12 janvier 2017 4 12 /01 /janvier /2017 09:24

Hier soir j'ai entendu un concert de l'Orchestre de Paris, dirigé par Cornelius Meister,

à la Philharmonie de Paris. J'avais un billet de face au 2è balcon, à l'extrémité de la dernière rangée.

Weber, Beethoven, Zemlinsky

Voici la vue que l'on avait de ma place au deuxième balcon:

La grande salle de la Philharmonie vue de la place G8 au 2è balcon

La grande salle de la Philharmonie vue de la place G8 au 2è balcon

Le programme de la soirée se composait en première partie de Der Freischütz Ouverture, de

Carl Maria von Weber, suivi du concerto pour piano n°5 en mi bémol majeur de Ludwig van Beethoven,

dit "L'Empereur", et en deuxième partie, de "La Petite Sirène" d'Alexander von Zemlinsky.

Le concert était dédié à Georges Prêtre par l'Orchestre.

Le programme de la soirée

Le programme de la soirée

J'ai beaucoup aimé la première partie, dont les deux oeuvres m'étaient connues (extrêmement connue

en ce qui concerne le concerto de Beethoven), et que j'étais heureuse d'entendre, comme l'on est heureux

de retrouver des amis de longue date. Weber comptait parmi ses admirateurs Wagner, Chopin, Liszt,

Mahler, Debussy. Der Freischütz (le Franc-tireur) fut l'oeuvre fétiche du romantisme allemand, pourtant,

elle est rarement représentée. Après La Flûte enchantée, et avant Le Vaisseau fantôme, l'opéra de

Weber changea le cours de l'histoire de la musique allemande. Après les opéras en allemand de Mozart,

qui était son cousin par alliance, et de Beethoven, Weber lança l'opéra romantique allemand avec

atmosphère sombre, créatures surnaturelles, et légendes. L'ouverture de l'opéra qui nous fut donnée

à entendre hier opposait l'ombre à la lumière, le bien au mal. Il s'agissait d'une histoire de Diable qui fond

des balles magiques, sept, pour que le forestier Max gagne le cœur de la belle Agathe. Heureusement

Agathe l'aime d'un amour pur et rédempteur, qui finira par triompher ! Tous ces détails viennent

du livret, dont je remercie l'auteur, car je ne connaissais l'oeuvre de Weber que mélodiquement.

 

J'ai été enchantée d'entendre le concerto l'Empereur d'une seule traite (vous vous souvenez peut-être que

je l'avais entendu à la Philharmonie en concert en famille, exposé par petits extraits, et commenté par deux comédiens).

Les commentaires étaient très intéressants, je me souviens que l'Empereur dont il est question est un Habsbourg et

non Napoléon, car le concerto a été écrit au milieu des guerres napoléoniennes, et Beethoven, à cette époque,

ne le trouvait plus assez sympathique pour lui dédier une œuvre ! La pianiste russe Elisabeth Leonskaja qui

répondait aux thèmes énergiques de l'orchestre par les doux  ruissellements de notes dont le piano

est familier, quand elle ne répondait pas à l'orchestre du tac-au-tac dans le même registre martial que

lui, fut remarquable dans son jeu et dans son interprétation, et très applaudie. Bissée, elle nous joua

l'impromptu de Franz Schubert D. 899 n ° 3, merci beaucoup au lecteur qui m'en a informée.

Elisabeth Leonskaja et Cornelius Meister

Elisabeth Leonskaja et Cornelius Meister

Le jeune chef Cornelius Meister, fougueux, à la direction précise et à l'enthousiasme communicatif, nous

donna une très belle soirée musicale, l'Orchestre de Paris étant égal à lui-même c'est à dire superbe.

Weber, Beethoven, Zemlinsky

Je ne connaissais pas le Petite Sirène, de Zemlinsky, que je découvris hier soir. Alexander von Zemilnsky

est, selon le livret, le trait d'union entre Richard Strauss et Gustav Mahler, et Alban Berg ou Anton Webern.

Il était ami avec Arnold Schönberg, mais se considérait comme un musicien post-romantique (c'est ainsi

que j'aurais qualifié La Petite Sirène). L'oeuvre entendue hier a été composée de 1902 à 1903, et

créée à Vienne en 1905. Malheureusement, elle n'obtint pas autant de succès que Pelléas et Mélisande

de Schönberg, et Zemlinsky, qui n'était pas un batailleur, la retira assez rapidement de l'affiche. Il était 

affecté par ce qu'il ressentait comme un échec. Son histoire personnelle reflétait douloureusement celle

de la petite créature mi-femme mi-poisson à la voix ensorcelante, puisque son élève Alma Schindler

  était partie épouser Mahler... l'ingrate. Musicalement, il s'agit d'une fantaisie, décrivant le monde magique

de la Sirène, qui sauve le Prince dont le bateau a fait naufrage. La Sirène, éprise du Prince, consulte

une sorcière qui lui fabrique un breuvage la transformant en femme. Mais le Prince part avec une autre...

