17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 07:47

Après le Vendredi Saint de l'article précédent, il y eut à Notre-Dame, le jour du Samedi Saint,

une Vigile pascale. C'est une soirée où l'on vit les dernières heures de la mort de Jésus-Christ,

et la découverte de la vacuité de son tombeau. Le passage de la mort à la lumière.
 


L'image ci-dessus d'une Vigile pascale porte un copyright, merci à l'auteur de bien vouloir la laisser utiliser ici.

Samedi, j'ai raté un concert d'après-midi à la Philharmonie par faiblesse physique, et ai regardé la Vigile pascale,

en partie, à la télévision. Je salue l'implication des prêtres, diacres, bénévoles, choristes de la Maîtrise

et leurs dirigeants, et plus particulièrement Mgr Chauvet qui en sa qualité de recteur de la cathédrale,

a participé à toutes les manifestations, ce qui a dû être épuisant. Toute ma sympathie va à Mgr Vingt-Trois,

absent cette année des Fêtes de Pâques, et à qui je me permets de souhaiter un bon rétablissement.
 

Ci-dessus, le bourdon Emmanuel, l'une des cloches de la cathédrale, qui a plus de 330 ans.

Hier matin, dimanche de Pâques, 16 avril 2017, je suis arrivée vers 10h15* sur le parvis de la

cathédrale, après beaucoup d'efforts. L'arrivée était encadrée de CRS et le parvis encerclé de barrières.

Photo France 3 Ile-de-France

Photo France 3 Ile-de-France

Le contrôle était normal, rien de commun avec la séquestration subie l'an dernier sur le parvis pour la même fête.

J'entrai dans la cathédrale qui fourmillait de monde, et trouvai une place à l'avant sur le côté. L'affluence nous

serra davantage, et je fus prise d'un malaise. Je ressortis prendre l'air. On me dit de revenir vite... je rentrai quelques

minutes plus tard et pus avoir une chaise dans la dernière rangée au centre, sous le grand orgue. Ce n'est pas intéressant

en soi, mais cet épisode illustre les à-côtés des grands rassemblements de foule. Je vis la messe grégorienne de très loin.

Et resurrexit !

Lors du Credo, je m'aperçus qu'on n'entendait pas la soliste qui chantait avec l'assemblée, de la place où j'étais.

Ce fut donc un duo chant- grand orgue, personne d'autre alentour ne se risquant à chanter... Sur le Pater noster, ce fut

un peu plus facile, j'entendais la Maîtrise au loin, et il y avait le support de l'orgue de choeur. Je ne me hasardai pas

dans les chants grégoriens que je ne connaissais pas ou pas bien, Je suivis le reste de la messe de très loin, tantôt

debout, tantôt assise, tantôt proposant mon siège à un aveugle, qui n'en voulut pas. La communion venait de commencer

quand quelqu'un ouvrit derrière moi le ruban bleu qui contenait la foule à l'arrière de la cathédrale, et un flot de

personnes, communiantes ou non, entrèrent, me dissuadant de quitter ma place. Ayant fréquenté Notre-Dame

le jour de Pâques depuis des années, je savais à quoi m'attendre (habituellement, je reste debout).

C'est inhérent à la popularité du monument, et à la qualité des célébrations... tout le monde veut en être!
 

 

Ci-dessus le choeur "Et resurrexit" de la messe en si mineur de JS Bach.
 

A la fin de la messe grégorienne, la procession passa devant moi, dans une haie de personnes debout qui se collèrent

contre celles qui avaient un siège, pour laisser la place libre. Cette messe grégorienne avait manifestement

été préparée avec beaucoup de soin, et chantée par une dizaine de jeunes filles souriantes, qui passèrent devant

moi à la fin de la célébration, sous la direction de Sylvain Dieudonné. Dommage pour le bug de sonorisation.

Et resurrexit !

La messe grégorienne s'était terminée vers 11h25, je remontai la nef et trouvai une place assise dans la partie

centrale,vers le 10è rang, ce fut une chance, au moment où la messe internationale allait commencer.

Cette seconde célébration fut beaucoup plus facile à suivre pour moi sur le plan théologique et

liturgique. Elle fut animée par une vingtaine de choristes mixtes de la Maîtrise, sous la direction de

Henri Chalet. C'est Mgr Jachiet, évêque auxiliaire de Paris, très souriant, qui la célébra.

Et resurrexit !

A l'avant de la cathédrale, le bug de sonorisation persistait, mais la Maîtrise était assez proche, ainsi que les solistes

qui faisaient chanter l'assemblée, pour pouvoir chanter avec eux lorsque notre participation était souhaitée, sans

difficulté. La participation chantée des messes pascales est quand même nettement moindre de celle des messes

habituelles, une partie des présents ne pratiquant qu'à Pâques. La communion se déroula dans mon environnement

tout à fait normalement, et je retrouvai ma place sans problème quand j'en revins. La messe avait une structure

classique, trois lectures dont l'Evangile selon Jean qui décrivait la découverte du tombeau de Jésus

ouvert et des linges mortuaires ne contenant plus aucun corps. Sa durée était due à beaucoup de

musique et beaucoup de foule... Nous sommes ressortis dans la dignité, comme demandé, vers 12h45*

Et resurrexit !

