5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 11:28

Hier soir je suis allée écouter un concert Brahms Schoenberg au grand auditorium de la Maison de la

Radio, en compagnie de François, basse du Choeur Deux, qui s'était proposé pour le deuxième billet

de concert que j'avais réservé par erreur à la suite d'une rupture de connexion internet pendant la

commande (merci François!). Nous avions deux places isolées sur la même rangée du deuxième balcon,

haut perché, et que l'on gagne par des escaliers dérobés...

Billet palindrome

Billet palindrome

Je suis toujours un peu surprise par la différence entre la proposition des places à la réservation (j'ai réservé les deux

dernières de catégorie 4, la catégorie 5 étant complètement vendue), et l'occupation réelle des places concernées le jour

du concert (bien plus faible)... Y a t'il une migration massive vers le premier balcon juste avant le début du concert qui

m'aurait échappé ? Quoiqu'il en soit, voici à quoi ressemblait l'orchestre depuis la place 6T6, dont les sons

montaient parfaitement jusqu'à nous. On voyait très bien les percussions, souvent le théâtre d'actions décisives.

 

L'orchestre philharmonique de Radio France vu du deuxième balcon

L'orchestre philharmonique de Radio France vu du deuxième balcon

Le concert était joué par l'Orchestre philharmonique de Radio France, sous la direction de

Karl-Heinz Steffens. Il comportait trois œuvres, la symphonie de chambre n°2 d'Arnold Schoenberg,

le concerto pour piano et orchestre n°1 de Johannes Brahms, et le quatuor n°1 pour cordes et piano

de Johannes Brahms, dans sa version orchestrale signée Arnold Schoenberg.

 

N'ayant aucun pré-requis en dodécaphonisme, je décidai de prendre Schoenberg comme il se présentait,

avec les sens et le cœur, ce qui fonctionna très bien. La symphonie de chambre était interprétée par une

formation musicale réduite, et comportait deux mouvements, présentant la particularité d'avoir été

composés à 30 ans d'écart, le compositeur qui avait beaucoup évolué entre-temps reconnaissait qu'il ne

savait plus, lors de la création du second mouvement, ce qu'il avait voulu exprimer dans le premier.

De fait, j'ai trouvé le premier mouvement (écrit en 1906) moins abstrait que le second (contemporain du

début de la deuxième guerre mondiale), peut-être était-ce une transcendance du ressenti et de la

tension du compositeur, qui s'exilerait bientôt en Amérique.

 

Le concerto pour piano de Brahms, qui m'était familier, soulagea la tension ressentie précédemment.

Interprété par l'orchestre au complet et par la jeune pianiste Lise de la Salle, ce concerto classique

en trois mouvements met sur un plan d'égalité le piano et l'orchestre, qui se répondent, en écho l'un de

l'autre. Mes deux mouvements préférés sont le premier et le troisième. Ce concerto fut composé sur quatre

années, de 1854 à 1858, durant lesquelles survint la mort de Schumann, auquel on sait que Brahms

était très attaché. Il avait vingt-cinq ans lorsque l'oeuvre fut créée à Hanovre en 1859. La pianiste

Lise de la Salle était éblouissante de virtuosité, la partition étant, selon le livret, « l'une des plus périlleuses

du répertoire ». Elle était d'ailleurs éblouissante tout court, vêtue d'une robe de dentelle transparente noire sur fond

vert pâle, la nudité de ses bras faisant ressortir ce déroulé de mains gracieux qui est particulier au jeu des pianistes.

 

Lise de la Salle et Karl-Heinz Steffens

Lise de la Salle et Karl-Heinz Steffens

Très applaudie, embrassée par le chef, elle fut rappelée plusieurs fois et joua en bis un Prélude de Debussy.

Lise de la Salle entame un bis

Lise de la Salle entame un bis

La troisième œuvre du concert, après l'entracte, était un quatuor avec piano de Brahms, créé notamment

par Clara Schumann en 1861 à Hambourg, puis orchestré par Schoenberg en 1937, et créé dans sa

version orchestrale à Los Angelès par Otto Klemperer en 1938, soit une odyssée musicale transatlantique et

biséculaire. Schoenberg considérait Brahms comme l'un de ses modèles. L'oeuvre est très intéressante

en ce qu'on voit bien les apports initiaux de Brahms et la coloration plus contemporaine qu'y a apporté

Schoenberg, notamment dans les percussions. C'est une pièce en quatre mouvements dont le quatrième

éclipse par sa brillance les trois précédents. On y retrouve l'auteur des danses hongroises et des

Zigeunerlieder que nous avons chantés (le tempo du mouvement est « rondo alla zingarese, presto ») avec le

soupçon de modernité joyeuse qu'apportent xylophone, métallophone, tambourin, tambour, cymbales,

et triangle. Ce quatrième mouvement orchestré emporte l'enthousiasme du grand auditorium, sous

la direction précise et dynamique de Karl-Heinz Steffens, qui nous fait face, et qui est lui aussi somptueux, car

on devine lors des mouvements amples qu'il porte de très jolies bretelles rouges sous sa veste à queue de pie.

 

Karl-Heinz Steffens aux rappels

Karl-Heinz Steffens aux rappels

L'orchestre et le chef sont très applaudis. Nous ressortons plus tardivement que d'habitude.

La Tour Eiffel est toute sombre, et François rate son bus de justesse. Nous remontons l'avenue du Président Kennedy

en commentant le concert, vers la station de métro Passy, et croisons un panneau brun

indiquant que le Musée du vin est rue des Eaux, ce qui nous fait sourire...

 

Sylvie, blogmestre

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Published by Blog des choristes des CP13
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