Les soeurs de la Sirène veulent lui faire poignarder le Prince avec un couteau magique, qui lui rendrait

sa forme de poisson et sa voix, mais elle ne peut trahir son amour, et se transforme... en écume. C'est

une oeuvre très jolie et agréable à écouter, mais j'ai préféré  la première partie (je suis plus romantique

que post-romantique) L'interprétation était remarquable et le jeune chef fascinant à regarder diriger.

Le concert se termina vers 22h50, je repartis alors que le public rappelait et bissait Cornelius Meister,

ce qui était bien mérité! J'avais mis 1h25' à gagner la Philharmonie à l'aller, et me méfiais de la durée du retour!

Cornelius Meister

Cornelius Meister

 

 

Sylvie, blogmestre

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11 janvier 2017 3 11 /01 /janvier /2017 09:21

Il y avait hier soir au Théâtre des Champs Elysées un concert donné par l'Orchestre de chambre de Paris,

sous la direction de Douglas Boyd, pour lequel j'avais réservé une place. Renâclant un peu au quart d'heure

de marche depuis la station Franklin-Roosevelt, j'utilisai un autre itinéraire, et arrivai par le RER Pont de l'Alma.

En sortant de la station de RER, mon passe Navigo ne bippa pas, surprise. Une autre personne passa sans valider.

A la réflexion, je ne l'avais pas entendu bipper non plus lorsque j'avais pris le RER à Arcueil à 19h02...

Dutilleux, Saint-Saëns, Ravel, Haydn

Ci-dessus la vue sur la Seine et la Tour Eiffel depuis le pont de l'Alma. Mon arrivée par l'autre extrémité

de l'avenue Montaigne me permit de prendre une photo du Théâtre des Champs Elysées de l'extérieur.

Dutilleux, Saint-Saëns, Ravel, Haydn

Il semblait y avoir une certaine effervescence à mon arrivée, vers 19h45, et des discussions agitées, mais je ne

sus pas à quel sujet, on me fit entrer comme d'habitude, cependant mon billet ne fut pas flashé.

Ma place était au premier balcon, au bout du rang R, côté cour.

Dutilleux, Saint-Saëns, Ravel, Haydn

N'ayant plus du tout de monnaie pour l'ouvreur, je lui proposai de revenir quand il aurait de la monnaie sur 10€ mais il

semble qu'il ait oublié, je ne l'ai pas revu. Très curieusement, j'étais complètement seule au bout du côté cour de la partie

haute du premier balcon. Très curieusement, car le logiciel attribue les places sur internet dans l'ordre des réservations,

si j'avais une place en bout de rangée, c'est que les autres places de la rangée, plus centrées, avaient été vendues.

Seules deux personnes étaient sur la même rangée que moi, à l'autre extrémité, et, au départ, quelques personnes au

rang S au-dessus, qui se replacèrent ensuite plus au centre, dans des places libres. La rangée Q devant moi

était vide aussi, sauf peut-être à l'autre extrémité du rang, côté centre (je ne me souviens plus). Personnellement,

je préfère ne voir qu'une partie de l'orchestre de près (ce qui était le cas), plutôt que la totalité de loin,

j'ai donc occupé ma place R10 d'origine, dans une vacuité totale  de voisinage très inhabituelle.

Dutilleux, Saint-Saëns, Ravel, Haydn

Voici ci-dessus la salle du Théâtre des Champs Elysées hier soir, de la place R10, et comme j'étais

la seule à être assise là, à des places à la ronde, on est sûr au moins que c'est moi qui ai pris la photo!

Il y avait globalement moins de monde que d'habitude, probablement du fait du concert Alagna de la veille au soir, plein.

Dutilleux, Saint-Saëns, Ravel, Haydn

Voici le programme du concert qui nous fut distribué à l'entrée. Le concert comprenait en première partie

"Mystère de l'instant" de Henri Dutilleux, le concerto pour violoncelle et orchestre n°1 de Camille de

Saint-Saëns, le "Tombeau de Couperin" de Maurice Ravel, et la Symphonie n°83 "parisienne" en sol

mineur, dite "La Poule", de Joseph Haydn. Un concert français par un orchestre de chambre français,

dirigé par un chef britannique, avec un extraordinaire violoncelliste britannique, Steven Isserlis.