Nous sommes ici dans l'un des grands paradoxes... la Messe de Pâques est incontournable pour un chrétien pratiquant,

mais elle peut virer à autre chose que ce qu'on espérait. J'ai le souvenir des messes de Pâques que j'ai dirigées, comme

chef de choeur d'une modeste chorale paroissiale, il y a longtemps, quand du haut des marches de l'autel, je voyais

le parvis de l'église, dont les portes étaient ouvertes pour que les personnes qui n'avaient pu entrer entendent, c'était

une fête, il fallait apporter de la joie à toutes ces personnes. Depuis des années, je ne retrouve plus la fête.

Peut-être est-ce l'explication de cet afflux de personnes ce jour-là, dans un monde en déroute: la quête de

la fête de Pâques. J'espère que ces personnes ont trouvé la joie. Pour ma part, la Passion continue.

 

Sylvie, blogmestre

 

 

Et resurrexit !
Et resurrexit !
Repost 0
Published by Blog des choristes des CP13
commenter cet article
15 avril 2017 6 15 /04 /avril /2017 08:02

Hier, c'était le Vendredi Saint de la semaine pascale pour les chrétiens, le jour où l'on commémore

la Passion de Jésus-Christ. Je suis arrivée sur le parvis de Notre-Dame vers 18h25*.

Beaucoup de visiteurs attendaient en file compacte pour entrer, et la cathédrale était déjà très pleine.

J'ai choisi une place sur le côté, à proximité d'un écran de télévision, qui compensait l'absence de vision directe.

Vendredi Saint

Une longue procession de prêtres arriva par le fond de la cathédrale, dans une semi-pénombre.

Les grands lustres étaient éteints, quelques spots éclairaient la nef, et dans ma travée latérale, on voyait à peine

le contenu de la feuille liturgique. C'était une chance d'être proche d'un écran, car les caméras de télévision avaient

une vision nocturne meilleure que la mienne! La célébration s'ouvrit sur un "Christus factus est" grégorien,

chanté par la Maîtrise d'adultes, sous la direction de Sylvain Dieudonné. S'ensuivit une lecture

prophétique de la Passion extraite du Livre d'Isaïe, puis une deuxième lecture entourée de psaumes,

dirigés par Henri Chalet. La Passion selon Saint-Jean fut ensuite chantée par plusieurs solistes

de la Maîtrise, entrecoupée d'une antienne entonnée par la Maîtrise et reprise par l'assemblée

(dont les deux premières mesures reprenaient le "O Haupt voll Blut und Wunden" de Bach). Au fur et à mesure

que Jésus-Christ avançait dans sa Passion, les cierges qui surmontaient l'autel étaient éteints.

Il y eut une procession de vénération de la Croix, puis une autre de communion. La célébration se

termina musicalement sur le dernier choeur de la Passion selon Saint-Jean de JS Bach, Ruht wohl,

dirigé par Henri Chalet, accompagné à l'orgue de choeur par Yves Castagnet (pas de grand orgue).

 

 

La version ci-dessus de Ruht wohl est dirigée par Ton Koopman

 

La célébration fut très longue, du fait du récit de la Passion, de la double procession, et du nombre

des fidèles. Il y eut une procession très longue de sortie, dans une semi-pénombre, vers les portes

grandes ouvertes de la cathédrale, montrant les marronniers fleuris de la rue Saint-Jacques.

Sortie de la cathédrale, Vendredi Saint

Sortie de la cathédrale, Vendredi Saint

Les images télévisées n'ont pas été diffusées. Ci-dessous ma contribution personnelle,

le finale de la Passion selon Saint-Jean de Heinrich Schütz: "O Hilf Christe"

 

 

 

Nous sommes ressortis de Notre-Dame vers 20h25**

 

Sylvie, blogmestre

 

Vendredi Saint
Vendredi Saint
Repost 0
Published by Blog des choristes des CP13
commenter cet article
13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 08:18

Comme je m'en doutais, le Théâtre des Champs Elysées était plein  hier soir d'auditeurs venus entendre

et voir La Passion selon Saint-Matthieu de Jean Sébastien Bach, présentée sous forme d'oratorio

par le Collegium vocale de Gand et son orchestre, sous la direction de Philippe Herreweghe.

Passion selon Saint-Matthieu

J'avais une place au second balcon de côté, réservée à l'avance pendant qu'il en restait, et parvins à l'utiliser,

à mon grand soulagement (la veille je n'avais pas pu sortir de chez moi). La place était tout en haut, rangée Y.

Passion selon Saint-Matthieu

Voici la vue depuis ma place n°26 de la rangée Y. Vous pouvez constater que je voyais la moitié de la scène,

c'est-à-dire, pour cette oeuvre, le premier choeur et son orchestre, qui était le choeur dans lequel j'ai chanté

cette Passion il y a sept ans, effet miroir, ce n'était pas prémédité !

Passion selon Saint-Matthieu

Voici les musiciens et les chanteurs du premier choeur et du premier orchestre en place, avec

Philippe Herreweghe, à la fin de la première partie. On aperçoit le 2è orgue du 2è orchestre,

qui accompagne le deuxième choeur localisé dans la partie cachée à droite de la scène.

Les choristes étaient 3 par pupitre dans chaque choeur, et pour le choeur n°1, comme vous pouvez

peut-être le voir, le pupitre d'altos était composé d'une alto et de deux contre-ténors.

Il y avait au centre plusieurs sopranes ou mezzo-sopranes qui chantèrent le Knabenchor du

premier mouvement "Kommt ihr Töchter", qui est à deux choeurs plus une voix d'enfants.

