6 août 2017 7 06 /08 /août /2017 08:40

J'ai vu hier soir un film de Martin Scorsese au cinéma en plein air de la Villette, intitulé

"Les affranchis", précédé d'un court-métrage. Samedi soir oblige, il y avait beaucoup de monde.

Partie d'Arcueil-gare à 21h*, je suis arrivée sans encombre Porte de Pantin à 21h40**

Les affranchis

Une foule de spectateurs faisaient la queue pour louer un transat à l'entrée. Sachant que le film durait presque

2h30 et le court métrage une dizaine de minutes je restai au fond de la pelouse pour pouvoir en ressortir

avant la fin, et ne pas rentrer chez moi tôt le lendemain matin par d'hypothétiques bus de nuit.

Les affranchis

Le court-métrage fut perturbé par l'introduction d'un transat devant moi, dans le champ de vision d'une dizaine

de personnes non consultées, sans aucune manifestation d'émotion de la part de la goujate à l'oeuvre...

Après réarrangement des personnes lésées consécutive, le court-métrage était presque terminé! Il s'agissait de

"Beauduc" de Laurent Teyssier, une oeuvre de 13' et de 2013: une série de cabanons en Camargue

sont frappés de démolition par un arrêté préfectoral car leur édification s'est faite à l'encontre

de la loi littoral qui interdit de construire en bord de mer. Sarah et Pascal, dont le père vivait dans

l'un de ces cabanons, y passent une dernière nuit, puis le détruisent par le feu.

 

 

 

Une réalisation fine, émouvante, des images superbes. Laurent Teyssier a réalisé un premier long

métrage, "Toril", qui est sorti en salles en septembre 2016, traitant des difficultés des agriculteurs

à vivre de leur métier, et d'une initiative de culture insolite et désespérée, le cannabis.

Les affranchis

Le film de Scorsese commença vers 22h15, on nous prévint qu'il durerait jusqu'à 1h du matin environ.

C'est un film sur la mafia italienne importée aux USA et reconstituée sur place, à New-York.

Plus précisément, il s'agit d'une sorte de documentaire sur la vie de Henry Hill, né de mère sicilienne,

très tôt embauché par la mafia new-yorkaise pour apprendre à devenir un gangster. Contrairement

au "Parrain", dans ses trois volets, il n'y a ici pas d'intrigue, les personnages sont lourds et vulgaires

(le nombre de f... par phrase est ahurissant), ils semblent tous plus ou moins psychopathes, ont la

gachette et l'explosif faciles, le coup de tatane aussi. Il semble que cela puisse fasciner les

demoiselles puisque Henry parvient à épouser Karen, séduite par le pistolet qu'il lui a confié...

Le film est une succession de coups, qu'il s'agisse de vols, de racket, de destructions par le feu,

ou de bastons qui tournent au meurtre en comité. Il y avait dans le Parrain de la finesse, et une

sorte d'aristocratie de la pègre. Les affranchis sont de grosses brutes antipathiques. La bande

annonce est sélective, comme souvent, en ce qu'elle ne restitue pas le langage très vulgaire de

ces messieurs. J'avais vu l'an dernier à la Villette "Fargo" des frères Cohen, aussi très riche

en langage ordurier, avec des scènes très violentes, mais qui comportait un second degré.

Dans "Les affranchis", pas de second degré, tout est brut de décoffrage. Il y a aussi une narration,

(Scorsese s'est référé à "Jules et Jim" de Truffaut qui comporte la voix du narrateur) Henry nous raconte sa vie

et ses états d'âme, ce qui parait inapproprié dans un film d'action... mais est-ce un film d'action?

Un film d'action a nécessairement une intrigue, il n'y avait qu'une succession de scènes.

 

 

Un peu surprise de mon manque d'adhésion à cette réalisation généralement présentée comme un chef d'oeuvre,

je suis allée lire les critiques défavorables des abonnés d'Allociné, pour découvrir qu'une frange des spectateurs font

les mêmes objections que moi. La pire que j'aie lue: Scorsese se complairait dans l'apologie du crime organisé.

Je suis ressortie prématurément de la projection vers 23h30, et ai repris le métro à 23h33***. Motif: un vent glacé,

et une violence à l'écran que je ne jugeai pas nécessaire de m'infliger au delà du mafieux tué sous les coups

d'un De Niro dans sa face obscure, trimbalé dans un coffre, enterré, déterré, qualifié de "putois écrasé" pour

expliquer l"odeur... bref! Quand je suis partie, nombre de mes voisins du fond en avaient déjà fait autant.

Tout le monde n'a pas vocation à supporter la violence, mais les spectateurs à l'avant étaient plus accrochés.

Précisons que le film est interdit aux moins de 16 ans, ce qui parait justifié.

Et pour terminer, ne pas aimer un film est aussi une expérience intéressante !

 

 

Sylvie, blogmestre

Les affranchis
Les affranchis
Les affranchis

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Published by Blog des choristes des CP13
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