 

La première partie du concert commença par une oeuvre de Dutilleux, qui a le génie de produire à partir

d'instruments de musique des sons pas toujours très musicaux, voire des sons que l'on produit en voulant faire de la

musique avec autre chose que des instruments ad hoc. Ainsi au début de l'oeuvre, les violons restituèrent les

sons que l'on obtient lorsqu'on passe un doigt mouillé sur le haut d'un verre pour le faire "chanter". Plus

loin, ce furent les violoncelles qui imitèrent le claquement sec de l'élastique coincé entre deux doigts...

L'orchestre était en petite formation, il n'y avait que des cordes et des timbales. Il se gonfla pour la

seconde oeuvre de la première partie, le concerto pour violoncelle de Saint-Saëns. Quand l'orchestre

fut installé, le violoncelliste Steven Isserlis entra avec son violoncelle, suivi du chef Douglas Boyd.

 

Ci-dessous, le violoncelliste qui joue sur un Stradivarius de 1724, prêté par la Royal Academy of Music.

Steven Isserlis m'a fait penser à Roger Daltrey, des Who, pour la coiffure, et à Pete Townshend (idem) pour le jeu

(heureusement, contrairement à Pete, il n'a pas fracassé le bel instrument à la fin du concerto!)

Il protesta par gestes que son siège était trop haut à son arrivée sur scène, et on le lui baissa.

Steven Isserlis et Douglas Boyd (flou)

Steven Isserlis et Douglas Boyd (flou)

Le concerto était très beau mais l'attraction principale en était clairement le violoncelliste, fascinant.

Il faisait de grands mouvements, et jouait de tout son corps. Comme il a une abondante chevelure bouclée, le résultat

était spectaculaire. Mais ce mouvement permanent dispensait une musique de rêve. Le livret parle de

"triolets véloces et nerveux", puis de "développement lyrique et virtuose", et le violoncelle finit par

s'imposer à l'orchestre "avec une force et une détermination beethovéniennes".  Encore une fois, j'admirai

la beauté du son de ces instruments du XVIIIè siècle, et le couple formé par l'instrumentiste et son

violoncelle d'anthologie, un couple au sens amoureux et moteur tout à la fois, comme si chacun donnait

le meilleur de lui même à l'autre, dans une vibrante symbiose. Steven Isserlis, très applaudi, fut rapidement

bissé, après avoir salué. Il nous dit dans un français prudent teinté d'accent britannique, avant de nous proposer

le bis réclamé par le public qu'il dédiait ce morceau "à la mémoire de son ami..." Le morceau choisi pour le bis était

aussi planant que le concerto avait été agité. A part quelques tousseurs invétérés, plus personne n'émettait de bruit

dans la grande salle, pour ne pas rater une note de l'extraordinaire Stradivarius. L'extraordinaire violoncelliste, quand il

eut bien salué et salué à nouveau, avec un hmour très britannique, fit saluer le violoncelle, et s'en fut.

Dutilleux, Saint-Saëns, Ravel, Haydn

La deuxième partie mettait le hautbois en vedette dans les deux oeuvres interprétées. Elle commença

par le Tombeau de Couperin de Ravel, une oeuvre créée pendant la Première guerre mondiale au piano,

puis orchestrée en 1920. Il s'agit, selon le livret, "d'une sonnerie aux morts tombés à la guerre" et d'une

"évocation poétique du raffinement du classicisme français", en quatre parties: prélude, forlane,

menuet, rigaudon. L'impertinence des instruments à vents séduit dans le rigaudon final. Le chef les

fit lever plusieurs fois, surtout le hautboïste (Douglas Boyd est lui-même hautboïste), qui remporta un

franc succès. L'oeuvre finale du concert était la symphonie de Haydn dite "La poule" (toutes les

"symphonies parisiennes", écrites sur commande par Haydn, ont été gratifiées d'un surnom affectueux).

Celle-ci doit son surnom au gloussement que produit l'aimable gallinacée de nos campagnes quand elle

rencontre par exemple et par un hasard favorable, un ver de terre bien dodu. Je guettais donc le hautbois dans

son gloussement (pout-pout-pout-pout-pout... etc...), ah oui, il gloussa plusieurs fois, mais il ne fut pas seul, la flûte

aussi gloussa, plus brièvement, et même les violons s'y mirent (faire glousser un violon...!) Ce devait être une

directive du chef de forcer la ressemblance avec le surnom de la symphonie car il y eut aussi des

échauffourées de perchoir, et du volage dans les plumes. Tout cela avec la sérénité et l'équilibre de

Joseph Haydn, tel que nous le connaissons. Les clarinettes de Ravel avaient été remplacées par des

cors, et cette oeuvre concluait brillamment le concert, avec humour.

