6 décembre 2016 2 06 /12 /décembre /2016 08:24

Hier soir à la Philharmonie de Paris était donné l'oratorio Elias de Felix Mendelssohn,

par l'ensemble choeur et orchestre Pygmalion, sous la direction de Raphaël Pichon. J'y étais!

 

Article en cours de rédaction

Elias et Pygmalion

J'étais placée à l'arrière-scène, plus près de la scène que d'habitude.

Elias et Pygmalion

L'ensemble Pygmalion joue sur instruments anciens, et j'étais un peu surprise de le voir à l'affiche

dans la grande salle de la Philharmonie, les formations de ce type (je pense plus particulièrement

à l'ensemble de Jordi Savall, ou aux Arts florissants de William Christie, entendus l'an dernier), se produisent plus

volontiers dans la salle de la Cité de la musique, plus petite et plus propice aux instruments anciens.

Ci-dessous, l'orchestre s'est installé, et les choristes se mettent en place derrière lui. Le choeur est

composé de 8 pupitres de 5 choristes chacun, à l'exception des premières sopranes, qui sont 7.

Quarante-deux voix pour cette grande cathédrale musicale colorée de la Philharmonie, il va falloir tout donner, comme

disent les sportifs! La salle est pleine de public, cette marée humaine de mélomanes est toujours

saisissante sur les photos, le décor disparait, on ne voit plus que des têtes partout. C'est aussi le

public qui modifie par sa présence, l'acoustique, et rend l'immense salle un peu plus praticable.

 

Elias et Pygmalion

Elias, créé en 1846 sous le titre d'Elijah à Birmingham (on se souvient que Mendelssohn jeune avait

voyagé en Ecosse et en Angleterre), connait un triomphe, et le livret nous apprend que jamais une oeuvre

du compositeur allemand n'avait remporté un tel triomphe. La version originale en anglais, est, toujours

selon le livret, l'oratorio le plus populaire en Angleterre, après l'indétrônable Messie de Haendel.

Mendelssohn modifie un peu l'oratorio, et le traduit en allemand, il est donné à Hambourg en 1847.

Il mourra malheureusement avant de pouvoir le donner en concert à Berlin et à Vienne...

Le texte de l'oratorio Elias s'inspire du Livre des rois, et décrit la lutte entre le prophète Elie, le roi

Achab, et son épouse Jézabel, sur fond de famine et de sécheresse, et de dieux païens, pour la

première partie, la seconde partie décrivant la fuite d'Elie, son "enlèvement au ciel", et la prophétie

de la venue du Messie. La musique est plus romantique que celle de Paulus, premier oratorio

du compositeur. Elle est plus coulée, et parait faussement facile (je me souviens de notre soulagement

en découvrant la partition d'Elias en 2011, après un premier trimestre choral passé à batailler avec la messe en si

mineur de Bach...) mais ce n'est qu'une impression, les chausse-trapes sont ailleurs!

Elias et Pygmalion

Le concert commence sur une introduction du baryton qui interprète le prophète Elie, Stéphane Degout,

(ci-dessus sur la photo , avec Rapahël Pichon) suivi d'une longue introduction instrumentale dramatique

et lyrique. Les solistes passent bien, en revanche l'orchestre est un peu en retrait par rapport à l'énorme volume à

emplir de musique, le choeur aussi, pendant la première partie. Ce sera corrigé lors de la seconde partie, avec brio.

Je retrouve avec plaisir les choeurs chantés il ya cinq ans, et estime que le "Baal, erhöre uns!" aurait justifié d'une

foule de choristes plus dense. Tout en admirant la précision des choristes professionnels à l'oeuvre, qui ne ratent aucune

entrée et les placent au bon endroit... ahem! Paradoxalement, la fluidité de Mendelssohn dans cette oeuvre

en rend l'exécution moins carrée, donc plus difficile. Il reste une impression de surplus de notes, déjà ressentie

lors de notre propre interprétation, comme si le compositeur avait voulu trop bien faire dans sa dernière oeuvre,

dotant chaque musicien ou chanteur d'une partition merveilleuse, et finalement aucun n'émergeant vraiment.

