12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 08:36

J'ai vu hier soir au Théâtre des Champs Elysées un drame lyrique de Claude Debussy, d'après le

poème de Maurice Maeterlinck, Pelléas et Mélisande, dans une mise en scène d'Eric Ruf de la Comédie

Française, avec l'accompagnement musical de l'Orchestre national de France, dirigé par Louis Langrée.

Pelléas et Mélisande

J'avais bénéficié d'un tarif Comédie française (merci !) pour cette place au 2è balcon.

Pelléas et Mélisande

Une fois installée, constatant la gêne d'obstacles visuels (projecteurs), et des places vides alentour, j'ai finalement

passé la première partie de l'opéra sur la même rangée mais plus près de la scène, place V8 je crois.

A l'entracte, j'ai trouvé une meilleure place, restée vacante, au 1er balcon, à l'extrémité du 2è rang.

Pelléas et Mélisande

Ce drame lyrique est en cinq actes et douze tableaux.

Il sera diffusé sur France Musique le 4 juin à 20h.

Pelléas et Mélisande

J'étais enchantée d'entendre à nouveau l'Orchestre national de France, et de découvrir Louis Langrée, que je

connaissais par ses disques. J'ai aussi connu son père, Alain Langrée, qui avait dirigé la chorale A Cœur Joie de

Mulhouse, dont j'ai fait partie pendant dix ans. Alain Langrée revenait nous voir de temps en temps et c'est

avec lui que j'ai appris l'Ave verum corpus de Mozart, dans les années 80.

Pelléas et Mélisande

L'histoire: dans un pays fantasmatique, au bord de la mer, omniprésente, un homme, Golaud,

rencontre une mystérieuse inconnue, Mélisande. Il l'épouse sans la connaître vraiment, puis la

présente à ses parents. En jouant avec son alliance au bord de la mer, Mélisande la perd dans

l'eau. Elle rencontre le frère cadet de son époux, Pelléas, et l'on sent immédiatement que le duo

fonctionne mieux, et nourrit des sentiments réciproques de plus en plus tendres, quoique non

exprimés. Golaud s'en rend compte aussi et se renseigne en interrogeant Yniold, enfant de son

épouse précédente, décédée. Persuadé que Mélisande le trompe avec son frère, Golaud le tue,

puis il la brutalise. Elle meurt de la mort de son amour, et de la brutalitéde son époux,

sans avoir fauté, avec la petite fille qu'elle venait d'avoir de Golaud dans les bras.

Pelléas et Mélisande

Il s'agit d'un de ces drames d'inspiration médiévale, comme les aimait le XIXè siècle. Eric Ruf a fait

le pari d'une mise en scène minimaliste et monochrome: beaucoup de noir, décor, costumes, un peu

de blanc, la robe de Mélisande, virginale à son arrivée et lors de sa mort, les linges du bébé, et, en tache

de couleur, la chevelure rousse de Patricia Petibon qui chante le rôle féminin principal, augmentée et

allongée pour l'occasion. En myope ordinaire que je suis, tout ce noir vu de loin avait quelque chose de fatigant,

empêchant de distinguer les contours et les personnages, qui ne ressortaient pas sur le fond, sauf Patricia Petibon.

Symboliquement, le texte parlant beaucoup de clarté et d'obscurité, le parti pris du noir se justifiait.

Le drame s'annonçait dès le titre, et la constatation que l'époux de Mélisande ne s'appelait pas... Pelléas.

Pelléas et Mélisande

L'accord des voix permettait d'accentuer celui des cœurs. Mélisande peut être chantée par une soprano

ou une mezzo-soprano. Elle était ici inteprétée par Patricia Petibon qui a une voix claire de soprano.

Golaud (ici Kyle Ketelsen) est baryton-basse, et Pelléas (ici Jean-Sébastien Bou) ténor-baryton.

On constate que les choix des chanteurs favorisaient l'harmonie musicale de Mélisande avec Pelléas.

L'enfant Yniold, dont les "petit-père" et "petite-mère" sont datés, était chanté par une soprano, Jennifer Courcier.

L'opéra est un peu déroutant, quand on ne le connaît pas (ce n'était pas mon cas, c'est une œuvre qui avait

beaucoup de succès dans ma famille !), cependant la musique de Debussy est tout à fait belle, les voix l'étaient,

l'orchestre était à son niveau d'excellence habituelle, le chef était formidable, et le drame sentimental

parlait à chacun, avec la terrible méprise finale de l'époux bafoué que l'on sent venir. Une très belle

soirée pour les amateurs d'opéra, que je recommande chaudement, jusqu'au 17 mai. Placez-vous

plutôt près de la scène si vous avez une vision corrigée, vous serez mieux. Nous sommes ressortis vers 23h.

Pelléas et Mélisande

La Tour Eiffel, par delà le Pont de l'Alma, avait un scintillement nocturne prolongé.

 

Sylvie, blogmestre

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Published by Blog des choristes des CP13
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