11 janvier 2017 3 11 /01 /janvier /2017 09:21

Il y avait hier soir au Théâtre des Champs Elysées un concert donné par l'Orchestre de chambre de Paris,

sous la direction de Douglas Boyd, pour lequel j'avais réservé une place. Renâclant un peu au quart d'heure

de marche depuis la station Franklin-Roosevelt, j'utilisai un autre itinéraire, et arrivai par le RER Pont de l'Alma.

En sortant de la station de RER, mon passe Navigo ne bippa pas, surprise. Une autre personne passa sans valider.

A la réflexion, je ne l'avais pas entendu bipper non plus lorsque j'avais pris le RER à Arcueil à 19h02...

Dutilleux, Saint-Saëns, Ravel, Haydn

Ci-dessus la vue sur la Seine et la Tour Eiffel depuis le pont de l'Alma. Mon arrivée par l'autre extrémité

de l'avenue Montaigne me permit de prendre une photo du Théâtre des Champs Elysées de l'extérieur.

Dutilleux, Saint-Saëns, Ravel, Haydn

Il semblait y avoir une certaine effervescence à mon arrivée, vers 19h45, et des discussions agitées, mais je ne

sus pas à quel sujet, on me fit entrer comme d'habitude, cependant mon billet ne fut pas flashé.

Ma place était au premier balcon, au bout du rang R, côté cour.

Dutilleux, Saint-Saëns, Ravel, Haydn

N'ayant plus du tout de monnaie pour l'ouvreur, je lui proposai de revenir quand il aurait de la monnaie sur 10€ mais il

semble qu'il ait oublié, je ne l'ai pas revu. Très curieusement, j'étais complètement seule au bout du côté cour de la partie

haute du premier balcon. Très curieusement, car le logiciel attribue les places sur internet dans l'ordre des réservations,

si j'avais une place en bout de rangée, c'est que les autres places de la rangée, plus centrées, avaient été vendues.

Seules deux personnes étaient sur la même rangée que moi, à l'autre extrémité, et, au départ, quelques personnes au

rang S au-dessus, qui se replacèrent ensuite plus au centre, dans des places libres. La rangée Q devant moi

était vide aussi, sauf peut-être à l'autre extrémité du rang, côté centre (je ne me souviens plus). Personnellement,

je préfère ne voir qu'une partie de l'orchestre de près (ce qui était le cas), plutôt que la totalité de loin,

j'ai donc occupé ma place R10 d'origine, dans une vacuité totale  de voisinage très inhabituelle.

Dutilleux, Saint-Saëns, Ravel, Haydn

Voici ci-dessus la salle du Théâtre des Champs Elysées hier soir, de la place R10, et comme j'étais

la seule à être assise là, à des places à la ronde, on est sûr au moins que c'est moi qui ai pris la photo!

Il y avait globalement moins de monde que d'habitude, probablement du fait du concert Alagna de la veille au soir, plein.

Dutilleux, Saint-Saëns, Ravel, Haydn

Voici le programme du concert qui nous fut distribué à l'entrée. Le concert comprenait en première partie

"Mystère de l'instant" de Henri Dutilleux, le concerto pour violoncelle et orchestre n°1 de Camille de

Saint-Saëns, le "Tombeau de Couperin" de Maurice Ravel, et la Symphonie n°83 "parisienne" en sol

mineur, dite "La Poule", de Joseph Haydn. Un concert français par un orchestre de chambre français,

dirigé par un chef britannique, avec un extraordinaire violoncelliste britannique, Steven Isserlis.

 

La première partie du concert commença par une oeuvre de Dutilleux, qui a le génie de produire à partir

d'instruments de musique des sons pas toujours très musicaux, voire des sons que l'on produit en voulant faire de la

musique avec autre chose que des instruments ad hoc. Ainsi au début de l'oeuvre, les violons restituèrent les

sons que l'on obtient lorsqu'on passe un doigt mouillé sur le haut d'un verre pour le faire "chanter". Plus

loin, ce furent les violoncelles qui imitèrent le claquement sec de l'élastique coincé entre deux doigts...

L'orchestre était en petite formation, il n'y avait que des cordes et des timbales. Il se gonfla pour la

seconde oeuvre de la première partie, le concerto pour violoncelle de Saint-Saëns. Quand l'orchestre

fut installé, le violoncelliste Steven Isserlis entra avec son violoncelle, suivi du chef Douglas Boyd.

 

Ci-dessous, le violoncelliste qui joue sur un Stradivarius de 1724, prêté par la Royal Academy of Music.