Douglas Boyd

Douglas Boyd

Ci-dessus Douglas Boyd, aux saluts de la fin, très appaludi, rappelé, bissé, ainsi que l'orchestre.

Nous sommes ressortis vers 22h05 dans l'avenue Montaigne, et j'ai tenté de reprendre le métro à la station Alma

Marceau à 22h09* mais les hauts-parleurs de la station parlaient d'un malaise voyageur qui bloquait la ligne 9 sur une

grosse portion de sa longueur, je suis donc retournée vers la station RER du Pont de l'Alma. A nouveau, absence

de bip de mon passe Navigo, Idem, sans surprise, à l'arrivée à Arcueil Cachan, vers 23h.

 

Sylvie, blogmestre

Dutilleux, Saint-Saëns, Ravel, Haydn
Dutilleux, Saint-Saëns, Ravel, Haydn
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9 janvier 2017 1 09 /01 /janvier /2017 09:03

Hier, c'était la Solennité de l'Epiphanie, pour l'église catholique, commémorant le jour où les rois mages

Gaspard, Melchior et Balthazar allèrent visiter Jésus nouveau-né dans la crèche de Bethléem,

pour lui offrir de la myrrhe, de l'or et de l'encens.

Dimanche 8 janvier 2017

J'arrivai à l'heure pour la messe grégorienne*, et reçus à l'entrée de la cathédrale une double feuille

liturgique (habituellement la messe grégorienne est imprimée sur une feuille simple) avec de nombreuses références

des chants, ce qui va me permettre de faire un peu de recherches pour mes illustrations sonores, merci beaucoup!

La Maîtrise était composée de neuf jeunes femmes et de huit messieurs, dirigés par Sylvain Dieudonné.

Ce fut une messe concertante, très spirituelle, à laquelle la musique participait beaucoup.

Voici le Kyrie avec tropes polyphoniques du Codex de Las Huegos,interprété par un choeur croate:

 

Ci-dessous le Gloria grégorien, pour ses picturales lignes mélodiques en vagues, explorant la tessiture.

Dimanche 8 janvier 2017

La messe internationale qui suivit fut animée par le même choeur, dirigé par Henri Chalet, et commença

par l'Adeste fideles, chant de Noël classique en latin multi-traduit, dont l'assemblée chantait le refrain et un(e) soliste

puis le choeur les couplets, et d'autres voix sur le refrain. Pendant la communion, la Maîtrise chanta la Marche des rois,

chant de Noël provençal, à quatre voix. La Maîtrise chanta aussi une messe brève d'Yves Castagnet

que l'on doit pouvoir entendre sur la vidéo de la messe de 18h30 d'hier soir sur kto.fr (je vais vérifier).

La messe brève était très jolie. Mgr Chauvet nous rappela que le tapis de choeur somptueux

offert à la cathédrale par les derniers souverains français était en exposition cette semaine...

Je suis allée voir les rois mages devant la crèche entre les deux messes, il y avait foule!

Les rois mages devant la crèche de la cathédrale

Les rois mages devant la crèche de la cathédrale

Nous sommes ressortis de Notre-Dame un peu après 12h30*, et j'ai repris le RER pour Arcueil-city.

 

Sylvie, blogmestre

 

PS: à tous les amateurs de frangipane, bonne galette!

Dimanche 8 janvier 2017
Dimanche 8 janvier 2017
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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 17:30

J'ai eu la chance hier soir d'entendre le dernier concert du cycle Mozart-Bruckner de la

Staatskapelle Berlin dirigée par Daniel Barenboïm, à la Philharmonie de Paris grâce à un abonné qui

s'absentait de Paris ce soir-là, et m'avait cédé son billet, merci à lui. Tous les concerts de janvier dirigés

par Daniel Barenboïm étaient archi-pleins depuis des semaines et proposaient des listes d'attente...

Staatskapelle Berlin et Daniel Barenboïm

C'était une place au dernier rang du deuxième balcon, face à la scène. Voici la salle vue de ma place:

Staatskapelle Berlin et Daniel Barenboïm

Si vous vous en souvenez, ce cycle de concerts Mozart-Bruckner par la Staatskapelle Berlin, dirigés par Daniel Barenboïm,

avait débuté par 4 concerts en septembre 2016, et j'avais eu la chance, déjà, d'obtenir une place en septembre (les autres

spectateurs étaient en vacances quand je l'avais réservée!) Le cycle s'est achevé hier soir par 3 concerts

en janvier 2017, que vous pouvez voir ou revoir sur le site Live de la Philharmonie, celui du 7 janvier est ici.

