15 novembre 2015 7 15 /11 /novembre /2015 20:51

Aujourd'hui 15 novembre, fidèle à ma ligne de conduite « ne pas se laisser terroriser », après avoir constaté que mon

quartier vivait normalement, quoique un peu au ralenti, je suis allée voir « Un certain Charles Spencer Chaplin »,

au Théâtre Montparnasse, rue de la Gaîté, qui affichait le maintien de ses spectacles pour la journée.

Charlie

J'avais pris une place au second balcon, mais tous les spectateurs présents, moins nombreux qu'à

l'habitude, avaient été regroupés à l'orchestre. Ceci eut l'avantage de nous permettre de nous réarranger

dans l'orchestre, à la sonnerie, je fus finalement placée au 4è rang.Voici une photo de l'intérieur du théâtre

avant l'heure du début du spectacle, prise de la place 271. Pas de photo de la représentation autorisée !

Charlie
Charlie

Le sujet de la pièce était la vie de Charlie Chaplin, acteur, cinéaste, producteur et compositeur,

connu pour le personnage récurrent de ses films, nommé « Charlie » en anglais, « Charlot » en français,

un vagabond de petite taille, accoutré d'un pantalon trop large fermé par une ficelle, de chaussures trop

grandes, d'un chapeau melon trop petit, d'un veston trop serré, qui marche en canard, agite une canne,

est socialement inadapté, et manifeste des sentiments romanesques. Les auteurs à succès aussi géniaux

que Chaplin ont souvent eux-mêmes une vie tumultueuse qui mérite d'être racontée (je pense aux mémoires

d'Alexandre Dumas, qui valent ses meilleurs romans). La pièce de Daniel Colas raconte la vie de Chaplin au travers

de ses films, de ses conquêtes amoureuses, de sa famille, de ses procès... Passé de la misère,

dans son enfance, à l'aisance millionnaire, par la seule force de son génie et de son travail,

Chaplin a vécu une ascension sociale fulgurante.

 

 

La pièce commence lors de la conférence de presse de « Limelight » (« Les feux de la rampe »), à

Londres en 1952. Suit un flashback en 1913 à Los Angeles, aux studios Keystone, où tout a commencé.

Le jeune acteur britannique y montre son tempérament et sa créativité, et devient le comique montant

que l'on va s'arracher sous peu. Il thésaurise pour pouvoir se libérer du joug des réalisateurs et producteurs,

et fonder sa propre société de production cinématographique, et aussi pour faire venir sa mère aux

Etats-Unis. Il devient riche, se marie, divorce, enchaîne les courts-métrages muets de Charlot

(appelé dans la pièce Charlie, comme aux Etats-Unis). Séduisant des actrices très jeunes, il ramasse

quelques méchants procès. Et puis c'est le premier long métrage, « The Kid » où Charlot/Charlie

recueille un enfant abandonné, dans sa masure. Il faut sauver le film de justesse de la menace de

saisie d'une épouse délaissée et insuffisamment indemnisée... Après l'énorme succès du film, malgré

son caractère muet anachronique, Charlie tente de faire parler son petit vagabond dans « Modern

times » (« Les temps modernes »),mais finalement ne s'y résoud pas... il le fera seulement chanter.

 

Le premier film où un sosie de Charlot parle, c'est « The great dictator» (« Le dictateur »), et quelle

parole, puisque, confondu avec un tyran européen, il éructe des menaces incompréhensibles!

Faire rire de la barbarie sanguinaire... On retrouve dans ce film et dans la pièce Paulette Goddard,

âme sœur du cinéaste depuis « Modern times », mais dont il finira aussi par divorcer. S'ensuit une

plainte d'une actrice mineure enceinte, puis la rencontre du cinéaste avec Oona O'Neill, fille du Prix Nobel

Eugene O'Neill, avec qui Charlie aura enfin une relation stable, et... huit enfants. La boucle est bouclée

avec « Limelight », montrant un acteur sur le retour qui rencontre une jeune ballerine souffrant de crises

de paralysie imaginaires, il la réadapte à la vie, puis s'éclipse. Puis l'histoire de la vie de Charlie fait un

bond dans le temps, on retrouve Charlie et Oona en Suisse, à la fin de la vie de l'acteur.

Des flashbacks font défiler les personnages de sa vie (et de la pièce) sous nos yeux, on comprend

qu'il va mourir. C'est alors qu'il exécute une danse de sa façon (bravo à Maxime d'Abboville,

Prix Molière 2015 du meilleur comédien, les mouvements et tics de Charlie sont très fidèles

à l'original!), et le spectacle se termine en dansant.

 

Il y a une bande-annonce sur le site du théâtre Montparnasse, que j'incruste ci-dessous:

 

 

Le spectacle a duré plus de deux heures. L'acteur principal nous remercie d'avoir été présents aujourd'hui,

malgré les événements. C'est une excellente pièce, divertissante et instructive, remarquablement interprétée,

espérons qu'elle retrouve rapidement son public habituel tant pour les comédiens, pour qui il est triste de jouer devant

une salle peu remplie, que pour les ouvreuses qui sont rétribuées au service, par les personnes placées.

Sylvie, blogmestre

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Published by Blog des choristes des CP13
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