27 décembre 2016 2 27 /12 /décembre /2016 08:56

Dimanche soir, j'avais trouvé une place pour aller voir l'opéra "Iphigénie en Tauride" de

Christoph Willibald Gluck au Palais Garnier, dont c'était la dernière représentation. Le RER qui m'amena

à la station Auber s'appelait modestement "Zeus", ce qui me parut de bon augure!

Iphigénie en Tauride

J'avais une place en troisièmes loges de face... trois étages à monter,

des étages de Palais Garnier, démesurés et grandioses...

Iphigénie en Tauride
Le grand escalier de l'opéra Garnier

Le grand escalier de l'opéra Garnier

mais la vue valait l'effort! Ce fut d'autant plus gratifiant que les personnes qui avaient réservé

devant moi ne vinrent pas, et qu'il nous fut possible d'avancer au premier rang.

La vue depuis les 3è loges de face

La vue depuis les 3è loges de face

La scène était équipée de panneaux de miroirs sans tain, qui reflétaient le public quand l'arrière-scène était

obscure, et laissaient voir celle-ci quand elle était éclairée. Voici ce que nous voyions à notre arrivée:

Les miroirs sans tain de la scène

Les miroirs sans tain de la scène

Je ne connaissais pas cet opéra, mais l'ai trouvé très beau, la musique, les solistes, les choeurs,

la direction de Bertrand de Billy, tout était superbe. L'opéra était en version française et les solistes

principaux, Véronique Gens, déchirante Iphigénie, Oreste et Pylade, les baryton et ténor inséparables,

respectivement interprétés par Etienne Dupuis et Stanislas de Barbeyrac étaient français et donc

parfaitement compréhensibles sans sous-titres, quoiqu'il y en eut. Les choeurs de l'opéra étaient

dans leur excellence habituelle, ainsi que l'orchestre. En revanche la mise en scène était bizarre, mais pas

seulement: elle était contre-productive. La plupart des humains privilégient la vision sur tout autre sens.

Le parterre

Le parterre

Quand ils voient un spectacle et entendent une musique simultanément, la vue prime sur l'ouïe pour la plupart d'entre-eux.

L'opéra est supposé accompagner par la vue l'intrigue composée par le compositeur et son librettiste, aider à comprendre.

Ici, la vue embrouillait la compréhension et substituait des images incongrues à l'intrigue mythologique de Goethe et Gluck.

Quel dommage! Nous vîmes ainsi les pensionnaires de ce qui semblait être une maison de retraite, dont une Iphigénie dorée

âgée qui se roulait par terre sous un lavabo, un couple enlacé dont un superbe jeune homme nu, sculptural, et d'autres

scènes traduisant davantage les fantasmes du metteur en scène qu'une vision éclairée de l'opéra de ce cher Willibald...

Je ne sais pas si cela se voulait provocant, c'était surtout inutile et gênant pour la compréhension de l'oeuvre!

Plafond de l'opéra Garnier

Plafond de l'opéra Garnier

Voici pour comprendre ce qu'il valait mieux savoir de l'intrigue avant de voir cet opéra. Au départ, il s'agit

d'une oeuvre de l'auteur grec antique Euripide. Iphigénie est la fille aînée d'Agamemnon et de Clytemnestre,

de la famille des Atrides, celle qui est restée dans la légende comme vouée à s'entretuer.

Iphigénie a échappé par miracle à la mort, et a été recueillie par la déesse Diane en Tauride (Arménie), où

elle a épousé le roi Thoas. Un jour, elle rencontre deux prisonniers grecs qu'elle veut sauver, parce qu'ils

sont grecs comme elle. Ils lui apprennent la mort d'Agamemnon, tué par son épouse, et celle de

Clytemnestre, tuée par ses enfants, pour venger leur père. Dans l'un des prisonniers, Iphigénie reconnait

son frère cadet, Oreste, à qui elle sauve la vie, rompant par là la malédiction des Atrides.

Le choeur, et devant Thoas, Oreste, Iphigénie, Pylade, et Iphigénie âgée

Le choeur, et devant Thoas, Oreste, Iphigénie, Pylade, et Iphigénie âgée

J'ai choisi de me concentrer sur la musique et les voix, et de cesser de tenter de comprendre les allusions

de la mise en scène, de déguster cet opéra comme s'il s'agissait d'un oratorio, et ce fut la bonne solution.

Il était dommage que le splendide choeur fut enfermé dans la fosse d'orchestre (d'autant que les lavabos

présents sur scène lui auraient offert une résonance tout à fait intéressante... hum, je m'égare!) Ci-dessus

les chanteurs, choeurs et solistes principaux, et la fosse d'orchestre en dessous.

Il y eut des sifflets (pour la mise en scène je suppose), et beaucoup d'applaudissements pour les

musiciens et les chanteurs, qui finirent par couvrir les sifflets. Très belle prestation des musiciens!

Il faut que je trouve l'enregistrement musical... La salle était très pleine, la sortie fut longue...

 

Sylvie, blogmestre

Iphigénie en Tauride

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Published by Blog des choristes des CP13
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commentaires

Chapireau geneviève 27/12/2016 18:26

Nous sommes allés voir Iphigénie en Tauride, quelques jours avant toi et nous avons eu la même impression que toi , la maison de retraite était tout à fait inutile...

Blog des choristes des CP13 28/12/2016 11:02

Merci Geneviève pour ce commentaire :-) J'ai discuté avec une autre spectatrice sur le quai du RER, qui était aussi du même avis.
Mais la musique était superbe, et quels beaux choeurs! Joyeuses fêtes!

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