Le principe de ce cycle, c'est que chaque concert présente un concerto de Mozart et une symphonie

de Bruckner, différents à chaque fois. Hier soir, nous avons entendu le concerto pour piano et

orchestre n°22 en mi bémol majeur de Mozart, puis la symphonie n°3 en ré mineur de Bruckner.

Staatskapelle Berlin et Daniel Barenboïm

L'originalité de la première partie de concert, c'est que le pianiste était aussi le chef d'orchestre.

Daniel Barenboïm s'installa sur le tabouret du pianiste et joua ou dirigea, alternativement. Puis vint

un passage où il jouait d'une seule main, il dirigea simultanément de l'autre! On ne peut s'empêcher de

penser à Mozart, qui jouait lui-même au piano les oeuvres qu'il avait composées... et dirigeait aussi.

C'est un concerto de XVIIIè siècle finissant, où le compositeur utilise des clarinettes pour la première

fois dans un concerto. Elles lui plaisent tant qu'un quintette à vent se dégage à plusieurs reprises

dans l'oeuvre, formé de la flûte, des deux clarinettes, et des deux bassons. Pour être honnête, j'ai

préféré l'exécution de la symphonie concertante que j'avais entendue en septembre, dont les solis étaient joués

par des instruments à vent. Il m'a semblé que la double tâche assumée dans le concerto n°22 par le chef

d'orchestre-soliste enlevait un peu de brillance à l'ensemble, et rendait l'interprétation plus algébrique.

Cependant, le concerto fut très applaudi, et le chef rappelé plusieurs fois.

Staatskapelle Berlin et Daniel Barenboïm

Je lisais le livret à ma place pendant l'entracte, quand des vibrations graves me parvinrent, qui me firent lever la tête...

C'était les contrebassistes qui répétaient gentiment Bruckner en sourdine pendant la pause, sur la scène! (ci-dessus)

Staatskapelle Berlin et Daniel Barenboïm

Puis tous les musiciens revinrent, et les lumières de la salle s'éteignirent. Les applaudissements qui

avaient salué le retour des musiciens enflèrent dès que l'on devina l'entrée du chef d'orchestre,

bénéficiant d'un extraordinaire capital d'admiration et de respect de la part du public présent. Pendant

le concerto, lorsqu'il jouait sans accompagnement, il régnait, hormis le piano; un silence religieux dans la grande salle

 

La troisième symphonie de Bruckner, créée une première fois à Vienne en 1877, tourne à la

catastrophe, les auditeurs n'y comprennent rien et sortent les uns après les autres, le compositeur

finit seul sur scène avec une poignée de fidèles... Il la réécrit une deuxième, puis une troisième fois,

et crée à nouveau cette troisième version, toujours à Vienne, en 1890, qui obtient alors un accueil

triomphal... En 13 ans, tout a changé! On joue actuellement cependant généralement la deuxième

version, qui est plus équilibrée, l'auteur ayant pratiqué beaucoup de coupes pour parvenir à la troisième.

Staatskapelle Berlin et Daniel Barenboïm

C'est une symphonie où l'orchestre peut donner la pleine mesure de son talent: mouvements lyriques

ou hachés, usage des cuivres et des percussions, violence et douceur, grands envolées ou petite

danse folklorique sympathique, on y trouve de tout. Et cette propension de Bruckner à bâtir des

cathédrales musicales. Ca vibre et claque dans tous les sens, mais on construit quand même!

Cette deuxième partie de concert fut remarquablement interprétée et dirigée, le public était en transe

à la fin du concert. Je pris plusieurs photos, à cette distance c'est difficile d'en avoir une bien nette, et le chef

disparaissait rapidement dans les coulisses entre deux salves d'applaudissements. Enfin, j'en eus une!

Staatskapelle Berlin et Daniel Barenboïm

Je profitai de ma place au dernier rang pour m'éclipser discrètement alors que le public bissait tant

qu'il pouvait... Quand je ressortis de la Philharmonie, il bissait toujours. Ce que c'est que l'amour!

C'était une belle soirée, un très beau concert,  mais l'heure de transports en commun du retour m'attendait...

 

Sylvie, blogmestre

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7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 09:17

... et Abrahamsen, compositeur danois contemporain. C'était hier soir dans le grand auditorium de la

Maison de la radio, où l'orchestre philharmonique de Radio France donnait quatre oeuvres de

ces quatre musiciens, sous la direction d'Alexandre Bloch. J'avais trouvé une place d'occasion.

Poulenc, Ravel, Stravinsky

J'étais au premier rang du 2è balcon, d'où je voyais très bien (il y a quelques barres

dans le champ de vision, mais il vaut mieux qu'elles existent!)

