trois revinrent en Israël, mais

évitèrent la Judée pour s'établir en Galilée, à Nazareth.
 


Puis ce fut la fin de la dernière messe grégorienne et de l'Ensemble vocal de Notre-Dame dans

sa forme originale et historique, un autre choc après l'incendie de la cathédrale. Je suis ressortie

de Saint-Germain l'Auxerrois, ai repris ma voiture, et longé les quais puis pris la rue de la Cité pour

passer devant Notre-Dame, toujours superbe et bienveillante, entourée de son nuage bourdonnant

de touristes, plus éloignés, mais dotés d'un zoom sur leurs téléphones portables,

et la saluai amicalement au passage, ne pouvant m'arrêter au milieu de la circulation.


Je souhaite une excellente année à Notre-Dame de Paris, qu'elle soit la réparation

des outrages subis en 2019. Je souhaite aussi une excellente année au maître de

chapelle grégorien de la cathédrale, qui a tant fait pour porter à la lumière les

trésors musicaux de l'Ecole de Notre-Dame, dont j'avais toujours la conviction que les

concerts et célébrations grégoriens faisaient vibrer de bonheur les augustes pierres.


Une excellente année aussi aux participants à cette dernière

messe grégorienne, et aux lecteurs de ce blog.


Sylvie, blogmestre


 

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