8 novembre 2015 7 08 /11 /novembre /2015 14:45

Hier soir j'ai réussi à voir « Ne me regardez pas comme ça » au Théâtre des Variétés ! C'est ma seconde

tentative, pour ce spectacle dont j'avais apprécié les deux actrices principales, vues lors de l'enregistrement sur le plateau

de l'émission de télévision « On n'est pas couché », le 3 septembre dernier. Il s'agit de Sylvie Vartan,

et d'Isabelle Mergault. Un acteur masculin complète la distribution, Pierre Deny. Le spectacle est

signé Isabelle Mergault, dans une mise en scène de Christophe Duthuron.

 

La façade du Théâtre des Variétés de l'extérieur

La façade du Théâtre des Variétés de l'extérieur

Une longue queue serpente devant le Théâtre vers 20h30, et quelques groupes de candidats spectateurs

dépités de dernière minute nous disent qu'ils ne peuvent entrer car « c'est complet ». J'ai pris la précaution de

réserver ma place avant d'y aller, il n'y a plus qu'à la retirer au guichet et à se réinsérer dans la file avant le contrôle.

 

Billet banquette avec coffre à bagages inclus

Billet banquette avec coffre à bagages inclus

Sous le velours rouge qui les couvre, les marches de l'escalier sont un peu creusées par l'usage.

Je monte au deuxième balcon rejoindre ma banquette. La place est un peu dure pour le dos, mais on y voit

très bien ce qui se passe sur la scène, et il y a sous le siège un espace bien pratique pour mettre sac et caban.

Ce théâtre-ci date du Premier empire (1807), il est tendu de velours cramoisi et orné de fresques

avec dorures, les piliers sont en forme de colonnes ioniques, et le rideau a une frange dorée.

 

Le Théâtre des Variétés de l'intérieur

Le Théâtre des Variétés de l'intérieur

Le synopsis du spectacle en quelques mots : Victoire Carlota est une star de cinéma qui vit

recluse depuis vingt ans, car elle ne tourne plus, et présente une paparazzophobie manifeste.

Un éditeur flairant le bon plan l'a convaincue d'écrire ses mémoires, et lui a adressé un nègre, Marcel,

pour l'assister dans cette tâche. Marcel s'avère être du genre féminin, et auteur d'un best-seller culinaire

sur... le riz (qui est une star alimentaire!)  Marcelle, donc, entreprend de re-socialiser Victoire, et l'emmène

sur ses lieux de tournage passés, à la recherche de ses souvenirs. Voici le duo en Italie, à Rome,

mais, si Victoire montre une mémoire phénoménale pour la vie des autres, elle ne se souvient de rien

qui la concerne ! Les voici encore dans la garrigue italienne, où Victoire rencontre un peintre croqueur

de scènes champêtres, dont elle s'éprend. Marcelle suscite un dîner, espérant que les sentiments

amoureux débloqueront enfin la mémoire de Victoire. Le stratagème fonctionne au-delà

de ses espérances, puisque les tourtereaux s'échappent pour Vérone...

et Marcelle se recycle dans l'écriture d'un autre best-seller culinaire.

 

On retrouve dans cette histoire des clins d'oeil nombreux au cinéma : Sunset Boulevard, de Billy Wilder

pour la star recluse dans sa maison (heureusement ici pas de cadavre dans la piscine!), ou la fin de vie de

Marlène Dietrich à Paris (dont les mémoires, passionnants et volumineux, seront écrits par sa fille), la Dolce Vita

de Federico Fellini avec la fontaine romaine où l'on jette des pièces en faisant un vœu, 

et bien sûr, à la fin, l'évocation des Amants de Vérone d'André Cayatte. Les scènes

dans la garrigue m'ont plutôt fait penser à Jean de Florette, de Marcel (!) Pagnol, cette actrice en robe

de soirée, talons hauts et boa de plumes arpentant les chemins de terre sèche, et se faisant piquer par une

couleuvre à un endroit inavouable de son anatomie, oscillant entre le panache et le pathétique.  Mais

dans une comédie, tout fait rire, même l'aveugle qui veut rester près du hublot de l'avion pour voir les nuages !

 

J'ai aimé l'ingéniosité des décors photographiés projetés à l'arrière de la scène, et complétés par des

objets en trois dimensions posés sur la scène, facilement escamotables ou positionnables. La distorsion

visuelle de ces décors projetés, selon les propos des acteurs, m'a beaucoup amusée. J'ai aimé l'abattage d'Isabelle

Mergault, poulbotte sans famille* et adepte du système D, à l'aise partout, jamais à court d'une réplique

choc hilarante. J'ai aimé l'adaptabilité du troisième homme, Pierre Deny, passant du rôle d'aveugle fan

de la diva, à celui de serveur italien fan de la diva, puis à celui du peintre naturaliste récalcitrant puis amoureux de la diva

(il y a quand même une continuité dans ces rôles successifs!) J'avais beaucoup aimé Sylvie Vartan chez Laurent

Ruquier, expliquant qu'elle était à la fois star de variétés, et elle-même, en une seule personne.

Le reproche que je ferais à Victoire C, c'est que le rôle est en dessous de la personnalité de l'actrice

qui l'incarne. Il s'agit d'un pastiche, évidemment, mais la seule vision simplificatrice de la star amnésique sur sa

vie personnelle prive le personnage de l'humanité de sa vie privée, et le cantonne à sa névrose. C'est un peu

dommage pour Sylvie ! Mais il s'agit d'un divertissement, et le public, qui est ravi de voir une vraie star sur

scène devant lui, applaudit souvent, et prend beaucoup de photos aux saluts, comme il a été expressément

autorisé à le faire. Ce qui, et c'est fort heureux, libère l'actrice principale en l'offrant aux objectifs

des paparazzi amateurs qui remplissent la salle, ce qu'elle fait avec grâce.

Les trois acteurs et le metteur en scène (en noir sur la première photo)
Les trois acteurs et le metteur en scène (en noir sur la première photo)

Les trois acteurs et le metteur en scène (en noir sur la première photo)

Le Faubourg Montmartre où nous ressortons, présente le même grouillement de piétons et de voitures à 22h30, que deux

heures plus tôt, quelques personnes prennent le fronton du théâtre en photo. Il fait doux, presque chaud...

Sylvie, blogmestre,

(qui sèche la journée de travail CP13 pour cause de bronchite)

 

* anachronisme : j'ai modestement aidé à la mise en place de la première déchetterie de France, en 1988 à Mulhouse, sous l'impulsion de mon ami regretté Laurent S. nous n'avons trouvé aucun humanoïde, ni dans les recyclables ni dans les incinérables... "Marcelle" qui dit avoir été trouvée dans la déchèterie St Marcel aurait-elle moins de 27 ans ?

 

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Published by Blog des choristes des CP13
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