22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 09:11
Notre-Dame, la galerie autour du choeur

Notre-Dame, la galerie autour du choeur

C'était le titre du concert du choeur d'adultes de la Maîtrise de Notre-Dame, hier soir 21 février 2017,

en la cathédrale. J'y suis allée, et chance, j'ai pu avoir une place au premier rang.

Ave Maria

Le programme proposait une douzaine d'oeuvres dont une en trois parties, sous la direction de

Henri Chalet, accompagnées à l'orgue de choeur ou à l'orgue portatif par Yves Castagnet.

Quatre oeuvres étaient contemporaines, et huit étaient de l'époque Renaissance..

Ave Maria

Le concert s'ouvrait par un Ave Maria de Tomas Luis de Victoria, à quatre (4 voix je suppose),

qui fut chanté du fond du choeur de la cathédrale, et se terminait en miroir par un

Ave Maria à huit (huit voix) de Victoria, ci-dessous, qui fut chanté à l'avant de l'autel.

 

 

Ave Maria à 8 voix (extrait) de Tomas Luis de Victoria, oeuvre finale du concert

Après l'Ave Maria d'introduction chanté du fond du choeur, les choristes féminines se déplacèrent

à l'avant de l'autel pour chanter une oeuvre contemporaine de Yves Castagnet "O Notre-Dame du soir".

Elles furent rejointes par les voix masculines pour un "Cantate Domino" de Claudio Monteverdi

 

 

Cantate Domino de Claudio Monteverdi (extrait)

 

Puis le choeur féminin chanta une oeuvre de Caroline Marçot,  présente parmi les choristes alto,

intitulée "Nigra sum". Suivit une autre oeuvre contemporaine, de mémoire à quatre voix mixtes,

de Pierre-Adrien Charpy "Voici le sacre du Royaume" (habituellement je prends des notes pour les concerts

à oeuvres multiples mais étant au premier rang avec des voisins partout, je ne pouvais pas tout tenir en même temps!)

Puis le choeur au complet interpréta deux oeuvres de la Renaissance "Osculetur me" de Roland de

Lassus, et "Ave Maris Stella" de Claudio Monteverdi. L'une des oeuvres présentées fut chantée par

trois choeurs, deux petits choeurs de quatre choristes chacun, et un grand choeur central, les petits

choeurs étant disposés de part et d'autre aux extrémités de l'escalier de l'autel. Il me semble qu'il

s'agissait de l'Ave Maris stella de Monteverdi, la disposition rendait une photo ou une vidéo difficile, sauf à

faire un panoramique qui aurait dérangé mes voisins... le résultat musical était très réussi.

Le choeur d'adultes de la Maîtrise, Henri Chalet et Yves Castagnet

Le choeur d'adultes de la Maîtrise, Henri Chalet et Yves Castagnet

Une dernière oeuvre contemporaine féminine de Michèle Reverdy "Femme revêtue de Soleil"

s'incrusta parmi les compositions majoritairement masculines. Elle fut suivie de deux pièces de

Giovanni Gabrielli "Sancta Maria succure miseris", et "Beata es Virgo Maria". Puis il y eut une

messe de Hans Leo Hassler, en trois parties "Kyrie", "Sanctus" (le Sanctus figure en entier ci-dessous),

"Agnus Dei". Le concert se termina par le second Ave Maria de Tomas Luis de Victoria,

à huit voix, dont l'extrait vidéo est plus haut dans l'article.

 

 

Sanctus de la Messe de Hans Leo Hassler (en entier)

J'ai choisi de mettre en ligne trois extraits de musique Renaissance, parce que tous les

participants au concert y sont visibles, choristes, chef de choeur, et organiste.

 

Le public applaudit après chaque pièce, il applaudit aussi le prêtre qui présenta le concert, et

même entre deux morceaux de la messe brève de Hassler. Il applaudit surtout à la fin,

et le dernier choeur de Victoria fut bissé. Très joli concert, bravo à toutes et à tous!

Le concert s'est terminé vers 21h40.

 

Sylvie, blogmestre

 

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20 février 2017 1 20 /02 /février /2017 08:26

Hier, je suis arrivée presque à l'heure sur le parvis de Notre-Dame, à 10h01* (encore un effort, Sylvie!)

pour le début de la messe grégorienne, qui était célébrée par M. le chanoine Dupont-Fauville, et animée

par quatre messieurs de l'Ensemble vocal de Notre-Dame, sous la direction de Sylvain Dieudonné.

Dimanche 19 février 2017

Quoique je ne sois pas arrivée très tard, il me fut impossible d'avoir une feuille de cette

messe grégorienne, ce qui ne constitua pas un problème, car je pouvais la chanter par coeur.

L'Evangile selon Matthieu (c'est une année Matthieu), évoquait le principe antique "oeil pour oeil,

dent pour dent", et demandait de tendre l'autre joue si l'on vous giflait sur la joue droite. Le célébrant

nous apprit qu'il s'agissait d'une relecture, et que le "dent pour dent" était une modération de la riposte

qui vous arrachait la mâchoire (ce qui existe encore, même au XXIè siècle!) Quant à la gifle sur la joue droite,

je me suis demandé s'il n'y aurait pas un sens caché dans la proposition de tendre la gauche? En effet,

un droitier ne gifle pas un adversaire sur la joue droite, mais sur la joue gauche. Comme la latéralité

est importante dans les Ecritures, que pourrait aussi impliquer de tendre la joue gauche?

Répondre à l'agression en proposant deux fois plus qu'il n'est demandé par l'agresseur, de manière à

retourner l'agression pour en faire un don de soi, soit, mais la latéralité me pose question.

Dimanche 19 février 2017

A la fin de la messe, Mgr Chauvet nous annonça un concert le 21 février, de la Maîtrise d'adultes,

sous la direction de Henri Chalet, avec un programme d'Ave Maria de la Renaissance principalement.

Mgr Chauvet ajouta qu'il nous restait une semaine pour nous préparer progressivement au Carême,

le mardi gras (dernier jour de festin!) tombant le 28 février cet année. M. le chanoine Dupont-Fauville

ajouta quelques mots en anglais à la fin de la messe grégorienne après avoir constaté lors de

la communion qu'il y avait beaucoup d'anglophones à cette célébration.

 

La messe internationale qui suivit fut dite en français par Mgr Chauvet, avec des passages en

allemand et en italien (? il y a eu un problème de micro), et en anglais, par M. le chanoine de Malherbe.