Les solistes étaient issus des choeurs, sauf le récitant. L'oeuvre était chantée en deux parties

la première étant plus chorale que la seconde, clairement plus oratorio. La partition originale

représente 2h45 à 3h15 de musique, selon le tempo, le concert d'hier soir durait environ 3h, avec

une exposition extensive de la mort du Christ  (parfois plus réduite, pour raison de durée globale).

Passion selon Saint-Matthieu

J'ai entendu cette oeuvre en concert pour la première fois à la Philharmonie de Berlin-Ouest dans les années 80,

intégrale et chantée pendant plus de trois heures, à l'incitation de l'ami américain qui m'avait invitée là. Puis je l'ai

reçue en cadeau sous forme de double CD de la part de mon père, sans avoir rien sollicité, avec l'impression que

cette oeuvre s'attachait à moi... Nous l'avons montée aux Choeurs de Paris 13, sous la direction de Pierre Molina,

en 2009-2010, et donnée en concert en l'église de la Trinité, Paris 9è, en février 2010. Avec la Messe en si mineur,

c'est l'autre sommet de musique chorale qu'il m'ait été donné de chanter (la Messe en si mineur est plus difficile).

Notre chef avait coutume de dire qu'après avoir travaillé ces deux oeuvres, un choriste pouvait tout chanter !

 

Manuscrit de la Passion selon Saint-Matthieu

 

La Passion selon Saint-Matthieu serait, selon son fils Carl-Emmanuel, l'une des cinq Passions que

le compositeur avait écrites. Il était de coutume en Allemagne de jouer le Vendredi Saint une grande

oeuvre chorale sur la Passion du Christ. Bach père écrivit une Passion par évangéliste, et deux pour

Matthieu, dont une seule, la plus complexe, subsiste. Celles de Marc et de Luc ont également disparu.

La Passion selon Saint-Matthieu fut créée à Leipzig en 1727 par Bach, puis recréée à Leipzig par

Mendelssohn en 1829, après avoir été dans l'oubli avec toute l'oeuvre de Bach. Toute... peut-être

pas, car les chorals de cette Passion sont luthériens, et vivent leur vie dans la liturgie protestante.

L'oeuvre comporte deux types de polyphonies chorales: des choeurs complexes, en contrepoint,

et des choeurs simples, à l'harmonie verticale, nommés chorals. Le choral se prête bien à

l'utilisation liturgique, il est calme et donne une impression de stabilité; le choeur complexe est

plus difficile et plus intéressant, pour le choriste aguerri, car il demande un peu de virtuosité.

Ci-dessous le choeur d'ouverture, à double choeur et surplombé par les voix "d'enfants",

c'est un enregistrement télévisé d'un concert de 2011 du Collegium vocale dirigé par Philippe Herreweghe.

 

 

L'oeuvre est à double choeur, double orchestre, deux jeux de solistes, deux orgues, comme on peut

le voir dans la vidéo ci-dessus. Elle a la réputation d'être difficile à diriger. Voici ci-dessous le double

choeur le plus rock'n roll à chanter,  "Sind Blitze, sind Donner" (il y a des éclairs et du tonnerre...), où la plus

grande précision est nécessaire pour que toutes les interventions tombent au bon endroit.

On constatera que Bach a utilisé à bon escient les sonorités de la langue allemande.

 

 

Et voici le choral le plus connu de cette Passion, qui revient avec des paroles différentes plusieurs

fois dans le cours de l'oeuvre: "O Haupt voll Blut und Wunden". Les auditeurs aiment beaucoup les

chorals, la ligne mélodique est claire et simple, facile à retenir. A chanter, c'est un peu plat. L'alternance

du choral linéaire et du contrepoint complexe crée un effet. Le contrepoint est habituellement utilisé

pour une expression collective des témoins de la scène (la foule), alors que le choral est le

commentaire de ce qui arrive à Jésus, la complainte du compositeur qui voit le mal qu'on lui fait.

 

 

 

La deuxième partie de la Passion selon Saint-Matthieu comportait beaucoup d'airs de solistes, dont

une partie avait été supprimée lorsque nous avions chanté cette oeuvre aux CP13, pour réduire la longueur de

l'ensemble, trois heures d'oratorio, c'est long pour le public (Bach avait aussi la réputation d'être un improvisateur

particulièrement prolixe à l'orgue...) intercalés de choeurs qui agitaient brièvement la salle, décrivant le

rideau du temple qui s'était fendu, l'obscurité qui était tombée sur la terre, etc... L'évocation de la mort

du Christ fut extrêmement recueillie, comme elle aurait pu l'être dans une église. Après la vision

de Jésus au tombeau, auquel Bach souhaitait une bonne nuit "Mein Jesu, gute Nacht", ce fut

le choeur final "Wir setzen uns mit Tränen nieder", après presque trois heures de concert.

 

 

 

J'ai aimé le caractère enlevé de l'interprétation, musicale ou chantée, toujours vivante, donnant à

cette musique superbe une intemporalité, une fraîcheur surprenantes. J'ai aimé la tonalité plus basse

des instruments baroques, le son des flûtes et hautbois anciens. J'ai aimé la perfection de l'ensemble.

Passion selon Saint-Matthieu

Le concert fut très applaudi, y compris sur scène par les choristes et les musiciens

qui applaudissaient leur chef et leurs solistes. Philippe Herreweghe paraissait très content

et fit la bise à plusieurs dames parmi ses musiciennes ou solistes. C'est toujours un bonheur de

constater qu'un beau concert engendre des manifestations affectueuses ! Et c'était un très beau concert.