Sauf les solistes. Elias est le seul soliste à fonction unique dans cet oratorio. Les autres voix,

sopranes, mezzo-soprane, ténor se partagent des personnages variés, le choeur interprétant la foule.

Elias et Pygmalion

Raphaël Pichon, que je verrai de face pendant tout le concert, se donne beaucoup de mal. On sent

qu'il a fait le pari d'imposer son ensemble Pygmalion dans cette grande salle, et qu'il se donne à fond

pour y parvenir. Et de fait il y parvient. Après la première partie, les applaudissements fusent, mais c'est à

la fin de la seconde partie que le public est conquis, après un réajustement du volume sonore à la salle.

Je ré-entends avec grand plaisir le "Siehe der Hüter Israels schläft noch schlummert nicht", une berceuse, suivi du

terrible "Der Herr ging vorüber" où Dieu n'était plus nulle part, ni dans la mer, ni sur la Terre...

Elias et Pygmalion

Raphaël Pichon et l'Ensemble Pygmalion ont réussi hier soir leur pari, et conquis la grande salle

de la Philharmonie. Le jeune chef, très concentré pendant tout le concert, laisse voir sa joie après

l'épreuve, et revient de multiples fois saluer avec ses solistes, dans une salle qui les ovationne.

Une très belle soirée! J'entendrai des commentaires flatteurs en ressortant, dans le flot mélomane qui quitte les

lieux, et encore dans le métro, "une soirée merveilleuse", dira une dame assise sur un strapontin, encore toute éblouie.

Elias et Pygmalion

Merci à l'Ensemble Pygmalion et à Raphaël Pichon, pour ce beau concert et le choix d'une oeuvre que

l'on n'entend pas si fréquemment en France. Merci aux choristes pour cette leçon de Mendelssohn...

Et à très bientôt, nous l'espérons. Le concert s'est terminé vers 23h.

 

Sylvie, blogmestre

 

A M-N, camarade de solfège et de fous-rires, en S2 du feu choeur élémentaire CP13

 

et, dédiée aux choristes des Choeurs de Paris 13, une vidéo de 2011 tournée avec les moyens du bord

par une courageuse soprane dispensée de concert, Elias sous la direction de Pierre Molina, morceaux choisis:

 

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5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 15:28

Voici comment fabriquer soi-même une couronne végétale pour l'Avent. C'est une tradition d'Europe

de l'Est, elle comporte quatre bougies, pour les quatre semaines qui précèdent Noël. On allume

une bougie la première semaine, deux la deuxième, etc... C'est une couronne horizontale

qui se pose sur une table ou un meuble. Le mode opératoire est valable pour une couronne de Noël,

c'est la décoration qui change, et l'utilisation, les couronnes de Noël s'accrochent verticalement.

 

 

Vous pouvez trouver la couronne de paille qui sert de support dans des magasins de loisirs créatifs

comme Rougier et Plé (bd des Filles du Calvaire, Paris 3è),ou probablement au Bon Marché, ou l'acheter en ligne

Si l'explication du montage va trop vite, cliquez sur pause pour voir ou lire à votre rythme...

 

Sylvie, blogmestre

Couronne de l'Avent
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5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 08:58

Ce week-end a été placé sous le signe de l'économie de moyens, après deux jours de récupération les 1 et 2 décembre,

consécutifs à ma sortie à l'opéra Bastille contrariée.Courir dans le métro et marcher à la recherche du RER perdu dans la nuit

n'avaient pas arrangé mon cas... J'ai donc limité les sorties samedi et dimanche. Samedi: chorale, dimanche: Notre-Dame.

 

Samedi après-midi, munie d'une tarte aux pommes, je me suis rendue à l'après-midi de travail du

Choeur philharmonique international, où je suis restée environ de 15h à 18h (après 3h de répétition,

actuellement, je n'ai plus de voix), nous avons répété pour le concert du 19 janvier, je ferai un article séparé.


