28 avril 2016 4 28 /04 /avril /2016 08:34

Hier soir à la Philharmonie, j'ai entendu le Stabat Mater de Dvorak, interprété par l'Orchestre

de Paris, et ses deux choeurs d'adultes et de jeunes, sous la direction de Tomas Netopil.

Stabat Mater de Dvorak

J'étais au deuxième rang du deuxième balcon de côté. La salle était pleine.

Stabat Mater de Dvorak

C'était très agréable d'entendre à nouveau, en spectatrice, cette oeuvre que nous

avons chantée en 2013. Voici une photo de l'ensemble choeurs et orchestre:

Stabat Mater de Dvorak

On découvrait dans le livret que c'était un certificat de pauvreté qui aurait sauvé le jeune Anton Dvorak,

lui permettant d'obtenir une bourse d'Etat à Vienne, et d'être remarqué par Johannes Brahms qui faisait

partie du jury d'attribution de la bourse. L'éditeur de celui-ci lui commanda les « Danses slaves » qui

assurèrent au jeune musicien impécunieux renommée et avenir. La genèse du Stabat Mater fut

plus douloureuse, Dvorak ayant perdu ses trois premiers enfants en deux ans, ces deuils successifs

l'incitèrent à écrire cette musique en phase avec son chagrin. Le Stabat Mater fut créé à Londres

en 1880, où il reçut un accueil triomphal. C'est une suite de dix mouvements chantés, sur un texte

du XIIIè siècle, qui décrit la douleur de Marie pleurant son fils en croix.

C'est une partition qui va de la douleur (Stabat mater dolorosa) à la tendresse (Eja, mater,

fons amoris), comptant sept choeurs avec ou sans solistes, et trois mouvements pour solistes.

Le livret qualifiait le Stabat Mater de Dvorak de "généreux et extraverti", alors que son Requiem

(chanté par le Choeur Deux des Choeurs de Paris 13 en 2012) serait tragique et introverti.

Je n'en ai, personnellement pas gardé le même souvenir, le Stabat Mater m'apparaissant comme l'expression d'une

profonde douleur en cours, alors que le Requiem correspond à un rite de passage vers la mort. Cela se ressent aussi

quand on le chante. Le lyrisme et l'émotion du Stabat Mater de Dvorak étaient contagieux, lorsque nous l'avons chanté,

or, à part le Requiem allemand de Brahms qui est particulier, les Requiem ne déclenchent habituellement pas

 de poussées d'émotion douloureuse chez les interprètes. Lors de ce concert donné par l'Orchestre de Paris,

les choeurs de l'Orchestre de Paris étaient le choeur principal, et le choeur de jeunes, que leurs camarades

de classe étaient venus applaudir dans la salle de concert, ce qui était sympathique, et rajeunissait le public!

Les choristes, très nombreux, déployèrent une belle puissance dans les fortissimos de l'oeuvre, et firent

aussi de très beaux pianissimos, en dépit de leur nombre. J'ai retrouvé dans ce concert la beauté du

Requiem de Verdi chanté par le choeur de l'Orchestre de Paris il y a quelques mois dans cette même salle.

 

Stabat Mater de Dvorak

Une grande discrétion règne, dans les livrets sur l'âge et la nationalité des interprètes.Néanmoins,

le chef Tomas Netopil est tchèque, comme l'était Dvorak. La soprano Aga Mikolaj était polonaise,

la mezzo-soprano Elisabeth Kulman était autrichienne, Dmitry Korchak, le ténor, était russe,

et Georg Zeppenfeld, la basse, allemand. Ils sont réunis sur la photo ci-dessus.

 

Sylvie, blogmestre

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