 

Sylvie, blogmestre

 

Repost 0
Published by Blog des choristes des CP13
commenter cet article
12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 07:43

Il y avait hier soir un concert grégorien intitulé "O Crux, Ave" à Notre-Dame de Paris, que j'ai dû

renoncer à aller entendre du fait de dorsalgies aiguës nécessitant le repos. Tous mes regrets

à l'Ensemble vocal et à Sylvain Dieudonné, déjà exprimés par courriel peu avant le concert.

Voici le Vexilla regis grégorien adapté à la situation.

 

 

 

Sylvie, blogmestre

 

Repost 0
Published by Blog des choristes des CP13
commenter cet article
10 avril 2017 1 10 /04 /avril /2017 08:45

Hier, c'était le dimanche des Rameaux pour l'église catholique. Je suis allée à Notre-Dame

à la messe de 18h30. Par précaution, je suis arrivée un peu après 18h*, sachant qu'il y aurait foule.

Dimanche 9 avril 2017

Munie de mon petit bouquet de buis (qui sentait le Gave de Pau, en aval de Lourdes, où il y

a beaucoup de buis), je me suis placée vers l'avant de la cathédrale, à la fin des Vêpres.

Nous étions nombreux à l'intérieur, quand Mgr de Moulins-Beaufort, Evêque auxiliaire de Paris,

frappa de sa crosse aux portes de la cathédrale. Toute la messe, et l'entrée des prêtres furent filmés

par la télévision KTO,  la page dédiée est ici. Quelques copies d'écran de cet enregistrement

vidéo suivent, avec mes remerciements à la chaîne KTO.

Dimanche 9 avril 2017

Ci-dessus une image de l'ouverture de la porte et de l'entrée des prêtres et des fidèles qui étaient

sur le parvis, tenant de grands rameaux de palmiers. La messe fut très longue, principalement

du fait de la lecture chantée de la Passion selon Saint-Matthieu, entrecoupée

d'une antienne que reprenait l'assemblée.

Dimanche 9 avril 2017
Dimanche 9 avril 2017

La Maîtrise fut dirigée d'abord sur un chant grégorien, Christus factus est, par Sylvain Dieudonné,

puis par Henri Chalet pour un Crucifixus de Lotti, un Agnus Dei de Berkeley, et une Vinea mea electa

de Poulenc, ainsi que pour les psaumes et l'antienne. Il y avait dix-huit choristes,

et deux organistes, Yves Castagnet et Vincent Dubois. La cathédrale était pleine.

Dimanche 9 avril 2017

La messe reprit son cours après le récit de la Passion, durant lequel on passait de l'arrivée triomphante

de Jésus à Jérusalem, à sa crucifixion et sa mise au tombeau. Ce raccourci des derniers jours

du Christ en quelques dizaines de minutes est toujours poignant. Le détail de la gloire à la mise à mort,

et de la mort à la résurrection sera dans le déroulé de la semaine sainte qui vient.

Cette célébration était très spectaculaire, et en plein écran sur le site de KTO elle est très bien rendue.

Dimanche 9 avril 2017

Il y aura un concert grégorien le 11 avril à 20h30 en la cathédrale, intitulé "O Crux ave".

La messe des rameaux s'est terminée vers 20h25, j'ai repris le RER vers 20h30*

Dimanche 9 avril 2017

Sylvie, blogmestre

 

 

Dimanche 9 avril 2017
Dimanche 9 avril 2017
Repost 0
Published by Blog des choristes des CP13
commenter cet article
9 avril 2017 7 09 /04 /avril /2017 08:53

Il y avait un concert en 3B hier soir à la Philharmonie, donné par l'orchestre de chambre d'Europe,

sous la direction d'Andras Schiff, pour lequel j'avais pu avoir une place d'occasion.

Bach, Bartok, Brahms
Bach, Bartok, Brahms

J'étais placée au 2è balcon, de biais avec quelques gênes visuelles (pour les photos).

Bach, Bartok, Brahms

Après avoir subi divers déboires, largage de passagers dans le RER et incivilité dans le métro, il faut courir

un peu pour arriver à temps au concert, qui commence par deux extraits de l'Offrande musicale de

Jean-Sébastien Bach. Il s'agit d'un ricercar à 3, suivi d'un ricercar à 6. Le livret me renseigne sur ce

qu'est un ricercar: il s'agit d'une recherche musicale sur un thème donné. Pour Bach, il s'agit de fugues à 3 voix,

puis à 6 voix. Le thème musical avait été fourni au compositeur par le roi de Prusse Frédéric II, au

pianoforte. Bach en fit une partition, dont l'épigraphe est étonnante dans sa formulation: "Je me

souviens aujourd'hui encore de la grâce royale toute particulière qu'il y a quelque temps Votre Majesté me voulut bien

faire en daignant me jouer un sujet de fugue et en me demandant très gracieusement de le traiter... Je décidai alors

de traiter de manière plus achevée ce sujet vraiment royal, et de le faire connaître au monde." Auriez vous cru

que Bach pratiquait avec une telle aisance le langage de cour? Mais revenons aux Ricercar: le premier, à

3 voix, fut joué par Andras Schiff au piano. Selon le livret, même le ricercar à 6 voix serait jouable au clavecin

(deux clavecins?). Le second ricercar fut joué par trois groupes de 2 instruments à cordes: violons,

altos, violoncelles. C'était très virtuose, mais pour moi un peu trop évocateur de l'exercice de virtuosité

musicale, je préfère Bach dans d'autres écritures, plus colorées et plus changeantes.