Steven Isserlis m'a fait penser à Roger Daltrey, des Who, pour la coiffure, et à Pete Townshend (idem) pour le jeu

(heureusement, contrairement à Pete, il n'a pas fracassé le bel instrument à la fin du concerto!)

Il protesta par gestes que son siège était trop haut à son arrivée sur scène, et on le lui baissa.

Steven Isserlis et Douglas Boyd (flou)

Steven Isserlis et Douglas Boyd (flou)

Le concerto était très beau mais l'attraction principale en était clairement le violoncelliste, fascinant.

Il faisait de grands mouvements, et jouait de tout son corps. Comme il a une abondante chevelure bouclée, le résultat

était spectaculaire. Mais ce mouvement permanent dispensait une musique de rêve. Le livret parle de

"triolets véloces et nerveux", puis de "développement lyrique et virtuose", et le violoncelle finit par

s'imposer à l'orchestre "avec une force et une détermination beethovéniennes".  Encore une fois, j'admirai

la beauté du son de ces instruments du XVIIIè siècle, et le couple formé par l'instrumentiste et son

violoncelle d'anthologie, un couple au sens amoureux et moteur tout à la fois, comme si chacun donnait

le meilleur de lui même à l'autre, dans une vibrante symbiose. Steven Isserlis, très applaudi, fut rapidement

bissé, après avoir salué. Il nous dit dans un français prudent teinté d'accent britannique, avant de nous proposer

le bis réclamé par le public qu'il dédiait ce morceau "à la mémoire de son ami..." Le morceau choisi pour le bis était

aussi planant que le concerto avait été agité. A part quelques tousseurs invétérés, plus personne n'émettait de bruit

dans la grande salle, pour ne pas rater une note de l'extraordinaire Stradivarius. L'extraordinaire violoncelliste, quand il

eut bien salué et salué à nouveau, avec un hmour très britannique, fit saluer le violoncelle, et s'en fut.

Dutilleux, Saint-Saëns, Ravel, Haydn

La deuxième partie mettait le hautbois en vedette dans les deux oeuvres interprétées. Elle commença

par le Tombeau de Couperin de Ravel, une oeuvre créée pendant la Première guerre mondiale au piano,

puis orchestrée en 1920. Il s'agit, selon le livret, "d'une sonnerie aux morts tombés à la guerre" et d'une

"évocation poétique du raffinement du classicisme français", en quatre parties: prélude, forlane,

menuet, rigaudon. L'impertinence des instruments à vents séduit dans le rigaudon final. Le chef les

fit lever plusieurs fois, surtout le hautboïste (Douglas Boyd est lui-même hautboïste), qui remporta un

franc succès. L'oeuvre finale du concert était la symphonie de Haydn dite "La poule" (toutes les

"symphonies parisiennes", écrites sur commande par Haydn, ont été gratifiées d'un surnom affectueux).

Celle-ci doit son surnom au gloussement que produit l'aimable gallinacée de nos campagnes quand elle

rencontre par exemple et par un hasard favorable, un ver de terre bien dodu. Je guettais donc le hautbois dans

son gloussement (pout-pout-pout-pout-pout... etc...), ah oui, il gloussa plusieurs fois, mais il ne fut pas seul, la flûte

aussi gloussa, plus brièvement, et même les violons s'y mirent (faire glousser un violon...!) Ce devait être une

directive du chef de forcer la ressemblance avec le surnom de la symphonie car il y eut aussi des

échauffourées de perchoir, et du volage dans les plumes. Tout cela avec la sérénité et l'équilibre de

Joseph Haydn, tel que nous le connaissons. Les clarinettes de Ravel avaient été remplacées par des

cors, et cette oeuvre concluait brillamment le concert, avec humour.

Douglas Boyd

Douglas Boyd

Ci-dessus Douglas Boyd, aux saluts de la fin, très appaludi, rappelé, bissé, ainsi que l'orchestre.

Nous sommes ressortis vers 22h05 dans l'avenue Montaigne, et j'ai tenté de reprendre le métro à la station Alma

Marceau à 22h09* mais les hauts-parleurs de la station parlaient d'un malaise voyageur qui bloquait la ligne 9 sur une

grosse portion de sa longueur, je suis donc retournée vers la station RER du Pont de l'Alma. A nouveau, absence

de bip de mon passe Navigo, Idem, sans surprise, à l'arrivée à Arcueil Cachan, vers 23h.

 

Sylvie, blogmestre

Dutilleux, Saint-Saëns, Ravel, Haydn
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Published by Blog des choristes des CP13
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