22 avril 2016 5 22 /04 /avril /2016 08:36

Je suis retournée hier soir au Théâtre des Champs Elysées pour écouter un concert de l'Orchestre

national de France, sous la direction de Daniele Gatti. Il y avait au programme le Divertimento K138

de Wolfgang Amadeus Mozart, Sieben frühe Lieder d'Alban Berg, chantés par la soprano Camilla Tilling,

et la 4è symphonie de Gustav Mahler, avec Elisabeth Glab au violon solo.

Mozart Berg Mahler

Il y avait plusieurs grands concerts hier soir, et le Théâtre était un peu moins plein qu'il aurait pu

l'être, le concert était néanmoins superbe et captivant. Je me suis déplacée vers la rangée devant

la mienne, où il y avait des places libres. Voici le Théâtre vu de la place Q12:

Le Théâtre vu du premier balcon, côté cour

Le Théâtre vu du premier balcon, côté cour

J'ai revu avec grand plaisir Daniele Gatti à la tête de l'Orchestre national de France (ma part de racines

italiennes vibrait en sympathie), avec lequel on le sentait en osmose hier soir. Il connait ses musiciens

par coeur, et réciproquement, et cela se sentait dans l'interprétation des oeuvres du concert.

Le livret de la soirée s'ouvrait, pour le Divertimento de Mozart, sur une citation du compositeur, que chacun

devrait méditer, tant elle est généreuse : "Les passions, violentes ou non, ne doivent jamais être exprimées

jusqu'au dégoût, et la musique, même dans la situation la plus effroyable, ne doit jamais offenser l'oreille

et rester plaisante, et donc rester toujours de la musique." La pièce jouée avait été composée en 1772

par un jeune homme de seize ans, elle était charmante et gracieuse, légère et élégante. A écouter

sans modération, surtout les jours d'humeur sombre! L'Orchestre national de France et son chef étaient

dans l'extrême finesse des nuances, et c'était très beau à écouter et à regarder. La soliste Camilla Tilling,

soprano suédoise, fit son entrée sur scène en robe longue de couleur bouton de rose, ravissante.

Voici Elisabeth Glab, premier violon, Camilla Tilling, et Daniele Gatti, entourés des violons.

Le premier violon, la soliste, et le chef

Le premier violon, la soliste, et le chef

Camilla Tilling interpréta sept Lieder d'Alban Berg, composés de 1905 à 1908, orchestrés et créés

en 1928. Ces Lieder sont des poèmes de sept poètes différents, mis en musique par Berg. Comparés

aux Gurre-Lieder de Schönberg commentés sur ce blog il y a quelques jours, les Lieder de Berg sont

très concis! Les textes des poèmes figuraient sur le livret, c'est aussi du post-romantisme allemand,

avec rossignol, roseaux et clair de lune... "C'est parce que le rossignol chantait toute la nuit, de son

doux chant, dans l'écho et sa reprise, les roses ont jailli". (Eh bien figurez-vous que l'un d'entre eux, rossignol de

son état, m'a réveillée de son doux chant à trois heures du matin la nuit dernière. J'attends les roses qui devraient jaillir...)

Je ne suis pas une spécialiste de Berg, et j'appréhendais un peu. Cependant ces Lieder furent très agréables

à l'écoute, et Camilla Tilling était une interprète d'une grande classe. Elle fut très applaudie, et revint

après l'entracte, pour la 4è symphonie de Mahler, qui comporte une partie chantée.

 

La quatrième symphonie de Gustav Mahler, nous disait le livret, est d'une bonne humeur réjouissante

du début jusqu'à la fin. Le premier mouvement était effectivement fort réjouissant, puisque j'y ai reconnu

"D'r Hans im Schnokeloch", dont la première phrase musicale est jouée par deux fois! (il s'agit d'une

chanson populaire alsacienne, il m'est venu à l'esprit que "Hans" pouvait être pour Mahler son ami Hans Rott, évoqué dans

l'article précédent. En effet, c'est en se rendant en Alsace alors allemande, où il avait trouvé du travail, que Rott fut pris

d'une crise nerveuse qui déclencha son internement, et in fine, sa mort, qui avait tant affecté Mahler). Au deuxième

mouvement, un violon accordé un ton au-dessus de la normale fut utilisé par le premier violon, créant

une impression dissonante, avec un malaise musical. Puis le violon normalement accordé reprit sa

place dans l'orchestre. La soprano chanta dans le quatrième mouvement une ode aux

joies célestes, évoquant les ripailles et abondances supposées de l'au-delà.

 

Ci-dessous, voici l'Orchestre national de France à la fin du concert:

L'orchestre national de France

L'orchestre national de France

Ce concert était beau à entendre et beau à voir (la musique en groupe est un sport d'équipe, il y avait ici

une superbe coordination, un synchronisme magnifique  de l'ONF sous la baguette de son chef), il fut très applaudi,

Camilla Tilling reçut des fleurs, et Elisabeth Glab, deux bises, le violon désaccordé, rien.

 

 

Sylvie, blogmestre

 

En rentrant, lors du changement de ligne à la station Châtelet, mon graffiti préféré avait été repeint par les services

de la RATP, mais comme il me faisait sourire toutes les fois que je passais par là, je l'avais capté la veille au soir,

entre deux têtes, à la volée, pour vous en faire part... le voici. Mozart n'aurait pas dit mieux!

Mozart Berg Mahler

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Published by Blog des choristes des CP13
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