Bach, Bartok, Brahms

La surprise vint de l'œuvre de Bela Bartók qui suivit, intitulée "Musique pour cordes,

percussions et celesta". L'œuvre date de 1936. Bartók partage avec le chef d'orchestre de la soirée,

Andras Schiff, la nationalité hongroise, ce qui est intéressant pour l'interprétation. Voici la couleur

dont les Ricercar de Bach étaient un peu dépourvus ! L'orchestre, pour cette œuvre est composé d'un

double quintette à cordes, d'une harpe, de multiples percussions (xylophone, tambours, cymbales,

tam-tam, grosse caisse, timbales), d'un piano et d'un celesta. L'œuvre comprend quatre

mouvements: andante, allegro, adagio, allegro molto. Les deux mouvements lents, le premier et

le troisième, sont étranges, oniriques. Mais les deux mouvements rapides sont une explosion

d'énergie musicale, particulièrement le deuxième, qui m'enchante ! Toutes les sonorités sont explorées,

les violons en pizzicati, ou en glissando (ça ne doit pas s'appeler ainsi pour un violon...), les notes

argentines du celesta, les percussions de toute nature qui ponctuent, et même un passage à

4 mains au piano, pendant lequel la celestiste partage le tabouret du pianiste.

Cette œuvre est superbe, et superbement jouée. Elle est très applaudie. Le chef est très souriant,

il serre les mains de tous ses musiciens (une quarantaine) et fait la bise à plusieurs dames.

Bach, Bartok, Brahms

Le concerto n°2 de Johannes Brahms pour piano et orchestre, en si bémol, a été créé à

Budapest en 1881. Il comporte une bizarrerie: quatre mouvements au lieu des trois mouvements

habituels. Le mouvement surnuméraire est le deuxième, et il s'agit d'un scherzo, ce qui rapproche

ce concerto d'une symphonie. Comme il arrive parfois, un seul mouvement de ce concerto m'est vraiment

connu, reconnu dès les premières notes c'est précisément ce scherzo. A-t'il été utilisé seul dans une autre oeuvre?

Je n'ai pas trouvé. A la création du concerto, Brahms était au piano. Andras Schiff était au piano et

à la direction, c'est-à-dire qu'il jouait, puis dirigeait les musiciens du regard ou d'un mouvement de tête.

Cette direction minimaliste fonctionnait très bien, ce type de "détail" révèle l'excellence d'une formation musicale.

Dans le finale, il se permit un peu plus de mouvement, se levant de son piano pour diriger

brièvement, et tout à la fin, dirigeant depuis le piano. Son jeu au piano était tout aussi brillant que

celui des musiciens qui lui donnaient la réplique, il y avait eu une répartition de la double tâche

du chef entre une autonomie plus grande des musiciens quand c'était possible, et une reprise

en mains du chef quand il n'était pas sollicité par le solo. Très réussi !

Bach, Bartok, Brahms

Le concerto pour piano fut lui aussi très applaudi. Dans le 4è mouvement, il y avait de la danse, et

de la campagne, et je me souvins que peu avant l'ouverture de l'Europe de l'Est, en 1988, j'avais été en

Hongrie, accompagnant un chœur strasbourgeois qui se rendait au Festival Europa Cantat à Pècs. Nous avions été

invités dans un village, pour chanter le dimanche dans l'église, et avions ensuite déjeuné sur l'herbe, avec nos

hôtes et goûté le Tokay local. C'était chaleureux et généreux.  Andras Schiff me faisait le même effet:

chaleureux et généreux. Il refit le tour des musiciens, serrant les mains, félicitant chacun, sous

les applaudissements. Craignant d'autres désagréments au retour, je partis vers 22h45,alors que le chef

d'orchestre s'était remis au piano pour un bis, dont je pris une ultime photo (ci-dessus) du fond de la salle.

J'arrivai chez moi aux alentours de minuit.

 

Sylvie, blogmestre

Repost 0
Published by Blog des choristes des CP13
commenter cet article
4 avril 2017 2 04 /04 /avril /2017 19:27

La messe en si mineur de Jean-Sébastien Bach, diffusée hier sur Arte est disponible

pour être revue en ligne pendant encore 25 jours. Elle a été enregistrée en l'église

Saint Laurent à Nuremberg, chantée par le Choeur de la Radio bavaroise, jouée par

l'Orchestre de chambre Concerto Köln, et dirigée par Peter Dijkstra.

 

 

Vous pouvez activer le mode plein écran en bas à droite de la vidéo.

 

Sylvie, blogmestre

Repost 0
Published by Blog des choristes des CP13
commenter cet article
4 avril 2017 2 04 /04 /avril /2017 08:26

Il y avait hier soir dans la grande salle de la Philharmonie, une version de concert

de l'opéra de Mozart La Flûte enchantée, concert auquel j'ai assisté.

Flûte enchantée de concert

Il s'agissait d'une place d'occasion, dont je vais mettre l'attestation d'achat* en ligne.

J'étais tout en haut de la salle, à l'avant-dernier rang du 2è balcon.

Flûte enchantée de concert

Le concert était donné par l'ensemble Les Talens Lyriques, en coproduction avec

l'Opéra de Dijon, la Maîtrise de Dijon, et des solistes, sous la direction de Christophe Rousset.