Poulenc, Ravel, Stravinsky

La première partie du concert, proposait Märchenbilder, une oeuvre pour orchestre de chambre, de

Hans Abrahamsen. Elle était suivie du concerto pour deux pianos et orchestre en ré mineur de

Francis Poulenc. Un entracte séparait les deux parties du concert. La deuxième partie se composait de

la Rhapsodie espagnole de Maurice Ravel, suivie de la Symphonie en trois mouvements d'Igor Stravinsky.

Poulenc, Ravel, Stravinsky

Le concert était diffusé en direct et peut être écouté sur le site de la station de radio.

Je vous recommande de ne pas sauter l'introduction faite par le chef d'orchestre Alexandre Bloch, très talentueux,

qui nous a expliqué la pièce d'Abrahamsen en vision de canards cancanant dans les portées... Märchenbilder était en

effet l'oeuvre la moins mélodique de la soirée, c'était une composition musicale de sons, brillante et

virtuose, qui nécessitait peut-être une introduction pour mieux la comprendre. La suite nous était plus familière.

Les deux pianos du concerto de Poulenc furent installés tête-bêche devant l'orchestre, et deux jeunes

pianistes ravissantes, en robe noire, et robe bustier rouge (brrr! quel courage!) s'installèrent aux claviers.

Poulenc, Ravel, Stravinsky

Les deux solistes étaient Lidija et Sanja Bizjak, deux soeurs originaires de Belgrad. Elles furent

remarquables dans ce concerto, et l'orchestre aussi. L'on y retrouve toute la fantaisie et l'espièglerie

de Poulenc, l'un des grands génies musicaux du XXè siècle. Le concerto fut très applaudi, et les deux

soeurs nous interprétèrent une pièce sans orchestre à deux pianos en bis, dont le nom a

probablement été donné à l'antenne par France Musique, mais pas sur le plateau.

Poulenc, Ravel, Stravinsky

La deuxième partie débutait par un autre génie musical français du XXè siècle, il s'agissait de

Maurice Ravel. L'auditorium était plein à quelques places près, et beaucoup d'auditeurs venaient

spécialement pour la Rhapsodie espagnole. Le piano prévu par Ravel dans cette oeuvre avait ici été

remplacé par un célesta qui délivrait ses petites notes argentines du plus joli effet. Ravel fut très applaudi.

Alexandre Bloch, qui dirigeait avec fougue et maestria, Abrahamsen à mains nues, et la suite du

concert à la baguette, fit lever les musiciens par groupes, dans l'enthousiasme. La dernière partie,

une symphonie en "seulement" trois mouvements, mélodique, de Stravinsky utilisait à nouveau le piano,

et une clarinette basse à la forme intéressante (il y avait aussi un trombone basse que je ne voyais pas).

Poulenc, Ravel, Stravinsky

Il y eut beaucoup d'applaudissements à la fin du concert, un très beau concert. Alexandre Bloch,

jeune chef français que Mikko Franck présentait dans le livret de la soirée comme très prometteur

tenait ses promesses! Signalons qu'Alexandre Bloch dirigera l'orchestre philharmonique de Radio France

dans l'émission de Jean-François Zygel "Les clés de l'orchestre" le 8 janvier à 16h au grand auditorium de

la Maison de la radio, où sera décortiquée la Rhapsodie espagnole de Ravel.

Nous sommes ressortis du concert un peu après 22h.

 

Sylvie, blogmestre

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6 janvier 2017 5 06 /01 /janvier /2017 15:55

C'était la reprise des répétitions hier soir au Choeur philharmonique international, avec en ligne de mire

le concert prochain du 20è anniversaire du choeur le 19 janvier, à 20h30 en salle II de l'UNESCO.

Pas de vente le soir du concert, il reste quelques billets à vendre, selon la procédure décrite sur le site du CPI.

 

 

Ci-dessous un enregistrement d'époque (émouvant) de la Misa criolla, trouvé sur Youtube

NB: avec un petit plug-in gratuit, trouvé sur les sites de logiciels gratuits, on peut télécharger la

bande sonore de la vidéo en mp3, c'est bien pratique pour en finir l'apprentissage!

 

 

Sylvie, blogmestre

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6 janvier 2017 5 06 /01 /janvier /2017 11:49

Je conseille à tous les mélomanes amateurs de concerts qui souhaiteraient en voir et en entendre

jusqu'à plus soif d'aller faire un tour sur le site Live de la Philharmonie, en cliquant sur le lien indiqué.