Dimanche, partie d'Arcueil-gare à 9h46, je suis arrivée à Saint-Michel-Notre-Dame à 10h03*.

Week-end des 3 et 4 décembre 2016

La messe grégorienne était commencée, animée par quatre choristes masculins (très belles voix,

puissantes), dirigés par Sylvain Dieudonné. La feuille liturgique grégorienne manquait, mais les chants qui

avaient changé pour la période de l'Avent, étaient les mêmes que la semaine précédente, il ne fut pas trop difficile

de chanter d'oreille et de mémoire. A la fin de la messe grégorienne, il nous fut rappelé les conférences

de l'Avent et les concerts, dont celui du 6 décembre est déjà plein avant même d'avoir été annoncé...

Il y aura plus tard le concert de Noël le 19 décembre. Je ne suis pas retournée voir la crèche, mais il va y

avoir du changement, puisque dans les crèches provençales, on bouge les personnages avec l'actualité liturgique

(dans les familles, on désigne celui qui aura l'honneur de placer Jésus dans la mangeoire!) A surveiller...

Week-end des 3 et 4 décembre 2016

La messe internationale qui suivit était animée par un quatuor de solistes SATB, qui chantèrent une

messe "Ad majorem Dei gloriam" d'André Campra, et un choeur du Messie de Haendel pour la com-

munion "Behold the lamb of God". J'ai beaucoup aimé l'interprétation en doubles croches groupées deux à deux,

qui donne à ce morceau de la vigueur et du rythme, dont son écriture, interprétée linéairement, manque.

 

La messe internationale s'est terminée vers 12h35. Il y avait un grand soleil dans les vitraux sud de la cathédrale,

que je suis allée prendre en photo, voir ci-dessus au début de l'article. Au fond de la cathédrale, les deux lumières

de la couronne de l'Avent étaient allumées, nous étions à la deuxième semaine. Je suis sortie de la cathédrale

vers 12h38**. L'après-midi a été consacrée à la confection d'une couronne de l'Avent sylvestre et personnelle, dont

je reparlerai aussi, car la technique de confection peut intéresser des lecteurs ou lectrices de ce blog.

Week-end des 3 et 4 décembre 2016

Aucun incident à déplorer en repassant à la station Luxembourg (qui est dans le 5è, à ma surprise, le jardin du

Luxembourg où nous courrions quand j'étais au lycée à proximité, étant dans le 6è arrondissement), ouf!

 

Sylvie, blogmestre

Week-end des 3 et 4 décembre 2016
Week-end des 3 et 4 décembre 2016
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2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 11:06

Je viens de voir que le théâtre de la Michodière reprend la pièce / comédie musicale de Feydeau

"Les Fiancés de Loches", que j'avais vue au théâtre du Palais Royal durant l'été 2015,

et que d'autres choristes avaient vue aussi, avec notre avis unanime: hilarant !

En suivant les liens ci-dessus, vous pouvez lire l'imbroglio qui tient lieu d'histoire...

Entretemps, le spectacle a gagné le Molière 2016 du spectacle musical.

 

Une excellente distraction pour la période festive qui s'ouvre, anti-grisaille!

Je me devais de vous en faire part...

 

Sylvie, blogmestre

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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 09:33

J'ai assisté hier soir, non sans peine, à la première de Cavalleria rusticana de Pietro Mascagni

à l'Opéra Bastille. J'avais acheté un billet d'occasion, le spectacle commençait à 19h30.

Cavalleria rusticana
Cavalleria rusticana

Le RER que je pris à l'aller nous bloqua sans raison en gare de Luxembourg pendant de longues minutes, et même

en courant dès que c'était possible, j'arrivai à l'opéra à 19h30. Par chance, d'autres personnes étaient en retard,

et nous pûmes collectivement entrer. Ma place était située au dernier rang du parterre, voici la salle vue de cette place.