Flûte enchantée de concert

J'avais revu la Flûte enchantée à l'Opéra Bastille le 27 janvier, l'argument du spectacle était donc tout

frais dans ma mémoire. Dans la mise en scène de l'opéra vu en janvier dernier, les personnages étaient

en noir ou en blanc, dans un décor dépouillé mais suggestif. Le découpage noir/blanc, manichéen,

enlevait de l'éclat à la comédie dramatique voulue par Mozart. Sans mise en scène du tout, c'est à dire

en tenue de concert, j'avoue que j'ai eu un peu de mal. Le souvenir frais de l'opéra explicite me rendait

le scénario compréhensible, mais en allait-il de même pour les autres spectateurs?

Les 3 enfants, la Reine de la Nuit, Pamina, le chef, Tamino, les 3 dames

Les 3 enfants, la Reine de la Nuit, Pamina, le chef, Tamino, les 3 dames

L'expérience du dépouillement de la mise en scène était d'ailleurs un peu étrange, car Die Zauberflöte

a été écrite pour un théâtre populaire de Vienne, avec des costumes bariolés, des effets plus ou moins

de bon goût, c'était de la réjouissance plébéienne au sens positif du terme. Avec ses éléments subversifs

 cachés dans le décorum égyptien antique. Que reste-t'il de l'idée que Mozart se faisait de son opéra

populaire dans un concert en salle? Une version intellectuelle et culturelle pour auditeurs pré-informés

(dont je suis). S'agissant de la forme "Singspiel", qui alterne le chant et le récit, et dont l'essentiel de

l'action se situe dans le récit non chanté, l'absence de visuel crée un vide réel, puisque l'imagination

du spectateur doit s'y substituer. Dès l'affaire du serpent qui ouvre le premier acte, il fallait imaginer

"le monstre" qui ne nous était pas montré, et s'en était pris à Tamino. Lors de l'évocation d'Isis et

d'Osiris, il fallait imaginer seul les dieux de l'Egypte antique, si l'on s'en souvenait.

 

Vision nocturne de la scène depuis le 2è balcon

Vision nocturne de la scène depuis le 2è balcon

Bien sûr, la musique était belle, mais c'était une musique conçue pour être accompagnée d'une mise

en scène d'opéra, d'une mise en scène plutôt chargée. Il y eut les airs que chacun connait,

l'introduction, le finale choral, et summum du solo, la Reine de la nuit, vêtue d'une robe noire étoilée,

suivie par plus de deux mille regards  dans son air suraigu et rapide (j'y arrivai quand j'étais plus jeune,

mais jamais aussi vite!), ainsi que le solo désespéré de Pamina, et le duo Papageno-na. L'orchestre,

que j'avais entendu dans Armide de Lully et dans Didon et Enée, de Purcell, était excellent à son

habitude, sous la direction éclairée de Christophe Rousset. Les solistes étaient excellents aussi, ainsi

que le chœur de l'Opéra de Dijon. Les trois enfants en revanche avaient un peu de mal, le trac je pense, d'être dans

cette grande arène avec les spectateurs qui les scrutaient à 1,50m, brrrr! Mais ils ont vaillamment fait face, joli courage!

Monostatos et Sarastro, la Reine de la Nuit, Christophe Rousset, Pamina, Tamino, Papagena, Papageno

Monostatos et Sarastro, la Reine de la Nuit, Christophe Rousset, Pamina, Tamino, Papagena, Papageno

Vous me direz que c'est la même chose lorsqu'on écoute la Flûte enchantée sur un CD (comme de

nombreuses personnes, je l'ai entendue sur disque avant de la voir à l'opéra). Certes, mais la musique pure

se prête mieux au CD que l'opéra, qui est plus agréable en DVD. Le livret de la soirée citait Mozart

écrivant à son père que sa plus grand passion était d'écrire des opéras, le livret commentant que,

comme les femmes à Don Giovanni, la musique théâtrale était la passion dominante de Mozart.

Je pense que La Flûte enchantée a idéalement besoin d'un support visuel, tant pour sa durée

(deux heures et demie), que parce que c'est dans cet esprit qu'elle a été conçue.

L'ensemble Les Talens Lyriques, le choeur de l'Opéra de Dijon, les solistes, le chef

L'ensemble Les Talens Lyriques, le choeur de l'Opéra de Dijon, les solistes, le chef

Pendant le concert, je pensais avec amusement à l'un des chefs d'orchestre avec qui j'ai eu le plaisir de chanter

le Requiem de Mozart, et qui n'aurait pas ajouté un demi-soupir d'interprétation parce qu'il fallait "jouer et chanter

comme Mozart l'avait écrit". Puriste extrême. Et aussi, plutôt avec compassion, à ce pauvre Mozart, dont les deux

dernières œuvres furent le Requiem, et cet opéra, qu'il voulait très drôle, mais dont la musique et les paroles du

livret, dépouillés de leur mise en scène gaudriolesque, sont par moments franchement angoissées.

Le concert se termina vers 22h30, et je repartis au cours des rappels, pour ne pas rentrer chez moi trop tard

(ce fut 23h15, un retour exceptionnellement rapide, coup de chance!)

 

Sylvie, blogmestre

 

Flûte enchantée de concert
Repost 0
Published by Blog des choristes des CP13
commenter cet article
3 avril 2017 1 03 /04 /avril /2017 07:21

Hier matin, j'arrivai à l'heure* pour la messe grégorienne de Notre-Dame, pendant l'introduction au grand orgue.

