17 janvier 2016 7 17 /01 /janvier /2016 22:34

Il y avait samedi soir un concert au grand auditorium de la Maison de la Radio, proposant trois œuvres

de Joseph Haydn, Wolfgang Amadeus Mozart, et Franz Schubert, et affichant « complet ». Ces trois œuvres

étaient interprétées par l'Orchestre philharmonique de Radio France, sous la direction de Sir Roger

Norrington. J'étais partie plus tôt que la veille pour arriver avec une marge,  il y eut d'autres personnes, retardataires,

qui n'entrèrent qu'après la première œuvre (c'est toujours dommage de passer une partie du concert hors de la salle...)

 

Billet pour espièglerie concertante

Billet pour espièglerie concertante

J'étais dans la loge 6, et l'orchestre était disposé différemment de sa disposition usuelle. Il s'agissait d'une

petite formation, il y avait huit premiers violons, six seconds violons en face d'eux, quatre altos, cinq violoncelles au centre,

et disposés derrière eux une ou deux flûtes, deux hautbois, deux cors, deux trompettes, des timbales, deux clarinettes,

et deux bassons en arc de cercle. Plus un piano pour le concerto. La salle était très pleine.

Le grand auditorium vu de la loge 6, premier balcon

Le grand auditorium vu de la loge 6, premier balcon

La première œuvre était la symphonie n°103 de Haydn, de 1795, en mi bémol majeur. Le livret citait Philippe

Sollers : « il n'y aura jamais de commémoration romantisée de Joseph Haydn, que Mozart, ce Christ, appelait papa. »

Le ton était donné ! Nous avions d'abord une symphonie de papa Haydn, puis un concerto du fils christique, puis une

autre symphonie du petit-fils... c'était une soirée familiale. La symphonie de Haydn commençait par un roulement

de timbales, soudain, puis décroissant, qui revint dans l'oeuvre. Le chef britannique, Sir Roger Norrington,

était espiègle et s'amusa beaucoup. Il dirigea cette symphonie avec une grande aisance assis sur une

chaise de bureau à roulettes montée sur une estrade (ce qui est assez casse-cou), donnant des mains des

impulsions aux musiciens, puis les laissant continuer seuls. A la fin du premier mouvement, il y eut

des applaudissements qu'il encouragea. Nous avons donc applaudi à la fin de chaque mouvement

pour chaque oeuvre, ce qui semblait tout à fait de son goût!

 

Sir Roger et sa chaise de chef d'orchestre

Sir Roger et sa chaise de chef d'orchestre

A la symphonie de Haydn, très agréable, très classique, succéda le concerto pour piano n°23 de Mozart,

de 1786, la partie de piano étant jouée par une jeune pianiste japonaise, Momo Kodama, superbe dans

une robe fourreau vert bleuté. Le livret n'épargnait pas Mozart, gratifié d'une épitaphe irrévérentieuse

signée Desproges... (dont j'aime beaucoup l'humour noir). Le piano fut placé dans le cercle des instruments,

et sir Roger dirigea le concerto debout au milieu d'eux. Ce concerto a des passages mélancoliques dont

l'écriture est plus romantique que son époque le laisserait attendre. Momo Kodama fut très appréciée

du public. Nous avons docilement applaudi tous les mouvements, elle a été rappelée et bissée,

et a reçu un gros bouquet de fleurs.

La pianiste Momo Kodama et trois violonistes, dont le premier violon

La pianiste Momo Kodama et trois violonistes, dont le premier violon

Après l'entracte, la deuxième partie proposait la 5è symphonie de Schubert, écrite en 1816 et créée à titre

posthume en 1841. Le livret, décidément peu sérieux ce soir, citait le compositeur lui-même évoquant de

multiples galanteries avec des jeunes filles charmantes... La symphonie est gracieuse, joyeuse, mozartienne.

Curieusement, elle était plus légère et plus classique que le concerto qui l'avait précédée. C'est là qu'une

dame protesta à voix haute contre nos applaudissements après chaque mouvement encouragés par le chef, suscitant les

rires. Je pensai que si le concert était diffusé en direct à la radio, les auditeurs devaient bien s'amuser aussi... Sir Roger

fit son plus gracieux sourire, et demanda de nouveaux applaudissements ! La symphonie de Schubert et

le concert s'achevèrent dans la grâce, la bonne humeur, et... les applaudissements.

 

Sylvie, blogmestre

L'orchestre philharmonique et Sir Roger circulant parmi les musiciens

L'orchestre philharmonique et Sir Roger circulant parmi les musiciens

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Published by Blog des choristes des CP13
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