2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 09:37

Hier soir, c'était le dernier concert avant les vacances d'hiver... (encore qu'il me semble que les salles

programment dans les deux semaines qui viennent, mais je vais faire une pause!) un concert de l'Orchestre

de Paris, dirigé par Daniel Harding, créant en France une oeuvre de Harison Birtwistle,

et proposant un concerto pour piano de Johannes Brahms.

Birtwistle et Brahms

Ma place était dans la dernière rangée du second balcon de face.

Birtwistle et Brahms

Pour ma vue de myope, c'était très loin, je voyais les musiciens comme des petites fourmis...De plus, j'aime bien

voir le chef autrement que de dos (la fascination du choriste pour le chef...) En revanche, le panorama était top!

Birtwistle et Brahms

Voici l'orchestre complètement déployé pour "Earth dances" de Birtwistle, au zoom.

Cette oeuvre de musique contemporaine a été créée en 1986 sur commande de la BBC, elle comprend

trois mouvements et est dédiée à Pierre Boulez, dont la grande salle qui l'accueille ici porte le nom.

Je cite le livret: "l'orchestre est divisé en 6 strates, individualisées par leur registre, leurs intervalles et

leurs rythmes. Elle se heurtent, disparaissent à l'arrière-plan, émergent de nouveau, telles les plaques

tectoniques qui danseraient à la surface de la Terre". L'oeuvre commence par ce qui me parait à

l'évidence être un Big Bang, claquement de tout ce qui fait du bruit (il y a 7 percussionnistes, et j'ai

renoncé à compter les percussions, mais on voit bien les gongs et un xylophone interviendra avec

insistance). La description des plaques tectoniques ci-dessus laisse soupçonner

une architecture d'écriture de la partition complexe.

 

Birtwistle et Brahms

Le livret cite le compositeur, qui se dit "avant tout intéressé par la répétition, l'approfondissement

du même événement sous différents angles"... l'oeuvre dure 33 minustes, et cela fait beaucoup de

répétitions. Je me surprends à compter les contrebasses, 9, les violoncelles, 9, les altos, 9 ou 10?

Il est clair que l'orchestre et le chef font preuve de beaucoup de technicité, mais je ne suis pas très

sensible à ce type de musique. Ce n'est pas grave, à force d'en entendre, cela viendra peut-être!

Mes voisins sont manifestement enchantés, et applaudissent beaucoup. Le compositeur monte sur

scène sous les bravos avec Daniel Harding, moment d'émotion, il a l'âge de mes parents.

Daniel Harding et Harison Birtwistle

Daniel Harding et Harison Birtwistle

Après l'entracte, l'orchestre est plus modeste pour le concerto pour piano n°1 en ré mineur de Brahms.

Birtwistle et Brahms

On se rappelle sans doute que Brahms mit 20 ans à oser se lancer dans l'écriture d'une symphonie,

et qu'il écrivait des sonates que son ami Schumann voyait comme des symphonies déguisées...

Ce concerto pour piano, créé en 1859 (Brahms avait 26 ans) est une sonate symphonie déguisée

qui a évolué vers le concerto. Le premier des trois mouvements qu'il comporte est un très long

Maestoso, que je reconnais dès les premières mesures, pour l'avoir souvent entendu quand j'étais enfant.

Il a des accents beethoveniens, comme si les violons émettaient une sentence définitive. Cette partie

de l'oeuvre est la première composée, en sonate, puis modifiée pour être interprétée par l'orchestre.

L'adagio qui suit est annoté des paroles "Benedictus qui venit in nomine Domini", peut-être après la

tentative de suicide de Schumann, le mouvement évoque une quête spirituelle. Les deux derniers

mouvements sont postérieurs à l'écriture du premier, et ne parlent pas autant à ma mémoire. En revanche, on

trouve dans le troisième mouvement des accords qui existeront plus tard dans le Requiem allemand,

et dans le rondo final, se dessine le compositeur symphonique qui utilise volontiers de la musique

de danses populaires dans une écriture savante. Mes voisins marquent le rythme dansant...

Paul Lewis et Daniel Harding

Paul Lewis et Daniel Harding

Le pianiste du concerto pour piano était Paul Lewis (ci-dessus avec Daniel Harding). Ce concerto

a ceci de particulier que l'instrument solo n'y lutte pas contre l'orchestre, mais joue avec lui.

L'orchestre et le pianiste sont très applaudis. Daniel Harding a été magistral, comme il est d'habitude,

je regrette de na l'avoir pas mieux vu, c'est à retenir pour un prochain placement. Paul Lewis, bissé, revient

plusieurs fois sur scène, puis après concertation avec le chef, nous joue un bis au piano.

Ce concert est donné une seconde fois ce soir à la Philharmonie, il reste quelques places...

 

Je sors de la salle à la fin du bis, entre 22h35 et 22h45, pour avoir ma correspondance RER,

et arrive chez moi vers 23h45, le passe Navigo fonctionne, ce n'était pas le cas à l'aller, ouf!

 

 

Sylvie, blogmestre

Birtwistle et Brahms

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Published by Blog des choristes des CP13
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