Cavalleria rusticana

Mes voisines avisèrent trois places libres trois rangs devant, et nous pûmes avancer un peu.

Néanmoins, le fond de l'amphithéâtre est vraiment très loin de la scène pour une myope...

Cavalleria rusticana est un opéra en un acte, qui se déroule le jour de Pâques, dans un village sicilien

du XIXè siècle. C'est une oeuvre de jeunesse de Mascagni, qui fut créée à Rome en 1890.

 

 

Ci-dessus un croquis des décors utilisés pour la première représentation de l'opéra. Soleil, costumes

colorés, village sicilien, son église et sa place, apportent leur lumière méditerranéenne. Mais

Mario Martone, le metteur en scène de l'opéra Bastille, qui a produit précédemment la même mise en

scène à la Scala de Milan, avait choisi un décor "dépouillé" avait-il confié au journal italien

La Republicca. Le dépouillement confinait à l'inexistence... Dans l'immense espace noir de la scène,

les choristes et solistes s'asseyaient sur des chaises empaillées d'église, et chantaient ainsi.

Seul moment un peu plus orné de décors, la messe de Pâques, les décors, en l'occurrence

consistant en deux Christs en croix, un surdimensionné, un autre plus petit (pourquoi deux?), et les

seules couleurs étaient le rouge des robes des enfants de choeur et le blanc des surplis.

Une messe de Pâques sans joie, avec deux crucifiés non ressuscités. Les personnages étaient vêtus

de sombre, à l'exception de Lola, l'épouse fantasque, vêtue de rouge. Les mammas étaient en noir,

comme il se doit. Enfin, l'ensemble n'était pas très joyeux à regarder, dans son dépouillement...

 

 

Ci-dessus une image trouvée sur un forum de cinéma. Pour être honnête, je dois dire que la salle n'a pas

paru partager ma déconvenue en matière de décor! En revanche, l'opéra était musicalement et vocalement

très bien interprété, et sera diffusé sur France-Musique le 6 décembre à 19h30, je vous invite à

l'écouter à cette occasion. Voici les choristes et les solistes aux saluts, vus du fond du parterre:

Cavalleria rusticana

Pour un opéra se passant au grand soleil de Sicile, ce n'était quand même pas très lumineux!

Pour l'intrigue, il s'agit d'une tragédie amoureuse assez banale. Turridu était fiancé à Lola, la plus belle

fille du village, quand il est parti pour l'armée. De retour, il a découvert que Lola avait convolé avec Alfio.

Turridu a alors épousé Santuzza, qui l'aime. Mais le lien avec Lola s'est reformé, ils sont amants.

Ivre de fureur, Santuzza révèle la trahison de sa femme à Alfio, qui tue Turridu.

Ci-dessous les personnages principaux, Santuzza interprétée par Elina Garanca fut la plus applaudie.

Cavalleria rusticana

Cavalleria rusticana étant une oeuvre assez courte, la soirée était complétée par un autre opéra en

un acte de Paul Hindemith, Sancta Susanna, au sujet scabreux et bizarre. Il s'agit d'un récit médiéval

transposé au XXè siècle, sis dans un couvent de religieuses; L'une d'elles, Klementia (l'opéra est

en allemand), a des visions de Sainte Suzanne à qui elle confie l'histoire d'une nonne prise de passion

pour un crucifix, que l'on a enterrée vivante pour la punir de sa perversion. Pendant qu'elles parlent, on

voit la perversion se dérouler sous la cellule de la religieuse. C'est dans la transposition au XXè siècle

d'un tel sujet que l'oeuvre est bizarre... Au Moyen-Age, on entendait des voix et on emmurait celles

qui se rendaient coupables d'actes gravissimes. Au XXè siècle, on leur donne des anti-psychotiques

(peut-être pas encore en 1921...)et on les place, le cas échéant, dans un environnement médical adapté.

