10 juillet 2016 7 10 /07 /juillet /2016 19:40

Vous avez remarqué? C'est l'été! Samedi soir, la Comédie française avait fait le plein

de spectateurs estivaux hilares, venus déguster un petit Feydeau, et j'étais du nombre.

Un fil à la patte

J'étais placée dans la corbeille, au 3è rang, de trois-quarts.

Un fil à la patte

 Le "fil à la patte" s'appelle Lucette, qui est chanteuse de cabaret de son état, et amante du sieur

de Bois d'Enghien (noblesse d'Empire, dit perfidement quelqu'un). Lequel Bois d'Enghien est sur le point de convoler

avec une jeune Viviane, dans l'ignorance de Lucette. Dans l'antichambre de cette dernière, se croisent un

compositeur amateur minable de chansons égrillardes, clerc de notaire de profession, et la mère de Viviane,

baronne, qui vient proposer à Lucette de chanter au mariage de sa fille. Lucette est courtisée par un

général sud-américain, sur qui Bois d'Enghien compte beaucoup pour le débarrasser de son

encombrante et affectueuse maîtresse. Ajoutez quelques personnages secondaires utilisés comme faire-valoir,

telle la soeur de Lucette, vierge définitive ornée d'une coiffe bigouden, vous avez l'imbroglio complet. Les costumes

féminins, très soignés, ont été réalisés par les ateliers de la Comédie française. La pièce est une reprise,

elle a reçu trois Molières en 2011, dans la présente mise en scène de Jérôme Deschamps.

Un fil à la patte

Feydeau entre au Répertoire de la Comédie française en 1941, en un temps où il fallait rire. On sent que

les comédiens, nombreux sur scène, se font plaisir à jouer Feydeau, dont les oeuvres sont régulièrement reprises.

C'est un théâtre plein d'opportunismes et de petites ou grosses lâchetés. Les personnages de Feydeau

sont pragmatiques et peu glorieux, ils tirent le mieux qu'ils peuvent leur épingle du jeu ("j'pique des épingles",

chante obscènement le clerc Bouzin). La peinture sociale que Feydeau présente du XIXè siècle est assez ravageuse, si l'on

pense aux caractères trempés, nobles ou ignobles, dépeints par les auteurs classiques des siècles antérieurs.

Mais l'on rit beaucoup. Parfait pour une soirée d'été! Les deux personnages les plus comiques sont le

clerc Bouzin, joué par Christian Hecq, et le général Irrigua, joué par Thierry Hancisse, qui n'économisent

pas les facéties pour nous faire rire. Il y eut un moment de comique non prévu par l'auteur, où une dame gloussait

bruyamment à contre-temps à chaque saillie du général, provoquant rapidement l'hilarité de la salle... et de l'acteur.

 

Un fil à la patte

Nous sommes ressortis vers 23h10 dans la touffeur de cette soirée de juillet, saisis après la climatisation de la salle Richelieu.

J'ai pris une photo de la façade de la Comédie française, avant de me tromper de sens dans le métro... (ce n'est pas la première

fois, la station est assez déroutante). Arrivée à Chätelet, le RER B était curieusement dépourvu d'informations et de trains. Des

personnes qui allaient à Laplace, après affichage d'une attente de 27 minutes  sur leur smartphone, décidèrent d'y aller à pied...

Je pris le premier train qui se présenta, vers minuit quelque chose, puis un second, plus loin, qui s'arrêterait à ma gare...

 

Sylvie, blogmestre

Un fil à la patte

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