12 janvier 2017 4 12 /01 /janvier /2017 09:24

Hier soir j'ai entendu un concert de l'Orchestre de Paris, dirigé par Cornelius Meister,

à la Philharmonie de Paris. J'avais un billet de face au 2è balcon, à l'extrémité de la dernière rangée.

Weber, Beethoven, Zemlinsky

Voici la vue que l'on avait de ma place au deuxième balcon:

La grande salle de la Philharmonie vue de la place G8 au 2è balcon

La grande salle de la Philharmonie vue de la place G8 au 2è balcon

Le programme de la soirée se composait en première partie de Der Freischütz Ouverture, de

Carl Maria von Weber, suivi du concerto pour piano n°5 en mi bémol majeur de Ludwig van Beethoven,

dit "L'Empereur", et en deuxième partie, de "La Petite Sirène" d'Alexander von Zemlinsky.

Le concert était dédié à Georges Prêtre par l'Orchestre.

Le programme de la soirée

Le programme de la soirée

J'ai beaucoup aimé la première partie, dont les deux oeuvres m'étaient connues (extrêmement connue

en ce qui concerne le concerto de Beethoven), et que j'étais heureuse d'entendre, comme l'on est heureux

de retrouver des amis de longue date. Weber comptait parmi ses admirateurs Wagner, Chopin, Liszt,

Mahler, Debussy. Der Freischütz (le Franc-tireur) fut l'oeuvre fétiche du romantisme allemand, pourtant,

elle est rarement représentée. Après La Flûte enchantée, et avant Le Vaisseau fantôme, l'opéra de

Weber changea le cours de l'histoire de la musique allemande. Après les opéras en allemand de Mozart,

qui était son cousin par alliance, et de Beethoven, Weber lança l'opéra romantique allemand avec

atmosphère sombre, créatures surnaturelles, et légendes. L'ouverture de l'opéra qui nous fut donnée

à entendre hier opposait l'ombre à la lumière, le bien au mal. Il s'agissait d'une histoire de Diable qui fond

des balles magiques, sept, pour que le forestier Max gagne le cœur de la belle Agathe. Heureusement

Agathe l'aime d'un amour pur et rédempteur, qui finira par triompher ! Tous ces détails viennent

du livret, dont je remercie l'auteur, car je ne connaissais l'oeuvre de Weber que mélodiquement.

 

J'ai été enchantée d'entendre le concerto l'Empereur d'une seule traite (vous vous souvenez peut-être que

je l'avais entendu à la Philharmonie en concert en famille, exposé par petits extraits, et commenté par deux comédiens).

Les commentaires étaient très intéressants, je me souviens que l'Empereur dont il est question est un Habsbourg et

non Napoléon, car le concerto a été écrit au milieu des guerres napoléoniennes, et Beethoven, à cette époque,

ne le trouvait plus assez sympathique pour lui dédier une œuvre ! La pianiste russe Elisabeth Leonskaja qui

répondait aux thèmes énergiques de l'orchestre par les doux  ruissellements de notes dont le piano

est familier, quand elle ne répondait pas à l'orchestre du tac-au-tac dans le même registre martial que

lui, fut remarquable dans son jeu et dans son interprétation, et très applaudie. Bissée, elle nous joua

l'impromptu de Franz Schubert D. 899 n ° 3, merci beaucoup au lecteur qui m'en a informée.

Elisabeth Leonskaja et Cornelius Meister

Elisabeth Leonskaja et Cornelius Meister

Le jeune chef Cornelius Meister, fougueux, à la direction précise et à l'enthousiasme communicatif, nous

donna une très belle soirée musicale, l'Orchestre de Paris étant égal à lui-même c'est à dire superbe.

Weber, Beethoven, Zemlinsky

Je ne connaissais pas le Petite Sirène, de Zemlinsky, que je découvris hier soir. Alexander von Zemilnsky

est, selon le livret, le trait d'union entre Richard Strauss et Gustav Mahler, et Alban Berg ou Anton Webern.

Il était ami avec Arnold Schönberg, mais se considérait comme un musicien post-romantique (c'est ainsi

que j'aurais qualifié La Petite Sirène). L'oeuvre entendue hier a été composée de 1902 à 1903, et

créée à Vienne en 1905. Malheureusement, elle n'obtint pas autant de succès que Pelléas et Mélisande

de Schönberg, et Zemlinsky, qui n'était pas un batailleur, la retira assez rapidement de l'affiche. Il était 

affecté par ce qu'il ressentait comme un échec. Son histoire personnelle reflétait douloureusement celle

de la petite créature mi-femme mi-poisson à la voix ensorcelante, puisque son élève Alma Schindler

  était partie épouser Mahler... l'ingrate. Musicalement, il s'agit d'une fantaisie, décrivant le monde magique

de la Sirène, qui sauve le Prince dont le bateau a fait naufrage. La Sirène, éprise du Prince, consulte

une sorcière qui lui fabrique un breuvage la transformant en femme. Mais le Prince part avec une autre...

Les soeurs de la Sirène veulent lui faire poignarder le Prince avec un couteau magique, qui lui rendrait

sa forme de poisson et sa voix, mais elle ne peut trahir son amour, et se transforme... en écume. C'est

une oeuvre très jolie et agréable à écouter, mais j'ai préféré  la première partie (je suis plus romantique

que post-romantique) L'interprétation était remarquable et le jeune chef fascinant à regarder diriger.

Le concert se termina vers 22h50, je repartis alors que le public rappelait et bissait Cornelius Meister,

ce qui était bien mérité! J'avais mis 1h25' à gagner la Philharmonie à l'aller, et me méfiais de la durée du retour!

Cornelius Meister

Cornelius Meister

 

 

Sylvie, blogmestre

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Published by Blog des choristes des CP13
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commentaires

Anonyme 13/01/2017 18:27

Merci pour le texte.
Le bis: Schubert Impromptu D. 899 N ° 3.

Blog des choristes des CP13 15/01/2017 15:07

Merci pour le commentaire :-) et pour Schubert, que je vais rajouter à l'article.

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