L'histoire scabreuse médiévale transposée au XXè siècle n'a aucune cohérence. Il reste que la

musique n'était pas désagréable à entendre, et que Anna Caterina Antonacci jouait une sainte

mélodieuse, quoique perverse. Ci-dessous, Mario Martone, content du succès de la représentation, 

danse une gigue entre Suzanne (en blanc) et une religieuse...

Cavalleria rusticana

Nous sommes ressortis de l'opéra Bastille vers 21h20, j'ai repris le métro à 21h24*

Cavalleria rusticana

Arrivés à la station Luxembourg, nous avons à nouveau été bloqués d'abord, puis conviés à sortir du RER, car

"quelqu'un était sur les voies". Je me suis retrouvée dans la rue à chercher un moyen de transport alternatif,

et bien sûr, il n'y a pas de métro à la station Luxembourg... Après quelques vagabondages, je suis parvenue

à Denfert-Rochereau où le RER circulait parfaitement... Rentrée chez moi une heure plus tard que prévu, doutant de

la réalité de l'incident qui nous avait fait quitter le RER (deux problèmes au même endroit à l'aller et au retour?)

 

Sylvie, blogmestre

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30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 09:37

Jacques, ex-ténor des Choeurs de Paris 13, nous informe que le choeur et l'orchestre de

l'association Note et Bien donneront trois concerts en décembre. Au programme:

la 39è symphonie de Mozart, et les Sept dernières paroles du Christ en croix de Haydn.

 

 

Les concerts seront donnés les 8, 10, et 11 décembre comme indiqué ci-dessus, vous avez

aussi les heures et lieux de concert: ND du Liban, Saint-Denys du Saint-Sacrement, et

Saint-Rémy-lès-Chevreuse, et les associations soutenues par Note et Bien pour

chaque concert, par le produit de la collecte effectuée à la fin de ce concert.

Les détails sont disponibles en lien sur le site de l'association Note et Bien.

 

Sylvie, blogmestre

NB: Overblog a modifié l'incrustation d'images dans les blogs, imposant des formats trop grands ou trop petits...

Désolée pour la difficulté à lire les petits caractères sur cette affiche!

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30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 09:30

Hier soir, j'aurais aimé être au concert "Lux aeterna" à Notre-Dame, mais physiquement ce n'était

plus possible. Depuis une dizaine de jours, je fais ce que je souhaite les jours où je marche

normalement, et je me repose quand physiquement je ne peux plus. J'ai aussi dû annuler

une soirée professionnelle, et un voyage à Strasbourg mercredi 23 novembre dont j'avais

déjà le billet de train Prem's qui ne me sera pas remboursé... ainsi va la vie.

 

 

Sylvie, blogmestre

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29 novembre 2016 2 29 /11 /novembre /2016 09:32

Il y avait hier soir au grand auditorium de la Maison de la radio un ciné-concert, dont j'ai eu le

grand plaisir d'être spectatrice. Le film projeté était Métropolis de Fritz Lang,

accompagné par une improvisation à l'orgue de Thierry Escaich.

 

Metropolis

Le placement étant libre, je suis partie plus tôt, à 18h53 en gare d'Arcueil* pour pouvoir choisir ma place de cinéma.

Arrivée à la Maison de la radio, ce ne fut cependant pas le cas, car les places de face du 1er balcon convoitées

étaient en partie réservées, en partie déjà occupées. Je me suis assise en loge 3 du 1er balcon, deuxième rang,

 3è place (siège 43 il me semble), entre deux messieurs et deux étudiantes.

Metropolis

Voici le dispositif de projection, un écran au fond de l'auditorium, derrière la corbeille choeur, par dessus

les tuyaux de l'orgue, dont la console est visible en dessous de l'écran. La console de l'orgue est

équipée d'un écran vidéo qui projette le film pour l'organiste qui l'accompagne musicalement.