Le Notre-Père de Rimski-Korsakov fut chanté en français. La célébration était animée par quatre solistes

SATB, qui chantèrent une messe en fa mineur de Josef Rheinberger (Kyrie, Sanctus, Agnus Dei),

accompagnés par Yves Castagnet à l'orgue de choeur (extrait ci-dessous du Sanctus par un autre choeur),

 

 

 

Nous sommes ressortis de Notre-Dame vers 12h40, et j'ai repris le RER à 12h42**.

 

Dimanche 19 février 2017

Sylvie, blogmestre

 

PS: lorsque je commets une erreur dans un article, notamment sur des noms de personnes, ce n'est pas volontaire, et

il est possible (bienvenu!) de corriger en m'envoyant un commentaire sur l'article concerné, merci beaucoup!

Les commentaires sont filtrés, si vous ne souhaitez pas qu'ils soient publiés, il suffit de le préciser.

Dimanche 19 février 2017
Dimanche 19 février 2017
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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 15:34

Hier soir, j'ai vu Fantasio au Théâtre du Châtelet. Fantasio est un opéra comique de Jacques Offenbach

qui a subi un sort tragique... Au départ, il s'agissait d'une comédie en deux actes d'Alfred de Musset,

écrite en 1836, mais qui ne sera créée qu'en 1866, après la mort de l'auteur. Paul de Musset, frère

d'Alfred écrira un livret d'opéra en trois actes à partir de cette comédie, qui sera mis en musique par

Offenbach en 1872. L'accueil de cette oeuvre, différente des opérettes produites par l'auteur jusque là,

n'est pas très enthousiaste. Elle sera jouée et chantée 14 fois, puis disparaîtra des scènes et des

bibliothèques. Pour être redécouverte au XXè siècle, dans une version allemande, puis en français, et

recréée au XXIè siècle. L'opéra d'Offenbach, tout neuf, est actuellement donné au Théâtre du Châtelet,

en place de l'Opéra comique, qui est en rénovation, jusqu'à la fin du mois de février 2017.

 

Fantasio

Heureusement, je n'étais pas partie tardivement, car des farceurs (?) avaient ôté le fléchage dans les sous-sols

du métro de la station Châtelet, ou quelque chose de ce genre... je suis sortie rue de Rivoli à 500 mètres

du théâtre, et bien contente de ne pas m'être retrouvée aux Halles sans l'avoir fait exprès.

 

J'avais une place de catégorie 4, corbeille côté jardin, à proximité de mon pilier favori en ce théâtre,

mais pas trop près quand même, pour raison de visibilité!

Fantasio

Voici le théâtre vu depuis ma place (même refaite, la photo a une couleur étrange!)

Fantasio

Le scénario est léger, on est entre l'opérette et l'opéra. Fantasio a été créé par Offenbach 9 ans avant

les Contes d'Hoffmann, entre deux opérettes. Il a de l'opérette le côté bouffon et l'humour du compositeur.

Il a de l'opéra une écriture vocale plus exigeante, et davantage d'introspection dans les caractères

principaux. Il a de l'opérette la conclusion heureuse, et l'absence de tragédie. Il est l'oeuvre d'un

compositeur qui doit son succès aux oeuvres légères et qui aimerait changer de genre en douceur...

Fantasio

Vous imaginez l'excitation du mélomane qui vient découvrir un opéra d'Offenbach inconnu...

Fantasio

Voici l'histoire: Fantasio est un jeune bourgeois bavarois, étudiant blasé et mélancolique, romanesque.

Il y a la guerre entre le royaume de Bavière et la principauté de Mantoue, et le roi de Bavière envisage

de marier sa fille Elsbeth au Prince de Mantoue pour obtenir la paix. Celle-ci rêve et entend les rêveries

de Fantasio par hasard, et réciproquement. Elsbeth était très proche du bouffon de son père, qui vient

de décéder. La place étant vacante, Fantasio décide de l'occuper, et s'habille en fou du roi.  Le Prince

de Mantoue arrive en Bavière pour les fiançailles, et imagine d'échanger son costume de muscadin

avec l'habit militaire de son aide de camp, pour tenter de séduire Elsbeth par son seul charme.

Le stratagème échoue lamentablement, d'autant que Fantasio, dans son rôle de bouffon, a chipé la

perruque du crâne de l'aide de camp déguisé en Prince de Mantoue... Enfermé dans une geôle, il est

visité par Elsbeth qui lui est reconnaissante de lui avoir évité ce mariage, et de s'être sacrifié pour

elle. Le Prince de Mantoue cherche comment ne pas perdre la face après avoir perdu sa perruque.

Finalement, après avoir déclaré la guerre à la Bavière, il décide de faire la paix, sans mariage.

Le roi de Bavière fait Fantasio Prince, et Elsbeth nourrit de doux sentiments pour lui.

Fantasio

Ci-dessus, la troupe sur la scène du Théâtre du Châtelet hier soir, lors de l'annonce de la bonne

fortune de Fantasio, sous une pluie de confetti, dont tout le théâtre a été destinataire!

 

Sur le plan vocal, Fantasio est une mezzo-soprane... A mon avis, ce fut l'une des causes du peu de

succès de l'opéra lors de sa création. Si Offenbach avait écrit le rôle pour un ténor, il se serait

probablement moins heurté à l'incompréhension (quel est l'intérêt de la mezzo-soprane de préférence

à un ténor, en 1872?) Marianne Crebassa, qui tient le rôle dans l'opéra présenté au Théâtre du Châtelet,

a une très jolie voix. Elle est grimée et habillée en garçon androgyne, ambigu. Mais sa voix n'est pas

androgyne, c'est clairement une voix de femme. Personnage ambigu donc, que ce Fantasio.

L'Orchestre philharmonique de Radio France accompagnait les chanteurs, sous la direction de

Laurent Campellone. La mise en scène était de Thomas Jolly, et Elsbeth était interprétée par

Marie-Eve Munger, très belle voix de soprano. Le choeur était chanté par l'ensemble Aedes.

Fantasio

Voici toute la troupe à la fin du spectacle, depuis ma place. Fantasio est en pull rayé, avec un bonnet

jaune à clochettes sur la tête, c'est celui à qui le chef d'orchestre baise la main... (ambiguïté, quand tu nous tiens! :-)

Elsbeth est en blanc, le roi porte une couronne, le Prince a un habit vert et tient la main de Fantasio (bis repetita...)

