27 janvier 2016 3 27 /01 /janvier /2016 10:20

Hier soir, j'ai eu la chance de bénéficier d'un tarif préférentiel de l'Opéra de Paris pour voir Werther,

œuvre lyrique de Jules Massenet d'après Johann Wolfgang von Goethe, à l'Opéra Bastille.

Billet vertigineux très confortable, merci l'Opéra de Paris!

Billet vertigineux très confortable, merci l'Opéra de Paris!

Il y avait beaucoup de monde à l'entrée de l'Opéra, mais les opérations de contrôle allaient bon train, nous sommes

habitués maintenant, ouvrez vos manteaux, ouvrez vos sacs, passez sous le portique à métaux, c'est bon, vous

pouvez y aller... Chacun est dégrafé et prêt à montrer patte blanche avant d'arriver aux appareils, on gagne du temps,

mais il ne faut pas extraire son billet trop vite de sa poche ou de son sac, sinon on n'a plus assez de mains pour

tout faire ! On m'indiqua un ascenseur, en rapport avec ma place au 2è balcon, qui était déjà bien plein à mon arrivée.

J'avais choisi une place près de l'escalier, toujours aussi vertigineux. Mais on voyait particulièrement bien.

 

Vue de la grande salle de l'Opéra Bastille de ma place

Vue de la grande salle de l'Opéra Bastille de ma place

L'oeuvre musicale date de 1892, elle se situe en Allemagne, et est d'un romantisme effréné. Enfin, c'est

le texte de Goethe qui l'est, mais il reflète son époque. Voici l'histoire : une famille sans mère, quelque

part dans l'Allemagne du XIXè siècle, le père, la fille aînée, Charlotte, la fille cadette, Sophie, et six enfants

élevés par les deux sœurs aînées. Avant sa mort, la mère de Charlotte l'a promise à un homme du nom

d'Albert, qui s'est absenté six mois. Pendant ce temps, Charlotte a fait la connaissance de Werther, un jeune

homme romantique et romanesque avec qui elle jouait du clavecin, chantait, lisait de la poésie, en tout

bien tout honneur. Mais Albert revient, Charlotte avait presque oublié qu'ils étaient fiancés, ce qui ruine les

ambitions amoureuses de Werther. N'écoutant que sa vertu et la promesse faite à sa mère mourante,

Charlotte éloigne temporairement celui-ci, et épouse Albert. Mais Werther revient, il persiste dans sa passion

pour Charlotte, alors que la deuxième sœur, Sophie, est libre et prête à l'aimer. Il adresse des lettres

désespérées à Charlotte et finit par se donner la mort, sa bien-aimée le rejoignant dans sa

petite chambre pour assister à son agonie.

Petite chambre de Werther encore visible aux saluts, et fosse d'orchestre

Petite chambre de Werther encore visible aux saluts, et fosse d'orchestre

Charlotte se reproche de n'avoir écouté que sa vertu et d'avoir ainsi tué l'homme qui l'aimait, et lui rend

ses baisers, pendant que les enfants, des coulisses, chantent le chant de Noël que le père leur a appris.

Furieusement romantique, donc, mais extraordinairement populaire. Le public est conquis.

La musique, interprétée par l'orchestre de l'Opéra national de Paris sous la direction de

Giacomo Sagripanti est belle et naturelle, figurative, mélodique.

Les cordes graves dans la fosse d'orchestre

Les cordes graves dans la fosse d'orchestre

Les solistes, particulièrement le ténor qui a le rôle titre et les deux sœurs, mezzo-soprano et soprano,

sont acclamés. Les enfants ont des voix cristallines et tiennent très bien leur rôle. La mise en scène

de Benoît Jacquot, que je connais comme réalisateur de cinéma, est sobre et classique, les volumes des décors

sont déformés selon des lignes de fuite, qui leur ajoutent une perspective onirique entre la peinture et le réel.

Cette mise à distance est bienvenue pour adhérer à l'histoire, car qui aujourd'hui irait se tirer une balle pour

être tombé amoureux de la sœur qu'il ne fallait pas ? J'ai passé une partie de la représentation à réfléchir

(en tâche de fond, comme dit mon ordinateur...), à cette bizarrerie de l'esprit humain qui acclame une œuvre dont

le propos est tombé en désuétude. Qu'y trouvons-nous qui justifie cet engouement ? La musique est belle,

bien sûr, mais n'y aurait-il pas un regret de ce romantisme exacerbé, de cette exigence de pureté d'une

époque révolue, qui régissait autrement les rapports amoureux ? Je vous laisse juges...

Le spectacle est très agréable, on passe une excellente soirée, je recommande vivement.

Les chanteurs lyriques et le chef d'orchestre (au centre)

Les chanteurs lyriques et le chef d'orchestre (au centre)

A la sortie de l'Opéra, qui s'effectuait avec fluidité, j'ai entendu des jeunes femmes exprimer qu'elles avaient passé

un moment charmant, et remercier celle d'entre elles qui les avaient entraînées à cette représentation.

Romantisme, quand tu nous tiens !

 

Sylvie, blogmestre

 

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Published by Blog des choristes des CP13
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commentaires

annie 27/01/2016 15:22

merci beaucoup Sylvie, c'est magnifique, on s'y croirait !
annie cœur 1

Blog des choristes des CP13 29/01/2016 09:51

:-) J'espère bien! C'est le but...
Amicalement, Sylvie

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