16 janvier 2016 6 16 /01 /janvier /2016 11:29

Il y avait hier soir un concert à dominante tchèque et à sous-dominante fantastique au grand auditorium

de la Maison de la radio. Josef Suk, Bohuslav Martinu étaient au programme, interprétés par

l'Orchestre philharmonique de Radio France, dirigé par Jakub Hrusa, avec au milieu, une petite

intrusion fantastique d'un autre compositeur slave non tchèque, Stravinsky.

Billet redescendu d'un étage

Billet redescendu d'un étage

L'entrée de la Maison de la radio se fait toujours par l'arrière, et mine de rien, cela prend plus de temps pour arriver

depuis Passy. Le second balcon était fermé, on me replaça au premier balcon, loge 1, deuxième rangée, je choisis

une place avec vue dégagée, puisque j'avais le choix, et rapidement, car l'orchestre philharmonique était déjà installé.

 

L'orchestre philharmonique vu du premier balcon loge 1

L'orchestre philharmonique vu du premier balcon loge 1

La première œuvre de la première partie était le Scherzo fantastique de Suk, qui était le gendre de Dvorak,

et son élève. Avec son caractère slave marqué, cette pièce de 1903, tour à tour lyrique et mélodieuse,

confidentielle ou éclatante, est très agréable à écouter. Le livret évoquait d'incontestables références à

Dvorak ; personnellement le Scherzo fantastique m'a fait penser à Bizet, par ses alternances de modes et

de rythmes, avec cette capacité à susciter l'engouement immédiat de l'auditeur. Puis vint le concerto pour

violoncelle et orchestre n°1 de Martinu, de 1930, la partie de violoncelle étant jouée par Johannes Moser,

qui est un jeune violoncelliste germano-canadien. Le livret parle des pages les plus charmantes de son

répertoire, que Martinu, qui m'est inconnu, aurait offert au violoncelle. J'ai vu dans ce concerto qu'un

violoncelle pouvait aussi gazouiller lorsqu'on pinçait ses cordes très loin sur le manche, d'un gazouillis plus

grave que celui du violon, évidemment. Mais l'impression générale donnée par cette œuvre était une partition

âpre et ardue, très physique pour l'instrument principal, jouée avec brio et beaucoup de mérite par Johannes

Moser, qui fut applaudi à la mesure de sa performance, c'est à dire longuement et chaleureusement.

Après plusieurs rappels et saluts, il nous annonça dans un français parfait une Sarabande

extraite d'une suite de Bach, en bis.

Le violoncelliste Johannes Moser, debout et le chef Jakub Hrusa, de dos

Le violoncelliste Johannes Moser, debout et le chef Jakub Hrusa, de dos

Le jeune chef tchèque Jakub Hrusa, qui avait laissé la vedette au violoncelliste pendant la première

partie, récupérait les feux des projecteurs pour la seconde. Très efficace mais discret, il avait la sensibilité

adéquate pour diriger ce concert, et servir de passeur à nos oreilles françaises, puisqu'il est président

de l'International Martinu Circle. L'intrusion d'Igor Stravinsky dans un concert tchèque tient je suppose

au caractère fantastique de son Scherzo, créé en 1909 à Saint-Petersbourg, et proposé en début de

deuxième partie. C'est une pièce pleine de bourdonnements, les violons bourdonnent, tout l'orchestre

bourdonne, même les cors émettent un vrombissement étranglé étrange, qui fait se pencher les auditeurs

par dessus la balustrade pour voir qui dans l'orchestre produit ce son curieux... Quelles références,

Mendelssohn ou Rimski-Korsakov ? Les avis étaient partagés, mais le Scherzo fantastique a eu beaucoup

de succès. Puis nous avons entendu la sixième symphonie de Martinu, datant de 1955, dédiée à

Charles Münch, qui fut le chef de l'Orchestre philharmonique de Radio France. La symphonie était pour

moi plus impénétrable que le concerto, j'écoutais et je regardais, mais je ne saurais la commenter.

Le livret évoque un bref motif peut-être emprunté au Requiem de Dvorak, qui reviendrait dans deux

mouvements, et que je n'ai pas détecté, alors que nous avons chanté le Requiem de Dvorak, peut-être

le motif venait-il d'ailleurs... ou peut-être ne l'ai-je pas reconnu. L'orchestre et le jeune chef tchèque

ont été très applaudis à la fin de la symphonie, dont l'interprétation était très réussie.

 

L'orchestre philharmonique de Radio France et Jakub Hrusa

L'orchestre philharmonique de Radio France et Jakub Hrusa

Nous sommes ressortis de l'auditorium, et je me suis aperçue juste avant la sortie de la Maison de la radio que j'avais perdu

un gant... Autant chercher une aiguille dans une botte de foin ! A tout hasard, le vestiaire m'a indiqué le numéro des objets

trouvés. Il faisait froid dehors, la Tour Eiffel brillait de sa parure lumineuse, et les feux tricolores étaient de la fête...

 

Sylvie, blogmestre

Scherzo parisien

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