 

C'était une découverte très plaisante et agréable à l'écoute que cet opéra nouveau d'Offenbach.

Il a été enregistré par France-Musique, qui le diffusera ce soir, 19 février 2017, à 19h.

Une très belle soirée, je recommande chaudement les représentations suivantes!

A défaut, vous pouvez l'écouter sur France-Musique et il sera disponible sur Culturebox

de France Télévisions à partir du 22 février. Nous sommes sortis vers 23h,  et je suis repartie

par la Seine, pour éviter de me perdre à nouveau dans les couloirs du métro Châtelet.

Le Théâtre du Châtelet depuis le pont sur la Seine

Le Théâtre du Châtelet depuis le pont sur la Seine

Sylvie, blogmestre

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18 février 2017 6 18 /02 /février /2017 08:41

Après avoir absorbé moult vitamines, je fus apte à participer à la soirée du spectacle d'hier soir,

Saturday night fever, au Dôme du Parc des expositions de la Porte de Versailles.

Saturday night fever

"Saturday night fever" est un film américain de 1977 de John Badham, qui propulsa John Travolta

au rang de vedette du disco et relança la carrière des Bee Gees, un trio pop d'origine australienne.

 

 

Le spectacle que j'ai vu hier soir est une chorégraphie musicale bâtie sur l'histoire développée

dans le scénario du film, celle de Tony Manero, jeune Italo-Américain de Brooklyn, dans les

années 70, sur la musique des Bee Gees, qui avaient signé la bande originale du film.

J'avais une place de catégorie 4 à l'extrémité d'un rang dans un balcon latéral, mais la salle n'étant

pas complètement remplie, on nous replaça dans les rangs en-dessous, plus près de la scène.

Voici la vue sur la sène et le public, il y avait peut-être 2500 spectateurs, à vue d'oeil.

Nous n'étions que vendredi soir...!

Saturday night fever

Comme dans les oratorios classiques, un narrateur présentait les scènes, mais sans chanter,

qui se jouaient ensuite devant nous, par les danseurs principaux. Les mélodies étaient chantées par

un trio de chanteurs, une femme et deux hommes (la bande originale était chantée par les trois frères

Gibbs, Barry, Robin, et Maurice, Barry étant celui qui parvient à produire la voix de tête des tubes disco de

l'époque, et le leader du groupe, actuellement le seul encore vivant). Je ne dirais pas qu'il s'agit d'une comédie

musicale, car les acteurs principaux dansent (très bien), mais ne chantent pas. Deux acteurs

secondaires ont chacun interprété une chanson, accompagnés du trio qui chantait l'ensemble.

On ne voyait pas les musiciens. Les boules à facettes nous attendaient, scintillantes...

Saturday night fever

L'histoire est très simple, c'est celle d'une réussite à l'Américaine, qui eut un succès phénoménal à

la fin des années 70, du fait du charisme de John Travolta, ingénu déguingandé maladroit dans la vie,

mais transfiguré sur une piste de danse, et de la musique disco des Bee Gees. Tony Manero, donc,

joué ici par Nicolas Archambault, est un petit vendeur de bazar, qui habite chez ses parents, coincé

entre une mère bigotte et un père chômeur. C'est le samedi soir qu'il se révèle, sur la piste de l'Odyssée

2001 (clin d'oeil cinématographique!), où il est le danseur de disco le plus en vue de Brooklyn. Il fréquente

une bande de petits loulous de banlieue, et une certaine Annette lui tourne autour. Mais il rencontre

une danseuse de son niveau, Stéphanie Mangano, jouée par Fauve Hautot, à défaut d'être de sa

classe sociale, ce qu'elle ne manque pas de lui reprocher. Ils participent ensemble à un concours

de danse, qu'ils gagnent grâce à la xénophobie des juges, mais Tony remet le prix aux gagnants

latino-Américains légitimes. Ce geste lui vaut l'estime de Stéphanie, et Tony décide de changer de vie!

C'était remarquablement bien dansé, et bien chanté. Il y eut aussi deux extraits classiques revisités

disco, un extrait de la 5è symphonie de Beethoven, et un autre de la Nuit sur le Mont chauve

de Moussorgsky. Nous n'avons pas été invités à chanter, mais... à danser, avec un coach.

C'est-à-dire qu'à un moment du spectacle, on nous a appris la base de la danse disco, enjoy!

 

 

 

Ci-dessus, c'est le moulinet (regardez en plein écran), il y eut aussi le frottage de ventre, le Baloo,

et le genou qui gratte... là, j'ai éteint l'appareil photo pour jouer avec les autres, c'était trop drôle!

Merci Vimeo pour la deuxième vidéo, coincée par YouTube pour raison inconnue.

La première vidéo a été prise de ma place, la deuxième d'un peu en arrière, debout dans la travée, la

personne en blanc la plus proche à droite à l'extrémité du rang était assise juste derrière ma place.

 

 

 

J'ai beaucoup aimé la créativité des décors, il y a très peu de décors en dur, et beaucoup de décors

projetés sur des surfaces planes ou courbes, notamment de vues de New-York, des maisons

de Brooklyn, du métro, et de Manhattan, de loin, comme ci-dessous:

Saturday night fever

Même les parents de Tony étaient des images projetées, mais énormes, à la mesure

de l'écrasement que leur fils subissait de leur part...

Une excellente ambiance générale, joyeuse, on passe une très bonne soirée. A chaque

sollicitation de la salle, les papas et les mamans fonçaient devant la scène se trémousser avec

leurs ados ou pré-ados. Le spectacle dure environ deux heures, avec un entracte de 20 minutes.

Si vous aimez la musique des années 70, je recommande chaudement!

Saturday night fever

Sylvie, blogmestre

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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 09:33

Il y a un mois que je voulais voir, revoir plutôt, Lohengrin. La durée de l'oeuvre fut un obstacle, et j'avais

déjà renoncé une fois après avoir trouvé une place. Le calendrier des représentations, qui s'achève

samedi, fit que je décidai mercredi de passer une deuxième soirée d'affilée à l'Opéra Bastille.

