6 novembre 2015 5 06 /11 /novembre /2015 10:42

Retour à la Maison de la radio, ce jeudi 5 novembre. Au programme, deux pièces orchestrales

de Benjamin Britten, et une symphonie de Piotr Ilitch Tchaïkovski. J'ai pu réserver sans difficulté une place

au second balcon, côté violons, sans surprise acoustique pour ma configuration musico-spatiale personnelle !

Le concert est joué par l'Orchestre national de France, dirigé par Edward Gardner.

Billet au poulailler, superbe vue!

Billet au poulailler, superbe vue!

La salle est un peu moins pleine que d'habitude, il faut dire que sir Simon Rattle qui dirige à guichets fermés

l'intégrale des symphonies de Beethoven à la Philharmonie, constitue une très sérieuse concurrence ! Britten est

musicalement moins accessible que Beethoven au grand public, mais nous avons dans le grand auditorium

de la Maison de la radio, ce soir, des mélomanes aguerris ! Le concert commence par la Sinfonia

da Requiem, écrite au début de la seconde guerre mondiale, à New-York, où le compositeur britannique

s'est exilé. La pièce, œuvre majeure de Britten, est très intéressante à regarder de mon perchoir (premier

rang du deuxième balcon, d'où j'ai une vue plongeante sur l'orchestre), car elle est plus sonore que mélodique,

c'est à dire que les instruments produisent des sons parfois acoustiquement inattendus, se répondent,

« balancent » d'un instrument à l'autre, dit le livret, et qu'il est fascinant d'observer ce ballet sonore

sous la baguette du chef britannique Edward Gardner, très primé et très charismatique, qui ne

ménage pas sa peine. C'est un Requiem condensé d'une vingtaine de minutes : Lacrymosa, Dies irae,

Requiem aeternam, qui traduit la désolation de la guerre et l'espoir d'un apaisement. J'aime!

A écouter, ou mieux, à regarder en vidéo pour le balancement instrumental, si vous ne connaissez pas.

 

 

La seconde pièce de Britten jouée est le concerto pour violon et orchestre. La partie de soliste est

interprétée par le violoniste canadien virtuose James Ehnes, sur un Stradivarius de 1715 (lui non plus ne

se sépare pas de son précieux instrument!) dont il tire des accents étonnants. Dans cette pièce, Britten a voulu

rendre hommage aux victimes de la guerre d'Espagne, et traduire la conscience d'une Europe de 1939

basculant dans le conflit. Dans une lettre de 1939 à sa sœur, écrite de Woodstock, il dit qu'il craint ne

pas trouver d'interprète pour le solo de violon dont « la virtuosité est redoutable ». James Ehnes nous

en a fait une ample démonstration ! Longuement applaudi, bissé, il jouera en prime un extrait du

troisième mouvement de la deuxième sonate de Bach, qui met bien en valeur la sonorité particulière

de l'instrument ancien. Vous pouvez entendre cette pièce et tout le concert en replay

sur le site de France Musique, ou grâce à l'incrustation du player ci-dessus.

 

 

Le violoniste James Ehnes et son Stradivarius de 1715

Le violoniste James Ehnes et son Stradivarius de 1715

Après l'entracte, la première symphonie de Tchaïkovski, datant de 1868, nous ramène à un univers

plus mélodique. Baptisée ultérieurement à sa création « Rêves d'hiver » par le compositeur, elle lui

aurait été inspirée par les paysages hivernaux russes. On retrouve ici, dans une forme plus mélodieuse,

le balancement instrumental mentionné précédemment dans les œuvres de Britten. Dans la symphonie

de Tchaïkovski, ce sont des phrases musicales qui se répondent, des bois aux cordes. On retrouve aussi

la météo hivernale : de la brume, des frimas, des tourbillons... Deux flûtes se partagent les trois premiers

mouvements, le troisième flûtiste ne jouera du piccolo que dans le quatrième mouvement, dansant,

adapté d'un chant populaire qui ressemble beaucoup à une danse folklorique, rythmé et très sonore.

A la fin de chaque mouvement, il y aura des applaudissements, fait inhabituel en ce lieu, en cours de

symphonie, mais il faut dire que le chef Edward Gardner, aux commandes de l'Orchestre national

de France suscite l'enthousiasme. La symphonie s'achève dans un final brillant, puissant, martelé,

quasiment beethovenien. Applaudissements nourris du public, très satisfait de sa soirée.

L'orchestre national de France et Edward Gardner

L'orchestre national de France et Edward Gardner

Il a plu pendant le concert, mais lorsque nous ressortons, la pluie a cessé. La Tour Eiffel porte un collier de lumineux

rubis, émeraudes et saphirs autour de son troisième étage, prélude aux fêtes de fin d'année, qui lui sied à ravir...

Sylvie, blogmestre

 

La Tour Eiffel, son joli collier multicolore, et le pont de Bir-Hakeim

La Tour Eiffel, son joli collier multicolore, et le pont de Bir-Hakeim

NB : si vous n'avez jamais chanté d'oeuvre de Britten, voici une vidéo d'un extrait de Ceremony of carols

 par la Maîtrise de Radio France, dirigée par Sofi Jeannin, qui donnera en concert les Carmina Burana

le 10 novembre au grand auditorium, les places sont à des prix très abordables et réservables en ligne, qu'on se le dise!

 

 

 

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Published by Blog des choristes des CP13
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