Metropolis

Ci-dessus le public dans l'auditorium quelques minutes avant le début de la projection, réparti

le plus de face possible, quoique la position en biais ne déformait pas la vision, du moins à l'endroit

où j'étais placée. Le film fut introduit par un commentateur, qui a attiré notre attention sur des

particularités qui m'avaient échappé jusque là. "Metropolis" est un film de 1927, estimé être le chef

d'oeuvre de Fritz Lang, réalisateur allemand qui s'exilera aux USA pendant la guerre. Personnellement,

je préfère M. le Maudit, qui n'est pas un film muet. Metropolis, donc, est une oeuvre basée sur un roman

de Théa von Harbou, qui était en 1927 l'épouse de Fritz Lang. Il s'agit d'une oeuvre expressionniste,

regorgeant de références bibliques, nous fit remarquer le commentateur, qui cita le père du héros

qui s'appelle "Joh", diminutif de Jéhovah, et dont le fils Ferder est le "médiateur" qui manque

aux hommes. L'héroïne féminine, elle, s'appelle Maria. On trouve aussi dans ce film la tour

de Babel, Moloch-Baal, et sa fin rappelle  Notre-Dame de Paris de Victor Hugo...

 

 

 

L'histoire est à la fois simple et compliquée... Metropolis est une ville futuriste (certaines vues

rappellent étrangement le "5è élément" de Luc Besson)  divisée en deux parties: le haut et le bas. En haut

dans les gratte-ciel de la ville vivent les familles aisées, et dans les entrailles de la terre, les ouvriers

exploités triment sans relâche pour faire tourner les machines qui alimentent leurs "frères" du dessus.

Maria est une jeune fille pauvre qui tente de rapprocher les deux parties. Le fils de Joh Ferdersen,

dirigeant de Metropolis, tombe amoureux de Maria, et prend conscience de la vie d'esclaves des

ouvriers. Ceux-ci révèrent Maria, dans les vieilles catacombes de la ville. Voyant cela, Joh demande

au savant fou Rotwang qui a créé une machine humaine, de la faire à l'image de Maria pour

détruire son emprise sur les ouvriers. La machine Maria est plus démoniaque que céleste...


 

 

Assise sous un pentagramme retourné, signe satanique, elle danse presque nue dans un

cabaret et échauffe les sens des jeunes gens fortunés. Dans les catacombes, elle pousse les

ouvriers à détruire les machines qui alimentent la ville en énergie, entraînant une catastrophe

souterraine spectaculaire, à laquelle les enfants des ouvriers échappent grâce à la bravoure de la

vraie Maria (la fausse a été brûlée sur un bûcher!), et de Freder. Le caractère extraordinaire de ce film,

 

 

en plus de ses aspects futuristes (le film a 90 ans quand même!) c'est son gigantisme, ses dizaines

de milliers de figurants, hommes, femmes et enfants, ses mécaniques démesurées

et sa destruction violente et spectaculaire, dans les torrents d'eau et les arcs électriques qui

jaillissent de partout. Même en noir et blanc, même avec les moyens techniques de 1927,

 

 

le résultat impressionne. La musique improvisée par Thierry Escaich sur l'orgue du grand auditorium

soulignait l'action à l'écran. La musique d'origine était orchestrale, comme sur la bande-annonce.

Thierry Escaich fut très applaudi pour son improvisation, il vint saluer à l'avant de la scène.

Metropolis
Metropolis

Le film durait 2h30, nous sommes ressortis vers 22h40 de la Maison de la radio,

j'ai repris le RER C à la station Avenue du Président Kennedy à 22h44**.

 

Sylvie, blogmestre

 

PS: hier soir 29 novembre, entre 21h et 22h30, on a bloqué mon accès à Overblog avec beaucoup

de détermination, comme s'il y avait un enjeu dans le fait que je puisse mettre à jour cet article,

et qu'on souhaitait absolument m'en empêcher. J'y suis parvenue quand même...

Metropolis
Metropolis
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28 novembre 2016 1 28 /11 /novembre /2016 09:22

Hier, en gare d'Arcueil-Cachan à 9h37*, je suis arrivée à Saint-Michel Notre-Dame à 10h02**.