 

La place ci-dessous a été achetée d'occasion, et faisait partie d'un lot de deux. J'ai un reçu pour la place 32,

qui était hier soir occupée par une jeune femme, laquelle avait dû acheter l'autre place en ligne, mon billet

était pour la place 30. L'acheteur initial  n'avait pas rempli le nom du porteur lors de l'achat, c'est la raison pour

laquelle le billet est à mon nom, puisqu'il est nécessaire d'y inscrire un nom avant de pouvoir l'imprimer.

Lohengrin

Le spectacle durait près de 4h et demie avec deux entractes. Il s'agissait de la 665è

représentation de Lohengrin à l'Opéra national de Paris, et de la 10è dans cette mise en scène.

L'Orchestre, le Choeur de l'ONP, et les solistes étaient dirigés par Philippe Jordan.

Lohengrin

Voici ci dessous la vue sur la scène depuis ma place, au second balcon:

Lohengrin

Créé en 1850 à Weimar, Lohengrin est le troisième opéra romantique de la maturité de Richard Wagner,

après Le Vaisseau fantôme et Tannhäuser, et avant Tristan et Isolde (qui a fait l'objet d'un article sur

ce blog l'an dernier, vu au Théâtre des Champs-Elysées, interprété par l'Orchestre national de France).

Deux passages de Lohengrin sont particulièrement connus, le prélude, et la marche nuptiale.

Voici le prélude, sur fond de château de Neuschwanstein, en Bavière, où le roi Ludwig II recevait

Wagner dont il fut le mécène très actif avant de sombrer progressivement dans la folie.

 

 

 

Lohengrin est un personnage du roman Parzival du XIIIè siècle de Wolfram von Eschenbach. Il s'agit

de littérature courtoise en vers, en allemand. Lohengrin est décrit comme un chevalier arrivant sur une

nacelle tirée par un cygne, pour apparaître à Elsa, fille du roi de Brabant défunt.

 

 

Lorsque j'ai vu Lohengrin pour la première fois, c'était d'une place haut perchée à tarif étudiant au Théâtre de

Mulhouse, il y a plus de 20 ans, et le héros ressemblait bien à l'image ci-dessus, dans sa nacelle (dont je voyais,

de ma place, le câble qui la tractait). A l'Opéra Bastille, la mise en scène avait abandonné le style heroic

fantasy (que je trouve pour ma part bien adapté à Lohengrin), pour un décor et des costumes

XIXè siècle qui ne font pas vraiment rêver. Lohengrin était en costume noir et chemise blanche,

sa seule excentricité étant ses pieds nus. Ce choix rendait la compréhension un peu plus ardue.

 

L'histoire se passe en Allemagne, originellement au Moyen-Age. Le roi de Brabant est mort en

laissant deux enfants, Elsa et son frère Gottfried, sous la tutelle du comte Telramund. Un jour, Elsa

rentre seule de la forêt, sans Gottfried qui a disparu. La soupçonnant du pire, Telramund renonce à

l'épouser, et choisit Ortrud à sa place, qui devient, on le devine, une marâtre pour la jeune fille.

Neuf ans plus tard, le roi de Germanie passe par là et apprend l'histoire. Il convoque Elsa qui dit avoir

vu en rêve un chevalier qui viendra la sauver. Le chevalier arrive avec son cygne, symbolisé par un

jeune homme doté d'une seule aile de cygne, dans la mise en scène de l'Opéra Bastille. Le chevalier provoque

Telramund et gagne le combat, et la main d'Elsa. Alors que celle-ci se prépare au mariage, Ortrud instille

le doute dans son esprit, car elle pense que le chevalier a agi par magie, et qu'il doit être possible

de s'en débarrasser. Elsa le presse de questions pour connaître son nom, ce qu'il refuse, et qu'elle

accepte sur le moment. C'est en prélude au du 3è acte que se situe le deuxième passage très connu

de Lohengrin, la marche nuptiale du couple qu'il forme avec Elsa (vers 3'30 dans la vidéo qui suit).

 

 

 

 

Mais Elsa est rongée de doutes, et continue de questionner le chevalier, qui a jusqu'ici refusé de lui dire

son nom, mais reconnait qu'il vient d'un lieu où il connaissait la félicité. Elsa craint alors qu'il l'abandonne

pour retourner à cette félicité... Il finit par lui donner son nom, ce qui rompt le mariage. Il est Lohengrin,

le fils de Parcifal, gardien du Graal, et c'est le Graal qui l'a envoyé vers Elsa. Le cygne de la nacelle

est Gottfried, le frère d'Elsa, qui aurait encore été cygne un an avant d'être rendu à sa soeur. Elsa

perd Lohengrin, qui retourne auprès de Parcifal, mais son frère lui est rendu , qui devient roi de Brabant.

Ci-dessous, les choeurs et Ortrud, l'épouse de Telramund, à la fin du spectacle. Ortrud, interprétée

par Michaela Schuster avait une voix très puissante, et fut très applaudie à la fin de l'opéra.

On voit une partie du décor, constitué au troisième acte d'une mare avec des roseaux, enserrée

dans un bâtiment en équerre avec des galeries et des portes closes. Les choristes, puis les

trompettes furent disposés sur les galeries, ce qui était pratique. En revanche, la couleur marron sombre

du dispositif, et surtout l'absence de premier plan au début du 2è acte, créait une impression de prison.

L'arrière-plan n'est pas visible sur mes photos, il n'était plus éclairé à la fin du spectacle.

Lohengrin

Voici le mariage d'Elsa et de Lohengrin, à la fin du deuxième acte. Elsa était en en blanc durant tout

l'opéra. Pour son mariage, les robes s'ornèrent de crinolines. Elsa était interprétée par Edith Haller,

qui a une belle voix de soprane, reçut la plus grosse part des applaudissements comme il se devait...

avec son chevalier nu-pieds, qui avait mis des chaussures pour le mariage, chanté et joué par

Stuart Skelton (au centre de la photo ci-dessous, entre Ortrud en noir, et Elsa en blanc).

Lohengrin

Et voici les saluts des chanteurs, avec Philippe Jordan monté sur la scène, à la fin du troisième acte,

et de l'opéra. Le personnage avec un costume militaire est le roi de Germanie. Philippe Jordan fut

applaudi à chacune de ses arrivées dans la fosse d'orchestre, et encore davantage à la fin.

Deux belles soirées d'affilée, dans deux styles complètement différents. Je me suis demandé si les

choristes qui chantaient Lohengrin avaient déjà chanté la Messe en si mineur la veille?