Vous y trouverez le concert de Daniel Barenboïm et du Staatskapelle Berlin de ce soir dans la grande

salle Pierre Boulez de la Philharmonie, mais aussi des concerts passés récents à profusion, du Schumann

avec l'Orchestre de Paris et Daniel Harding, un Requiem de Mozart avec le Freiburger Barockorchester

et Rene Jacobs, les orchestres résidents de la Philharmonie, ainsi que ceux qui résident à la Maison de

la radio, avec leurs chefs respectifs, Enrique Mazzola, Mikko Franck... une mine de bonheur!

 

Bonne année musicale!

 

Sylvie, blogmestre

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5 janvier 2017 4 05 /01 /janvier /2017 09:33

Pendant les fêtes, ce n'était pas possible, pour cause de surcharge des moyens de transports,

et de prix prohibitifs des-dits transports. Après la rentrée des classes, une éclaircie et l'aide financière

d'un membre de ma famille, me permirent de réaliser un projet: aller voir mes parents à Pibrac, dans le Gers,

où ils sont en maison de retraite. C'est difficile, car je suis astreinte, par décision de justice*, à réaliser le voyage

en une journée, n'étant pas autorisée à voir mes parents plus de quelques heures dans la journée.J'ai demandé

l'élargissement de ma situation, mais ne l'ayant pas reçu avant mon départ, je suis donc partie pour une journée.

Au-delà de Blagnac et retour

Après avoir pris le RER B et testé l'Orlyval, métro le plus cher à la minute qui existe, j'embarque à Orly

dans un appareil de la compagnie Easyjet, qui décolle avec retard, car il y a du brouillard

à l'arrivée, à Toulouse.

Au-delà de Blagnac et retour

Enfin nous partons, j'ai un hublot et par dessus la mer de nuages où brille un soleil éclatant,

on voit, après une quarantaine de minutes, les Pyrénées dans le lointain.

Au-delà de Blagnac et retour

Nous atterissons à Toulouse-Blagnac quelques minutes avant 10h. J'ai raté la navette qui devait

m'emmener à la gare de Matabiau prendre le train pour la suite du périple. Je retire un peu

d'argent pour prendre un taxi, car je suis attendue à la maison de retraite pour le déjeuner...

Au-delà de Blagnac et retour

Le taxi jusqu'à la maison de retraite dans la campagne creuse

un gros trou dans mon budget prévisionnel, mais enfin, j'y suis!

Au-delà de Blagnac et retour

Mes parents sont ravis, ils attendent, quand j'arrive, le repas avec d'autres pensionnaires de

la maison de retraite. Tout le monde est très gentil, on nous installe sur une table d'invités.

Il y a un immense ficus dans la salle, habité par des perruches en liberté,

qui accompagnent le repas de leurs pépiements.

Après le repas, je passe l'après-midi dans le studio de mes parents, et vers 17h20, les quitte

en taxi pour gagner la gare locale, où je prends un billet pour le train de Toulouse de 18h05.

Au-delà de Blagnac et retour
Au-delà de Blagnac et retour

J'avais prévu d'aller un peu au centre de Toulouse avant de repartir, mais on nous annonce dans le train

qu'une manifestation bloque la gare de Matabiau avec du personnel soignant hospitalier sur les voies...

Il y aurait au minimum 50 minutes de retard prévu, et peut-être même plus de navette pour l'aéroport...

Quelques étudiants me sauvent la mise en me conseillant de descendre avant Matabiau et de prendre

un autre moyen de transport en commun, ce que je fais, et arrive à l'aéroport de

Toulouse-Blagnac sans passer par la case centre-ville.

Au-delà de Blagnac et retour

Je retire à nouveau un peu d'argent liquide pour compenser ces nouvelles dépenses,

et soulagée d'être arrivée à bon port et d'avoir bouclé la journée, m'octroie un sandwich

et une bière Affligem (prise par-dessus la morphine de la vertèbre cassée, je décolle sans avion!)

Au-delà de Blagnac et retour

Nouvel embarquement, cette fois de Toulouse-Blagnac, direction Paris-Orly.

J'ai une place sans hublot, mais il fait nuit...

Au-delà de Blagnac et retour

Nous embarquons dans l'avion de nuit, la tempétature a chuté, l'avion est plus plein qu'à l'aller.

Au-delà de Blagnac et retour

Après un voyage sans particularité, nous atterrissons à Orly dans les temps.

Je repars à la recherche d'Orlyval, qui me délivre un billet qui vaut aussi pour le RER,

alors que j'ai un passe Navigo... toujours aussi cher à la minute!

Au-delà de Blagnac et retour

Encore un changement de train à Bourg-la-Reine, et me revoici à Arcueil-Cachan. Journée de ouf,

mais bien contente d'avoir revu mes parents, qui ont demandé que je revienne bientôt!

