30 avril 2016 6 30 /04 /avril /2016 08:35

Je suis allée hier soir à un concert Chopin Tchaïkovski donné par l'Orchestre philharmonique de

Radio France au grand auditorium de la Maison de la Radio, et dirigé par Marcelo Lehninger.

Un gentil concert, pensais-je à la vue des auteurs.

Chopin et Tchaïkovski

J'étais au premier rang du premier balcon, loge 3, d'où la vue est très bonne,

on est juste au-dessus des musiciens.

Le grand auditorium vu de ma place

Le grand auditorium vu de ma place

Il y eut en introduction une très courte œuvre d'Alberto Ginastera, créée en 1940 à Montevideo,

intitulée Malambo, qui est une danse traditionnelle argentine, plus en rythme qu'en mélodie, laquelle

était à l'origine, au XVIIè siècle, la danse des gauchos de la pampa. Le livret parle d'une toccata élaborée

à partir de la danse originale, de choc harmonique, et de saturation des textures. Ce qui dépasse un peu

mes connaissances musicologiques, à l'exception du choc harmonique, parfaitement identifiable. En revanche,

en adepte des danses folk, j'aurais bien aimé qu'un gaucho nous fasse une démonstration chorégraphique... Le concert

était diffusé en direct sur France-Musique, nous avons soigné les applaudissements tout du long.

Comme la salle était pleine, cela faisait un joli accompagnement radiophonique du public.

L'oeuvre suivante était le concerto pour piano et orchestre n°1 de Frédéric Chopin, créé en 1830 à Varsovie.

Chopin, en pleine gloire dans son pays, était alors sur le point de quitter sa Pologne natale pour Vienne, puis

pour Paris. Ce concerto du dernier concert polonais est une pièce émouvante, dans laquelle le piano joue

un rôle de prima donna. Pour interpréter ce concerto virtuose, une jeune pianiste de l'âge de Chopin lorqu'il

écrivit ce concerto, Nathalia Milstein, française d'origine russe, portant encore la grâce de l'adolescence,

exécuta sans effort apparent les ruissellements de notes propres à Chopin. Emouvante jeune interprète

pour une œuvre qui l'était tout autant! Je commençai à penser que ce concert, que j'estimais gentil et facile à écouter,

nécessitait en réalité plus de ressources sensitives et émotionnelles que je l'avais au départ supposé.

La jeune pianiste virtuose fut rappelée à plusieurs reprises, et reçut un bouquet de fleurs.

Elle remerciait avec grâce, prenant soin de se retourner pour saluer l'ensemble du public, mais trèsrapidement,

et donc difficile à photographier. Elle nous interpréta une pièce en bis, très jolie,

dont nous n'avons pas eu connaissance du titre. Voici Nathalia Milstein de dos au piano:

Nathalia Milstein au piano, de dos

Nathalia Milstein au piano, de dos

L'Orchestre philharmonique de Radio France

L'Orchestre philharmonique de Radio France

Après l'entracte, l'orchestre interpréta la 4è symphonie de Piotr Ilitch Tchaïkovski. L'oeuvre fut créée

en 1878 à Moscou et dédiée secrètement à la mécène et confidente du compositeur, Madame von Meck.

Tchaïkovski avait fait un mariage de convenance avec l'une de ses élèves, qui s'était terminé par une rupture. Il partit alors

pour l'Europe, écrivit Le lac des cygnes, Eugène Onéguine, et cette symphonie n°4, qui décrit "l'implacable fatum" (destinée)

qui le frappe et se rappelle constamment à son souvenir, même lorsqu'il tente de l'oublier. Professionnellement génial,

Tchaïkovski avait une vie affective difficile... Le thème d'ouverture de la symphonie est, nous disait le livret,

une fanfare apocalyptique, un empêchement au bonheur. Le deuxième mouvement est à la fois

mélancolique et délicieux. Le scherzo qui suit commence par des pizzicati de cordes, et l'on voit

apparaître l'incorporation dans la symphonie d'airs populaires à la sonorité très slave. Ce thème populaire

est repris dans le mouvement final avec la violence des cuivres à pleine puissance (personnellement,

je les préfère un peu plus veloutés et suggestifs dans ce finale). Le jeune chef brésilien Marcelo Lehninger,

qui a été l'assistant de Kurt Masur auprès de l'Orchestre national de France, se donnait physiquement à fond dans

cette symphonie, et particulièrement dans son dernier mouvement.

Le chef Marcelo Lehninger

Le chef Marcelo Lehninger

Après les gauchos de la pampa, nous eûmes l'émotion de Chopin quittant son pays, puis Tchaïkovski

en proie à la societé de son temps, plus rigide que l'est la nôtre, et évoquant son désespoir de ne pouvoir

vivre dans les cases bienséantes prédéterminées. Ce concert était finalement tout, sauf gentil.

Ce fut une belle soirée, nous sommes ressortis de la Maison de la Radio vers 22h30.

 

Sylvie, blogmestre

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