Le Choeur de l'Orchestre national de Paris, et l'Orchestre, furent superbes dans l'opéra de Wagner,

comme ils avaient été superbes la veille dans la messe de Bach. Bravo, et merci!

Lohengrin

Sylvie, blogmestre

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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 09:15

Hier soir, j'ai passé la Saint-Valentin avec Jean-Sé et Philippe. Et deux milliers de mélomanes,

réunis avec une petite centaine de choristes, solistes et musiciens dans le grand

amphithéâtre de l'Opéra Bastille, autour de ma messe emblématique préférée...

la Messe en si mineur de Jean-Sébastien Bach, oeuvre monumentale de plus de deux heures.

 

Messe en si mineur

C'était un concert de musique sacrée chanté par cinquante choristes du choeur de l'Opéra national

de Paris, avec l'orchestre de l'Opéra, dirigés par Philippe Jordan. J'avais la place depuis 4 mois!

Messe en si mineur

Dans le programme ci-dessus, Philippe Jordan expliquait qu'il faisait chanter un répertoire

classique à ses choristes lyriques pour entretenir leur souplesse et leur légèreté vocale,

et que Bach constituait, à cet égard, une véritable gymnastique musicale. Il n'avait pas

choisi l'oeuvre au hasard, mais pour son caractère hétéroclite, et parce qu'elle était

l'une des oeuvres chantées les plus difficiles pour le choeur.

 

La messe en si mineur est hétéroclite car elle a été composée de pièces qui existaient déjà dans l'oeuvre de Bach.

Le Gloria, par exemple, est une cantate. Au départ, le compositeur avait proposé la première partie de la messe, celle

qui va du Kyrie au Cum sancto spiritu. Par la suite, il ajouta la deuxième partie, et en fit une messe catholique, en

ajoutant un Sanctus (qui n'existe pas dans les messes protestantes) . La tonalité dominante est le si mineur,

mais on y trouve d'autres tonalités, notamment le ré majeur.

Messe en si mineur

J'étais tout en haut du 2è balcon, de face. La visibilité s'étant un peu réduite quand mon voisin de devant

s'assit (je ne voyais plus le chef, drame!), je passai à la place 3 qui était libre, deux places plus loin.

Le choeur et l'orchestre s'installent

Le choeur et l'orchestre s'installent

Voici le choeur et les musiciens. Vous constaterez qu'il y avait, pour cinquante choristes,

une bonne quarantaine d'instruments de musique, que le choeur dominait sans problème, ce qui

donne une idée de la puissance des choristes. De ma place, je n'entendais pas le clavecin ni l'orgue

de manière distincte, j'entendais les cordes, les cuivres, les vents, les timbales. Et les voix.

 

La messe en si mineur de Jean-Sébastien Bach, pour les nouveaux lecteurs de ce blog, est l'oeuvre chorale préférée

de Pierre Molina, chef de choeur des Choeurs de Paris 13, où j'ai chanté pendant 9 ans. En 2008, j'ai donc appris la

messe en si mineur, en soprane 2, car elle comprend des choeurs à deux voix de sopranes. J'ai eu l'occasion de la

chanter trois fois en concert, en l'église de la Trinité à Paris, en la cathédrale Saint-Pierre de Lisieux, en l'église de Rupt

sur Moselle, dans les Vosges. A la suite d'un remaniement des effectifs des CP13, j'ai aussi appris la voix de

première soprane. Pendant le concert d'hier soir, j'ai oscillé toute la soirée entre les deux voix de sopranes...

Il était amusant que, l'année où je suis passée à l'apprentissage du lyrique, le choeur de l'opéra ait fait la démarche

inverse, chantant la Messe en si mineur, alors que je vais chanter Carmen...Echange d'expériences intéressante!

Messe en si mineur

Dans le très long premier Kyrie qui ouvre la messe, en tonalité de si mineur, on constatait les différences

entre le choeur lyrique et le choeur classique, le choeur lyrique ayant une interprétation moins coulée,

moins legato, avec des notes tenues plus courtes, des attaques plus marquées, et une façon très

particulière de chanter les croches par deux. Il y avait un effort notable pour gommer le léger vibrato,

qui disparut complètement par la suite. En revanche, et Philippe Jordan en parlait dans le livret, le

choeur lyrique a une légère hétérogénéité que l'on s'applique à effacer dans le choeur classique,

alors que la pratique de l'opéra mettrait plutôt cette caractéristique en relief. J'admirai le deuxième

Kyrie, musicalement un peu torturé, superbe et donnant hier soir une fausse impression de facilité,

et souris devant l'explosion de la tonalité majeure retrouvée dans le Gloria. Les solistes étaient très bons,

mais la vedette de la soirée, c'était vraiment le choeur. Pour une fois, sur cette scène d'opéra où ces

choristes lyriques accompagnent des solistes à longueur d'année, les divas c'était eux!

 

Il y eut le redoutable Qui tollis, et ses demi-tons qui ne demandent qu'à vous faire baisser si vous n'y

prenez garde... impeccable. Puis le Cum sancto spiritu jaillit comme un feu d'artifice, me donnant des

frissons dans le dos! (je précise que je n'ai pas de manifestations physiques en le chantant...passer de

l'autre

côté est intéressant pour se rendre compte aussi de l'effet que l'on produit sur les auditeurs!)

Il clôturait cette première partie, brillamment exécutée. Je notai au passage l'excellente performance

des ténors dans la partie de fugue où ils sont solistes. Quand Philippe Jordan eut baissé les bras,

je lançai les applaudissements dans mon quartier du 2è balcon.

Messe en si mineur

Les musiciens des grandes formations institutionnelles étant tenus, pour raisons syndicales, de ne pas jouer plus d'une

heure et demie d'affilée, je crois, il y eut un entracte. Le concert reprit sur les deux Credos, le premier

à cinq voix SSATB, "Credo in unum Deum", fut enchaîné avec le second "Patrem omnipotentem",

plus claquant, plus brillant, à quatre voix SATB, avec une tessiture plus aiguë en soprane. Après un solo

qui permit au choeur de récupérer, il enchaîna le "Et incarnatus est", où j'observai que les choristes

détachaient le "Et" de l'attaque comme nous le faisions, en douceur. Suivit le Crucifixus, terminé par un

très beau pianissimo du choeur, digne et recueilli. Puis l'explosion de joie du "Et resurrexit", à cinq voix

SSATB, un choeur difficile mais superbe à chanter. Ci-dessous les petits secrets de la partition:

 

 

 

La messe en si mineur est une messe très contrastée, qui explose volontiers. Elle explosait hier soir

d'autant plus que les choristes de l'Opéra national de Paris sont capables de nuances très riches,

et passaient du super-pianissimo du Crucifixus au super-fortissimo du Et resurrexit sans aucun

effort visible (ce qui est moins aisé pour des choristes amateurs, je le confesse!) J'ai noté au passage la

belle performance des basses, cette fois, très à l'aise dans leur partie soliste sur ce morceau.