 

Sylvie, blogmestre

 

*Addendum juridique: mes parents ont été placés en 2015 sous tutelle et curatelle d'une mandataire de justice extérieure, par décision de justice, alors que j'avais demandé ces tutelle et curatelle, que j'exerçais de fait jusque là. Un certain nombre de témoignages faux et irrecevables en justice ont permis de me faire passer pour "toxique" pour mes parents, d'où l'ordonnance qui a limité ma présence auprès d'eux à quelques heures. J'ai fait appel mais n'ai pas été entendue à l'audience, parce que, coincée dans la file d'attente à l'entrée du Palais de justice de Paris le jour de cette audience, je me suis présentée en retard de trois quarts d'heure à l'audience, la juge d'appel a alors estimé que mon temps pour être entendue était passé. Je pense qu'il est de la responsabilité du Palais de justice de laisser entrer en priorité les justiciables convoqués, et ce n'était pas le cas, puisque nous entrions au même rythme que les touristes. Il ne s'agit donc pas d'un jugement contradictoire mais je n'ai pu en demander la cassation, faute de pouvoir payer la partie des frais d'avocat m'incombant pour obtenir l'assistance d'un avocat aux Conseils qui m'aurait permis de présenter cette demande de cassation de la décision d'appel auprès de la Cour de cassation.

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2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 08:47

J'arrivai hier dimanche un peu en retard en ce premier jour de l'année, à la station Saint-Michel Notre-Dame, à 10h09*.

Un retard résultant de la combinaison d'un lendemain de fête, des transports gratuits un peu plus aléatoires, et de la

nourriture des oiseaux du voisinage qui cherchaient en vain une pitance dans un décor givré du plus bel effet...

 

J'entrai dans la cathédrale Notre-Dame avec les touristes, l'entrée des fidèles étant déjà fermée.

 

Dimanche 1er janvier 2017

Nous étions le jour de la Solennité de Marie, et la Journée mondiale de la Paix.

La messe grégorienne était animée par trois voix féminines et un contre-ténor, dirigés par

Sylvain Dieudonné. Cette messe  était célébrée par le supérieur des chanoines de

Notre-Dame, vêtu de blanc avec un parement bleu scintillant (aux couleurs de Marie).

L'Evangile selon Luc évoquait les bergers visitant le nouveau-né de Bethléem, et s'en retournant

répandre la bonne nouvelle de sa naissance, puis la circoncision de l'enfant le huitième jour

et son nom donné de Jésus, tel qu'annoncé par l'ange avant sa conception. Pendant la quête,

Olivier Latry, qui était au grand orgue, joua une très jolie interprétation d'un Noël ancien.

 

 

La messe internationale qui suivit fut animée par un quatuor de solistes de l'Ensemble vocal

de Notre-Dame, qui chanta une messe brève (Kyrie, Sanctus, Agnus Dei) KV65 de Mozart

accompagnée à l'orgue de choeur par Johann Vexo.

 

 

La messe internationale fut célébrée par le Père Sosthène, m'a-t'il semblé, habillé de même en blanc avec

un parement bleu. On y parla anglais, italien, espagnol, et latin, outre le français, bien entendu! Le Pater

noster fut chanté en latin, comme dans la messe grégorienne, et un prêtre strasbourgeois participait

à la messe. A la fin des deux messes, Mgr Chauvet, recteur de la cathédrale, nous fit part des

annonces, conférences, et nous invita à venir admirer le tapis de choeur offert par Charles X,

Louis-Philippe, et Napoléon III à la cathédrale, qui sera exposé du 3 au 7 janvier,

puis du 9 au 14 janvier 2017. La messe se termina vers 12h30, et nous sortîmes avec lenteur.

Dimanche 1er janvier 2017

Il faisait très froid sur le parvis. Les forces de l'ordre étaient là, bien visibles, assurant le bon déroulement de

cette journée un peu spéciale, merci à elles! Nullement dissuadés par le froid, les fidèles et touristes

étaient alignés pour entrer dans la cathédrale dès notre sortie...

 

 

Dimanche 1er janvier 2017

Je repris le RER à 12h39**

Sylvie, blogmestre

Dimanche 1er janvier 2017
Dimanche 1er janvier 2017
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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 16:11

Et voici le retour des voeux en cette année toute neuve qui commence...

 

 

Merci à la ou au blogmestre inconnu(e) à qui j'ai chipé cette image pleine de lettres s'envolant au vent

  qui ressemble tellement à mon activité favorite dans le cybermonde qui nous connecte!

Bonne année à tous les lecteurs et les lectrices de ce blog, et aux autres!

 

Sylvie

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