16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 21:27

En septembre, le théâtre des Champs Elysées m'a proposé un billet à tarif réduit pour un concert

de l'Orchestre symphonique de Rotterdam, que j'avais énormément apprécié l'année dernière dans

la même salle. Un concert qui serait dirigé par Yannick Nézet-Séguin, précédemment entendu et vu

diriger un concert presque inhumain tellement il était parfait à la Philharmonie! Et c'était la première

symphonie de Mahler (entendue partiellement au grand auditorium de la Maison de la radio en septembre, en

répétition avec Mikko Franck, si vous vous en souvenez). Et il y avait aussi Hélène Grimaud, dans un concerto

de Bartok,que je voyais pour la première fois. Autant de signes que le concert serait exceptionnel!

Bartok, Mahler
Bartok, Mahler

C'était en plus une belle place, que la R10, qui surplombe la scène du haut du premier balcon.

Le livret nous expliquait que Bela Bartok avait fui la Hongrie, qui devenait irrespirable, mais qu'il ne

se sentait pas bien aux USA, loin de l'Europe. Que l'auteur n'avait pas créé lui-même le concerto au

piano. Qu'il était "automnal", ce qui est un joli qualificatif pour une oeuvre posthume, et dédié à

son épouse. A la manière dont Hélène Grimaud interprétait cette oeuvre, on sentait en outre qu'elle

présentait une difficulté particulière. Cependant, la pianiste et l'orchestre exécutèrent un super-duo,

sous la direction de Yannick Nézet-Séguin, et la soliste fut très applaudie, sollicitée pour un bis

(j'ai déjà évoqué dans ce blog la rapidité avec laquelle le public de cette salle parvient à se synchroniser pour

demander un bis...)mais il n'y eut pas de bis à cet endroit du concert.

Hélène Grimaud, Yannick Nézet Séguin (qui lui tient la main), les premiers violons

Hélène Grimaud, Yannick Nézet Séguin (qui lui tient la main), les premiers violons

La deuxième partie était titanesque. Le jeune chef donna beaucoup de lui même, dégageant

une grande énergie communicative. L'orchestre était remarquable dans les nuances, on aurait dit

qu'il pouvait multiplier les nuances, il en faisait dix là où un autre orchestre en ferait quatre.

Yannick Nézet-Séguin est aussi un expert en nuances. Vous mettez les deux ensemble, et le concert prend

un tour magique. J'ai ressenti à nouveau l'impression du premier concert que je l'avais vu diriger:

tout est parfait, on ne pourrait faire mieux. Je ne sais pas comment il fait... J'ai encore dans la tête le

troisième mouvement, celui où le canon populaire "Frère Jacques" est joué en mode mineur, et

repris progressivement par tous les instruments, un délice à chaque entrée d'un groupe

instrumental, exacerbant les caractères propres à l'instrument mis en vedette. Après le premier

mouvement, quoique ce ne soit pas très orthodoxe, quelques applaudissements ont fusé. Puis les

auditeurs ont retenu leur enthousiasme jusqu'à la fin, où les bravos et les demandes de bis ont

conclu un concert vraiment magnifique (retenez cette association chef et orchestre, si vous avez

l'occasion de les entendre ensemble, n'hésitez pas!) Après avoir été bien applaudi, le jeune chef canadien

nous a dit avec humour et une pointe d'accent qu'il nous rejouerait volontiers le finale,

mais qu'ils avaient préparé une danse hongroise de Brahms pour le bis...

La danse hongroise fut, vous vous en doutez, à l'aune de la perfection générale du concert!

L'orchestre philharmonique de Rotterdam

L'orchestre philharmonique de Rotterdam

Sylvie, blogmestre

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