Après un dernier solo, la partie Credo se conclut par le Confiteor, que j'ai autrefois qualifié de "lego

musical" parce qu'il est formé de briques qui s'emboîtent, et que l'on sent que Bach a joué pleinement avec ces

briques "confiteor" se répondant dans les cinq pupitres. "Et expecto... expecto... resurrectionem mortuorum!"

concluait gaiement cette partie du programme, c'était le dernier morceau du choeur avant l'apothéose...

 

Messe en si mineur

Dans la dernière partie de la messe en si mineur, Bach a imaginé d'enchaîner trois choeurs difficiles:

un Sanctus lancinant, inimitable, impossible à confondre, à cinq voix, un "Pleni sunt coeli" à six voix en

doubles croches, très rapide et complètement épuisant, et un Osanna à huit voix, en forme de double choeur.

Après le passage solo du Benedictus, le Osanna est bissé... (comme dans toutes les messes)

Ci-dessous, un enchaînement des trois morceaux, par un choeur classique, le concert d'hier soir était

d'interprétation différente, car les voix lyriques sont plus riches en harmoniques, de différentes hauteurs,

que les voix des choristes classiques, mais cela donne une idée de la difficulté et de la beauté des trois choeurs

 

 

 

C'est le dernier flamboiement de la messe en si, l'équivalent du bouquet final d'un feu d'artifice. Ces

trois choeurs furent effectués avec maestria par le choeur de l'Orchestre national de l'opéra, qui sortit

toute sa puissance dans le bis du Osanna, au point que l'on aurait cru le concert fini. Mais l'oeuvre

se termine de manière apaisée, par l'Agnus Dei, un solo, suivi du Dona nobis pacem du choeur.

Je n'ai pas parlé des solos, qui étaient très bons, car on sentait la volonté de mettre les choristes

en avant dans ce concert, et parce que je parle mieux de ce que je connais bien. Quand j'avais appris la voix de

deuxième soprane du choeur, j'avais été frappée par le répit qu'elle apportait aux premières sopranes en les relayant

dans les hauteurs ici ou là pour leur laisser le temps de récupérer. Hier soir, les voix de solistes m'ont fait un effet

semblable, elles ont leur valeur propre, mais permettent aux choristes de retrouver l'énergie de continuer.

Ci-dessous, le témoignage de la satisfaction du public à la fin du concert

 

 

La scène est noire, c'est assez sombre, mais l'engouement du public était là!

La salle était pleine d'ailleurs, et il n'y avait plus de places en vente, à ma connaissance.

Il y a donc un public enthousiaste pour de grands concerts de musique sacrée à l'Opéra Bastille...

 

Sylvie, blogmestre

PS: le choeur de l'ONP a commenté cet article, je l'en remercie beaucoup (surtout les ténors! ;-)

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 18:40

(Voici la dernière partie du 12 février 2017, je suis arrivée sur l'Ile Saint-Louis peu avant 16h)

Les trois articles relatant la journée du 12 février sont à présent terminés. Merci de votre patience!

 

Après la Comédie Française, j'avais pris la ligne 7 du métro jusqu'à la station Pont-Marie.

 

Dimanche 12 février 2017

 

J'arrivai à 15h59* rue des Deux-Ponts et retirai un peu d'argent pour le cas où il y aurait une corbeille.

Saint-Louis en l'Ile accueillait un Requiem de Mozart, en entrée libre, joué par l'Ensemble orchestral

Vocations, et un choeur constitué à la suite d'un stage choral, sous la direction de Rèta Kazarian.

 

Dimanche 12 février 2017

 

L'église était pleine comme un oeuf, il y avait des auditeurs partout! Je parvins vers l'avant droit, derrière

le premier pilier, d'où je voyais au choix un peu d'alti et de basses, ou un peu de sopranes et la chef...

M. le curé de Saint-Louis en l'Ile vint nous dire que nous étions trop nombreux, mais que puisque nous

étions là, il nous autorisait à rester à condition que nous laissions les allées libres pour pouvoir circuler.

Le concert ne commencerait pas tant que des auditeurs occuperaient les allées. Ce qui fut fait.

Toutes les chaises étaient occupées, ainsi que les marches, je m'assis donc par terre en bout de rangée, sur ma parka,

j'entendis le Requiem en regardant le plafond ou les autres personnes, assises sur des chaises, debout, ou

assises par terre comme moi. Je n'avais jamais vu une telle foule dans Saint-Louis en l'Ile...!

 

Dimanche 12 février 2017
 
Ci-dessus, l'extrémité du choeur côté basses et alti, ci-dessous, l'extrémité du choeur
 
côté sopranes, avec de dos, la chef de choeur... et un gros pilier.
 
Dimanche 12 février 2017

 

Ce Requiem fut très beau et paisible. L'ambiance était fervente. Les auditeurs connaissaient

manifestement l'oeuvre, personne n'était là en touriste et ne s'enfuit parce qu'on ne pouvait pas

s'asseoir. Des personnes se relayèrent sur les sièges disponibles. J'ajoute deux autres

extraits musicaux du concert, l'image vise le plafond, ou les personnes debout, ce sera pour le son.

Ci-dessous l'alternance du Voca me féminin et du Confutatis masculin (bravo, messieurs!)

 

 

Ci-dessous, un extrait du second Quam olim Abrahae, constatez comme l'audience est sage...

 

 

 

Détails complémentaires: les choristes qui ont participé à ce concert connaissaient déjà le Requiem

de Mozart. Ils s'étaient inscrits à un stage de travail commun et d'interprétation sur environ

une semaine. A la fin de la semaine, ils ont produit ce concert, avec l'orchestre. Il existe des stages

de chant choral où l'on découvre l'oeuvre et où on la monte complètement, mais c'est devenu plus rare depuis

internet et les fichiers de travail téléchargeables et étudiables chez soi, qui font gagner du temps d'étude.