(Cet article a été rédigé dans un concert de marteaux-piqueurs provenant de la rue, excusez-moi pour les fautes)

 

Dimanche 2 avril 2017

Nous étions le 5è dimanche de Carême. La messe grégorienne, diffusée simultanément sur France

Culture, avait fait l'objet, comme les semaines précédentes, d'un grand soin dans sa préparation.

Animée par deux solistes féminines, et un soliste masculin, elle était dirigée par Sylvain Dieudonné,

qui accompagna à la vièle à archet un duo mezzo-soprano et baryton. Il s'agissait d'un drame liturgique,

évoquant la mort de Lazare, et l'intervention de ses soeurs Marthe et Marie auprès de Jésus,

qui constituait l'Evangile du jour. J'ai isolé ce passage du podcast de la messe grégorienne du 2 avril 2017, disponible

sur le site de France Culture, pour en faire une illustration sonore de cet article de blog, et remercie  la réalisation de l'émission.

 

 

 

L'Evangile, très long, se concluait par la résurrection de Lazare, que l'on voit dans son tombeau, ci-dessus,

entouré de bandelettes. La messe grégorienne fut célébrée par Mgr Chauvet, qui nous fit part, après

la conclusion d'orgue destinée à la radio et aux auditeurs lointains, des annonces pour la fin du Carême, le

dimanche des Rameaux, et la semaine sainte. Le dimanche des Rameaux, à Paris est un moment épique

(mais ce n'est pas plus aisé à Arcueil). Il y a une messe de moins qu'à l'ordinaire peut-être est-ce l'explication?

 

Dimanche 2 avril 2017

La messe internationale de 11h30 qui suivit fut dite en français et en anglais. Elle fut animée par trois

solistes,;la musique était composée par la famille Haydn, Joseph, pour la messe brève, et Michael

pour le chant de communion, Eripe me Domine. Cette deuxième messe dura très longtemps, nous sommes

ressortis de Notre-Dame vers 12h45** (il y avait beaucoup de monde, la sortie fut longue). Dehors, la végétation

avait prospéré pendant la semaine, les marronniers de la place Jean-Paul II étaient feuillus et certains en boutons.

Dimanche 2 avril 2017

Après une tentative infructueuse, je parvins à recharger mon passe Navigo, mais l'appareil ne me délivra pas de ticket

(73€ de dépense, et refus de ticket!) Arrivée à Arcueil, je croisai le premier lilas fleuri, s'épanouissant sur un mur.

Dimanche 2 avril 2017

Sylvie, blogmestre

 

NB: la Passion selon Saint-Matthieu de JS Bach sera donnée deux fois à Paris pendant la semaine sainte,

le 12 avril au Théâtre des Champs Elysées et le 14 avril à la Philharmonie de Paris, en cherchant bien

on trouve encore des places libres, voire abordables, mais les deux concerts seront pleins, avis aux amateurs!

(la Passion selon Saint-Matthieu, à double choeur, est plus rare en concert que celle de Saint-Jean)

 

Dimanche 2 avril 2017
Dimanche 2 avril 2017
Repost 0
Published by Blog des choristes des CP13
commenter cet article
30 mars 2017 4 30 /03 /mars /2017 10:28

Il y eut mercredi soir un premier Requiem de Brahms à la Philharmonie.Il y en eut un deuxième jeudi soir.

Double Requiem de Brahms

Suite à un possible conflit d'agenda, j'avais réservé deux billets pour chacun des concerts, un billet le 29 et un billet

le 30 mars. Le conflit d'agenda ayant disparu de la soirée du 29, et n'ayant pas réussi à revendre ni à donner mon

billet de concert, je l'ai utilisé, ainsi que celui du lendemain. J'ai parlé de la première partie des concerts

c'est à dire du concerto n°22 pour piano et orchestre de Mozart, dans un article qui est inséré juste avant celui-ci.

Voici le Requiem de Brahms, ou plutôt les deux Requiem de Brahms entendus les 29 et 30 mars.

Double Requiem de Brahms
Double Requiem de Brahms

Comme on peut le voir sur le billet et sur le programme qui suit, le chef d'orchestre prévu pour diriger

ce concert avait changé, et Thomas Hengelbrock, nouvellement nommé chef associé de l'Orchestre de

Paris, marquait ainsi, selon les propos du livret, son entrée en fonction, par ces deux concerts.

La musique était germanique, Mozart d'une part, Brahms de l'autre. Ma motivation pour le choix de ce

concert était le bonheur d'entendre, de réentendre le Requiem de Brahms, que j'ai eu le plaisir de chanter

deux fois en concert. Et de l'entendre chanté par une formation qui saurait en tirer le meilleur.

Je ne le savais pas encore, mais le chef d'orchestre était aussi particulièrement brahmsien.

Thomas Hengelbrock le 29 mars

Thomas Hengelbrock le 29 mars

J'étais placée au 5è rang de l'arrière-scène le 29 mars, très près du choeur, et au 4è rang le 30 mars,

encore plus près! A tel point, étant à l'arrière-scène, qu'il m'aurait paru normal de chanter aussi, lorsque

le choeur était à l'unisson dans le deuxième mouvement "Denn alles Fleisch, es ist wie Grass"...