En ce dimanche 27 novembre commençait la période de l'Avent. Le fond de la nef de Notre-Dame

était surmonté d'une grande couronne de l'Avent lumineuse, ornée de boules symbolisant

les quatre semaines du temps qui précède Noël.

Dimanche 27 novembre 2016

Quatre jeunes femmes animaient la messe grégorienne, sous la direction de Sylvain Dieudonné.

Les chants avaient changé, les partitions aidaient bien! La quête était faite au profit des

Chantiers du Cardinal, avec une enveloppe individuelle pour un don privé.

Dimanche 27 novembre 2016

Les annonces nous firent part des conférences des dimanches de l'Avent à 17h, et des concerts,

dont le prochain intitulé "Lux aeterna" sera le 29 novembre à 20h30. Nous fûmes informés que la

crèche de Notre-Dame était installée, une jolie crèche provençale avec des santons, que

nous pouvions découvrir en suivant la procession après chaque messe.

Dimanche 27 novembre 2016

La crèche était derrière le choeur de la cathédrale, le long du déambulatoire. Les santons étaient

dans un village provençal dont les détails m'ont amusée (hormis mes vagabondages, je suis d'origine

provençale): le lavoir, les pierres sur les toits pour éviter que le mistral emporte les tuiles, les cyprès,

les oliviers (qui ont un peu soif...), le rémouleur, les lavandières... je n'ai pas vu lou ravi sur mes photos,

où se cachait-il? Certains santons étaient animés, les fidèles et les touristes étaient ravis aussi.

Dimanche 27 novembre 2016

J'assistai ensuite à la messe internationale, animée par quatre solistes SATB, qui chantèrent

une messe de Galuppi, et un Tebe Poem (en russe) de Tchaïkovski. Cette messe fut célébrée

par le Père Sosthène, qui va quitter la cathédrale bientôt et était un peu ému.

Ci-dessous, le Tebe Poem de Tchaïkovski.

 

 

Je reprends cet article le soir du 29 novembre, et pendant que j'écris, il y a un concert à Notre-Dame,

auquel j'aurais aimé assister, "Lux aeterna", par la Maîtrise de Notre-Dame et celle de Radio France,

sous la double direction de Henri Chalet, et de Sofi Jeannin. Mais un certain nombre de facteurs

m'empêchent de sortir ce soir... partie remise, j'espère. J'ai rapporté du marché aux fleurs

des branches de sapin pour faire une couronne de l'Avent... dès que j'aurai le temps.

J'ai perdu un morceau de l'article d'origine... j'étais ressortie de Notre-Dame vers 12h35** et avais vagabondé

sur les marchés, avant d'aller voter rue Pierre Larousse dans le 14è, puis de rentrer à Arcueil à 14h30***

 

Sylvie, blogmestre

Dimanche 27 novembre 2016
Dimanche 27 novembre 2016
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26 novembre 2016 6 26 /11 /novembre /2016 09:12

J'ai vu hier soir au cinéma La Pléiade de Cachan le dernier film d'Emmanuelle Bercot, inspiré du

combat d'Irène Frachon, pneumologue au CHU de Brest, et de quelques autres personnes de

courage, pour dénoncer la toxicité du Médiator, et faire retirer ce médicament du commerce, en 2009.

La fille de Brest

J'arrive deux minutes après le début du film et m'assieds en silence dans le noir. A l'écran, dans le

bloc opératoire d'un hôpital, un thorax humain ouvert montre un coeur qui bat de moins en moins. Le

chirurgien sort un petit morceau cartilagineux, c'est une valve cardiaque épaissie, qui n'assure plus sa

fonction de porte étanche entre le ventricule et l'oreillette du coeur, et laisse circuler le sang en continu.

