8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 17:30

J'ai eu la chance hier soir d'entendre le dernier concert du cycle Mozart-Bruckner de la

Staatskapelle Berlin dirigée par Daniel Barenboïm, à la Philharmonie de Paris grâce à un abonné qui

s'absentait de Paris ce soir-là, et m'avait cédé son billet, merci à lui. Tous les concerts de janvier dirigés

par Daniel Barenboïm étaient archi-pleins depuis des semaines et proposaient des listes d'attente...

Staatskapelle Berlin et Daniel Barenboïm

C'était une place au dernier rang du deuxième balcon, face à la scène. Voici la salle vue de ma place:

Staatskapelle Berlin et Daniel Barenboïm

Si vous vous en souvenez, ce cycle de concerts Mozart-Bruckner par la Staatskapelle Berlin, dirigés par Daniel Barenboïm,

avait débuté par 4 concerts en septembre 2016, et j'avais eu la chance, déjà, d'obtenir une place en septembre (les autres

spectateurs étaient en vacances quand je l'avais réservée!) Le cycle s'est achevé hier soir par 3 concerts

en janvier 2017, que vous pouvez voir ou revoir sur le site Live de la Philharmonie, celui du 7 janvier est ici.

Le principe de ce cycle, c'est que chaque concert présente un concerto de Mozart et une symphonie

de Bruckner, différents à chaque fois. Hier soir, nous avons entendu le concerto pour piano et

orchestre n°22 en mi bémol majeur de Mozart, puis la symphonie n°3 en ré mineur de Bruckner.

Staatskapelle Berlin et Daniel Barenboïm

L'originalité de la première partie de concert, c'est que le pianiste était aussi le chef d'orchestre.

Daniel Barenboïm s'installa sur le tabouret du pianiste et joua ou dirigea, alternativement. Puis vint

un passage où il jouait d'une seule main, il dirigea simultanément de l'autre! On ne peut s'empêcher de

penser à Mozart, qui jouait lui-même au piano les oeuvres qu'il avait composées... et dirigeait aussi.

C'est un concerto de XVIIIè siècle finissant, où le compositeur utilise des clarinettes pour la première

fois dans un concerto. Elles lui plaisent tant qu'un quintette à vent se dégage à plusieurs reprises

dans l'oeuvre, formé de la flûte, des deux clarinettes, et des deux bassons. Pour être honnête, j'ai

préféré l'exécution de la symphonie concertante que j'avais entendue en septembre, dont les solis étaient joués

par des instruments à vent. Il m'a semblé que la double tâche assumée dans le concerto n°22 par le chef

d'orchestre-soliste enlevait un peu de brillance à l'ensemble, et rendait l'interprétation plus algébrique.

Cependant, le concerto fut très applaudi, et le chef rappelé plusieurs fois.

Staatskapelle Berlin et Daniel Barenboïm

Je lisais le livret à ma place pendant l'entracte, quand des vibrations graves me parvinrent, qui me firent lever la tête...

C'était les contrebassistes qui répétaient gentiment Bruckner en sourdine pendant la pause, sur la scène! (ci-dessus)

Staatskapelle Berlin et Daniel Barenboïm

Puis tous les musiciens revinrent, et les lumières de la salle s'éteignirent. Les applaudissements qui

avaient salué le retour des musiciens enflèrent dès que l'on devina l'entrée du chef d'orchestre,

bénéficiant d'un extraordinaire capital d'admiration et de respect de la part du public présent. Pendant

le concerto, lorsqu'il jouait sans accompagnement, il régnait, hormis le piano; un silence religieux dans la grande salle

 

La troisième symphonie de Bruckner, créée une première fois à Vienne en 1877, tourne à la

catastrophe, les auditeurs n'y comprennent rien et sortent les uns après les autres, le compositeur

finit seul sur scène avec une poignée de fidèles... Il la réécrit une deuxième, puis une troisième fois,

et crée à nouveau cette troisième version, toujours à Vienne, en 1890, qui obtient alors un accueil

triomphal... En 13 ans, tout a changé! On joue actuellement cependant généralement la deuxième

version, qui est plus équilibrée, l'auteur ayant pratiqué beaucoup de coupes pour parvenir à la troisième.

Staatskapelle Berlin et Daniel Barenboïm

C'est une symphonie où l'orchestre peut donner la pleine mesure de son talent: mouvements lyriques

ou hachés, usage des cuivres et des percussions, violence et douceur, grands envolées ou petite

danse folklorique sympathique, on y trouve de tout. Et cette propension de Bruckner à bâtir des

cathédrales musicales. Ca vibre et claque dans tous les sens, mais on construit quand même!

Cette deuxième partie de concert fut remarquablement interprétée et dirigée, le public était en transe

à la fin du concert. Je pris plusieurs photos, à cette distance c'est difficile d'en avoir une bien nette, et le chef

disparaissait rapidement dans les coulisses entre deux salves d'applaudissements. Enfin, j'en eus une!

Staatskapelle Berlin et Daniel Barenboïm

Je profitai de ma place au dernier rang pour m'éclipser discrètement alors que le public bissait tant

qu'il pouvait... Quand je ressortis de la Philharmonie, il bissait toujours. Ce que c'est que l'amour!

C'était une belle soirée, un très beau concert,  mais l'heure de transports en commun du retour m'attendait...

 

Sylvie, blogmestre

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Published by Blog des choristes des CP13
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commentaires

rouaix 09/01/2017 19:45

j'étais à ce concert. La cohésion entre Barenboïm et son orchestre est bien ressentie par les auditeurs qui se sentent immédiatement "embarqués" dans les paysages mouvementés de Bruckner. Barenboïm et Mozart ne pouvaient être que magnifiques. J'ai pu écouter sur internet les deux concerts précédents.et je me réjouis que le public français (pas seulement) remplisse une telle salle de concert.

Blog des choristes des CP13 11/01/2017 10:22

J'ai trouvé Bruckner magnifique, mais Mozart plus ordinaire, à mon avis du fait que le chef faisait deux choses à la fois. Quant à l'engouement du public pour Barenboïm il préexiste clairement au concert. Je veux dire que la renommée du chef est telle que le public est comblé d'avance. Ceci dit, le chef est à la hauteur de sa réputation dans la direction, et la fascination du public est méritée et intéressante à observer. J'avais entendu autrefois Rostropovitch en concert et constaté le même attachement du public à sa personne. Merci pour le commentaire :-)

Chapireau geneviève 08/01/2017 20:47

nous y étions vendredi! je craignais Bruckner, l mais Barenboim a une telle maitrise de cette musique que l'orchestre nous a donné une musique presque lumineuse!

Blog des choristes des CP13 09/01/2017 09:02

J'aurais pu te rassurer, en septembre la symphonie de Bruckner que j'avais entendue était déjà splendide! Le chef et l'orchestre ont un vrai génie pour l'interprétation et la mise en valeur de ce compositeur! Merci pour ce commentaire :-)

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