Le choeur était excellent, formé quelques jours plus tôt à partir de choristes qui ne se connaissaient pas

bravo à toutes et à tous, aux musiciens qui vous ont accompagnés,et à la chef qui vous a dirigés!

Ca m'a paru être une excellente idée que ce concert en entrée libre avec corbeille, le public y vient

beaucoup plus nombreux que lorsqu'il faut réserver à l'avance, et payer avant d'entendre.

 

Ci-dessous, j'ai filmé la fin du Cum sanctis tuis, les applaudissements, et le public si nombreux.

 

J'ai finalement participé par chèque à la corbeille de la fin, puis ai complété ma monnaie en ressortant, vers 17h02**

Ensuite, j'ai oublié que le retour était plus court par Notre-Dame, et je suis repartie par Pont-Marie...

Rentrée chez moi vers 18h. Fourbue!

 

Sylvie, blogmestre

 

Dimanche 12 février 2017
Dimanche 12 février 2017

 

 

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 18:36

( Voici la suite de l'article précédent, nous sommes le dimanche 12 février 2017 vers 13h15)

Je repris le RER à la station Luxembourg, pour me rendre à la Comédie Française, où j'avais

réservé une place pour "La Règle du Jeu", une adaptation du film de Jean Renoir.

 

Dimanche 12 février 2017

J'aime beaucoup Jean Renoir, et avais déjà tenté de réserver une place la semaine précédente,

mais le théâtre était déjà plein. Ce fut pareil le 12 février. J'étais à la corbeille. Quand nous

sommes arrivés, un grand écran blanc était déployé sur la scène, comme on voit ci-dessous:

 

Dimanche 12 février 2017

 

J'ai souhaité avant de commenter ce spectacle, me donner le temps de revoir le film de Jean Renoir

dont il est une adaptation. Renoir présenta la Règle du Jeu au public en 1939. Ce film, qui fut considéré

par la Nouvelle Vague comme "le Film des films" (François Truffaut), à partir des années 60, connut un

succès mitigé à sa sortie en France en 1939. Il peignait une tragédie gaie dans le milieu de la grande

bourgeoisie, illustrant ses échanges de partenaires, ses vices, ses cruautés, sa légèreté. Tout ceci

enrobé dans la gaieté de bon vivant de Renoir, qui jouait dans le film le rôle d'Octave, l'ami de chacun.

Le film, localisé d'une part à Paris, d'autre part dans un manoir de Sologne, retraçait avec acuité l'état

d'esprit ambiant à la veille de la seconde guerre mondiale, l'insouciance, allant jusqu'au meurtre.

 

 

Je ne saurais trop conseiller aux spectateurs de l'adaptation donnée à la Comédie Française de revoir

le film de Jean Renoir avant de voir le spectacle, sous peine de ne pas tout comprendre. On le trouve

en vidéo sur internet, à louer, ou encore mieux en projection individuelle au Forum des images, forum des Halles.

 

Après avoir revu ce film qui est considéré comme le chef d'oeuvre de Renoir et l'un des meilleurs

films qui existent, voici mes commentaires sur le spectacle.Il commençait par un film tourné à la

Comédie Française, place Colette (mise en abyme), une joyeuse bande donnait une fête, et se filmait

dans la fête. Les fêtards reprenaient le texte du scénario du film de Renoir, transposé à la Comédie

Française, qui devenait la maison bourgeoise où l'on accueillait un sportif venant de réussir un exploit,

un héros dont l'unique commentaire fut le regret de l'absence de la femme qui l'y avait poussé.

Les invités, très nombreux, ce qui ne facilitait pas l'identification des personnages, se cherchaient

des costumes pour la fête. Tous les placards de la Comédie Française y passaient, et il y eut quelques

truculences vestimentaires... Les dames devenaient des lapins, costume de type Bridget Jones aidant,

mais avec une ambiance qui vira au Blair Witch du plus bel effet. Gros plans, puis énormes plans de

visages terrifiés dans le noir, courses aux lapins dans les couloirs sombres... Puis les lapins apparurent

dans la salle avec leurs poursuivants, et nous fîmes partie du film... Enfin l'écran remonta et une partie

des comédiens que nous avions vus à l'écran montèrent sur scène, chantant du Charles Aznavour,

et du Dalida, faisant la fête armés de champagne. Attention, c'est un spectacle participatif: je me suis

retrouvée à chanter "Parrroles et parrroles et, parrroles, encore des parrroles..."et à agiter les bras, voir ci-dessous!

Image France 3, Dalida entre à la Comédie Française!

Image France 3, Dalida entre à la Comédie Française!

La version scénique, réalisation, mise en scène du spectacle est de Christiane Jatahny. Il fallait oser!

Renoir disait que son film était un film de guerre. L'auteure de l'adaptation semble souscrire à cette

opinion,tant les scènes de poursuite des jeunes femmes déguisées en lapins sont filmées de manière

terrifiante (dans le film de Renoir, il y a un vrai carnage de lapins, avec la scène culte de l'agonie du lapin,

que Jatahny reprend très bien en filmant l'une des comédiennes en très gros plan, rimmel coulant et oeil

terrifié... couic!) C'est avant Dalida... L'un des acteurs, complètement décalé, nous a beaucoup amusés

par ses costumes extravagants mais aussi parce qu'il chantait très bien je rajouterai son nom quand j'en

serai sûre. Le couple vedette qui se trompe mutuellement était joué par Suliane Brahim dans le rôle de

Christine, et Jérémy Lopez, dans celui de Robert, le bourgeois qui invite, et filme tout le monde.

Ces deux acteurs interprétaient le duo Roméo et Juliette de Shakespeare l'an dernier, il s'agit je suppose

d'un clin d'oeil, à moins que ce soit l'illustration de la dégradation des moeurs contemporaines! Une séquence

moins fun mais terriblement d'actualité fut la surveillance des spectateurs par drone, qui correspond

à la lorgnette utilisée dans le film de Renoir par Christine, qui lui révèle la liaison de son époux avec

Geneviève. Le spectacle se termine par une séquence filmée, qui après l'interlude aviné et musical

est extrêmement brutale. Le garde-chasse Schumacher abat par méprise le héros sportif du jour qui

reste tout sanglant sur une place Colette désertée, filmé par le drone qui s'éloigne de la scène du crime,

ainsi que les acteurs, témoins, Robert ayant déclaré qu'il s'agissait d'un accident. Clap de fin.

