27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 09:25

J'avais fini par obtenir, à l'arrachée, une place pour la Flûte enchantée de Mozart, en représentation

actuellement à l'opéra Bastille. La place était pour la deuxième représentation, celle du 26 janvier.

J'avais acheté une place sur un lot de deux, et mon voisin de galerie avait acheté la deuxième place en même temps!

C'était un jeudi, soir de répétition hélas, mais je n'avais pas recouvré ma voix depuis le concert du 19 janvier,

et avais eu suffisamment de peine à décrocher cette place pour craindre que l'occasion ne se renouvelle pas.

Die Zauberflöte
Die Zauberflöte

J'étais à la dernière place au bout du 2è rang d'une galerie latérale, très près de la scène,

compte-tenu des proportions gigantesques de la salle, et très contente de la vue depuis ma place.

Die Zauberflöte

La salle était pleine, ce qui était normal, puisqu'on ne trouvait plus de places à louer!

L'orchestre de l'Opéra national de Paris et les Choeurs étaient dirigés par Henrik Nanasi.  La mise

en scène était celle, récurrente, de Robert Carsen, et la représentation du 26 janvier était la 34è donnée

à l'Opéra Bastille dans cette mise en scène. Les décors de Michael Levine consistaient en un gazon

synthétique creusé de fosses (dont celle de l'orchestre, ceinte d'une couronne de gazon!), et un support

translucide vertical sur lequel étaient projetées les images d'un sous-bois au cours des saisons.

Die Zauberflöte

Pour les lecteurs qui ne connaîtraient pas l'histoire, La Flûte enchantée est un opéra en deux actes,

le dernier écrit par Wolfgang Amadeus Mozart, en 1791, en allemand, destiné à un public populaire.

Mozart, qui était initié à la franc-maçonnerie, est réputé avoir glissé dans son opéra des allusions

maçonniques. L'opéra évoque les amours contrariées que vivent deux hommes qui se rencontrent par

hasard, Tamino, Prince, et Papageno, oiseleur. Pour délivrer la belle Tamina, fille de la Reine de la Nuit,

du joug de Sarastro qui l'a enlevée,Tamino va devoir traverser des épreuves, ce qu'il fait avec courage

et détermination. Papageno qui vit du commerce des oiseaux est un épicurien qui souhaite seulement

rencontrer une compagne, avoir bonne chère et boisson assortie! Trois dames surveillent Papageno

et sauvent Tamino d'un serpent mortel. Trois jeunes garçons les guident dans les épreuves.

Chacun trouve sa chacune, mais on les empêche rapidement des se parler. Sarastro est le chef d'une

bande d'initiés, qui finit par intégrer les deux hommes, après leurs épreuves. Et tout le monde se

réconcilie, la Reine de la Nuit oublie sa fureur, Sarastro devient sympathique, les amoureux convolent...

 

Cela donnait hier soir: Tamino en blanc, pieds nus, sort d'une fosse funéraire creusée dans le gazon, où était le serpent.

Les trois dames arrivent, toutes de noir vêtues et le visage couvert d'un voile noir, et snappent le serpent, qui devient

raide mort. Un hurluberlu avec rucksack et flûte de Pan arrive depuis le parterre, c'est Papageno, qui raconte à Tamino

qu'il capture des oiseaux pour la Reine de la Nuit (qu'il stocke dans une glacière en plastique bleu, pauvres piafs!), et que

c'est lui qui a tué le serpent. Crac, les trois dames réapparaissent et lui cadenassent le museau avec un bip à verrouiller

les voitures... pour cause de mensonge. Trois jeunes garçons aux voix d'anges, de blanc vêtus et pieds nus vont guider les

deux hommes vers Tamina, que la Reine de la Nuit, vêtue de noir comme une mamma italienne, leur a demandé de

retrouver. Tamina (ce n'est pas la même que sur la bande-annonce) est séquestrée en sous-sol par des hommes en noir

avec le visage voilé de noir (ça fait un peu penser à Dark Vador en version molle...) elle est vêtue de blanc et nu-pieds.

Il y a une séquence tombeaux avec squelettes, on est en-dessous de ce qui était visible au début. Je comprends, en ma

qualité de non-initiée, mais qui a lu un peu, qu'il s'agit de l'initiation maçonnique de Tamino et de Papageno, et que

les épreuves qu'ils traversent, la confrontation à la mort par les cercueils, et aux éléments naturels, le silence, sont les allusions

maçonniques glissées par Mozart dans son opéra. Dans les éléments, le feu et l'eau étaient spectaculaires, les choristes

étaient emballés individuellement dans des suaires blancs, et des rampes de gaz s'allumaient progressivement dans le

gazon. Tamino et Papageno, même pas peur, franchissaient tout cela, et, alors que je m'inquiétais que le gazon prenne

feu, il fut abondamment douché par en haut, et les choristes dans leur suaire avec... Plus tard, Tamina descendit l'allée

centrale du parterre avec un grand couteau pour couper la corde à laquelle Papageno souhaitait se pendre... j'espérais

que personne dans le parterre ne ferait une crise cardiaque à cette vue! Papageno qui avait rencontré une zombie au

royaume du sous-sol se morfondait quand une Papagena toute pimpante avec rucksack, vint le rejoindre pour le duo

pa-pa-pa-pa-pa-pa-pa, très réussi et très applaudi. Dans le rucksack, il y avait de la layette, on n'est pas plus explicite!

La Reine de la Nuit (au centre, premier rang), et les trois jeunes solistes à droite

La Reine de la Nuit (au centre, premier rang), et les trois jeunes solistes à droite

Enfin, il y avait de l'idée, et matière à retrouver la jovialité souhaitée par l'auteur. Cependant, le côté

manichéen du noir et du blanc des costumes m'a semblé forcé, et que dire de la vision de la femme?

(mais là c'est la faute à Wolfy!)  Surtout, l'habillage des personnages tous en noir ou tous en blanc ne

permet plus de les différencier pour le spectateur. Et comment ne pas regretter que la voix remarquable

de la Reine de la Nuit et son contre-fa n'aient pas bénéficié d'un costume coloré digne de l'exploit?

Mes coups de coeur musicaux ont été à la Reine de la nuit, interprétée par Albina Shagimuratova,

et aux trois jeunes garçons de l'Aurelius Sängerknaben Calw qui guidaient Tamino et Papageno.

Ci dessus, au centre la Reine de la nuit, et à droite au premier rang les trois jeunes solistes.

Papgeno, Tamina, Tamino, la Reine de la Nuit

Papgeno, Tamina, Tamino, la Reine de la Nuit

L'opéra s'est terminé vers 23h40, très applaudi, rappelé, bissé, je suis ressortie de la galerie en ratant une marche

dans le noir... émoi du 2è voisin de rangée!  Il était 23h45 et j'avais encore  45 minutes de retour à effectuer!

 

Sylvie, blogmestre

 

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Published by Blog des choristes des CP13
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