30 juillet 2016 6 30 /07 /juillet /2016 13:26

Lundi dernier, j'ai vu, au cinéma La Pléiade de Cachan, le dernier film de Stephen Friers, réalisateur

britannique très estimé (My beautiful laundrette, Les liaisons dangereuses, The Snapper, Mrs Henderson presents,

The Queen...), un rien provoquant, appréciant les personnalités remarquables et les situations insolites.

Florence Foster Jenkins

Florence Foster Jenkins, c'était cette riche New-Yorkaise voulant être cantatrice malgré une voix

manifestement inadaptée, qui avait déjà inspiré un film, relocalisé à Paris, à Xavier Giannoli, avec Catherine

Frot dans le rôle principal, projeté en salles sous le titre de "Marguerite", en 2015. Si vous vous en souvenez,

je ne l'avais pas vu car entendre une cantatrice chanter faux pendant deux heures me semblait un exercice difficile.

Intriguée par cette persistance des cinéastes à vouloir nous  raconter la vie de Mrs Jenkins,

j'ai regardé la bande-annonce du film de Frears, que j'incruste ci-dessous:

 

 

Le rôle principal est tenu par Meryl Streep, et celui de son mari par Hugh Grant. La bande-annonce m'a

parue très soutenable, musicalement parlant, et j'aime beaucoup ces deux acteurs. Va pour Foster Jenkins!

 

 

Dès le début du film, Florence est décrite à petites touches successives, qui montrent certes la cantatrice

insuffisante, mais aussi une personne d'une grande qualité humaine et morale, avec cependant un défaut

manifeste de jugement musical, pourrait-on dire. On voit la dévotion manifestée par son second mari, les soins

dont il l'entoure, comme si elle était très fragile. Son premier mari lui a transmis la syphilis lors de sa

nuit de noces. Elle survit depuis, anormalement longtemps, après avoir subi les traitements aux métaux

lourds toxiques qui se pratiquaient au XIXè siècle. Son esprit est altéré, et son corps est faible.

Dans ce contexte, le défaut de jugement musical prend une autre couleur... Florence FJ organise des

galas de charité au Club Verdi de New York, qu'elle a créé, et se produit devant une audience choisie.

Puis, un jour, elle décide de chanter au Carnegie Hall, malgré la résistance de ses proches. Elle y parvient.

Cependant, la presse, que l'on n'a pu éviter, l'étrille, ce qui la détruit émotionnellement, puisqu'elle était

jusque là entretenue dans la croyance que ce qu'elle faisait était parfait. Elle meurt peu après, en 1944.

C'est une tragi-comédie. On rit beaucoup, mais la vulnérabilité de cette chanteuse, qui ne peut plus jouer

de piano de sa main gauche parce que les nerfs de cette main ont été colonisés par la maladie, émeut.

Meryl Streep chante habituellement très bien (voir la comédie musicale "Mamma mia" sur la musique du groupe Abba,

dont elle était la vedette), je n'ai pas vu de mention de doublage du chant, je pense que c'est bien elle qui chante.

Meryl /Florence ne chante pas faux, mais hors tempo, avec des saillies burlesques, et des notes

approximatives.Le discours musical est déconcertant, mais écoutable (l'original, ci-dessous, l'était un peu moins!)

 

 

Vous pouvez aller voir ce film sans souffrir. C'est l'histoire de quelqu'un qui vit dans un monde musical

merveilleux, et qui va au bout de son rêve grâce au manque de discernement imputable à sa maladie,

et grâce à l'amour de son époux et de ses proches. Et comme c'est un film britannique, le récit

est raconté avec délicatesse, et drôlerie, sans en rajouter dans le pathos. Merci Mr Friers!

 

Sylvie, blogmestre

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Blog des choristes des CP13
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog d'une choriste parisienne vagabonde
  • Le blog d'une choriste parisienne vagabonde
  • : Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
  • Contact

Recherche