 

Dimanche 12 février 2017

Le choix d'alterner le film et la scène est discutable. Le film amplifie, de par la taille des images, et du

pouvoir de scruter les visages dont il dispose, les effets émotionnels. La caméra à l'épaule utilisée,

en l'occurrence, procure un mouvement incessant doublé par celui des acteurs. Le spectateur se

retrouve pris dans un tourbillon d'images dont il ne comprend la teneur que très superficiellement, et

surtout le rôle de chacun dans le drame. La mise en abyme du film qui se passe dans le théâtre dans

lequel les spectateurs viennent de prendre place accentue la perte de repères. Lorsque une partie

des acteurs vus dans la première partie filmée vient sur scène, il y a une sorte d'affadissement du

propos, du fait de la prise de distance soudaine créée par la distance aux corps des acteurs.

La deuxième partie filmée rend au drame son déroulement fatal,et la scène finale du meurtre, du déni,

et du drone qui filme la place Colette de plus en plus haut est remarquable, cinématographiquement

parlant. Dans ce spectacle, si l'unité de lieu est plus ou moins respectée, c'est la mixité des moyens

qui provoque une rupture: les parties filmées ont beaucoup plus de force et de violence que la partie

jouée sur scène, c'est surprenant pour la Comédie Française, et je me suis demandé

la raison de ce choix. Si vous avez la réponse... merci de m'en faire part. J'ai aimé!

 

Le spectacle se termina vers 15h45, et je sautai dans le métro

pour rejoindre l'Ile Saint-Louis, via la station Pont-Marie.

 

Sylvie, blogmestre

(La suite du 12 février 2017 est dans l'article suivant)

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 09:52

{L'article original publié le 13 février au matin sous le titre "Dimanche 12 février 2017" a été fractionné en trois parties,

celle ci est la première chronologiquement, puis il y a la partie La Règle du Jeu (article suivant), puis la partie

Requiem de Mozart à Saint-Louis en l'Ile (article encore après) les trois parties s'étant déroulées le 12 février 2017. 

 

Samedi 11 février, malgré l'envie que j'en avais, je n'ai pu aller entendre Water Music en l'église de la Madeleine, donné

par l'Orchestre Paul Kuentz... Fatigue. Hier matin, j'étais pourtant prête à l'heure pour partir à Notre-Dame, mais un

incident survenu la veille m'incita à renforcer le dispositif de protection du domicile avant mon départ.

Je partis de chez moi vers 9h45, ratai un train, et arrivai à 10h20* sur le parvis.

Dimanche 12 février 2017

L'Evangile du jour était l'une des plus astreignantes que la religion catholique ait pu produire. Elle est

surhumaine dans son exigence... "Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer

en jugement. Si quelqu'un insulte son frère, il devra passer devant le tribunal. Si quelqu'un le traite

de fou, il sera passible de la géhenne de feu."  etc... ce que le prêtre célébrant commenta avec

beaucoup de justesse en disant que même en vivant seul nous pourrions potentiellement nous

disputer avec nous-mêmes... (cela m'arrive, pas vous?) Il s'agit, comme l'on dit en mathématiques, d'une

  asymptote vers laquelle nous devons tendre, la nature humaine étant imparfaite et ne nous permettant

pas d'être de naissance tel(le) que la religion chrétienne nous demande d'être. Elle est là pour nous

rappeler quel est le but, nous fixer les repères. Il y a des gradations dans ces exigences, et, faute de

parvenir à toutes les respecter, nous les respectons dans l'ordre de leur gravité... mais ce n'est pas

suffisant. La solution, après réflexion semble être d'en choisir une que nous ne respectons pas, et de

nous efforcer de la respecter. Quand cette première est acquise, en choisir une autre. S'efforcer

de progresser par paliers. Se refaire une conduite. C'est difficile dans le monde qui nous entoure!

Dimanche 12 février 2017

La Maîtrise de cette messe grégorienne  était composée de quatre voix aiguës, trois jeunes

femmes et un contre-ténor. La messe fut dite en latin et partiellement en français, chantée en latin.

Je n'avais pas beaucoup de voix, et eus de plus en plus de mal à rester debout sans bouger. Ce fut pire lors de la

messe internationale qui suivit, une douleur vive au dos qui me coupait le souffle, je dus rester assise une partie

de la messe. Cette deuxième messe fut dite en français, anglais, italien, et chantée par un quatuor SATB,

dont l'alto était un contre-ténor, donc trois messieurs et une jeune femme. Les solistes chantèrent

une messe brève de Mc Millan (Kyrie, Sanctus, Agnus Dei), et un chant de communion en anglais

de Gerald Finzi, "My spirit sang all day", dont voici une vidéo ci-dessous

 

 

On nous annonça les prochains concerts, dont un concert d'orgue le 14 février, et

les conférences de Carême. Les quêtes du jour étaient destinées à aider les hôpitaux parisiens,

pour la partie excédant l'offrande habituelle. Je sortis de Notre-Dame vers 12h45** et repris le RER

pour aller déjeuner*** au Luxembourg, et prendre un antidouleur d'urgence avant de me rendre à la Comédie

Française, où j'avais réservé une place pour "La Règle du Jeu", une adaptation du film de Jean Renoir.

J'étais un peu anesthésiée par l'anti-douleur, mais je n'avais plus mal, c'était déjà ça!

 

Vous pouvez lire la suite de ma journée du 12 février 2017 dans l'article La règle du Jeu

puis dans l'article Requiem de Mozart à Saint-Louis en l'Ile qui suivent.

 

 

Sylvie, blogmestre

 

Dimanche 12 février 2017
Dimanche 12 février 2017
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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 19:43

C'est sur Arte, et visible en vidéo pendant 7 jours, l'opérette "La Belle Hélène" de Jacques Offenbach

présentée au Théâtre du Châtelet en 2015, dans la mise en scène de Pierrick Sorrin et

Giorgio Barberio Corsetti. Attention version comique, régalez-vous! (de préférence en plein écran)

 

Je vous invite à aller sur la page du site d'Arte voir cette vidéo, car lorsque je l'incruste

dans le blog, la vidéo se lance automatiquement ce qui n'est pas l'objectif souhaité...

 

 

Aga, Aga, Aga... memnon!

 

Sylvie, blogmestre

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