Cette observation, répétée, a attiré l'attention d'une pneumologue exerçant dans un hôpital breton, tout

au bout du Finistère, à Brest. Elle semble corrélée à la prise d'un médicament anti-diabétique qui a aussi

été prescrit hors AMM comme coupe-faim à des personnes en surpoids. Un médicament qui est sur

le marché depuis 30 ans, doté d'une autorisation de mise sur le marché pour traiter le diabète, mais

pas pour faire maigrir. On estime ainsi qu'un tiers des patients traités par Médiator, pour surpoids, ont échappé

à la surveillance de la pharmacovigilance. Le benfluorex, molécule du Médiator, est un amphétaminique anorexigène

(qui coupe l'appétit), libérant dans le corps de la norfenfluramine, appartenant à la famille des fenfluramines. Or, en

1997, une autre fenfluramine, l'Isoméride, a été reconnue responsable de valvulopathies cardiaques aux USA et

retirée de la vente, ainsi que dans les pays européens, France comprise. Les soupçons qui pèsent sur le Médiator

reposent donc sur un précédent scientifique connu. Cependant, sa prescription  et sa vente persistent en France.

 

Irène Frachon a révélé l’affaire du Mediator, ce coupe-faim responsable de lésion sur les valves cardiaques.

 

Irène Frachon, ci-dessus, interprétée dans le film par Sidse Babett Knudsen, la plus française des actrices danoises,

ou l'inverse, recrute des confrères pour se lancer dans une recherche, elle-même n'étant pas chercheur,

ni cardiologue. L'équipe d'épidémiologie du CHU de Brest se met au travail, recense les patients

souffrants de valvulopathies de cause inconnue, qui auraient pris du Médiator, et trouve une effarante

corrélation de 70% des cas... Un premier passage devant l'Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire

des produits de santé) se solde par un échec, mais suscite des sympathies. Le milieu des autorités

de santé est décrit avec minutie. On ne manque pas de railler cet hôpital breton qui veut faire entendre

un scandale de santé publique qui aurait échappé aux pontes parisiens... A chaque avancée de l'hôpital

breton, une musique de cornemuse se fait entendre, comme un petit cri de victoire. L'épidémiologue

qui a mené et publié la recherche, interprété par Benoît Magimel, est suspendu par l'Institut national

de la recherche médicale (INSERM), et part au Canada... La patiente opérée du coeur meurt...

 

Irène Frachon écrit un livre "Médiator, combien de morts?", dont le titre est censuré, et l'envoie tous

azimuts. Les médias se réveillent enfin, et le ministère de la santé propose, il était temps, de faire

quelque chose! En l'occurrence, Xavier Bertrand, ministre de la santé de l'époque, propose une

indemnisation aux patients concernés, contre le retrait de leur action en justice. Il y eut à l'époque un tollé

des tenants de l'action en justice (qui n'a pas encore abouti, selon le film), qui m'avait fait réagir sur les forums:

dans l'urgence on indemnise les victimes (lire le commentaire de l'article en lien en bas de page) d'abord, on

juge après. Mais on juge aussi. Irène Frachon, dont la vie est devenue un polar, a réussi à crever l'abcès.

 

 

 

Très bon film, bien joué, très bien documenté, tourné in-situ au CHU de Brest. C'est un drame,

une tragédie, ce que les saillies et le grand sourire de l'actrice principale, lumineuse comme d'habitude, ne laissent

peut-être pas entrevoir sur la bande-annonce. Il y aurait eu, pour répondre à la question du titre du livre

de la pneumologue, 500 à 1000 morts par valvulopathies du fait de ce médicament, qui aurait dû être retiré

de la vente dès que l'on a retiré l'Isoméride du marché, en 1997. Le Médiator a été retiré du marché en 2009.

Je crois que c'est un film à voir, pour comprendre comment fonctionne la surveillance du système de

sécurité des médicaments, et combien il est difficile de soulever une toxicité inconnue. N'importe qui

peut-être victime d'un traitement lors d'une situation de fragilité physique (ça m'est arrivé il y a 23 ans,

j'ai été conspuée, mais jamais indemnisée). Il est crucial que des témoins puissent signaler ce qu'ils ont

observé, et que ces observations soient prises en compte. Bravo aux Brestois pour leur courage!

 

Sylvie, blogmestre

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Published by Blog des choristes des CP13
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