19 mars 2016 6 19 /03 /mars /2016 00:43

En ce 18 mars, dans la soirée, j'ai aussi vu la comédie musicale "Passion" au Théâtre du Châtelet.

J'avais une place avec visibilté réduite, et en avais été dûment informée, mais j'ai eu la chance

que quelques places soient restées libres à ma gauche, qui m'ont permis de contourner le poteau.

Billet de corbeille

Billet de corbeille

Le théâtre du Châtelet vu de ma place réservée

Le théâtre du Châtelet vu de ma place réservée

Le spectacle, de Stephen Sondheim, mis en scène par Fanny Ardant, est inspiré du film "Passione

d'amore" d'Ettore Scola. L'action se passe en 1863 à Milan et dans une garnison du nord de l'Italie. 

 

Giorgio, capitaine dans l'armée italienne, a une maîtresse, Clara, qui vit à Milan. Il est muté dans une

garnison de campagne, et la cousine de son nouveau colonel, Fosca, s'éprend de lui. Fosca a une

santé précaire, il semble qu'il s'agisse de santé mentale. Elle est hypersensitive, et nourrit une passion

dévorante pour Giorgio, le harcèle, le poursuit de ses assiduités. Il résiste au début, puis un différend

avec Clara change la donne, et il commence à s'intéresser à Fosca, car personne ne l'aurait jamais

aimé autant qu'elle, selon lui. Ils finissent par consommer leur passion, et...

Fosca en meurt, quelques jours après (? je n'ai pas compris la cause du décès).

 

On ne peut oublier que Fanny Ardant était l'actrice principale de "La femme d'à-côté"

de François Truffaut, autre passion mortifère, et qu'il y a un lien entre ces deux drames. Ce sont

des passions au sens d'une intense souffrance, et d'une aliénation incoercible de la volonté, une sorte

de phagocytose de l'autre, de possession. Peut-on encore qualifier ce rapport d'amour? N'y a-t'il pas

une part de narcissisme dans la réaction de Giorgio, lorsqu'il dit que personne ne l'avait aimé "autant"

que Fosca auparavant? La fascination ne vient-elle pas du miroir tendu, qui nous renvoie une image

plus avantageuse, fût-ce au prix d'une aliénation? Ce drame est totalement dénué d'humour. On ne

rit pas, il s'agit d'une tragédie musicale. Pas de chant qui égayerait un peu l'atmosphère étouffante.

 

Le rôle de Fosca était tenu par Natalie Dessay, et celui de Giorgio par Ryan Silverman.

L'accompagnement musical était joué par l'Orchestre philharmonique de Radio France.

Il était intéressant d'entendre Natalie Dessay (pour la première fois en live pour ce qui me concerne),

hors du répertoire lyrique. L'interprétation était excellente, et la mise en scène soignée

(et les robes de Clara étaient particulièrement jolies!) Il n'y a que les fumigènes qui m'aient gênée (toux!)

Les acteurs du drame "Passion" en jaune Clara, en rouge, Fosca, au centre Giorgio

Les acteurs du drame "Passion" en jaune Clara, en rouge, Fosca, au centre Giorgio

Le spectacle a été très applaudi. Personnellement, si j'avais rencontré Fosca, ou son équivalent

masculin, je serais partie en courant, mais le public était d'une autre opinion. Peut-être était-ce

seulement une opinion musicale, d'ailleurs, car la musique était belle. Quel ressort caché de notre

cerveau nous pousse violemment vers ces excès d'attirance envers un(e) autre? Est-ce que ce genre

de passion fait rêver? Un spectacle intéressant, qui fait réfléchir à la juste distance en amour...

 

Sylvie, blogmestre

La Tour Saint-Jacques veille sur la Place du Châtelet

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