11 décembre 2015 5 11 /12 /décembre /2015 11:34

 

Hier soir à la Philharmonie 1, on donnait le dernier opéra de Lully, Armide, interprété par l'orchestre

les Talens lyriques, et le choeur de chambre de Namur, sous la direction de Christophe Rousset.

J'avais réservé une place à l'arrière-scène, et arrivai peu avant le début du concert.

Billet d'arrière-scène

Billet d'arrière-scène

Cependant, lorsque j'atteignai le haut des rangées, on me proposa, ainsi qu'à deux autres personnes, de nous surclasser

dans une autre partie de la salle, avant que l'orchestre s'installe. Nous voilà partis dans les couloirs, un ascenseur et

quelques portes plus tard, nous finissons notre chemin dans l'une des volutes jaunes de la salle, au niveau 5, sur un

balcon très escarpé avec des barres horizontales de protection. C'était manifestement une erreur, mais il était cependant

trop tard pour retourner à notre place initiale, car les musiciens étaient en place, il faudrait attendre l'entracte. Ces places

étaient nettement moins confortables, mais en ce cas particulier, elles avaient un avantage : on y voyait les surtitres, qui

surplombent l'arrière-scène, d'où ils sont invisibles. Le prélude et les deux premiers actes de l'opéra y seraient donc plus

faciles à suivre. A l'entracte, j'ai regagné la place plus confortable de l'arrière-scène qui m'avait été attribuée.

Voici la grande salle de la Philharmonie vue de l'arrière-scène, place K227.

On aperçoit à gauche le balcon jaune où j'ai passé la première partie du concert.

La grande salle de la Philharmonie vue du haut de l'arrière-scène

La grande salle de la Philharmonie vue du haut de l'arrière-scène

Je profite de l'entracte pour lire le programme, car, comme tous les opéras, celui-ci demande quelques clés

pour comprendre l'intrigue... Il y a dix solistes, qui interprètent les rôles principaux, Armide et Renaud, mais

aussi des récitants, voire des sentiments comme « la Haine » ou « la Sagesse ». Les choristes sont au

nombre de vingt, sept femmes et treize hommes, répartis en catégories d'époque « dessus » pour les femmes

(équivalent moderne : sopranes), « hautes-contres » pour quatre hommes (équivalent moderne : altos), « tailles » pour

quatre hommes (ténors), et cinq « basses ». L'orchestre est baroque, avec des flûtes en bois, à bec et

traversières, basson, hautbois, violons en catégories similaires aux voix, viole de gambe, luth et guitare,

deux clavecins, un orgue. Christophe Rousset alterne le jeu du clavecin et la direction de l'ensemble.

 

Le livret décrit la première d'Armide, dont le sujet est emprunté à « La Jerusalem délivrée » du Tasse.

L'opéra fut créé en 1686, et donné devant un public varié, qui selon sa fortune, se répartissait directement

sur la scène (les courtisans), ou debout au parterre (les plus impécunieux) ou encore « au paradis », version baroque

de l'argotique « poulailler » actuel des salles de spectacle, ou pour certains plus aisés, s'entassait à dix dans

des loges prévues pour sept. Finalement, le divertissement a changé depuis le dix-septième siècle,

mais pas les mœurs du public ! Armide était le spectacle où il fallait être du moment, on pourrait trouver

d'autres spectacles à la mode d'aujourd'hui suscitant les mêmes comportements !

 

L'histoire est pleine de fureur et de rebondissements, sur fond de musique de cour galante, j'ai noté

des envolées comme « Esprit de haine et de rage, démons, obéissez-nous ! » Armide, donc, est une

magicienne qui éprouve des sentiments pour Renaud, un chevalier qui combat avec Godefroid pour délivrer

Jérusalem. Armide veut le tuer, mais ses sentiments l'en empêchent, elle convoque les démons, Renaud

tombe amoureux... « Ah, quelle erreur, quelle folie, de ne pas jouir de la vie ! », chante le choeur. Les amants

se séparent cependant au dernier acte après un beau duo, qui m'a rappelé celui de Didon et Enée, de Purcell

avant la mort de Didon. De fait, Armide chante qu'elle ne survivra pas au départ de Renaud.

 

Armide, interprétée par Marie-Adeline Henry, domine l'opéra qui porte son nom, la soliste le domine aussi

par ses qualités vocales et sa présence. L'oeuvre dure presque trois heures, et n'est pas jouée, mais

chantée, ce qui est plus austère, pourtant on observe dans le public une fascination pour ce personnage

d'Armide. Les rangs du parterre sont pleins, et les applaudissements témoignent de la ferveur des

auditeurs. Voici une photo des solistes et du chef aux rappels:

Les solistes d'Armide (deuxième en partant de la droite) et Christophe Rousset

Les solistes d'Armide (deuxième en partant de la droite) et Christophe Rousset

et une photo de l'ensemble de l'orchestre, du choeur, des solistes, du chef,

et du public du parterre derrière eux

L'ensemble des musiciens, choeur et solistes, le chef, et le public du parterre

L'ensemble des musiciens, choeur et solistes, le chef, et le public du parterre

Après plusieurs rappels, nous ressortons. Au dehors, il fait froid et venteux.

Sylvie, blogmestre

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Published by Blog des choristes des CP13
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