14 août 2017 1 14 /08 /août /2017 08:26

Hier soir, je suis allée revoir Amarcord de Federico Fellini au cinéma en plein air de la Villette.

Ce film faisait partie du programme de ciné-club qui nous était proposé quand j'étais adolescente et je ne l'avais

plus revu depuis. C'est une oeuvre d'auteur de 1974, oscarisée, évoquant l'existence d'une famille italienne dans

une bourgade à l'époque mussolinienne, avec toute la verve exubérante et provocante du cinéaste.

Amarcord

J'avais planifié ce film avant de connaître la date du concert médiéval à Notre-Dame, qui par malchance, s'y est

superposée récemment, avec un horaire plus tardif qu'habituellement (si le concert avait été plus tôt, j'aurais pu faire

les deux). Ayant déjà entendu le concert l'année dernière et l'année d'avant, j'ai choisi de voir le film et présenté mes

excuses pour mon absence. Lors de la présentation du film, il nous fut précisé qu'il s'agissait du seul film non numérique

de la saison, et de la seule copie en 35mm disponible en France... une occasion peut-être unique de le revoir.

Amarcord

J'étais arrivée Porte de la Villette à 21h23*, et, eu égard à la pluie de la veille, avais choisi de louer un transat

(voir billet ci-dessus), puis trouvé un endroit sur la pelouse (humide) où installer le siège sans gêner personne.

La projection commença un peu plus tard que prévu, peut-être du fait qu'il s'agissait d'une pellicule,

avec tous les bruits qui accompagnent la projection de bobines de film, et dont nous avons perdu

l'habitude à l'ère du numérique. C'était probablement la meilleure méthode pour voir du Fellini...

Le transat s'avéra très confortable, avec sa couverture (et la multiplication des couches vestimentaires que j'avais

opérée en dessous), et au lieu de ressortir de la projection pleine de crampes et frigorifiée, je suis repartie en forme,

un peu avant minuit pour cause de transports en commun, j'ai passé un excellente soirée bien au chaud.

Amarcord

Le film raconte des scènes de vie dans la campagne italienne, le personnage central est un collégien,

que l'on voit dans ses différentes activités, à l'école, avec une bande de loustics, dans sa famille,

entouré d'un grand-père toujours vert, de deux parents hauts en voix, d'un oncle attardé mental que

l'on sort de l'hospice une fois par mois, des obsessions et fantasmes des uns et des autres,

de personnages féminins qui dominent les hommes par l'appât qu'elles constituent, et des

manifestations de puissance du régime fasciste qui enrôle les enfants et détruit les communistes.

Tout ceci est filmé dans la plaine italienne aride, en Emilie -Romagne, en bord de mer,  au nord-est

de la péninsule, ce qui apparait dans les brouillards et la neige de la fin. Le titre vient du dialecte

local, le romagnol, et les comédiens ont été doublés en romagnol dans la version italienne.

 

 

Mes arrière-grands parents paternels étaient italiens issus de la ruralité du nord-est de l'Italie, mes grands parents

paternels, nés en France, avaient passé leur enfance, en Italie dans la famille italienne, pendant la guerre de 14-18.

Quand j'étais enfant, je passais mes vacances d'été chez eux, et le dialecte d'origine ressortait souvent, avec cette

théâtralité du comportement. Il y avait des histoires épouvantables qui se colportaient dans le milieu franco-italien,

d'un goût plus que mauvais, à l'instar de ce que l'on voit dans le film, comme celle des cendres d'un soldat que l'on

avait confondues avec de la farine et avec lesquelles on avait tenté de faire un gâteau, qui avait refusé de monter...

Fellini puise dans un genre local existant la moëlle de ses films. Il le fait avec talent. Quoique j'aie lu Cavanna,

il y a longtemps, j'avais un peu oublié ce qu'étaient "les Ritals", cet héritage génétique aussi attachant

qu'insupportable par ses outrances, progressivement gommé en France au fil des générations.

Ce qui m'a frappée d'emblée, en revoyant ce film, découvert à l'adolescence, c'est-à-dire à une période

où la partie italienne de ma famille était encore bien présente, c'est combien la société a changé...

Même Nanni Moretti s'est "civilisé" au cours de ses films! Nous avons oublié le chemin parcouru.

Hier soir, j'ai reçu Amarcord dans la figure comme une grande bassine d'eau des origines.

 

 

 

Ci-dessus une bande-annonce italienne du film, que j'ai mis du temps à trouver, choisie parce qu'elle

me semble respecter le film pour ce qu'il est, une peinture de moeurs, un témoignage historique

à peine outré (dans la veine Pagnol, mais en bien pire!), avec le fascisme en bruit de fond, une

communauté humaine qui vit et trucule, au milieu du XXè siècle après Jésus-Christ. Ce film est

contemporain des oeuvres de Visconti, Scola, Pasolini, et de l'autre côté de l'Atlantique, de Coppola.

L'Italie a beaucoup donné au cinéma, je préfère personnellement les ruraux aux maffiosi...

J'ai rendu mon transat peu avant minuit, et suis ressortie de l'enceinte vers 23h56**, rentrée chez moi vers 1h.

 

Sylvie, blogmestre

 

 

Amarcord
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