20 mai 2016 5 20 /05 /mai /2016 07:59

Il y avait hier soir au Théâtre des Champs Elysées un concert de l'Orchestre national de France, qui était

en partie la suite, d'une certaine manière, de l'opéra que j'y avais vu la veille. J'y étais aussi, en pensant qu'il

s'agissait des hasards du calendrier, mais non. Ce concert apportait un complément musical à Tristan et Isolde.

Liszt, Wagner, Bruckner

Le programme était composé du poème symphonique n°4, de Franz Liszt, intitulé Orphée,

de cinq Wesendonck Lieder de Richard Wagner, et de la 7è symphonie d'Anton Bruckner.

L'Orchestre national de France, dans une formation différente de la veille, était dirigé par Daniele Gatti.

 

Le Théâtre était dans une plénitude des grands soirs (c'était déjà le cas la veille).

J'avais une place sur le côté du deuxième balcon.

Le Théâtre des Champs-Elysées avant le concert

Le Théâtre des Champs-Elysées avant le concert

Il s'agissait bien d'un concert complémentaire à l'opéra Tristan et Isolde, évoquant le mythe d'Orphée, qui suit Eurydice

aux Enfers, vu par Liszt, ami de Wagner, dont la fille Cosima deviendra la seconde épouse; puis l'amour de Wagner pour

Mathilde Wesendonck, qui écrivit le texte de ces Lieder; et enfin la dévotion d'Anton Bruckner au maître Wagner, à travers sa

7è symphonie dédiée à Louis II de Bavière, dont Wagner usa du château de Neuschwanstein, en Bavière, comme résidence.

 

Le château de Neuschwanstein

Le Théâtre manquait de programmes hier soir, mais j'ai pu prendre connaissance d'un de ceux qui avaient été

distribués à d'autres spectateurs, à l'entracte. Le poème symphonique Orphée de Liszt a été créé à la cour

de Weimar en 1854 et dirigé par le compositeur hongrois en personne, après qu'il avait été touché par

une représentation de l'Orphée de Gluck, remis à l'honneur par Berlioz. Quoique le style musical de Liszt

et celui de Gluck soient très différents, on retrouve une transparence commune dans les deux oeuvres.

J'ai trouvé ce poème symphonique très beau, d'une grande douceur, soulignée par les harpes.

 

Venaient ensuite les Wesendonck Lieder, cinq poèmes écrits par Mathilde Wesendonck, épouse

de l'un des mécènes de Wagner, et son amour secret, douloureux et impossible. Ces poèmes, mis en

musique par Wagner, avec amour car il ne mettait habituellement en musique que ses propres écrits, s'intitulent

Der Engel, Stehe still, Im Treibhaus, Schmerzen, Träume, et expriment une passion tourmentée.

"Ralentissez le souffle, calmez le désir, donnez seulement une seconde de silence, pouls emballés

retenez vos battements..." (Stehe still) "Ah, pourquoi devrais-je me lamenter, pourquoi, mon coeur,

devrais-tu être si lourd, si le soleil lui même doit désespérer, si le soleil doit disparaître?" (Träume)

Composés initialement par Wagner pour voix de femme et piano, et créés en 1862, ces Lieder furent

par la suite orchestrés par le chef d'orchestre de Wagner, et depuis les années 2000,

les voix masculines se sont approprié ces oeuvres. Dans ce concert, le ténor Jonas Kaufmann

chanta une partie qui est plutôt de la tessiture d'un baryton, avec beaucoup de succès.

Jonas Kaufmann avec Daniele Gatti, et les violons

Jonas Kaufmann avec Daniele Gatti, et les violons

Après l'entracte, fut jouée la 7è symphonie de Bruckner, qui débuta par un doux piano de cordes,

dans le silence total de la salle, attendu par le chef. Cette symphonie, profuse, est la plus jouée des

symphonies de Bruckner. Elle a été écrite sur la fin de la vie de Wagner, et Bruckner en modifia l'adagio

(troisième mouvement) pour y inclure quatre Wagnertubens, qui sont des tubas modifiés, à l'embouchure

de cor, introduits dans le cycle des Nibelungen pour leur couleur musicale plus sombre que les tubas habituels, après

l'annonce du décès de son maître vénéré. Dans le même troisième mouvement, j'ai reconnu une citation

du Te Deum (de Bruckner), qui sera à notre programme musical l'an prochain, le thème du "Non confundar in aeternum",

le Te Deum et la 7è symphonie ayant été écrits à la même époque par Bruckner, vers 1883.

Cette symphonie m'a impressionnée par son ampleur, mais je n'ai pas eu le coup de foudre de la 8è.

Probablement était-ce du à la fatigue accumulée en fin de soirée, après l'opéra de la veille. L'interprétation était

remarquable, comme toujours lors des concerts de l'Orchestre national de France.

Liszt, Wagner, Bruckner

Et voici tout à la fin Daniele Gatti, dont c'est l'un des derniers concerts à la tête de l'Orchestre

National de France, puisqu'il dirigera la saison prochaine le Royal Concertgebouw d'Amsterdam.

Daniele Gatti et les violons de l'Orchestre national de France

Daniele Gatti et les violons de l'Orchestre national de France

Nous le regretterons. Merci maestro!

 

Sylvie, blogmestre

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Published by Blog des choristes des CP13
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