22 janvier 2017 7 22 /01 /janvier /2017 00:35

J'ai pu assister hier soir, 21 janvier, au premier concert du 40è anniversaire du Choeur de l'Orchestre

de Paris (plusieurs autres concerts ont eu lieu aujourd'hui 22 janvier, c'était un week-end d'anniversaire).

Le Choeur de l'Orchestre de Paris a été créé en 1976-1977 par Daniel Barenboïm et Arthur Oldham.

  Il fut le premier grand choeur français à vocation symphonique composé de choristes amateurs,

associé à un orchestre professionnel. Pendant longtemps, il ne fut composé que d'adultes.

Te Deum

J'avais acheté un billet d'occasion la veille au soir, la salle étant complète. Le premier concert du

Choeur de l'Orchestre de Paris, lors de sa création, fut le Te Deum de Berlioz, qui resta une

oeuvre emblématique de cette formation, une sorte de carte de visite. Le choeur d'enfants date

de l'arrivée de Lionel Sow, à la direction du Choeur de l'Orchestre de Paris, en 2011.

Le choeur et l'orchestre de Paris, en ce 21 janvier 2017, étaient dirigés par Bertrand de Billy.

Te Deum

J'étais au 2è balcon latéral, à l'extrémité de l'une des volutes, au premier rang.

Voici la salle et l'orchestre pour la première partie du concert.

Te Deum

Le programme se composait en première partie de la symphonie n°2 de Henri Dutilleux, dite "Le Double",

pour grand orchestre et orchestre de chambre (c'est la disposition que l'on voit sur la photo ci-dessus).

Elle fut créée en 1959, et comporte, au premier rang entourant le chef, une douzaine de musiciens

représentant chaque famille instrumentale, qui forment l'orchestre de chambre, ainsi qu'un clavecin

et un celesta. L'orchestre symphonique entoure ce petit orchestre, et les deux formations s'opposent

ou se répondent. Au début, j'étais bien attentive à ce jeu entre les deux orchestres, puis il arriva un moment où

les sons se noyèrent pour moi un peu les uns dans les autres, faute de mélodie localisable. Enfin, à défaut de

pouvoir commenter et évaluer de la musique contemporaine, j'appréciai le jeu instrumental et la direction.

 

Te Deum

Après l'entracte, la scène fut débarrassée des instruments excédentaires (clavecin et célesta), et les choristes enfants

(en chemises blanches) firent leur entrée, alors que le public n'avait pas encore regagné ses places. Ils s'installèrent

latéralement, des deux côtés de l'orchestre. Puis ce furent les choristes adultes (en noir), qui s'installèrent dans la corbeille

à l'arrière de la scène, et sur la scène, derrière l'orchestre. Il y avait donc trois formations distinctes de choristes.

Te Deum

La seconde partie commençait par une création de Philippe Hersant pour grand choeur,

orgue et orchestre, intitulée "La lumière et l'ombre", créée à la demande de l'Orchestre de Paris,

spécialement pour cette soirée, avec cette formation exceptionnelle de grand choeur destiné à

chanter le Te Deum de Berlioz, le grand orchestre, et le grand orgue (tout était grand!)

Le compositeur avait choisi un texte à la mesure de cette démesure, un poème en allemand de Novalis,

de 1802, intitulé "Le chant des morts". L'écriture vocale en était essentiellement verticale, harmonique,

comme un choral. Voilà une musique contemporaine que je comprenais mieux! De ma place au 2è balcon,

je voyais les sous-titres (habituellement je suis à l'arrière scène où on ne les voit pas), et pouvais apprécier la

poésie de Novalis. Il y eut un décalage dans les dernières traductions, et les choristes avaient arrêté de chanter

quand les dernières phrases traduites du poéme s'affichèrent, curieusement "Bientôt, bientôt, nous t'aurons entravé"...

puis "Terrestre esprit, ton temps est révolu.", des phrases presque menaçantes en l'absence de mélodie!

Une oeuvre démesurée et grandiose, que j'ai beaucoup aimée. Je n'étais pas la seule, Philippe Hersant

était dans le public, et monta sur scène sous les applaudissements rejoindre Bertrand de Billy.

Bertrand de Billy et Philippe Hersant

Bertrand de Billy et Philippe Hersant

Après l'oeuvre poétique mise ne musique par Philippe Hersant, il y eut le Te Deum de Berlioz.

Le Te Deum est une prière chantée non liturgique, qui fut utilisée au cours des siècles pour célébrer

les victoires ou attirer l'attention divine sur une cause, ou remercier le ciel de ses bienfaits.

Le texte est toujours le même, et les compositeurs qui se sont frottés au Te Deum sont légion,

produisant des oeuvres par essence glorieuses, auxquelles les grands choeurs conviennent bien.

J'ai chanté les Te Deum de Charpentier, Verdi, Bruckner, avec des effectifs pléthoriques, ce sont des oeuvres

formidables à chanter pour un choriste, qui a l'impression que chacun est doté d'une puissance extraordinaire.

Mais je ne connaissais que les Te Deum de vingt minutes, celui de Berlioz en fait cinquante!

On apprend dans le livret qu'il aurait rajouté des paroles... mais en lisant le texte du Te Deum proposé,

je constate que c'est le même que j'ai chanté pour les autres compositeurs, la coquetterie de Berlioz consistant

à avoir permuté des portions de phrases. L'oeuvre date de 1849, elle est dédicacée à Son Altesse

le Prince Albert, et fut créée en l'église Saint-Eustache. Elle est bien destinée à 3 choeurs.

Le grand orgue, pour sa part est là pour dialoguer avec l'orchestre, selon Berlioz (c'est en effet le

seul instrument qui puisse s'imposer sur cette nuée de musiciens vocaux et instrumentaux).

Ma place au 2è balcon s'avéra  remarquable, car j'avais le choeur en face, l'orchestre à gauche, et le grand orgue

à droite, et profitai pleinement des dialogues instrumentaux, l'orgue ayant une voix puissante, mais flûtée.

L'oeuvre était magnifique et magistrale, et fut magnifiquement interprétée. Le public fit un triomphe

au chef, aux musiciens, au ténor solo, aux choristes et à leur chef de choeur, Lionel Sow.

L'apparition de leur chef de choeur sur scène déclencha les applaudissements frénétiques

de ses choristes, grands et petits...

Bertrand de Billy, et Lionel Sow, au centre, et le ténor solo du Te Deum à gauche

Bertrand de Billy, et Lionel Sow, au centre, et le ténor solo du Te Deum à gauche

C'était un très beau concert, qui a été enregistré en vidéo.Quand je suis sortie de la grande salle,

vers 23h, après avoir bien bissé avec le public, la scène chantait "Joyeux anniversaire"...

Bon anniversaire, le Choeur de l'orchestre de Paris!

 

 

Sylvie, blogmestre

PS: le voici, le concert, tout frais issu du site live de la Philharmonie!

 

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Published by Blog des choristes des CP13
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