Double Requiem de Brahms

Il y avait dans le livret, dont la première page suit, tout le texte du Requiem de Brahms, en allemand

et en français, ainsi que les références bibliographiques des textes utilisés par Johannes Brahms,

dont l'entreprise était très originale, puisqu'il avait choisi de composer un Requiem en langue allemande,

au lieu du latin habituel, et qui incluerait des textes de la Bible et des Evangiles qui ne seraient pas

ceux utilisés habituellement . On y trouve ainsi des extraits des écrits de Pierre, Matthieu,

Jacques, Jean, Isaïe,  des Hébreux, des Corinthiens, et de l'Apocalypse.

Double Requiem de Brahms

L'interprétation du Requiem allemand était celle d'un choeur de choristes amateurs de très haut

niveau, habitué à se produire avec un orchestre professionnel. Les voix sont fraîches, bien timbrées,

sans caractéristiques lyriques ni solistes, même si certain(e)s des choristes ont probablement la voix

qu'il faut pour être soliste. La couleur musicale de l'ensemble est différente de celle d'un choeur

professionnel, mais la qualité est la même. On sent tout le travail (quand on a pratiqué l'oeuvre) qu'il a

fallu au Choeur de l'Orchestre de Paris pour aboutir à ce résultat quasiment parfait le 29 mars, et

parfait le 30 mars. Le 6è mouvement, qui est le plus épuisant à mon avis (quoique les 2è et 3è le soient

à peine moins...), fut remarquable de justesse et de tempo maîtrisé, et de frissons dans le dos produits

sur le public. Le 29 mars, le chef d'orchestre testa la puissance du choeur. Le 30 mars, il en exigea

le maximum. Et ce 6è mouvement atteint une puissance extraordinaire. Chair de poule sur le

"Tod, wo ist dein Stachel? Hölle, wo ist dein Sieg?" (Mort, où est ton aiguillon? Enfer, où est ta

victoire?) Même les non-germanistes ont dû comprendre qu'il s'agissait du Jugement dernier!

Eh bien, curieusement (je l'ai découvert hier soir en achevant la lecture du livret à l'entracte), ce ne

sont pas ces paroles-là qui viennent de l'Apocalypse (elle viennent des Corinthiens). Ce qui vient de

l'Apocalypse, ce sont les textes qui suivent la dernière trompette et l'aiguillon de la mort: la fugue "Herr,

Du bist würdig", du 6è mouvement, et le 7è mouvement "Selig sind die Toten" (Heureux les morts).

Le choeur tourné vers l'arrière le 30 mars

Le choeur tourné vers l'arrière le 30 mars

Le Requiem de Brahms est construit en deux bosses de puissance, avec une accalmie centrale.

Il commence pianissimo par "Selig sind die da Leid tragen", qui enfle progressivement, puis il y a

"Denn alles Fleisch", avec des alternances de pesanteur et de poésie musicale, puis le premier

sommet de l'oeuvre, en puissance, "Herr, lehre doch mich",  3è mouvement introduit par le baryton,

suivi d'une fugue étourdissante. Le 4è mouvement "Wie lieblich sind deine Wohnungen" est d'une

douceur presque fade comparée aux deux mouvements qui l'entourent. Pour parer à cette impression,

le choeur en a piqué les notes ici et là hier soir, ce qui introduisait une rupture bienvenue, transformant

le legato en un passage plus expressif et plus dynamique. La tension remonte avec le 5è mouvement

"Ihr habt nun Traurigkeit", et l'intervention de la soprano solo, pour culminer encore plus haut en

puissance dans le 6è mouvement, à nouveau après l'intervention du baryton. C'est ici que les choristes

sortent tout ce qu'ils ont dans le ventre... Thomas Hengelbrock, après les avoir testés la veille a estimé

qu'ils pouvaient donner beaucoup, et il leur a demandé beaucoup, énormément, en ce 30 mars.

Le pianissimo du "Selig sind" du 7è mouvement en fut un peu affecté, ce n'était plus qu'un piano, mais

on sait combien il est difficile pour un choeur non professionnel de passer du super fortissimo au super pianissimo,

et le piano était très beau et bien exécuté. Le chef d'orchestre m'a fascinée pendant tout le Requiem

qu'il savait par coeur, et dont il mimait les paroles pour les choristes. Lui aussi s'est donné à fond!

Le choeur et l'orchestre tournés vers l'arrière le 29 mars

Le choeur et l'orchestre tournés vers l'arrière le 29 mars

Les deux solistes étaient Christiane Karg, soprano, et Michael Nagy, baryton. Lionel Sow, chef

de choeur, vint rejoindre Thomas Hagelbrocke sur scène aux saluts, accompagné de l'habituel

mouvement de ferveur de ses choristes, ci-dessous en compagnie du violon solo Philippe Aïche.
 

Double Requiem de Brahms

Et pour finir un peu d'ambiance de fin de concert, le chef était épanoui (très souriant pendant tout le

deuxième concert, sauf passages dramatiques). J'ai lu dans le livret qu'il avait récemment monté Elias de

Mendelssohn, je serais enchantée de l'entendre dans cet oratorio ou un autre.

Herzlich Willkommen in Paris !

 

 

Heureusement que j'étais placée, le 30 mars, au-dessus des alti et des basses, si j'avais été au-dessus

des sopranes (mon pupitre), ç'aurait été une souffrance de ne pas pouvoir chanter aussi!

NB: le concert du 30 mars a été enregistré (enregistrement son).

 

Sylvie, blogmestre

Repost 0
Published by Blog des choristes des CP13
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog d'une choriste parisienne vagabonde
  • Le blog d'une choriste parisienne vagabonde
  • : Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
  • Contact

Recherche