8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 11:10

Hier après-midi, j'ai vu le film muet Le Fantôme de l'Opéra de Rupert Julian

à la Philharmonie, en ciné-concert.

Billet de parterre

Billet de parterre

Il s'agissait d'un spectacle en famille, et l'audience était composée de grands et de petits spectateurs,

lettrés nécessairement, à cause des intertitres. Il y avait quand même majoritairement des adultes.

 

Les spectateurs arrivent au ciné-concert

Les spectateurs arrivent au ciné-concert

J'étais placée au premier rang du parterre, c'est la première fois depuis que je fréquente la Philharmonie que

je suis au parterre. Le dispositif était le suivant : un très grand écran à l'arrière de la scène, pas de spectateurs

devant, évidemment, et sur la scène, une console d'orgue. Mes voisins de rangée s'allongèrent sur leur siège pour ne

pas avoir mal à la nuque à regarder en l'air. J'en fis autant, c'était très confortable quoique un peu incongru pour le lieu.

 

Le grand écran au fond de la grande salle, et la console de l'orgue

Le grand écran au fond de la grande salle, et la console de l'orgue

Le Fantôme de l'Opéra est l'adaptation du livre homonyme de Gaston Leroux, de 1910, et son action

se déroule à l'Opéra Garnier, au début du XXè siècle . Il s'agit d'un film d'horreur muet,

interprété principalement par Mary Philbin et Lon Chaney. Pendant la projection, le film

était accompagné musicalement par une improvisation somptueuse de Thierry Escaich à l'orgue.

 

Le Fantôme de l'Opéra a connu des adaptations multiples, plus ou moins réussies. Celle-ci est réputée

la plus fidèle au roman de Gaston Leroux. Elle a été tournée par un réalisateur américain, avec des

acteurs américains, mais certaines scènes sont presque documentaires. Ainsi il est très amusant de voir

s'animer le Palais Garnier à la Belle Epoque, avec ses spectateurs en hauts-de-forme, queues de pie, ou

crinolines, ses ballerines en tutu, ses machinistes... D'autres scènes situées à Paris ont manifestement été

tournées en studio, peut-être à partir de décors élaborés précédemment pour Notre-Dame de Paris, où le même

Lon Chaney jouait  Quasimodo. En effet, on aperçoit en plan court quelques bâtisses qui n'ont rien de haussmannien,

et les portes de la cathédrale ne sont pas celles de l'époque considérée. Le sixième sous-sol de l'Opéra avec lac

souterrain, qui aurait été une chambre de torture pendant la deuxième révolution (1848) laisse perplexe...

Une chambre des tortures secrète au XIXè siècle? Une improbable remontée de la nappe phréatique, affleurant très

en-dessous du niveau de la Seine, et vidangeable de surcroît ? (c'est-à-dire que l'eau s'écoulerait encore plus bas, mais

vers où?)  Très peu crédible, Leroux n'aurait pas validé un examen d'histoire ou de mécanique des fluides, à mon avis.

 

L'intrigue est la suivante : l'Opéra est vendu avec, dans sa loge 5, une créature nommée le Fantôme, qui

porte un masque. La créature est amoureuse d'une cantatrice, Christine, et va menacer le directeur du

théâtre et sa rivale Carlotta pour que sa favorite interprète Marguerite dans Faust de Gounod. Carlotta

passe outre, et tandis qu'elle rit de se voir si belle en ce miroir, sous sa perruque de fausses tresses

blondes, les vibrations de sa voix décrochent le grand lustre du Palais Garnier, qui écrase quelques

spectateurs et provoque une grosse panique. Christine accède au rôle, et le Fantôme lui déclare sa flamme.

Ayant aperçu son visage monstrueux, Christine tente d'échapper à son emprise avec l'aide de son amant

Raoul. Il y a une scène où les amants montent nuitamment sur le toit de l'Opéra et échafaudent des plans de fuite près

d'une statue, dans un vol de chauves-souris dérangées par leur présence, qui m'a beaucoup réjouie (pour les

chauves-souris!) Ce film qui se veut d'horreur recèle de nombreux gags hilarants. C'est une histoire

fantastico-abracadabrante à grand spectacle, mais sympathique à regarder, le méchant finit dépecé par

la foule portant des torches sur un quai de Seine (on a des antécédents dans l'Histoire de France),

où ses restes sont jetés, et les tourtereaux sont saufs. Finis (sic), c'est la fin.

Christine et le Fantôme, photo du livret extraite du film

Christine et le Fantôme, photo du livret extraite du film

La musique de Thierry Escaich magnifie le film, en appuyant les intentions du réalisateur. Le livret écrit

qu'il a vu le film plusieurs fois pour bien l'appréhender avant le spectacle. Il est en effet indispensable

qu'il sache avant nous ce qui va suivre à l'écran pour pouvoir anticiper musicalement. La musique conduit

le spectateur, elle révèle l'atmosphère de la séquence et se substitue au contenu verbal que nous

n'avons pas, elle soutient l'expressivité amplifiée des comédiens, elle supplée même à Gounod dans l'air

des bijoux de Faust...Le très grand écran, une copie du film restaurée et partiellement colorisée pour

accentuer certains passages importants, et la musique de Thierry Escaich en liant magnifique, quel

bonheur ! J'aime beaucoup le cinéma muet, et manifestement, je n'étais pas seule à prendre un très grand plaisir à

cette projection musicale. J'ai lu que Thierry Escaich avait accompagné Metropolis, qui est l'un

de mes films muets préférés.Thierry Escaich a été fort applaudi, par une salle enthousiaste.

Thierry Escaich devant la console de l'orgue

Thierry Escaich devant la console de l'orgue

Il pleuviotait à la sortie de la Philharmonie, et curieusement, dix kilomètres plus au sud, à la sortie des tunnels, le soleil

était toujours présent. Ayant oublié de remettre un pull sous mon manteau, je suis rentrée un peu gelée quand même...

 

Sylvie, blogmestre

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Published by Blog des choristes des CP13
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